Archives mensuelles : mars 2017

Park Geun-hye placée en détention

L’ancienne présidente sud-coréenne destituée Mme Park Geun-hye n’aura pas bénéficié longtemps du confort de sa luxueuse villa, blottie entre les immeubles du centre de Séoul. Après une audition de 8 heures et 40 minutes, elle a été placée en détention provisoire dans la nuit du 30 au 31 mars 2017. Nous reproduisons ci-après les images prises par l’agence sud-coréenne Yonhap avant et après son audition judiciaire, à l’issue de laquelle elle a rejoint en voiture le centre de détention de Séoul.

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La présidente et les chiens

Après la confirmation par la Cour constitutionnelle de sa destitution, l’ex-Présidente Park Geun-hye a quitté le palais présidentiel pour emménager dans son luxueux pavillon des quartiers chics de Séoul. Dès son départ une polémique a toutefois enflammé la communauté coréenne sur Internet : l’ancienne chef de l’Etat a laissé derrière elle neuf chiens jindo, des chiens de chasse réputés pour leur fidélité, soulevant une vague d’indignation.

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Comme l’a déclaré un internaute sur son compte Twitter, « les jindo ne trahissent jamais leur maître mais c’est madame Park qui les a trahis« . Alors qu’une association de défense des animaux a porté plainte, une organisation – qui était régulièrement intervenue auprès de la Présidente Park pour lui demander d’interdire la consommation de viande de chien – s’est portée volontaire pour les accueillir.

Face à l’ampleur de la polémique, un porte-parole de la Maison Bleue (nom de la présidence sud-coréenne) a déclaré que Mme Park Geun-hye avait décidé de ne pas emporter les chiens en expliquant qu’ils ne s’habitueraient pas à leur nouvelle maison… quand un autre communiqué déclarait que les chiens seraient donnés à des personnes qui prendraient bien soin d’eux – ce qui laisse sous-entendre qu’ils auraient donc pu suivre la chef de l’Etat déchue, et non rester attachés au siège de la présidence comme on aurait pu le penser.

Lorsqu’on voit la vaste résidence privée de Mme Park Geun-hye, on comprend en tout cas que ce n’est pas le manque de place, pour une femme seule et sans enfants, qui a pu justifier sa volonté de se séparer de ceux qu’elles appelaient « les premiers chiens« , et avec lesquels elle aimait apparaître en photo pour se poser en « amie des animaux« .

Mais pas plus qu’elle n’a donné suite à ses promesses de campagne d’améliorer les droits des femmes ou les pensions de retraite, Mme Park n’aime les animaux – n’hésitant pas ensuite à faire preuve de cruauté envers ses fidèles compagnons : le bien-être animal ne fait pas plus partie de ses préoccupations que les conditions dignes de vie des retraités.

« Le marxisme au XXIe siècle et la question du parti » : intervention de Cho Deokweon à la Sorbonne

Le 11 mars 2017, Cho Deokweon (Stephen Cho) était l’invité à l’Université de la Sorbonne du séminaire hebdomadaire « Marx au XXIe siècle, l’esprit et la lettre », organisé sous la responsabilité de Jean Salem (par ailleurs président du Comité international pour les libertés démocratiques de Corée du Sud, CILD),  avec le soutien du CERPHI (École normale supérieure de Lyon) et du Cercle universitaire d’études marxistes (CUEM). Stephen Cho était déjà intervenu dans le cadre du séminaire « Marx au XXIe siècle » le 7 mars 2015. Le 11 mars 2017, le conférencier sud-coréen a traité du thème « Le marxisme au XXIe siècle et la question du parti – en Asie et ailleurs ».

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Tout au long d’un exposé très didactique, Stephen Cho a tout d’abord resitué la création de partis progressistes en République de Corée (Corée du Sud) dans le contexte politique issu de la Révolution d’Octobre 1917, qui a eu une influence mondiale. Pour sa part, la Corée doit tenir compte d’une situation coloniale (avec la domination japonaise, entre 1910 et 1945), puis néocoloniale, avec des liens de dépendance vis-à-vis des Etats-Unis depuis la libération. Dès lors, toute approche dogmatique de la question nationale doit être évitée : la défense de la souveraineté nationale, dans un pays colonisé, se conjugue avec l’internationalisme.

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Le Parti populaire démocratique de Corée du Sud, fondé en novembre 2016, s’inscrit dans cette tradition révolutionnaire : il s’agit d’un parti de la classe ouvrière, mais visant à émanciper toute la population coréenne grâce à l’action d’une organisation de masse.

En Corée, riche d’une histoire de 5 000 ans, la lutte politique a impliqué une stratégie de front uni des progressistes avec des forces opportunistes, alors que l’histoire politique de la Corée du Sud a été marquée par la répression des organisations politiques successives d’inspiration progressiste : le Parti progressiste, dont le dirigeant Cho Bong-am a été condamné à mort et exécuté en 1959 ; après la révolution de 1960, se sont constituées plusieurs organisations socialistes (le Parti socialiste coréen, le Parti socialiste des masses) qui ont été dissoutes et leurs adhérents réprimés à la suite du coup d’Etat militaire du 16 mai 1961 ; des dirigeants d’une organisation révolutionnaire clandestine, le Parti révolutionnaire pour la réunification, ont été condamnés à mort par la junte militaire (comme Kim Jong-tae, en 1969) ; le Parti progressiste unifié a été dissous en décembre 2014 et plusieurs de ses membres et dirigeants arrêtés et emprisonnés.

Si la destitution de la Présidente Park Geun-hye, confirmée par la Cour constitutionnelle le 10 mars 2017, a temporairement stoppé la répression politique, les instruments du pouvoir autoritaire restent en place (au premier rang desquels la loi de sécurité nationale), continuant à faire planer un danger de guerre.

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Le débat qui a suivi, de très haut niveau, a abordé notamment les questions des causes de la disparition de l’URSS, de l’évolution politique et sociale de la Chine et de l’indépendance du mouvement progressiste sud-coréen vis-à-vis de la Corée du Nord – la force révolutionnaire en Corée du Sud étant constitué des Sud-Coréens eux-mêmes.

Park Geun-hye destituée

A l’unanimité, les 8 juges en fonction de la Cour constitutionnelle ont confirmé, le 10 mars 2017, le vote de destitution par le Parlement, le 9 décembre 2016, de Mme Park Geun-hye, qui avait été élue Présidente de la République de Corée en décembre 2012, et dont le mandat arrivait normalement à échéance en février 2018. Cette décision entraîne l’organisation d’une élection présidentielle anticipée dans un délai de deux mois, permettant d’envisager l’organisation de ce scrutin début mai 2017. Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) se félicite de cette décision, qui traduit la vitalité de la démocratie sud-coréenne, qui a été gravement menacée par l’ex-chef de l’Etat. Selon les juges constitutionnels, Mme Park a agi en méconnaissance des règles constitutionnelles en confiant des fonctions exorbitantes à sa gourou, Mme Choi Soon-sil – et en se rendant ainsi complice d’activités criminelles


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Lee Jung-mi dirige la Cour constitutionnelle

Si le CILD a pleinement soutenu le combat courageux mené par des millions de Coréens pour la démocratie et les droits de l’homme, il n’ignore pas que le président par intérim Hwang Kyo-ahn est un fidèle parmi les fidèles de l’ex-présidente Park, que les bases juridiques de l’oppression restent en place et que des dizaines de prisonniers croupissent toujours dans les geôles sud-coréennes.

C’est pourquoi nous appelons toutes et tous à nous rejoindre, afin d’atteindre les objectifs suivants :

  • annulation de l’interdiction inique du Parti progressiste unifié et reconnaissance effective de la liberté d’expression et de la liberté de manifestation ;
  • libération de tous les prisonniers politiques et syndicaux, y compris des objecteurs de conscience emprisonnés sur la base de dispositions en droit national sud-coréen contraires aux engagements internationaux de la République de Corée ;
  • poursuites effectives à l’encontre de Mme Park Geun-hye, devenue désormais une justiciable de droit commun, de ses collaborateurs (dont l’ambassadeur de Corée en France S.E. M. Mo Chul-min) et des représentants des conglomérats financiers souvent liés aux conservateurs au pouvoir à Séoul au titre des enquêtes de corruption en cours et des atteintes aux libertés publiques ;
  • dissolution des services de renseignement sud-coréens (NIS) sous leur forme actuelle et mise en place d’une structure de renseignement digne d’un pays démocratique, contrôlée par le Parlement ;
  • abrogation de la loi de sécurité nationale et garantie des libertés de déplacement au Nord de la Corée et de communication avec les Nord-Coréens ;
  • abrogation de la législation antisyndicale ;
  • séparation effective des Eglises et de l’Etat, et pleine garantie des principes laïcs dans la vie publique ;
  • abrogation des législations d’exception antiterroristes ;
  • engagements d’enquêtes indépendantes sur les naufrages du Cheonan et du Sewol ;
  • annulation des listes noires en usage en Corée, qu’il s’agisse de la liste frappant les bénéficiaires de subventions publiques ou de celles où sont inscrits les étrangers interdits de séjour en Corée ; poursuite des personnes à l’origine de l’établissement de ces listes noires ; garantie pour les personnes inscrites sur ces listes d’avoir accès à leur dossier afin de pouvoir engager des poursuites contre l’Etat sud-coréen si ce dernier a méconnu ses obligations internationales ;
  • nomination d’un civil comme ministre de la Défense, contrôle démocratique des forces armées, démocratisation de l’armée, reconnaissance du droit à l’objection de conscience, suppression des tribunaux militaires.

Rassemblement des Coréens de Paris : jusqu’au bout, pour le départ de Park Geun-hye !

Un nouveau rassemblement à Paris pour le départ de la Présidente Park Geun-hye, toujours à l’initiative des Coréens vivant dans la capitale française, a eu lieu le 4 mars 2017 place du Trocadéro – en présence d’à nouveau plus de 100 participants. Cette manifestation faisait écho à celles qui se tiennent de manière ininterrompue en République de Corée depuis quatre mois, alors qu’une décision est attendue prochainement de la Cour constitutionnelle sur la confirmation, ou non, du vote de destitution de la chef de l’Etat par le Parlement le 9 décembre 2016.

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Un parfum de victoire flottait sur la place du Trocadéro, après la troisième manifestation des Coréens de Paris, le 10 décembre 2016 – suite aux précédents rassemblements du 12 et du 26 novembre 2016. Pourtant, alors que les événements se sont accélérés avec les révélations sur la « liste noire », les mises en examens de responsables politiques de l’entourage immédiat de Park Geun-hye ainsi que du numéro 1 de fait de Samsung, également impliqué dans le scandale Choi Soon-sil, les incertitudes demeurent face au refus à présent de Mme Park Geun-hye d’endosser la moindre responsabilité dans le plus grave scandale de corruption au plus sommet de l’État sud-coréen, et au regard des tentatives désespérées du président par intérim Hwang Kyo-ahn de sauver la maison conservatrice.

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Dans ce contexte, au fil des interventions et des interprétations musicales, les participants ont réitéré leur appels pour que Mme Park Geun-hye quitte le pouvoir au plus vite et réponde de ses actes devant la justice – comme tous les acteurs d’un scandale politico-financier sans précédent en Corée, tels que Chung Yoo-ra, la fille de Choi Soon-sil, bénéficiaire des largesses de Samsung à qui le pouvoir a renvoyé l’ascenseur en asseyant le contrôle des dirigeants au sein du groupe par une fusion opportune entre deux branches du conglomérat. Plusieurs témoignages ont exprimé toute la colère des Coréens de France, notamment vis-à-vis de l’ambassadeur coréen en France Mo Chul-min qui, bien que soupçonné d’être impliqué dans l’établissement de la « liste noire » des artistes et autres personnalités mises à l’index (il a été entendu par la justice de son pays et a dû quitter la France pendant plus d’un mois), conserve toujours ses fonctions et se comporte en représentant non de son pays, mais des intérêts des néo-conservateurs.

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Intervenant au nom du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), Olivier Bouchard est intervenu pour saluer les organisateurs coréens du rassemblement. Il a souligné la nécessité de mettre fin aux rapports incestueux qui unissent les conservateurs sud-coréens aux conglomérats, dont ils servent les intérêts étrangers à ceux de la population.

La large banderole déployée par les Coréens de Paris a ainsi traduit l’aspiration de toutes celles et de tous ceux qui étaient présents : « Votre monde est fini. C’est l’heure de construire une nouvelle société. »

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Le CILD a organisé une conférence sur les luttes des femmes pour leurs droits en Corée du Sud

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) a organisé à Paris, le 3 mars 2017, une conférence sur les luttes des femmes pour leurs droits en Corée du Sud, avec les témoignages et interventions de Kim Jeong-hee, présidente de l’Association pour l’égalité femmes-hommes de la province de Cheongnam, présidente du comité préparatoire de Daejeon du Parti démocratique populaire (PDP), et de Han Hye-in, présidente du comité préparatoire des étudiants du PDP.

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Kim Jeong-hee et Han Hye-in

Mme Kim Jeong-hee a resitué le combat des femmes pour leurs droits en Corée du Sud dans les luttes politiques qu’elle mène au nom de son organisation, le PDP, ce qui l’a conduit à subir la répression des autorités sud-coréennes : elle-même a été condamnée à un an et demi de prison et son mari est toujours incarcéré comme prisonnier politique.

Elle a tout d’abord souligné les inégalités au travail que subissent les Sud-Coréennes, les différences de salaires entre les femmes et les hommes étant, en République de Corée, les plus importantes au sein des États membres de l’OCDE. En Corée du Sud, si on retient une base de 100 pour le salaire d’un homme disposant d’un emploi stable (travail à temps plein en CDI), la rémunération d’un homme travailleur précaire n’est que de 53 ; une femme disposant d’un emploi stable reçoit un salaire de 66, et de 33 si son emploi est précaire. Les femmes de plus de 40 ans sont particulièrement touchées par la précarisation de l’emploi, dans un contexte de net ralentissement économique en Corée du Sud.

Le harcèlement sexuel dans l’entreprise n’est en général pas dénoncé par les victimes, qui craignent de perdre leur emploi.

Les femmes subissent une triple peine, puisqu’elles doivent se consacrer à leurs activités professionnelles, à l’éducation de leurs enfants et aux tâches domestiques. Le réseau des équipements publics pour l’accueil des enfants s’avère très insuffisant en Corée du Sud, cette lacune n’étant que partiellement palliée par des établissements privés aux tarifs onéreux, ce qui génère des inégalités d’accès aux équipements collectifs. Les grands-parents sont ainsi de plus en plus sollicités par les parents.

Les violences faites aux femmes sont à la fois domestiques (130 femmes sud-coréennes sont violées chaque jour par leur mari ou leur compagnon) et liées à la situation politique de la Corée du Sud, qui en dix ans de présidence conservatrice a dérivé vers un régime autoritaire. Parmi les 42 prisonniers politiques que compte la Corée du Sud selon le PDP, 8 sont des militants du PDP, parmi lesquelles 4 femmes dont la situation personnelle témoigne de la violation de leurs droits civiques :

– Mme Kim Hye-young, maintenue en détention malgré un cancer de la thyroïde, a observé une grève de la faim pendant 20 jours en 2016, a été condamnée en appel en deux ans de prison ferme, malgré une campagne internationale de solidarité – à laquelle a notamment participé le CILD, par la publication de témoignages et l’organisation de manifestations publiques, tandis que des parlementaires français ont interpellé le gouvernement de Manuel Valls ;

– Mme Lee Mi-sook, condamnée à une peine de prison ferme, a été arrêtée en pleine nuit, les forces de l’ordre ayant procédé à son interpellation ayant menacé de faire usage d’armes de type Taser ;

– Mme Yang Go-eun, porte-parole du PDP, a fait une grève de la faim de 9 jours, en dénonçant notamment le recours à la vidéosurveillance ;

– Mme Han Jung-hye a fait l’objet d’une demande d’emprisonnement de 5 ans fermes par le procureur, avant que ne soit prononcée une peine d’une durée de trois fois inférieure, ce qui témoigne d’un acharnement exceptionnel des autorités sud-coréennes dans la répression politique, dans un contexte où les conservateurs au pouvoir font souffler plus que jamais « le vent du Nord » (c’est-à-dire de Corée du Nord) pour manipuler l’opinion publique nationale et internationale et remporter le prochain scrutin présidentiel, prévu au plus tard en décembre de cette année.

En conclusion, Mme Kim Jeong-hee a souligné que les femmes étaient au premier rang du combat politique et social en Corée.

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Mme Han Hye-in a traité la question de la précarité de l’emploi et du chômage des jeunes, qui touchent plus particulièrement les jeunes Coréennes. La République de Corée compte 1,8 million de chômeurs, dont 42 % sont des jeunes.

Selon les organisations politiques et syndicales progressistes, l’emploi précaire concerne, sous ses différentes formes, la moitié des travailleurs sud-coréens (qui représentent une population active de 26 millions de personnes). Après la crise économique de 1997, la Corée du Sud a libéralisé le code du travail pour faciliter le recours par les employeurs à des contrats précaires, lesquelles tendent aujourd’hui à devenir la norme pour une première embauche.

Le travail précaire affecte plus fortement les femmes compte tenu de la reproduction de schémas de pensée sexistes sur le lieu de travail : elles sont plus fréquemment affectées à des tâches subalternes, doivent subir des remarques discriminatoires et diverses formes de harcèlement moral. Par ailleurs, la mauvaise image des congés maternité par les employeurs conduit de nombreuses salariées à cesser leur activité professionnelle après la fin de leur congé maternité, ou à sacrifier une vie de famille aux impératifs professionnels en décidant de ne pas se marier ou de ne pas avoir d’enfants.

Beaucoup d’étudiants sont contraints de travailler pour payer leurs études : le coût des études restant à la charge des familles est estimé à 33 000 euros, depuis le début de la scolarité obligatoire jusqu’à l’achèvement des études. Le niveau élevé des frais d’inscription, thème majeur de mobilisation sociale en Corée, alourdit le coût des études universitaires, pratiquement généralisées en Corée, et conduit de nombreux étudiants à s’endetter. Des études conduites par les associations d’étudiants ont fait apparaître que, à la fin de la licence, 80 % des étudiants avaient dû travailler sur un emploi précaire pour financer leurs études.

En conclusion, Han Hye-in a mis en exergue la motivation des jeunes femmes à s’engager pour abattre des préjugés sociaux solidement ancrés et entretenus par le capitalisme national et international, en liant le combat pour l’émancipation des femmes et des travailleurs et la lutte pour l’indépendance nationale.

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Le large débat qui a suivi avec les participants, auquel ont également pris part d’autres jeunes militantes et militants du PDP présents à la conférence, a permis de rappeler l’engagement de membres du CILD, à l’occasion de déplacements en Corée du Sud, pour obtenir la libération des prisonniers politiques.

Tout en soulignant les analogies avec les luttes passées et présentes en France et dans le monde pour les droits des femmes, la discussion a également porté sur l’organisation des syndicats de travailleurs et la prise en compte des inégalités qui touchent plus particulièrement les jeunes travailleuses. A cet égard, les organisations syndicales coréennes restent encore peu mobilisées sur ces questions, en comparaison notamment avec les pays occidentaux.

Ont aussi été abordées les questions des très fortes limitations légales à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en République de Corée, ainsi que le niveau parmi les plus bas au monde de l’indice synthétique de fécondité (ISF) en Corée du Sud, qui fait ressortir le besoin d’une politique familiale de protection sociale dans la péninsule.