« Le marxisme au XXIe siècle et la question du parti » : intervention de Cho Deokweon à la Sorbonne

Le 11 mars 2017, Cho Deokweon (Stephen Cho) était l’invité à l’Université de la Sorbonne du séminaire hebdomadaire « Marx au XXIe siècle, l’esprit et la lettre », organisé sous la responsabilité de Jean Salem (par ailleurs président du Comité international pour les libertés démocratiques de Corée du Sud, CILD),  avec le soutien du CERPHI (École normale supérieure de Lyon) et du Cercle universitaire d’études marxistes (CUEM). Stephen Cho était déjà intervenu dans le cadre du séminaire « Marx au XXIe siècle » le 7 mars 2015. Le 11 mars 2017, le conférencier sud-coréen a traité du thème « Le marxisme au XXIe siècle et la question du parti – en Asie et ailleurs ».

stephen-cho_colloque_marx_11-mars-2017

Tout au long d’un exposé très didactique, Stephen Cho a tout d’abord resitué la création de partis progressistes en République de Corée (Corée du Sud) dans le contexte politique issu de la Révolution d’Octobre 1917, qui a eu une influence mondiale. Pour sa part, la Corée doit tenir compte d’une situation coloniale (avec la domination japonaise, entre 1910 et 1945), puis néocoloniale, avec des liens de dépendance vis-à-vis des Etats-Unis depuis la libération. Dès lors, toute approche dogmatique de la question nationale doit être évitée : la défense de la souveraineté nationale, dans un pays colonisé, se conjugue avec l’internationalisme.

Sorbonne_10-mars-2017_Stephen-Cho_Jean-Salem

Le Parti populaire démocratique de Corée du Sud, fondé en novembre 2016, s’inscrit dans cette tradition révolutionnaire : il s’agit d’un parti de la classe ouvrière, mais visant à émanciper toute la population coréenne grâce à l’action d’une organisation de masse.

En Corée, riche d’une histoire de 5 000 ans, la lutte politique a impliqué une stratégie de front uni des progressistes avec des forces opportunistes, alors que l’histoire politique de la Corée du Sud a été marquée par la répression des organisations politiques successives d’inspiration progressiste : le Parti progressiste, dont le dirigeant Cho Bong-am a été condamné à mort et exécuté en 1959 ; après la révolution de 1960, se sont constituées plusieurs organisations socialistes (le Parti socialiste coréen, le Parti socialiste des masses) qui ont été dissoutes et leurs adhérents réprimés à la suite du coup d’Etat militaire du 16 mai 1961 ; des dirigeants d’une organisation révolutionnaire clandestine, le Parti révolutionnaire pour la réunification, ont été condamnés à mort par la junte militaire (comme Kim Jong-tae, en 1969) ; le Parti progressiste unifié a été dissous en décembre 2014 et plusieurs de ses membres et dirigeants arrêtés et emprisonnés.

Si la destitution de la Présidente Park Geun-hye, confirmée par la Cour constitutionnelle le 10 mars 2017, a temporairement stoppé la répression politique, les instruments du pouvoir autoritaire restent en place (au premier rang desquels la loi de sécurité nationale), continuant à faire planer un danger de guerre.

Sorbonne_10-mars-2017

Le débat qui a suivi, de très haut niveau, a abordé notamment les questions des causes de la disparition de l’URSS, de l’évolution politique et sociale de la Chine et de l’indépendance du mouvement progressiste sud-coréen vis-à-vis de la Corée du Nord – la force révolutionnaire en Corée du Sud étant constitué des Sud-Coréens eux-mêmes.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s