Archives mensuelles : juin 2015

Les basses œuvres et manœuvres des services secrets sud-coréens en France

Le 4 juin 2015, les sénateurs membres du groupe interparlementaire d’amitié France-République de Corée (Corée du Sud) ont rencontré, lors d’un petit déjeuner, Mme Marie-Orange Rivé-Lasan, maître de conférences en études coréennes à l’Université Paris-Diderot (Paris VII). Interrogée sur l’ambassade sud-coréenne en France, elle a témoigné publiquement que les services secrets sud-coréens en France étaient devenues autonomes (c’est-à-dire agissant hors de tout contrôle politique) et multipliaient les pressions sur les spécialistes de la Corée pour les amener à bien penser et à ne faire les mauvaises rencontres.

Parlant du précédent ambassadeur sud-coréen en France, Mme Marie-Orange Rivé-Lasan a ainsi déclaré : Il « était remarquable : il avait invité nos étudiants à l’ambassade pour rencontrer des entreprises coréennes. Il a obtenu son doctorat à la Sorbonne pendant son séjour ici. Lorsqu’il était en poste, les services de renseignement au sein de l’ambassade s’étaient autonomisés et cherchaient à influencer les spécialistes, allant jusqu’à m’interdire de rencontrer le représentant de l’association française pro-Corée du Nord. En vain ! Ils m’avaient surnommé « la générale » ! »

L’association française pro-Corée du Nord reprend la terminologie des services de renseignement sud-coréens, qui considèrent que toute association relative à la Corée doit être pro-Nord ou pro-Sud. En l’occurrence, il s’agit de l’Association d’amitié franco-coréenne, qui milite pour la réunification de la Corée, et le représentant en question est l’un de ses vice-présidents, chargé des actions de coopération, Benoît Quennedey, dont un ouvrage consacré à l’économie nord-coréenne a été présenté à l’INALCO avec une discussion animée par… Marie-Orange Rivé-Lasan (compte rendu à l’adresse suivante : http://parisconsortium.hypotheses.org/3777). Comme dirait le perroquet des aventures de Tintin : Carrramba ! Encore rraté !

Propagation du coronavirus Mers-CoV en Corée du Sud : quelles responsabilités du Gouvernement et des firmes privées ?

La République de Corée (Corée du Sud) est devenue le deuxième pays le plus touché au monde, après l’Arabie Saoudite, par le coronavirus du Syndrome respiratoire du Moyen Orient (Mers-CoV) : à la date du 14 juin 2015, 145 cas ont été recensés dans le pays et 15 malades sont décédés.

La maladie s’est propagée en Corée à partir du Centre médical Samsung, d’où proviennent près de la moitié des cas identifiés, alors que cet hôpital privé, relevant d’une des principales multinationales du pays, se vantait d’offrir la gamme la plus élevée possible de services médicaux. Le Centre médical Samsung a dû réduire ses activités.

Tandis que les autorités sud-coréennes ont tardé à donner la liste des hôpitaux concernés (alors que la maladie s’est jusqu’ici propagée seulement entre centres hospitaliers), le manque de transparence du gouvernement conservateur de Mme Park Geun-hye, très proche des milieux d’affaires, soulève cette question : quels intérêts protège-t-il ? Ceux de la population ou des chaebols, les grands groupes sud-coréens ?

Alors que la chef de l’Etat a lancé le soin au Premier ministre par intérim de détailler le contenu de la réponse sanitaire des autorités publiques, elle a tardé à reporter un voyage prévu aux Etats-Unis – tendant d’abord à sous-estimer le risque lié à la propagation rapide du coronavirus, apparenté au SRAS. Après le scandale né de la gestion du dramatique naufrage du « Sewol », les conservateurs sud-coréens n’ont décidément rien appris ni rien oublié face aux crises auxquelles peut être confronté tout Gouvernement démocratique : du déni de responsabilité des autorités publiques au manque de transparence dans la gestion de l’information (y compris celle délivrée par les médias publics et conservateurs, qu’ils contrôlent), en passant par la protection des intérêts du capital sud-coréen, ils témoignent du peu de cas qu’ils font de la protection et de la sécurité des populations.

Source : Kyunghyang Shinmun