Archives mensuelles : mai 2017

Un soldat sud-coréen condamné à la prison ferme pour une relation homosexuelle

Alors que le Centre pour les droits de l’homme à l’armée a révélé que l’armée sud-coréenne avait engagé une chasse aux homosexuels, une première condamnation a été rendue publique : Lee, un capitaine de 28 ans, a été condamné à la prison ferme pour relation homosexuelle avec un autre soldat. La cour n’a pas retenu les arguments selon lesquels la relation était consentie et qu’elle a eu lieu dans un cadre privé.

L’emprisonnement se fonde sur l’article 92-6 du code pénal militaire, une disposition critiquée comme « archaïque » et « discriminatoire » par Roseann Rife, directeur de recherches d’Amnesty International pour l’Asie de l’Est, qui a également dénoncé une « condamnation injuste« . Une initiative au Parlement a été prise par Kim Jong-dae (Parti de la justice, social-démocrate) tendant à l’abolition de l’article 92-6, mais les chances de succès sont faibles compte tenu de la très forte homophobie de la société sud-coréenne où les puissants lobbies conservateurs mènent une campagne très active contre l’homosexualité (ils ont ainsi obtenu en 2014 une révision de la définition du mot « amour » par l’Institut de la langue coréenne comme ne pouvant désigner qu’une relation entre deux personnes de sexes différents).

Alors que le prévenu a dû être hospitalisé après son inculpation, la colère grandit et des manifestations ont éclaté en Corée, durant lesquelles des personnes homosexuelles ont demandé à être arrêtées elles aussi (cf. photo ci-dessous).

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Cette condamnation n’est que la première sans doute d’une longue série, alors que plusieurs dizaines de soldats sud-coréens seraient en attente de jugement pour relations homosexuelles. En outre, les sévices contre les homosexuels à l’armée sud-coréenne, entraînant des suicides et des incapacités physiques permanentes, restent un sujet tabou.

 

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Moon Jae-in élu président : l’espoir d’une plus grande démocratie

Le 9 mai 2017, le candidat démocrate Moon Jae-in a été élu Président de la République de Corée avec plus de 41 % des voix. Si le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) se félicite de l’échec des conservateurs, dont les neuf ans d’exercice du pouvoir suprême se sont traduits par des reculs sans précédent de la démocratie et des libertés publiques en Corée du Sud, il appelle les citoyens, acteurs de la « révolution des bougies » qui a permis la chute du régime corrompu et autoritaire de Mme Park Geun-hye, et l’opinion publique internationale à ne pas relâcher leurs efforts pour résister à l’ensemble des forces politiques (conservatrices) et sociales (patronat, armée, médias conservateurs, églises évangélistes…). Car celles-ci feront tout pour freiner le retour à une démocratie sociale et politique digne de ce nom au Sud de la péninsule coréenne.

Libération des prisonniers politiques, plein exercice des libertés syndicales, démocratisation des services de renseignement, abrogation de la loi de sécurité nationale, abrogation des « listes noires », rétablissement du Parti progressiste unifié dans ses droits légitimes et réhabilitation de ses dirigeants injustement emprisonnés (notamment l’ancien député Lee Seok-hee)… la liste est longue des revendications qui permettront à la République de Corée de redevenir, comme elle était naguère, l’un des pays les plus démocratiques d’Asie.

Dans l’immédiat, Moon Jae-in, a pris deux décisions lourdes de sens, dont se félicite le CILD pour peu qu’elles soient mises en oeuvre : la fin des manuels d’histoire révisionnistes (présentant sous un jour favorable la dictature militaire de Park Chung-hee, père de la présidente destituée Mme Park Geun-hye), et l’objectif de mettre fin à l’emploi précaire dans la sphère publique.

Le CILD félicite Moon Jae-in pour son élection, et lui souhaite plein succès dans l’exercice de ses missions.