Archives mensuelles : août 2015

Le manuel d’éducation sexuelle sud-coréen met en danger les femmes : nous exigeons son retrait immédiat !

Comme l’a révélé en France Metronews, un nouveau manuel d’éducation sexuelle diffusé en République de Corée (Corée du Sud) est sexiste, bourré d’erreurs et « excuse » le viol dans certaines circonstances. Si face aux protestations d’associations (dont le Centre de soutien aux victimes de violences sexuelles, Korean Sexual Violence Relief Center) le Gouvernement a légèrement amendé le texte, ce manuel reflète le danger que font sciemment courir aux femmes les conservateurs sud-coréens : le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) appelle au retrait immédiat de ce manuel et au plein rétablissement d’un enseignement d’éducation sexuelle conforme aux normes pédagogiques internationales, dont prétend se revendiquer la République de Corée. Alors que va s’ouvrir l’année croisée France-Corée (du Sud), le CILD interpelle à nouveau les autorités françaises, dans l’ensemble des manifestations qui se tiendront en France et en Corée du Sud, pour qu’elles rappellent à leurs interlocuteurs coréens que leur pays ne peut pas s’affranchir des obligations internationales auxquelles il a souscrit, qu’il s’agisse des libertés politiques ou, comme en l’espèce, des droits sociaux. A cette fin, nous allons signaler cet article aux délégations aux droits des femmes de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Au coût d’un demi-million d’euros, c’est un brûlot misogyne et sexiste qui est diffusé auprès de l’ensemble des étudiants sud-coréens du primaire et du secondaire dans le nouveau manuel d’éducation sexuelle du ministère sud-coréen de l’Education nationale. Florilège d’extraits, cités par Metronews :

« Le désir sexuel masculin peut croître rapidement, d’un coup, indépendamment du temps ou de l’endroit« .

« Les hommes ont le contrôle de l’argent alors que les femmes sont désirées pour leur corps dans notre société. Ainsi, les hommes qui dépensent de l’argent dans des rendez-vous avec des femmes attendent d’elles certaines contreparties. Dans de telles conditions, des violences sexuelles peuvent se produire. »

Quand les femmes sont victimes d’attouchements sexuels dans les transports en commun, elles sont invitées à se défendre elles-mêmes… en écrasant le pied de leur agresseur. En d’autres termes, le manuel incite scandaleusement les femmes à ne pas porter plainte, à ne pas solliciter d’aide auprès d’un tiers.

La définition des violences sexuelles est limité aux rapports sexuels forcés afin, selon les associations spécialisées coréennes, de culpabiliser les victimes.

Enfin, « la diversité familiale et les différentes orientations sexuelles sont découragées« , souligne Bang I-seul du Korea sexual violence relief center cité par The Korea Times. Mais faut-il rappeler que le très officiel Institut de la langue coréenne a modifié en 2014 la définition du mot « amour » pour clamer qu’il ne pourrait qu’être hétérosexuel, comme l’avait souligné en 2014 le journaliste du Monde Philippe Mesmer dans son article « Pas gay, l’amour en Corée… » ?

La Corée du Sud de la très conservatrice présidente Park Geun-hye, première femme chef de l’Etat en Corée du Sud élue notamment sur un programme de défense des droits des femmes, a une nouvelle fois trahi ses engagements de campagne.

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Quatre responsables de KBS sanctionnés après avoir diffusé un reportage mettant en cause Syngman Rhee

Il ne fait pas bon, en Corée du Sud, mettre en cause le dictateur Syngman Rhee, fondateur du pays : c’est ce que viennent d’apprendre à leurs dépens quatre responsables de la chaîne de télévision et de radio publique KBS : tous ont été remplacés après la diffusion d’un reportage révélant, sur la base de documents d’archives américains et japonais, que, le 27 juin 1950, deux jours après le début de la guerre de Corée et dans un contexte alors de débâcle pour la République de Corée (Corée du Sud), le chef de l’Etat avait demandé l’asile au Japon pour lui et 60 000 Sud-Coréens.

Si le patron de KBS, Lee In-ho proche des révisionnistes de la nouvelle droite, prétend qu’il s’agit de nouvelles nominations à une échéance normale, l’argument ne convainc ni les syndicats, ni l’opposition, tant la coïncidence de dates est frappante : le 15 juillet 2015, quatre hauts responsables en position décisionnelle (au bureau des relations internationales et au bureau des nouvelles digitales) ont été limogés, après la diffusion du reportage incriminé le 24 juin et la publication par KBS, le 3 juillet, d’une protestation officielle du Mémorial Syngman Rhee selon lequel « la date du 27 juin n’était pas citée dans le document, et il ne peut pas être considéré comme une demande du gouvernement Syngman Rhee cherchant à ce que des réfugiés soient accueillis« .

Selon la branche de KBS de l’Union nationale des travailleurs des médias, « malgré le rapport humiliant d’un argument en sens inverse, l’entreprise a relevé de leurs fonctions tous les dirigeants responsables du reportage. Ce changement était clairement une mesure disciplinaire qui bat en brèche les valeurs supérieures de l’audiovisuel public et l’indépendance des médias« .

Dans la Corée du Sud de Mme Park Geun-hye, fille de l’ancien dictateur militaire Park Chung-hee, les traditions de museler tous ceux qui remettent en cause l’héritage de la dictature, dont le parti conservateur au pouvoir est l’héritier, ont décidément la vie dure.

Quand le ministère de la Défense sud-coréen donne des instructions aux journalistes étrangers

Dans un article en anglais publié le 25 août 2015 et intitulé (en français) « La Corée du Sud demande aux journalistes étrangers d’arrêter de décrire les hauts parleurs comme de la propagande », le site NK News nous indique que, après avoir intimidé voire poursuivi les bloggeurs et journalistes sud-coréens indépendants coupables d’avoir diffusé des informations dites infondées (en réalité, attaquées car défavorables au pouvoir en place), une nouvelle étape a été franchie en Corée du Sud dans le contrôle des médias et les atteintes à la liberté d’information : désormais, ce sont les correspondants étrangers dans le pays qui reçoivent des instructions sur ce qu’ils doivent dire, écrire, penser. Il s’agit d’une nouvelle atteinte à la liberté de la presse, de surcroît extrêmement maladroite, car étrangère aux règles de base du métier de journaliste tel qu’il se pratique dans les pays démocratiques ayant des correspondants à Séoul.

Suite au conflit qui a opposé les deux Corée à propos de la reprise par Séoul de la diffusion de messages de propagande par les hauts parleurs situés le long de la zone démilitarisée qui sépare les deux Etats coréens (pratique interrompue après un accord Nord-Sud conclu le 24 août 2015), le ministère de la Défense nationale sud-coréen a jugé bon d’émettre le bulletin d’instructions suivant, le lendemain de l’accord :

Certains journalistes étrangers qualifient les enregistrements de « propagande », ce qui signifie mener une guerre psychologique, déformant et exagérant les faits, de façon à présenter une des parties sous un jour avantageux (…) Il est impropre de parler de propagande pour décrire les messages diffusés par nos hauts parleurs.

et le ministère de la Défense sud-coréen d’expliquer ensuite ce que les journalistes étrangers seraient bien inspirés de faire :

Quand vous écrivez un article, il serait utile de mentionner que les programmes diffusés par haut parleur portent sur la supériorité d’une société libre et démocratique, la situation développée de la République de Corée, la restauration de l’homogénéité ethnique de la Corée, la réalité de la société nord-coréenne et que les messages portent la « Voix de l’Espoir » au Nord.

Selon NK News, les correspondants étrangers en poste à Séoul ont fait savoir leur mécontentement d’une telle interférence gouvernementale dans leur travail, et rappelé qu’il s’agissait précisément de propagande – au sens propre du terme, c’est-à-dire une information destinée à promouvoir un groupe, indépendamment de son contenu (vrai ou faux).

Ancien journaliste au Korea Times et fondateur du Korea Observer, Lee Tae-hoon a ironisé sur la conception des autorités sud-coréennes visant à distinguer la(mauvaise) propagande du Nord de la (bonne) information du Sud, en faisant référence aux tentatives de censure dont il avait lui-même été victime dans le passé :

On m’a dit plusieurs fois « N’écrivez pas cela » ou « Ne publiez pas cela ». Il y a très peu de transparence dans les médias coréens (…) Il y a de nombreux incidents où des responsables du ministère de la Défense ont tenté de me poursuivre pour que je n’écrive pas certains articles, en disant que ce serait contre l’intérêt national.

Lee a ainsi indiqué que les médias étrangers qui refuseraient d’obtempérer pourraient être mis sur une liste noire et se voir refuser l’accès à la publicité gouvernementale, en disant que de telles pratiques existent déjà pour les médias sud-coréens, ceux qui ne sont pas favorables au pouvoir n’ayant par ailleurs pas accès à certaines informations.

145 signatures pour la libération de Park Rae-gun et de tous les militants des droits de l’homme emprisonnés en Corée du Sud

Initiée par le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), la pétition pour libérer Park Rae-gun et tous les militants des droits de l’homme emprisonnés en Corée du Sud, publiée sur notre site le 9 août 2015, a réuni en quelques jours seulement 145 signatures, dont celles d’élus ou anciens élus (parmi lesquels le député Jean-Jacques Candelier et deux anciens sénateurs), d’universitaires, d’artistes, de journalistes, de militants et de simples citoyens, tous profondément attachés à la justice, à la liberté et aux droits de l’homme, aujourd’hui sérieusement menacés en Corée du Sud. Si nous nous sommes déjà adressés aux Français et aux étrangers vivant en France – des Coréens, des Chinois, des Japonais, des Américains, des Australiens, des Britanniques… ont répondu à notre appel – des personnes vivant à l’étranger (Allemagne, Belgique, Corée du Sud, Equateur, Espagne, Etats-Unis, Italie) ont aussi souhaité s’associer à notre campagne. Que toutes et tous soient ici remerciés pour leur soutien et leur geste militant, qui apporte une lueur d’espoir à tous les prisonniers politiques aujourd’hui placés sous les verrous en Corée du Sud, en témoignant de la puissance du mouvement de solidarité internationale pour la démocratie et les libertés.

La pétition et la liste des signataires ont été déposées le vendredi 14 août à 15 heures à l’ambassade de la République de Corée (Corée du Sud) en France, à l’attention de S.E. M. MO Chul-min, ambassadeur de la République de Corée en France. En ce jour symbolique où la Corée célèbre, ce 15 août, le soixante-dixième anniversaire de la fin du joug de la domination coloniale japonaise en 1945, il convient de rappeler que le combat pour la liberté se poursuit aujourd’hui encore, en Corée du Sud.  Le CILD a aussi remis un appel pour la libération immédiate de tous les militants de l’Alliance coréenne emprisonnés. Informée la veille de la venue d’une délégation qui viendrait déposer la pétition, l’ambassade sud-coréenne en France n’a pas jugé utile de la recevoir.

Nous poursuivrons jusqu’à la victoire le combat pour faire libérer Park Rae-gun, pour que justice soit rendue aux familles des victimes du « Sewol » et qu’un vent de liberté souffle enfin sur la Corée du Sud. Au moment où la République française va s’engager, dès septembre 2015, dans l’année croisée France – Corée (du Sud), les plus hautes autorités de notre pays seront informées de nos démarches en faveur des droits de l’homme en Corée du Sud, pour faire libérer Park Rae-gun et tous les prisonniers d’opinion, ainsi que pour garantir pleinement les libertés de réunion et d’expression, afin que la défense des droits de l’homme ne soit pas un argument à géométrie variable de la diplomatie française.

Les prisonniers politiques sud-coréens auront les yeux rivés sur vous, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, quand vous recevrez les représentants des autorités sud-coréennes et quand vous visiterez la Corée du Sud cet automne, Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs les députés et les sénateurs.

Signataires de la pétition pour libérer Park Rae-gun

– Amandine ARDUIN,

– François ARZALIER, historien, secrétaire du collectif Polex,

– André AUBRY, ancien sénateur des Hauts-de-Seine, ancien maire d’Antony,

– Nicole BABATZ,

– Patrick BABIELLE, journaliste honoraire, syndicaliste,

– Ophélie BEAUFRETON,

– David BLAIR,

– Olivier BOUCHARD,

– Liliane BOUSSEL, syndicaliste retraitée,

– Tom BRELET,

– BYUNG Kwan Jin, photographe,

– Jean-Jacques CANDELIER, député de la 16e circonscription du Nord,

– Jesus CASTRO-ORTEGA, auteur et réalisateur de documentaires,

– Robert CHARVIN, doyen honoraire de la Faculté de droit et des sciences économiques de Nice, consultant en droit international,

– Bernard CHATREAU, professeur de mathématiques retraité,

– CHO Minsoo,

– Aron COHEN, géographe, Université de Grenade (Espagne),

– Charles COLLIN,

– Iris COLOMB,

– COMAGUER, collectif anti-impérialiste,

– CUI Wenbing,

– Martin DEBAT,

– Jean-Jacques DEJENNE, retraité, militant SNES-FSU, président de bibliothèque associative,

– Jean-Marie DEL PERCIO, docteur en sciences politiques,

– Franz DE MAEGD (Belgique),

– Marie-Jésus DIAZ,

– Dominique DIONISI,

– Kelly DOCHY,

– Laurence DORMAN,

– Xavier DUBOIS, conseiller municipal PCF de Maubeuge,

– Marianne DUNLOP,

– Gérard DUPIN,

– Guy DUPRE, ancien membre du directoire du CNRS, ancien secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de la Recherche-CGT,

– Bernard FERRAND, professeur émérite des universités, ancien conseiller régional,

– Cyril FERRO-STEYAERT,

– Camille FONSECA,

– Ryan GALER,

– Daniel GARCIA,

– Georges GASTAUD, secrétaire national du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF),

– Jacques GERBER, écrivain,

– René GHOSH,

– Lena GOARNISSON,

– Bertrand GOUGE,

– Armelle GRIMAULT,

– Jeannine GRUSELLE, maître de conférences honoraire,

– Michel GRUSELLE, directeur de recherches émérite au CNRS,

– Gérard HALIE, militant pacifiste,

– HAN Jihee,

– HAN Junsoo,

– Bernard HASQUENOPH, journaliste,

– John HICKS,

– HO ran,

– HONG Sung Hoon,

– Dermot HUDSON, UK Korean Friendship Association (Royaume-Uni),

– Bernard HUGO, ancien sénateur des Yvelines, maire honoraire de Trappes,

– Bidhan JACOBS,

– JANG Ji Yeon (République de Corée),

– JIANG Yongxian,

– Victor Hugo JIJON, ingénieur géophysicien, Coordinateur national de la Commission pour la défense des droits humains (CDDH) (Quito, Equateur),

– JU Soyoung (Séoul, République de Corée),

– Anne JULIEN,

– JUNG Jie Eun,

– JUNG Wonhee, cinéaste,

– Arnold KALAMBANI,

– Julia KARLSSON,

– Nathalie KESLER, enseignante,

– KIM Chang Dong, – KIM Hyunwoo,

– KIM Joowon,

– KIM Seran,

– KIM Sina,

– Souya KIM,

– KIM Unbin,

– KIM Young, professeur de l’Université Inha,

– KIM Younguk,

– Alison KOEHLER,

– Patrick KUENTZMANN,

– KWON Hyungwoo (Berlin, Allemagne),

– Camille LAGARDE,

– Annie LACROIX-RIZ, professeur émérite d’histoire contemporaine, Université Paris 7,

– Bernadette LECOEUR,

– LEE Eun Jung,

– LEE Hise,

– LEE Jieyong, journaliste,

– LEE Kyung Ji (Arizona, Etats-Unis),

– LEE Miae,

– Seonmi LEE,

– LEE Yeda,

– LEE Yongmi,

– Cécile LESUEUR,

– LIM Hee-Jae (Allemagne),

– Carlos LOPEZ,

– Eric MADELAINE,

– François MALEK,

– Maria Grazia MERRIGI, professeur des universités en histoire contemporaine, Université de Bergame (Italie),

– MOK Jung Won,

– Soojeong MOK,

– Aymeric MONVILLE, éditeur,

– MOON Sung-wook,

– Eleanor MULSHINE,

– NGUYEN Dac Nhumai,

– Mathias NINOT,

– Hélène OLOMUCKI,

– OH Sarah,

– Tenzin PALDON,

– Eun Jin PARK,

– PARK Sungyoon (New York, Etats-Unis),

– Claude PASCAL, journaliste,

– Jean-Pierre PAGE, syndicaliste, ancien dirigeant national de la CGT,

– Dominique PALME,

– Jacques PERON,

– Guillaume PERRIN,

– Anthony PLU,

– Andoche PRAUDEL,

– Benoît QUENNEDEY,

– Brigitte QUENNEDEY,

– Conor QUIAU,

– Katia ROESSEL,

– Marie ROUSSEAU,

– Jean SALEM, philosophe, président du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD),

– Maurice SAMSOEN,

– Anton SCHENDL,

– M. SEAGER,

– SEO Miwon,

– SEO Sumin,

– David SIROIS,

– Sooji SOHN,

– Maria SOMBRIN,

– SONG Jinyi (République de Corée),

– Marc TAMISIER,

– Dominique TASSEL, traducteur,

– Gabrielle TEKERIAN,

– Jack THEIS,

– Riwan TROMEUR, artiste,

– Toshiko TSUJI,

– Henri VACHER,

– Emeraude VELDE,

– Maxime VERRON,

– WI Hyojeong,

– YEO Sun Jung,

– YOON Sungwon, graphiste,

– YOU, Jiyoung (République de Corée),

– YUM Joongho, artiste,

– Shanshan ZHU,

– 기분이 어때요? (guibuni.over-blog.com), blog d’information et d’analyse sur l’actualité coréenne.

Mise à jour 5 septembre 2015 : après la remise de la pétition, 13 nouveaux signataires (cf. liste ci-après) ont souhaité se joindre à notre démarche, portant à 158 le nombre total de signataires. Leurs noms seront également communiqués aux institutions françaises dans nos démarches auprès d’elles pour obtenir la libération  de Park Rae-gun :

– Daniel ANTONINI, ancien responsable international du PRCF, ancien dirigeant de la FMJD,

– Gilliatt DE STAERCK, militant des JRCF,

– Madeleine DUPONT, trésorière national du C.I.S.C.,

– Jean-Michel FUSTER, médecin,

– Jo HERNANDEZ, secrétaire du secteur luttes du PRCF,

– Léon LANDINI, ancien officier FTP-MOI, président du PRCF, Médaille de la Résistance, officier de la Légion d’honneur,

– Pierre LENORMAND, géographe, retraité,

– Antoine MANESSIS, secrétaire de la commission internationale du PRCF,

– Annette MATEU CASADO, trésorière nationale du PRCF,

– Sophie PEUCH, responsable de la commission jeunesse du PRCF,

– Loïc RAMIREZ,

– RIM Young-lee,

– Jany SANFELIEU, secrétaire à l’organisation du PRCF.

Appel à la libération immédiate de tous les militants de l’Alliance coréenne arrêtés

Après que la Cour constitutionnel (sud-)coréenne eut dissous le Parti progressiste unifié (PPU) le 19 décembre 2014, la chasse aux sorcières contre les militants de gauche s’est tout particulièrement abattue sur l’Alliance coréenne (liée à l’ancienne tendance Corea21 au sein du PPU) sur la base de la loi de sécurité nationale, qui a été de longue date un instrument de répression de tous les opposants en Corée du Sud ayant soulevé de nombreuses critiques de la part des ONG de défense des droits de l’homme.

Trois militants de l’Alliance coréenne ont été arrêtés après une détention de 48 heures : Kang Soon-young (arrêté le 15 juillet 2015), Kim Dong-gwan (le 24 juillet 2015) et Lee Dong-keun (le 26 juillet 2015).

Trois autres militants sont toujours arrêtés : Nam Chang-woo (arrêté le 6 mai 2015), Lee Sang-hun (le 23 juillet 2015), Kim Hye-young (le 26 juillet 2015). En outre, deux militants de l’Alliance coréenne ont été arrêtés le 9 août 2015 : Lee Mi-sook et Kim Jeong-hee.

Etre arrêté pendant des semaines voire des mois sans jugement porte atteinte au droit à un procès équitable.

Lee Sang-hun et Kim Hye-Young ont même été emprisonnés, ce qui signifie une nouvelle étape dans la répression contre les militants progressistes sud-coréens.

Mme Kim Hye-young est traitée pour un cancer de la thyroïde. Néanmoins, jusqu’à présent tout accès à un traitement médical en prison lui a été refusé. Un tel refus est une violation flagrante des droits humains fondamentaux des personnes en prison. En conséquence, M. Jin Young-ha, également membre de l’Alliance coréenne, a commencé une grève de la faim devant la prison de Séoul où elle est enfermée.

En tant que membres du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), nous demandons la libération immédiate de Mme Kim Hye-young et de tous les militants de l’Alliance coréenne arrêtés, la fin de la répression contre les militants luttant pour la démocratie et les droits de l’homme en Corée du Sud et que la République de Corée se conforme à ses engagements internationaux et à sa législation en ce qui concerne la liberté d’expression et de réunion, y compris pour tous les membres du PPU.

Mise à jour (12 août 2015) : Mme Kim Jeong-hee a été libérée après avoir été arrêtée pendant 48 heures. Egalement arrêtée deux jours plus tôt, Mme Lee Mi-sook n’a pas été libérée, ayant été placée en détention provisoire.

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Call for the immediate release of all Corean Alliance militants arrested

After the Constitutional Court of (South) Korea dissolved the Unified Progressive Party (UPP) on 19 December 2014, the witch hunt against left-wing militants crackdowned more especially on the Corean Alliance (which has ties to the former tendency Corea21 within the UPP) on the basis of the National Security Law, a long-time instrument of repression against all opponents in South Korea which has raised much criticism on behalf of NGOes protecting human rights.

Three Corean Alliance militants have been freed after a 48 hour-detention : Kang Soon-young (arrested on 15 July 2015), Kim Dong-gwan (24 July 2015) and Lee Dong-keun (26 July 2015).

Three other militants are still arrested : Nam Chang-woo (arrested on 6 May 2015), Lee Sang-hun (23 July 2015), Kim Hye-young (26 July 2015). Moreover, two Corean Alliance militants were arrested on 9 August 2015 : Lee Mi-sook and Kim Jeong-hee.

Being arrested for weeks or months without a sentence is an infringement to the right to a fait trial.

Lee Sang-hun and Kim Hye-Young were even put to jail, which means a step forward in the repression againt South Korean progressive militants.

Mrs Kim Hye-young has been treated for a thyroid cancer. Nevertheless, so far she has been refused any access to a medical treatment in jail. Such a refusal is a gross violation of basic human rights for people set to jail. As a consequence, M. Jin Young-ha, also a member of the Corean Alliance, has begun a hunger strike in front of Seoul Prison where she is detained.

As members of the International Committee for Democratic Liberties in South Korea (CILD), we ask for the immediate release of Mrs Kim Hye-young and all Corean Alliance militants which have been arrested, for stopping the repression against militants fighting for democracy and human rights in South Korea and that the Republic of Korea abides by international and national laws concerning the freedom of speech and demonstration, including for all UPP members.

Edit (12 August 2015) : Mrs Kim Jeong-hee has been freed after having put under arrest fr 48 hours. Also arrested 2 days before, Mrs Lee Mi-sook was not freed, and has been remanded in custody.

Signez la pétition pour libérer Park Rae-gun !

Conjointement avec les Coréens progressistes en France, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) se mobilise pour exiger la libération du militant des droits de l’homme Park Rae-gun. Park Rae-gun a été arrêté par les autorités sud-coréennes après avoir milité pour que toute la vérité soit faite sur le dramatique naufrage du ferry « Sewol » qui, il y a un peu plus d’un an, entraînait la mort de plus de 300 personnes. Pour faire entendre la voix de la justice et de la liberté, nous vous appelons à signer l’appel ci-dessous pour la libération de Park Rae-gun, à le diffuser et à le rediffuser auprès de vous, en donnant votre accord par mél envoyé au CILD (solidaritefrancecoree@yahoo.fr) en indiquant vos nom et prénom ainsi que qualités –  avant le 13 août, délai de rigueur.

En effet, le 14 août une délégation mixte franco-coréenne de tous ceux qui ont initié la pétition se rendra à l’ambassade sud-coréenne en France pour remettre un exemplaire de la pétition et de ses signataires. Puis nous rediffuserons cet appel auprès de l’ensemble des institutions françaises et sud-coréennes concernées – côté français, représentants des groupes d’amitié France-Corée du Sud dans les assemblées parlementaires, ministères, organisateurs de l’année croisée France-Corée…

Plus nous serons nombreux à signer, plus nous pourrons nous faire entendre pour obtenir la libération de Park Rae-gun, et de tous les démocrates emprisonnés en Corée du Sud.

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Liberté pour Park Rae-gun et pour tous les militants des droits de l’homme emprisonnés en Corée du Sud !

Le 16 juillet 2015, le directeur du Centre des droits de l’homme, Park Rae-gun, a été arrêté par la police en République de Corée (Corée du Sud). Son mandat d’arrêt a été l’aboutissement d’une enquête menée depuis trois mois quant à l’organisation de rassemblements jugés « illégaux » dont le but était de faire éclater la vérité sur le naufrage du ferry Sewol. Park Rae-gun fait partie de la direction de l’Alliance du 16 Avril, groupe citoyen qui exige une véritable enquête sur cette catastrophe navale ayant entraîné la mort de plus de 300 personnes, pour la plupart des lycéens en voyage scolaire, le 16 avril 2014.

Le mandat d’arrêt a été émis alors que la police reconnaît n’avoir pas réuni « beaucoup de preuves » cette absence de preuves étant présentée par la police comme le signe de « leur possible destruction » par l’Alliance du 16 Avril. C’est là un renversement de la charge de la preuve, contraire à toutes les règles démocratiques en matière de justice. Le mandat d’arrêt a aussi été justifié par un « possible risque de fuite ». L’absence de preuves, plus de trois mois après les faits supposés, s’ajoute aux autres entraves à l’impartialité et à l’indépendance de la justice en Corée du Sud.

Park Rae-gun est une figure connue et respectée de la défense des droits de l’homme en Corée du Sud, depuis que son frère cadet, président d’une association d’étudiants, s’est immolé par le feu en 1988. Park Rae-gun s’est engagé pour la libération des objecteurs de conscience, l’abolition de la torture, la défense des travailleurs précaires ou encore le salaire minimum, autant de revendications toujours d’actualité.

C’est la quatrième arrestation de Park Rae-gun depuis qu’il s’est engagé dans la défense des droits de l’homme. La précédente avait eu lieu en 2009, après la mort dans le quartier de Yongsan, à Séoul, de cinq occupants d’un immeuble que la police délogeait par la force le 20 janvier 2009.

Solidaire de la campagne de signatures menée par l’Alliance du 16 Avril pour protester contre l’arrestation de Park Rae-Gun, nous dénonçons dans l’arrestation de Park Rae-gun une nouvelle atteinte à l’Etat de droit en Corée du Sud.  Nous appelons à sa libération immédiate et à celle de l’ensemble des militants des droits de l’homme aujourd’hui derrière les barreaux en Corée du Sud.

Au moment où va commencer l’année croisée France-Corée, nous appelons enfin les autorités publiques françaises à rappeler en toutes circonstances l’exigence de la libération immédiate et inconditionnelle de Park Rae-gun, à garantir pleinement la liberté d’expression et la liberté de réunion en Corée du Sud, ainsi qu’à cesser les poursuites contre les membres de l’Alliance du 16 Avril et contre les familles de la tragédie du Sewol, lesquelles ne demandent que la vérité sur la mort de leurs proches.

Cette pétition sera remise à l’Ambassade de la République de Corée en République française à l’occasion du 15 août 2015, 70ème anniversaire de la libération de la Corée à la fin de la deuxième guerre mondiale.

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구속수감된 한국의 인권운동가 박래군을 석방하라!

2015년 7월 16일, 한국인권재단의 상임이사 박래군은 한국 경찰에 의해 구속 수감되었다. 이날의 구속은 세월호 사건을 추모하는 불법집회를 주도했다는 혐의로, 3개월에 걸친 수사의 결과에 따른 것이었다. 박래군은 2014년 4월 16일 수학여행을 떠난 300여명의 고교생들이 주된 희생양이었던 세월호 침몰사건의 진실규명을 요구하는 416연대의 상임운영위원으로 활동하고 있었다.

경찰은 박래군의 혐의를 입증할 만한 충분한 증거를 확보하지 못했음을 시인하면서도 그를 특수공무집행방해치상혐의로 구속 기소했다.  경찰은 증거의 부재를 박래군과 그의 동료들에 의한 증거 파기의 가능성으로 해석하였다. 이는 증거를 근거로 해야하는 민주적 원칙에 명백하게 위배되는 행위이다.

검찰의 구속기소는 또한 <그의 도주 우려>를 근거로 하고 있기도 하다. 3개월 이상 지속된 수사에서도 찾아내지 못한 증거는 한국 사법부의 공정성과 독립성을 저해하는 또 하나의 추가적 장애일 뿐이다.

학생운동을 하던 그의 동생 박래전이 1988년 분신자살한 이후, 인권운동에 투신한 박래군은, 양심수 석방과 고문 철폐, 최저임금, 비정규직 문제까지 인권의 지평을 넓혀온 한국의 대표적인 인권운동가로 존경받아온 인물이다.

이번 검찰의 구속은 박래군이 인권운동에 투신해 온 이후 4번째이며, 마지막은 2009년 1월 20일, 강제 퇴거에 저항하던 철거민 5명이 사망했던 용산참사 때였다.

416연대에 의해 전개된, 박래군 석방 서명운동에 함께하는 우리는 박래군에 대한 구속은 한국정부가 또 다시 법치를 거부하는 행위를 벌이고 있다는 사실을 폭로할 수 밖에 없다. 우리는 박래군에 대한 즉각적인 석방과 함께 한국 정부가 철창 뒤에 가두고 있는 또 다른 인권운동가 전체에 대한 석방을 요구하는 바이다.

이제 막 한불수교130년을 기념하는 해가 막 시작되는 지금, 우리는 모든 프랑스의 공공기관들이 박래군에 대한 무조건적이고 즉각적인 석방과, 오직 세월호 참사의 진실규명만을 요구하고 있는 416연대의 회원들과 세월호 참사 유가족들에 대한 수사 중단, 더불어 표현의 자유와 집회/결사의 자유를 보장해줄 것을 한국정부에 요청해 줄 것을 촉구한다.

이 연대서명은 해방 70주년을 받는 주불 대한민국 대사관에 2015년 8월 15일을 즈음하여 전달될 것이다.