Archives mensuelles : juillet 2016

Les autorités sud-coréennes déportent toujours plus d’opposants

Il ne fait pas bon visiter la Corée du Sud pour manifester pacifiquement avec les opposants : de plus en plus d’étrangers sont « déportés » (c’est-à-dire expulsés, voire même carrément interdits d’entrée sur le territoire) au nom de la très répressive loi de sécurité nationale : en mars 2012, trois étrangers (dont le Français Benjamin Monnet) ont été expulsés pour leur soutien aux opposants à la construction de la base navale de Jeju ; en janvier 2015, la Coréenne américaine Shin Eun-mi a été à son tour expulsée et interdite de séjour en Corée du Sud, coupable d’avoir écrit un livre qui ne parlait pas en termes suffisamment négatifs de la Corée du Nord ; en février 2015, Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) et membre du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), a été carrément interdit d’entrée en Corée du Sud après son inscription sur une liste noire pour des raisons que les autorités sud-coréennes n’ont pas voulu lui communiquer, au nom sans doute d’une certaine conception des droits de l’homme. Et la liste continue, puisqu’après un Coréen allemand interdit d’entrée en mai 2016 car il voulait participer à une commémoration du massacre de Kwangju, ce sont deux Coréens américains qui ont été interdits d’entrée en Corée du Sud le 26 juillet 2016. Leur crime ? Avoir voulu rejoindre les opposants à Seongju au déploiement du système de missiles antibalistiques THAAD, dans le cadre d’un voyage pour la paix…

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Les Américaines Hyun Lee et Juyeon Rhee sont membres du Comité de solidarité pour la paix et la démocratie en Corée (acronyme anglais, SCDPK).  Lee est aussi liée à l’Institut de politique coréenne, basé à Los Angeles.

Avant d’être interdites d’entrée en Corée du Sud, ces dangereuses manifestantes pacifiques devaient rejoindre les Vétérans pour la paix, un groupe pacifiste américain qui soutient les opposants au déploiement du système de missiles THAAD à Seongju (photo).

Comme Lee l’a indiqué à The Diplomat, le refus de visa s’inscrit dans une démarche des autorités sud-coréennes visant à empêcher l’internationalisation de l’opposition au déploiement de THAAD en Corée.

Le journaliste Tim Shorrock, également membre de l’organisation SCDPK, a conclu : « Comment la République de Corée peut-elle se qualifier de démocratie et bannir des Américains parce que leurs opinions ne sont pas celles du gouvernement ?« 

Licenciement sexiste de Kim Ja-yeon : honteux !

Le 18 juillet 2016, l’actrice Kim Ja-yeon a été licenciée par la société sud-coréenne de jeux électroniques Nexon pour voir publié sur Twitter une photo d’elle portant un T-shirt sur lequel il était inscrit « Les filles n’ont pas besoin d’un prince » (Girls do not need a prince). Ce licenciement scandaleux montre combien les préjugés sexistes sont prégnants en République de Corée. Dans l’attente d’éventuelles suites judiciaires favorables, il témoigne aussi d’une absence de protection effective des salarié(e)s victimes de discriminations, ainsi que d’une absence de liberté d’expression.

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L’industrie du jeu électronique a une solide réputation sexiste qui ne se limite pas à des faits scandaleux de harcèlement, et le Sud-Coréen Nexon l’a encore prouvé en licenciant l’actrice Kim Ja-yeon pour avoir publié une image féministe d’elle réalisée dans le cadre d’une campagne du site féministe Megalian.

Non seulement Nexon a cédé aux protestations machistes de certains de ses clients en licenciant l’actrice, mais Kim Ja-yeon s’est excusée sur Twitter… alors qu’elle est la victime de procédés indignes d’un pays industrialisé, membre de l’OCDE, comme la Corée du Sud.

Depuis, une campagne de boycott de Nexon a commencé sur Twitter, utilisant le hashtag #넥슨_보이콧 (“boycottez Nexon”). Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) appelle à relayer et diffuser cette campagne, pour faire cesser des comportements machistes inacceptables et garantir effectivement les droits des salarié(e)s.

Libertés syndicales : la CGT solidaire de la KCTU

La colère gronde partout dans le monde suite à la condamnation inique du dirigeant syndical sud-coréen Han Sang-gyun à 5 ans de prison : après le communiqué d’Amnesty International et l’organisation d’une manifestation par la Confédération des syndicats de Hong Kong, c’est à la CGT de publier à son tour un communiqué de soutien, que nous reproduisons ci-après. Philippe Martinez a écrit à Han Sang-gyun.

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Libertés syndicales

La CGT condamne la criminalisation des syndicalistes en Corée du sud

mercredi 13 juillet 2016 , par EB

 

Le 4 juillet 2016, la Cour de Séoul a condamné Han Sang-gyun, Président de la Confédération coréenne des syndicats, KCTU, à 5 ans de prison et 500.000 won d’amende. Comme premier dirigeant de la KCTU, il assume la responsabilité des actions syndicales organisées à l’automne 2015.

La sentence a obéi aux requêtes du gouvernement suite aux rassemblements syndicaux et manifestations de protestation en 2015. En particulier, le 14 novembre 2015 à Séoul, les plus de 100.000 manifestants ont été accueillis par des gaz lacrymogènes, des canons à eaux et 20.000 policiers.

Résultat des dizaines de blessés ont été enregistrés dont certains gravement et des plaintes contre 585 dirigeants et adhérents de la KCTU dont 20 sont actuellement incarcérés et en attente des condamnations. Lee Young-joo, Secrétaire général de la KCTU est réfugié au siège de l’organisation depuis le décembre 2015. A la suite de la condamnation de Han Sang-gyun, les dirigeants et militants syndicaux coréens ont été condamnés à leur tour à des peines allant de 8 mois à 3 ans de prison.

La CGT apporte sa solidarité totale à la KCTU

La CGT apporte sa solidarité totale à la KCTU, ses dirigeants et ses militants confrontés à une attaque sans précédent visant à criminaliser l’action syndicale en Corée du Sud et empêcher les salariés et leurs organisations à exprimer leurs protestations et revendications. Elle soutient la lutte des syndicalistes en Corée et condamne l’évolution anti syndicale du gouvernement de Corée du Sud qui vise à renforcer le pouvoir des Chaebol, les grands conglomérats coréens qui dominent l’économie.

Les sentences contre les dirigeants de la KCTU et de ses organisations affiliées comme la KPTU, Fédération des services publics et des transports, montrent que la Cour est soumise aux priorités du gouvernement et des employeurs coréens.
La répression ne peut pas être la réponse aux désaccords et aux revendications des salariés. Elle appelle le gouvernement à lever toutes les charges contre les syndicalistes, stopper les actions pour empêcher les activités syndicales légitimes et pacifiques et cesser la criminalisation des militants et dirigeants syndicaux.

La CGT soutient la lutte pour le respect de la législation du travail de Corée et des conventions internationales du travail. Elle s’associe à la pression de l’ensemble du mouvement syndical international avec la CSI et les Global Unions pour la levée des charges contre les syndicalistes coréens qui n’ont fait que défendre les droits et libertés fondamentales des travailleurs.

La CGT restera aux côtés des syndicalistes coréens et du monde entier pour poursuivre la lutte pour la levée des sentences et la libération des militants syndicaux dans les actions qui seront organisées dans les semaines à venir.

Rassemblement de la Confédération syndicale de Hong Kong pour exiger la libération de Han Sang-gyun

La condamnation à cinq ans de prison de Han Sang-gyun, dirigeant de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU) depuis décembre 2014, n’en finit pas de soulever une vague internationale de protestations et d’indignations. Les propos du procureur, qui demandait une peine de huit ans, sont éloquents de l’arbitraire judiciaire sud-coréen, qui mêle mise en cause de la libre expression syndicale, procès d’intention et culpabilité par association ; selon le procureur, « non seulement Han Sang-gyun a planifié minutieusement son crime dès qu’il a été élu dirigeant, mais il a aussi agité les travailleurs en abusant de sa position, et il n’a aucun regret« . Car le crime de Han Sang-gyun est en effet insupportable aux yeux du régime autoritaire sud-coréen : avoir osé organiser les plus grandes manifestations qu’ait connues la République de Corée depuis des décennies, notamment le 24 avril 2015 et le 1er mai 2015, pour demander le retrait de la réforme du code du travail.

Dans ce contexte, la solidarité ouvrière se manifeste naturellement : le 4 juillet 2016, la Confédération des syndicats de Hong Kong (Hong Kong Confederation of Trade Unions, HKTCU) a manifesté devant le consulat de Corée du Sud sur les mots d’ordre de « Libérez tous les militants de la KCTU, Hang Sang-gyun, Lee Young-joo » et « Stop à la répression politique !« , les répressions politique et antisyndicale étant étroitement liées dans le régime autoritaire que met en place Mme Park Geun-hye, à l’image d’autres dirigeants autoritaires choyés des Etats-Unis (et de la France), comme le Turc Erdogan.

Le consulat a refusé de recevoir la lettre de la HKTCU qui exigeait la libération de tous les militants syndicaux emprisonnés, qui a été lue par les manifestants. Fidèle à leur tradition de refus du dialogue, les diplomates sud-coréens basés à Hong Kong ont appelé la police pour disperser le rassemblement – l’ambassade de Corée du Sud en France avait de même appelé à l’aide la police française lorsqu’une délégation du Comité internationale pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) avait remis, à Paris, le 14 août 2015, une pétition demandant la libération du militant des droits de l’homme Park Rae-gun. Les forces de police gardant l’ambassade avaient pris notre lettre, auquel l’ambassadeur de la République de Corée en France n’a bien évidemment pas daigné répondre, s’inscrivant dans la tradition des régimes les plus autoritaires effrayés par la perspective même de justifier l’arbitraire de leur propre appareil judiciaire.

Principale source : Maxime Fabre, « Libérez Han Sang-gyun, dirigeant de la KCTU ! », in La Tribune des travailleurs, n° 47, mercredi 13 juillet 2016, p. 5. La Tribune des travailleurs est l’hebdomadaire du Parti ouvrier indépendant démocratique (POID).

Han Sang-gyun condamné à 5 ans de prison : Amnesty International dénonce un « coup » porté « à la liberté de manifester pacifiquement »

Le 4 juillet 2016, le dirigeant syndical Han Sang-gyun a été condamné à 5 ans de prison, mettant en lumière la répression anti-syndicale accrue en République de Corée, dénoncée de manière constante par le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD). Nous reproduisons ci-après un communiqué publié le jour même de la condamnation par Amnesty International.

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Corée du Sud. La peine de prison prononcée contre un dirigeant syndical porte un coup à la liberté de manifester pacifiquement

[04/07/2016]

La condamnation d’un dirigeant syndical à cinq ans d’emprisonnement illustre une fois de plus l’intensification des attaques du gouvernement contre le droit à la liberté de manifester pacifiquement en Corée du Sud, a déclaré Amnesty International lundi 4 juillet.

Lundi 4 juillet, le tribunal du district central de Séoul a condamné Han Sang-gyun, président de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU), pour son rôle dans l’organisation de plusieurs manifestations. La plus en vue a été le « Rassemblement populaire » du 14 novembre 2015, majoritairement pacifique.

« Han Sang-gyun est la dernière victime en date de la répression de plus en plus implacable menée en Corée du Sud contre l’opposition pacifique. Sa condamnation est injuste et honteuse », a déclaré Arnold Fang, spécialiste de l’Asie de l’Est à Amnesty International.

« La peine prononcée porte un coup terrible au droit à la liberté de réunion pacifique, en dissuadant les autres personnes qui voudraient organiser des manifestations. En aucun cas les organisateurs ne doivent être tenus pour responsables des actes de ceux qui sabotent une manifestation pacifique. »

En requérant huit ans d’emprisonnement, le ministère public a souligné que, Han Sang-gyun étant dirigeant syndical, ses actions devaient être considérées comme des « méfaits » de la KCTU et de l’ensemble du mouvement syndical, et non comme des actes commis uniquement à titre personnel.

Des dizaines de milliers de manifestants ont participé au « Rassemblement populaire » de novembre dernier contre le gouvernement, au cours duquel des affrontements ont eu lieu entre police et manifestants. La police a eu recours à une force excessive lors de ces manifestations majoritairement pacifiques, notamment en utilisant des canons à eau, et des manifestants ont été blessés. Quelques rares participants étaient armés de tuyaux en métal et de tiges de bambou taillées en pointe.

Un rassemblement pacifique ne perd pas son caractère pacifique du fait de violences sporadiques ou du comportement illicite de certaines personnes. Si une minorité de manifestants agissent de façon violente, la police doit faire la distinction entre ceux-ci et les autres lors des opérations visant à rétablir l’ordre public.

La police a arrêté Han Sang-gyun en décembre 2015, lorsqu’il s’est livré de son plein gré après s’être réfugié dans un temple du centre de Séoul pendant 25 jours, à la suite du « Rassemblement populaire ». Il a été inculpé de diverses infractions allant de l’outrage à des fonctionnaires au blocage de la circulation.

L’arrestation et la détention de dirigeants syndicaux, de syndicalistes et d’autres manifestants ne se sont pas limitées à Han Sang-gyun. Plus de 500 membres de la KCTU ont été convoqués par la police en raison de leur participation au rassemblement, dont 13 ont été jusqu’à présent condamnés à des peines de huit à 18 mois de prison.

« Toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions doivent être libérées immédiatement et sans condition. La Corée du Sud doit cesser de persécuter des personnes qui ne font qu’exercer leur droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique », a déclaré Arnold Fang.

Dans un rapport sur la Corée du Sud présenté à l’issue de sa visite dans ce pays en janvier 2016, Maina Kiai, rapporteur spécial des Nations unies sur le droit de réunion pacifique et d’association, a indiqué que le fait d’accuser des manifestants de certaines infractions pénales, telles que le blocage de la circulation, criminalisait de fait le droit de réunion pacifique.

Des « prisonniers de conscience » en République de Corée

En juin 2016, plusieurs membres du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) ont visité le Sud de la péninsule : Maurice Cukierman, Gérard Halie et Nguyen Dac Nhumai, qui a rédigé l’article ci-après pour exiger la libération des prisonniers de conscience membres de l’Alliance coréenne.

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Manifestation du CILD à Paris le 3 juin 2016, pour la libération de Kim Hye-young et de tous les prisonniers politiques sud-coréens

«Un prisonnier de conscience est un prisonnier de trop » a dit Ms Daw Aung San Suu Kyi, lors de la conférence Nobel, Oslo, 16 juin 2012 concernant les détenus en Birmanie (1). En effet, en République de Corée la loi de sécurité nationale édictée depuis 1948, exerce la répression à l’égard du Parti Progressiste Unifié (PPU) et de l’Alliance coréenne. Le PPU se battant pour la démocratie et la réunification avec plus de 16% des voix aux dernières élections, a été interdit le 19 décembre 2014, et nombre de ses militants incarcérés, et menacés de lourdes condamnations pour un complot imaginaire, sur la base de témoignages de complaisance (2)

Concernant les «prisonniers de conscience» en République de Corée il serait urgent de porter à la connaissance de la communauté internationale leur situation à l’égard des principes fondamentaux relatifs au traitement des détenus en particulier sur le cas de Kim Hye-young.

Par ailleurs, le 24 juin 2016, trois membres incarcérés de l’Alliance coréenne (émanation du PPU), Han Jun-hye, Kim Kyoung-koo et Choi Min ont été libérés suite à une campagne nationale et internationale en particulier du CILD – AAFC et d’Amnesty international. Ils ont été arrêtés le 20 Décembre 2015 et maintenus en détention à Daejeon. Le tribunal de première instance les a condamnés à 1 an six mois de prison avec sursis à exécution de deux ans le 24 Juin à 2016. Tous trois ont fait la grève de la faim pendant 10 jours au détachement de sécurité de Mokcheon de la province de Chungnam.

Actuellement sont détenus les membres de l’Alliance coréenne suivants:

1-Kim Hye-young, membre du Comité organisateur du Forum International de Corée, a été arrêtée le 26 juillet 2015 et détenue au centre de détention de Seoul.- Elle souffre du cancer de la thyroïde. La cour d’appel l’a condamnée à 2 ans de prison à la date du 26 mai 2016. Dès le 26 mai 2016, elle a fait la grève de la faim jusqu’au 14 Juin 2016, après 20 jours dont 10 jours au poste de police de Namdaemun. Le 18 juin 2016 les délégués étrangers du Forum International de Corée sur la paix et la réunification, Derek Ford (USA), Gérard Halie, Maurice Cukierman et Nguyen Dac Nhu-Mai (France) sont allés la voir pendant 10 minutes et lui apporter leur solidarité.

2-Lee Sang-hun, co-président de l’Alliance coréenne, co-représentant de l’Alliance coréenne, ancien vice-président du comité de Séoul du PPU depuis 2012, a été arrêté le 23 Juillet 2015 et est détenu au centre de détention de Séoul. La cour d’appel l’a condamné à 2 ans de prison ferme le 26 mai 2016. Il a fait la grève de la faim pendant 10 jours au poste de police de Jongno et au centre de détention de Séoul. Je suis allée le voir le 21 juin pendant 10 minutes pour lui apporter notre soutien. Comme la précédente fois, toute la communication a été enregistrée.

3-Ji Young-chul, co-président de l’Alliance coréenne, ancien co-représentant et ancien représentant du Centre économique alternatif, a été arrêté le 20 octobre 2015 et est détenu au centre de détention de Séoul. – Le tribunal de première instance l’a condamné à 2 ans de prison ferme le 28 Avril 2016. Il a fait la grève de la faim pendant 10 jours au poste de police Jongno.

4-Lee Mi-sook, membre de l‘Alliance coréenne, ancienne secrétaire générale du Comité européen du DLP et Secrétaire générale du Forum international de Corée (IFC), a été arrêtée le 9 Août 2015 et est détenue au centre de détention de Séoul. La cour d’appel l’a condamnée à 2 ans de prison ferme le 26 mai 2016. (Elle a fait la grève de la faim pendant 10 jours aux postes de police Namdaemun et Seongdong Institut correctionnel).

5-Kim Dae-bong, membre de l‘Alliance coréenne, arrêté le 28 Octobre 2015 a été incarcéré à la détention de Suwon. Le tribunal de première instance l’a condamné à 1 an et 6 mois d’emprisonnement ferme le 20 mai 2016. Il a fait la grève de la faim pendant 10 jours au poste de police Nambu Suwon.

Les membres de l’Alliance coréenne incarcérés sans détention sont les suivants :

6- Kim Jeong-hee: ancienne vice-présidente du Comité Choongnam du PPU et directrice du centre Choongnam pour l’éducation et de la culture pour l’égalité des sexes. Elle a été arrêtée le 9 Août 2015 et libérée après 48 heures de garde à vue. – La cour d’appel l’a condamnée à 2 mois de prison, mais 3 ans de sursis à exécution. Elle a fait la grève de la faim pendant 48 heures au poste de police Namdaemun.

7-Kang Soon-young, ancienne rédactrice en cheffe de l’organe central du DLP, a été arrêtée le 15 Juillet 2015 et libérée après 48 heures de garde à vue. – La cour d’appel l’a condamnée à 1 an et 6 mois d’emprisonnement, mais trois années de sursis à exécution. Elle a fait la grève de la faim pendant 48 heures à la station de police Jongno.

8-Kim Dong-gwan, rédacteur en chef du journal en ligne «Journal of Progressive Workers», a été arrêté le 24 Juillet 2015 et libéré après 48 heures de garde à vue. – La cour d’appel l’a condamné à 1 an et 6 mois d’emprisonnement, mais trois années de sursis à exécution. Il a fait la grève de la faim et a coupé l’eau pendant 48 heures au poste de police Seodaemun.

9-Lee Dong-keun, ancien président du comité sur les collectivités territoriales de Choongnam, province DLP, a été arrêté le 26 Juillet 2015 et libéré après 48 heures de garde à vue. – La cour d’appel l’a condamné à 1 an et 6 mois d’emprisonnement ferme. Il a fait la grève de la faim la grève de la faim et a coupé l’eau pendant 48 heures au poste de police Seodaemun.

La situation de répression politique relative à la liberté d’expression exercée à l’encontre des membres de l’Alliance coréenne est certes intolérable. La santé de Kim Hye-young, souffrant du cancer de la thyroïde est très préoccupante car les autorités carcérales ne l’ont pas autorisée à consulter un médecin à l’extérieur pour des soins appropriés. Cet acte est contraire aux Principes fondamentaux relatifs au traitement des détenus et à ceux relatifs à l’éthique médicale élaborés par le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits humains (3).

La communauté internationale ne devrait pas oublier les prisonniers de conscience encore incarcérés en particulier en République de Corée (cas des 9 membres de l’Alliance coréenne) comme en Iran (cas de Ms Nisria Sotoudeh), au Burundi (cas de Pierre C. Mbonimpa), aux Etats-Unis d’Amérique (cas de Ms Ana Belén Montés) et d’autres en Birmanie. Elle devrait agir pour réclamer leur libération immédiate.

Nguyen Dac Nhu-Mai, Membre du CILD et de l’AAFC

Notes
(1) S’il faut se réjouir de la libération de nombreux prisonniers politiques depuis mai 2011, plusieurs centaines sont toujours détenus dans les prisons birmanes et le nombre croissant de détentions arbitraires donne à réfléchir. Depuis janvier 2012, il y a eu au moins 200 arrestations politiquement motivées. Le gouvernement actuel utilise en effet la législation pour persécuter et intimider les personnes qui osent exprimer des opinions contraires aux intérêts de l’Etat. In http://www.info-birmanie.org/un-prisonnier-de-conscience-est-un-prisonnier-de-trop/
(2) Charles Hoareau : Condamnation de l’interdiction du Parti Progressiste Unifié en Corée du Sud . In
http://www.reveilcommuniste.fr/article-le-parti-progressiste-unifie-de-coree-du-sud-interdit-125367215.html
(3) La reproduction, en tout ou en partie, de la teneur des documents publiés dans la présente publication est autorisée. Toutefois, en pareil cas, il est demandé que mention soit faite de la source et qu’un exemplaire de l’ouvrage où sera reproduit l’extrait cité soit communiqué au Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Palais des Nations Unies. Il est possible de se procurer des exemplaires du Manuel, du Guide du formateur, du Guide de poche et de la présente Compilation en s’adressant au : Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Palais des Nations 8-14, avenue de la Paix 1211 Genève 10 (Suisse)

                                                                        *

Site Web : http://www.ohchr.org e-mail : publications@ohchr.orgons, 8-14, avenue de la Paix, CH-1211 Genève 10, Suisse. In
http://www.ohchr.org/Documents/Publications/training11Add1fr.pdf

18. Principes fondamentaux relatifs au traitement des détenus

5. Sauf pour ce qui est des limitations qui sont évidemment rendues nécessaires par leur incarcération, tous les détenus doivent continuer à jouir des droits de l’homme et des libertés fondamentales énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et, lorsque l’État concerné y est partie, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Protocole facultatif qui l’accompagne, ainsi que de tous les autres droits énoncés dans d’autres Pactes des Nations Unies.(p.229)

9. Les détenus ont accès aux services de santé existant dans le pays, sans discrimination aucune du fait de leur statut juridique.

32. Principes d’éthique médicale applicables au rôle du personnel de santé, en particulier des médecins, dans la protection des prisonniers et des détenus contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants

Principe 1 : Les membres du personnel de santé, en particulier les médecins, chargés de dispenser des soins médicaux aux prisonniers et aux détenus sont tenus d’assurer la protection de leur santé physique et mentale et, en cas de maladie, de leur dispenser un traitement de la même qualité et répondant aux mêmes normes que celui dont bénéficient les personnes qui ne sont pas emprisonnées ou détenues. (p.371)