Archives mensuelles : juillet 2017

Loi de sécurité nationale, prisonniers politiques : Amnesty International interpelle les Nations unies sur la situation en Corée du Sud

En novembre 2017 aura lieu le vingt-huitième examen périodique universel, c’est-à-dire l’examen des réalisations de l’ensemble des Etats membres des Nations unies en matière de droits de l’homme, suivant un processus mené par les Etats sous les auspices du Conseil des droits de l’homme. Dans cette perspective, Amnesty International a présenté, le 26 juin dernier, le rapport suivant – dans une présentation par le Comité coréen pour sauver [le député] Lee que nous traduisons de l’anglais – , lequel rejoint les préoccupations du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud quant à l’urgence d’abroger la loi de sécurité nationale et de libérer tous les prisonniers politiques, parmi lesquels l’ancien député Lee Seok-ki et le dirigeant syndical Han Sang-gyun.

Amnesty International exprime ses préoccupations concernant la loi de sécurité nationale (acronyme anglais : LSN), en soulignant que la LSN restreint les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique. Elle critique l’incapacité du gouvernement coréen à protéger les droits de l’homme. En particulier, elle présente l’emprisonnement de l’ancien député Lee Seok-ki et la dissolution de l’ancien Parti progressiste unifié (PPU) comme emblématiques des violations des droits de l’homme par la LSN ces dernières années.

En outre, Amnesty International appelle le gouvernement coréen non seulement à abolir la Loi de sécurité nationale pour garantir les libertés d’expression et d’association, mais aussi à libérer sans conditions toutes les personnes injustement condamnées et emprisonnées.

La libération sans conditions de Lee Seok-ki  est exigée de la communauté internationale conformément aux principes internationaux des droits de l’homme. Par ailleurs, la communauté internationale continue de dénoncer la dissolution injuste du PPU.

Le gouvernement du Président Moon Jae-in qui a été rendu possible par la Révolution des bougies doit répondre à ces exigences de la communauté internationale. Aujourd’hui, de nombreux prisonniers de conscience, dont Lee Seok-ki et Han Sang-gyun, ont été arrêtés alors qu’ils exerçaient leurs droits légalement. Libérer tous les prisonniers de conscience doit être la première étape pour mettre fin à l’héritage anti-droits de l’homme de l’ancienne administration Park Geun-hye. Ainsi, la République de Corée pourra redevenir une nation avancée en matière de démocratie et de droits de l’homme, se conformant aux standards internationaux s’agissant des droits de l’homme.

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Agissons immédiatement. Le CILD interpelle le Président Moon Jae-in : la militante pacifiste Juyeon Rhee doit être autorisée à entrer en Corée du Sud !

La militante pacifiste américaine coréenne Juyeon Rhee vient d’être interdite d’entrée de séjour en République de Corée (Corée du Sud), alors qu’elle coordonne la visite d’une délégation de la coalition  Stop THAAD in Korea (STIK) – qui s’oppose au déploiement en Corée du Sud du système américain de missiles antimissile THAAD. Répondant à l’appel de STIK, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) a écrit au Président Moon Jae-in. Nous invitons chacune et chacun d’entre vous à écrire également et sans délais à la présidence sud-coréenne, pour permettre à Juyeon Rhee d’entrer en République de Corée. 

Objection de conscience : ce qui ne change pas en Corée du Sud

  1. Si l’élection à la présidence de la République de Moon Jae-in, ancien avocat des droits de l’homme, avait fait naître l’espoir de la remise en cause des lois portant atteinte aux libertés publiques en République de Corée, ses premiers mois de mandat n’ont marqué aucune remise en cause des dispositions liberticides de la législation sud-coréenne. En particulier, les objecteurs de conscience continuent de faire l’objet d’une répression féroce, bien que la Commission nationale des droits de l’homme ait une fois de plus plaidé pour l’introduction d’un système civil alternatif au service militaire obligatoire.

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    Manifestation organisée par Amnesty International (Corée), place Gwanghwamun à Séoul, le 15 mai 2017, à l’occasion de la journée internationale de l’objection de conscience.

    Pour la cinquième fois depuis décembre 2005, la Commission nationale des droits de l’homme de la République de Corée a adopté, le 27 juin 2017, une recommandation visant à l’introduction d’un système alternatif au service militaire, en soulignant « le besoin urgent de résoudre les atteintes aux droits de l’homme pour les objecteurs de conscience« , en soulignant que le refus de connaître l’objection de conscience constituait une « violation des libertés de pensée, de conscience et de religion« .

    Alors que les autorités sud-coréennes invoquent que l’opinion publique ne serait pas prête à une telle évolution, les sondages font apparaître un soutien croissant des Sud-Coréens pour que soit reconnue l’objection de conscience – de 10,2 % des personnes interrogées en 2005 à 46,1 % en 2016.

    De fait, la répression de l’objection de conscience reste un outil pour maintenir un état d’esprit militariste dans la société.

Paris : les papillons portent haut l’espoir

Mercredi 28 juin 2017, c’est sur le parvis des Droits de l’Homme et des Libertés que s’est tenu un rassemblement d’étudiantes et étudiants venus du Sud de la Corée, à l’occasion du 7e Voyage en Europe pour la paix.

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A l’appel de l’association Papillon d’espoir pour la résolution de la question de l’esclavage sexuel du militarisme japonais et du Conseil coréen pour les femmes enlevées pour l’esclavage sexuel militaire du Japon (le Conseil coréen), soutenu par le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), plusieurs dizaines de personnes se sont ainsi rassemblées à Paris au Trocadéro.

Entre deux averses et dans la bourrasque, ces jeunes ont ravi les badauds – et même les gardiens de la paix – par leurs mobilisations éclairs (flash mobs) colorées.

Les organisatrices ont d’abord passé la parole à deux militantes japonaises en France pour la paix. Celles-ci nous ont confirmé qu’une partie de l’opinion au Japon s’oppose à l’accord signé entre Abe et Park. Il appartient au peuple japonais de faire abroger cet accord, lui seul étant « la force motrice, le créateur de l’histoire universelle ». Les indemnisations prévues semblent avoir enfin commencé à être versées aux quelques « femmes de réconfort » (ian fu) survivantes. Par contre, les manuels d’histoire utilisés par les élèves japonais continuent de véhiculer une version négationniste des crimes de guerre commis par l’impérialisme japonais.

Un représentant du CILD leur a succédé pour souhaiter la bienvenue aux participants à ce voyage. Il a rappelé que nous avons toujours été aux côtés des Coréens de Paris, qui se sont rassemblés plusieurs fois l’hiver dernier, déjà au Trocadéro, pour chasser Park Geun-hye, jusqu’à atteindre 800 personnes, ce qui a fait de Paris la deuxième capitale en importance pour les manifestations après Séoul. Nous aurons à interpeller le nouveau gouvernement français sur sa position vis-à-vis des femmes coréennes réduites en esclavage sexuel par le militarisme japonais, question délibérément ignorée par le gouvernement précédent aux mains du lobby sud-coréen.

Les demandes des Papillons d’espoir et du Conseil coréen sont les suivantes :

– Que les gouvernements japonais et coréen abrogent immédiatement l’accord du 28 décembre 2015 sur les « femmes de réconfort » signé dans la précipitation et trouvent une solution juste à cette question, prenant pleinement en considération les demandes des survivantes.

– Que le gouvernement japonais accepte les recommandations de la 12ème Conférence de solidarité en Asie, lesquelles incluent les demandes des victimes. En d’autres termes, qu’il reconnaisse les responsabilités juridiques de son pays et prenne les mesures appropriées.

– Que le gouvernement coréen annule cet accord précipité et fasse des efforts pour une solution juste acceptable par les victimes.

– Que les organisations internationales, y compris l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation internationale du travail, reconnaissent la question des « femmes de réconfort » comme un problème de droits humains urgent et non résolu intéressant toute l’humanité, et pressent le Japon de suivre les recommandations des organisations internationales et de résoudre immédiatement cette affaire.

Nos amis coréens nous ont offert un DVD intitulé The butterflies : flying high with hope – 20 years of history and harmonies’ peace. Qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés.