Archives mensuelles : octobre 2015

Non à la chasse à l’homme en Corée du Sud ! Libération des militants de l’Alliance coréenne emprisonnés !

Depuis l’interdiction du Parti progressiste unifié (PPU) en République de Corée (Corée du Sud), il y a un an, en décembre 2014, le Comité international pour les libertés démocratiques, en Corée du Sud (CILD) alarme l’opinion publique internationale et organise la solidarité avec les militants sud-coréens pour les droits de l’homme et la démocratie. Parmi les militants de l’ex-PPU, un groupe est particulièrement dans le viseur des autorités sud-coréennes : les membres de la tendance Corea21 du PPU, qui animent l’Alliance coréenne. Nous reproduisons ci-après un témoignage des militants de l’Alliance coréenne à Séoul. Le CILD appelle à leur libération immédiate, ainsi qu’à l’abrogation de la loi de sécurité nationale, instrument des régimes autoritaires au Sud de la péninsule !

« Notre camarade Ji Young-chul (ancien co-président de l’Alliance coréenne pour la démocratie et la réunification indépendante) a été arrêté hier, mardi 20 octobre [2015], après trois mois de recherches. La police a pisté les camarades et sa famille, y compris ses deux enfants, pour trouver Ji Young-chul. Il se trouve en ce moment au commissariat de Jongro-gu, à Séoul. Il est actuellement en grève de la faim, exigeant l’abolition de la loi de sécurité nationale, la démission de la Présidente Park Geun-hye et refusant les persécutions judiciaires. Les camarades de l’Alliance coréenne ont commencé une manifestation illimitée à une personne devant le commissariat depuis hier soir.

Le lundi 19 octobre marquait le 71e jour de l’action illimitée de nos militants dormant à la belle étoile devant la maison de détention de Séoul et le dixième jour de la grève de la faim de Sang Hoon. En effet, Sang Hoon a commencé une grève de la faim en prison le samedi 10 octobre pour demander l’amélioration des conditions de vie des prisonniers et le respect des droits de l’homme, la libération de tous les prisonniers politiques et la fin de la répression politique contre les forces progressistes. Nos camarades de l’Alliance coréenne organisent des manifestations avec distribution de tracts tous les jours, matin et soir, depuis dix jours. Mme Lee Mi-sook, ancienne secrétaire générale du Forum coréen international, commencera aussi bientôt une grève de la faim en prison. Pour sa part, Mme Kim Hye-young ne peut pas mener une grève de faim à cause de sa maladie, souffrant d’un cancer de la thyroïde… Pourtant, la maison de détention ne lui permet toujours pas de suivre un traitement approprié à l’hôpital. 

Hier [20 octobre 2015], a eu lieu l’audience publique de trois de nos camarades, sans résultat par rapport au précédent jugement début septembre. Le rapport d’accusation est long de 40 000 pages. Le combat sera difficile, mais nous ne lâcherons rien ! « 

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Le CILD s’engage pour la paix en Asie du Nord-Est, contre le militarisme japonais

En faisant adopter le projet de loi relative à la garantie de la sécurité le 19 septembre 2015, contre l’avis d’une majorité de Japonais et dans des conditions ne respectant pas la procédure normale de révision constitutionnelle, le gouvernement japonais de Shinzo Abe a autorisé pour la première fois l’envoi de troupes dans des guerres à l’étranger, vidant ainsi de son contenu l’article 9 de la Constitution japonaise.

Par la voix de son Président Jean Salem, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) a apporté son soutien au collectif SOLIDA (Solidarité pour la Liberté et la Démocratie en Asie) Paris, qui a manifesté le 10 octobre 2015 place du Châtelet à Paris pour exiger le retrait de la loi relative à la garantie de la sécurité et le maintien de l’article 9 de la Constitution japonaise.

Le CILD observe que les atteintes à la démocratie et à la paix internationale en Corée du Sud et au Japon présente de nombreuses similitudes, jugeant ainsi nécessaire d’élargir le front d’action pour les libertés démocratiques en Asie.

Le CILD a remis la pétition pour libérer Park Rae-gun au Président de la République François Hollande

Comme le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) s’y était engagé, la pétition du CILD exigeant la libération immédiate de M. Park Rae-gun, accompagnée de la liste de 158 signataires, a été adressée par courrier le 18 septembre 2015 à M. François Hollande, Président de la République, M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Mme Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, M. Henri Loyrette, Président de l’année France-Corée, Mme Agnès Benayer, Commissaire générale de l’année France-Corée, et à tous les députés et sénateurs membres des groupes interparlementaires d’amitié France-République de Corée de l’Assemblée nationale et du Sénat, que président respectivement M. André Santini et M. Alain Gournac. Nous reproduisons ci-après la lettre adressée au chef de l’Etat. A tous, le CILD a demandé, dans le contexte de l’année croisée France-Corée (du Sud), qu’ils relaient auprès de leurs homologues sud-coréens l’exigence de libération immédiate de Park Rae-gun et de tous les militants démocrates derrière les barreaux en Corée du Sud. Le combat pour les libertés et la démocratie en Corée du Sud ne doit pas s’arrêter et ne s’arrêtera pas !

Jean Salem                                                                    Paris, le 16 septembre 2015 Président du Comité international
pour les libertés démocratiques en Corée du Sud

M. François Hollande
Président de la République française
Palais de l’Elysée
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75 008 Paris

Monsieur le Président,

A l’initiative du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), que j’ai l’honneur de présider, une pétition pour libérer M. Park Rae-gun, directeur du Centre des droits de l’homme de la République de Corée, et tous les militants des droits de l’homme emprisonnés en Corée du Sud a réuni en quelques jours seulement 145 signatures, dont celles d’élus et d’anciens élus (parmi lesquels le député Jean-Jacques Candelier et deux anciens sénateurs), d’universitaires, d’artistes, de journalistes, de militants et de simples citoyens, tous profondément attachés à la justice, à la liberté et aux droits de l’homme, lesquels sont aujourd’hui sérieusement menacés en Corée du Sud.

La pétition et la liste des signataires ont été déposées le vendredi 14 août 2015 à 15 heures à l’ambassade de la République de Corée en France. A la veille d’un jour symbolique où la Corée célébrait le soixante-dixième anniversaire de la fin du joug de la domination coloniale japonaise, il convenait de rappeler que le combat pour la liberté se poursuit aujourd’hui encore, en Corée du Sud. Une copie de notre pétition et de la liste de ses signataires figure en pièce jointe au présent courrier.

Au moment où va débuter l’année croisée France-Corée, et alors que vous vous rendrez prochainement en République de Corée, nous vous sollicitons pour vous rencontrer afin que vous appuyiez auprès de votre homologue coréenne Mme Park Geun-hye notre demande de libération immédiate de M. Park Rae-gun et de tous les militants des droits de l’homme emprisonnés en Corée du Sud.

Nous appelons le gouvernement français et ses représentants à faire ouvertement part à leurs homologues sud-coréens de leurs vives préoccupations quant aux atteintes aux libertés d’expression, de manifestation et de réunion en Corée du Sud, en vue notamment de lever l’interdiction du Parti progressiste unifié, de rétablir dans leurs droits ses députés injustement invalidés et d’autoriser la libre expression de ses militants, d’abroger la loi de sécurité nationale, d’instaurer un contrôle démocratique des services de renseignement, de libérer les objecteurs de conscience emprisonnés et de respecter pleinement les libertés syndicales et les droits des travailleurs étrangers, afin que la République de Corée se conforme à ses obligations internationales en matière de droits de l’homme et de droit du travail.

Prenant acte de votre attachement aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales, nous sommes convaincus que la voix de la France, patrie de la Révolution de 1789, saura se faire entendre demain comme hier, alors que la mobilisation en France et à l’étranger de nombreux hommes politiques et de personnalités avait permis d’obtenir, il y a une génération, la libération de l’opposant Kim Dae-jung, qui devient par la suite Président de la République de Corée et reçut le Prix Nobel de la Paix, ainsi que la fin de la dictature militaire qu’avait incarnée le général Park Chung-hee, père de l’actuelle présidente sud-coréenne.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’expression de notre très haute considération.

Au nom du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud,  son Président

                    Jean SALEM