Archives de Tag: corruption

Après la condamnation à cinq ans de prison ferme de Lee Jae-yong, l’heure est venue de punir les séides du NIS

Placé en détention depuis le 17 février 2017, dans le cadre de l’affaire Choi Soon-sil, Lee Jae-yong, héritier du groupe Samsung et dirigeant de fait du groupe (qui représente 23 % du PIB sud-coréen) depuis l’hospitalisation de son père en 2014, a été condamné à cinq ans de prison ferme le 25 août 2017. Une décision de justice qui témoigne des liens étroits, faits d’arrangements entre amis, entre la clique conservatrice (au pouvoir à Séoul entre 2008 et 2017) et le grand capital sud-coréen – et qui ne doit pas non plus occulter les violations massives des droits des travailleurs que nous avions dénoncées, aux côtés de Sud-Coréens exploités par le chaebol lors de leur visite en France, aux côtés, notamment, de la CGT-Métallurgie et de l’Association d’amitié franco-coréenne

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Le retentissant scandale du Choigate – du nom de la gourou, Choi Soon-sil, de la présidente Park Geun-hye jusqu’à la destitution de cette dernière – a connu un nouveau rebondissement avec la condamnation à 5 ans de prison ferme de Lee Jae-yong, dirigeant de fait de Samsung : l’enquête a confirmé le versement (ou la promesse de versement) de quelque 32 millions d’euros (et non plus 16 millions d’euros, comme initialement envisagé) à deux fondations dirigées par Choi Soon-sil en contrepartie de pressions publiques en faveur d’une opération capitalistique ayant renforcé la position de Lee Jae-yong à la tête de Samsung.

Lee Jae-yong, qui a suivi une ligne de défense consistant à déclarer qu’il n’aurait pas eu les compétences et les connaissances nécessaires pour prendre les décisions incriminées (ce qui ne l’empêchait pas d’en retirer en revanche les dividendes, puisque le magazine Forbes estime sa fortune à 5,9 milliards d’euros, la troisième plus importante de Corée), a a admis, pendant le procès, un don d’un cheval d’une valeur de 800 000 euros à Chung Yoo-ra, la fille de Choi Soon-sil, qui se préparait à l’épreuve de dressage aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

Les révélations médiatiques lors du procès ont aussi fait apparaître les relations directes entre Lee Jae-yong et les services de renseignement sud-coréens (NIS) pour l’informer en temps réel de l’opération capitalistique citée plus haut. Si Lee Jae-yong et Park Geun-hye sont désormais en prison, et le premier d’ores et déjà condamné, un autre procès reste bien à faire : celui de la mafieuse agence de renseignement sud-coréenne, impliquée dans toutes les atteintes à la démocratie en Corée du Sud. Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud convie l’administration démocrate sud-coréenne à ne pas trembler face aux nécessaires poursuites des agents de renseignement sud-coréens qui, aux différents niveaux qu’ils ont occupés, ont agi en séides d’un régime criminel et corrompu, qu’avait par ailleurs soutenu sans nuances le Président François Hollande. Sans cette épuration de l’agence de renseignement sud-coréenne, la démocratisation de la République de Corée ne pourra être menée à bien.

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Park Geun-hye placée en détention

L’ancienne présidente sud-coréenne destituée Mme Park Geun-hye n’aura pas bénéficié longtemps du confort de sa luxueuse villa, blottie entre les immeubles du centre de Séoul. Après une audition de 8 heures et 40 minutes, elle a été placée en détention provisoire dans la nuit du 30 au 31 mars 2017. Nous reproduisons ci-après les images prises par l’agence sud-coréenne Yonhap avant et après son audition judiciaire, à l’issue de laquelle elle a rejoint en voiture le centre de détention de Séoul.

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Lee Jae-yong, l’héritier de Samsung, placé en détention

Dirigeant de fait du groupe Samsung depuis l’hospitalisation de son père suite à une crise cardiaque en 2014, Lee Jae-yong a été placé en détention le 17 février 2017, dans le cadre de l’affaire Choi Soon-sil qui a conduit au vote par le Parlement d’une motion de destitution de la Présidente Park Geun-hye. Cette arrestation illustre les pratiques de corruption d’un groupe par ailleurs mis en cause pour ses atteintes aux droits fondamentaux des travailleurs.

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Est-ce le début de la fin pour le groupe Samsung, allié inconditionnel des conservateurs héritiers de la dictature militaire ? En émettant un mandat d’arrêt à l’encontre de Lee Jae-yong, héritier et dirigeant de fait du conglomérat, la Cour du district central de Séoul a franchi une étape inédite dans l’histoire de Samsung. Comme le souligne l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, « Lee est devenu le premier patron de Samsung à être arrêté dans une affaire criminelle« .  L’agence Yonhap est explicite quant à la nature des charges qui pèsent sur Lee Jae-yong :

L’équipe du procureur indépendant avait recherché mardi un nouveau mandat d’arrêt contre ce dernier après que sa première requête, qui reposait sur des charges de corruption, de détournement de fonds et de faux témoignages, a été rejetée le mois dernier. Après trois semaines d’enquête supplémentaires, les procureurs accusent Lee, en plus des charges précédentes, d’avoir caché des gains provenant d’activités criminelles et d’avoir enfreint la loi sur le transfert de patrimoine à l’étranger en versant des pots-de-vin à Choi Soon-sil, l’amie de longue date de la présidente.

Le versement de pots-de-vin à deux fondations contrôlées par Choi Soon-sil aurait permis à Lee Jae-yong d’obtenir une fusion entre deux branches de Samsung, en vue de renforcer son emprise sur le groupe.

La liste de Sung Wan-jong éclabousse le Parti Saenuri

9 avril 2015, 15h30 : la police découvre le corps sans vie de Sung Wan-jong. Le PDG de l’entreprise de construction Keangnam, qui faisait l’objet d’une enquête pour corruption et pour fraude s’intéressant aux subventions reçues par son entreprise, a laissé derrière lui une note dans laquelle il a expliqué son suicide et donné une liste de personnalités du parti Saenuri (conservateur, au pouvoir) auxquelles il aurait versé d’importantes sommes d’argent.

Depuis l’époque de la junte militaire, longtemps dirigée par le général Park Chung-hee, père de l’actuelle présidente sud-coréenne, les conservateurs sud-coréens ont largement soutenu le développement de groupes économiques confiées à des personnalités proches d’eux. En contrepartie, ces mêmes groupes ont été des bailleurs de fonds des généraux sud-coréens et de leurs partisans.

Peu avant sa mort, Sung Wan-jong avait déjà déclaré avoir versé des pots-de-vin, en utilisant pour ses révélations le quotidien d’opposition (centre-gauche) Kyunghyang Shinmun. S’étant décrit comme proche de la Présidente Park Geun-hye, Sung Wan-jong avait été meurtri d’être associé aux scandales de corruption du prédécesseur de Mme Park, M. Lee Myung-bak, également de sensibilité conservatrice.

Dans la liste des personnalités qu’aurait corrompues Sung Wan-jong apparaît le nom de l’actuel Premier ministre, Lee Wan-koo, en poste seulement depuis février 2015, ainsi que du directeur de cabinet de la Présidente Park Geun-hye. Malgré les démentis des personnalités mises en cause, Moon Jae-in, qui dirige l’opposition parlementaire, a exigé des explications de l’administration Park, demandé le départ du Premier ministre et condamné la Présidente Park pour avoir maintenu son déplacement en Amérique latine, alors que le Premier ministre, appelé à la remplacer en son absence, est sous le coup d’une inculpation.

Ce déplacement à l’étranger intervient par ailleurs au moment du premier anniversaire du dramatique naufrage du ferry Sewol, qui a fait 304 morts le 16 avril 2014. Yoo Byung-eun, dont la famille détenait l’entreprise maritime Chonghaejin propriétaire du Sewol, se serait suicidé après qu’un corps sans vie, initialement considéré comme celui d’un SDF, a été présenté comme celui de l’homme alors le plus recherché de Corée du Sud.  Yoo Byung-eun était aussi notablement proche des milieux conservateurs, et les familles des victimes du Sewol accusent aujourd’hui le pouvoir de multiplier les obstacles à la conduite d’une enquête indépendante, alors qu’apparaissent des scandales de corruption entre Chonghaejin et les autorités sud-coréennes.

Entre la liste de Sung Wan-jong et l’affaire du Sewol, deux scandales atteignent directement la Présidente Park Geun-hye. Mais la corruption n’est-elle pas le corollaire naturel des régimes autoritaires ? Le besoin de vérité et de transparence exige que les gouvernements occidentaux cessent leur soutien complaisant au pouvoir conservateur sud-coréen, en faisant pression sur les autorités de Séoul pour qu’elles cessent la répression contre les opposants,  libèrent l’ensemble des prisonniers politiques et rétablissent dans ses droits le Parti progressiste unifié, interdit à l’issue d’une farce juridique. Les membres du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud continueront d’agir en ce sens et à sensibiliser les opinions publiques, étant solidaires du combat courageux mené par les hommes et les femmes qui luttent pour la liberté et la justice en Corée du Sud.

Mise à jour 20 avril 2015 : le Premier ministre Lee Wan-koo, qui était entré en fonctions le 17 février 2015, a démissionné.

Pour signer l’appel « contre la répression politique en Corée du Sud, contre l’interdiction du Parti progressiste unifié »

Pour rejoindre le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud

solidaritefrancecoree@yahoo.fr