Archives de Catégorie: Témoignage

Les Nations unies ne doivent pas oublier le sort des Nord-Coréens retenus de force en Corée du Sud

Le 14 décembre 2017, le juriste argentin Tomás Ojea Quintana, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme en Corée du Nord, a tenu une conférence de presse. A cette occasion, la situation des Nord-Coréens retenus contre leur gré en Corée du Sud a été une fois encore évoquée, dans l’indifférence coupable de ceux qui, aux Nations unies, ont une vision sélective des cas de droits de l’homme qui méritent ou non de retenir leur attention.

kim-ryon-hui_tomas-ojea-quintana_droits-de-l-homme_coreeMme Kim Ryon-hui, s’adressant au rapporteur des Nations unies, le 14 décembre 2017

Tout d’abord, la Nord-Coréenne ayant fait défection en Corée du Sud Kim Ryon-hui, interdite par les autorités sud-coréennes de retourner au Nord de la Corée, a interpellé Tomás Ojea Quintana, en évoquant sa situation personnelle (que nous avions déjà mentionnée dans notre édition du 19 juin 2017) : le rapporteur des Nations unies s’est contenté de dire que le cas de Mme Kim n’entrait pas dans le champ de ses attributions… mais jusqu’à quand la Commission des droits de l’homme des Nations unies continuera-t-elle de fermer les yeux sur une violation aussi patente des droits fondamentaux de l’homme ? Pourquoi refuser d’ouvrir une enquête sur ce sujet ?

Car le cas de Kim Ryon-hui n’est pas isolé. En particulier, de lourds soupçons d’enlèvement par les autorités sud-coréennes continuent de peser en ce qui concerne tout ou partie de 12 serveuses nord-coréennes qui travaillaient dans un restaurant en Chine, apparues soudain en Corée du Sud à la veille d’élections législatives cruciales, dans ce qui a été dénoncé comme une tentative de manipulation électorale par la droite conservatrice alors au pouvoir à Séoul… Alors que les courriers adressés à la Commission des droits de l’homme des Nations unies, pour permettre aux jeunes femmes de faire valoir leur droit à vivre dans le pays qu’elles auraient choisi, sont restés sans réponse, le rapporteur Tomás Ojea Quintana avait demandé à les rencontrer, mais y a renoncé vu les limites posées par les autorités sud-coréennes. Il n’a pas jugé utile de préciser la nature des conditions qui lui ont été imposées.

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Quelle démocratie en Corée du Sud ? Rencontre-discussion à Lille le 23 décembre 2017

Le 23 décembre 2017, l’Atelier d’histoire critique organise une discussion publique à la bibliothèque de quartier du Vieux Lille 25/27 place Louise de Bettignies, à partir de 15h, sur le thème « D’hier à aujourd’hui : la Corée du Sud un exemple de démocratie ? ».

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Cette rencontre-débat aura lieu en présence de Lee Yeda, objecteur de conscience, réfugié politique sud-coréen en France, et Park Mirinae, militante féministe, ancienne membre du Parti progressiste unifié, dissous dans des conditions arbitraires.

Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) appelle toutes et tous à participer au débat et à relayer cette information, qui s’inscrit dans nos combats fondamentaux.

Racisme ordinaire en Corée du Sud

Le racisme largement répandu dans la société en République de Corée touche déjà les travailleurs du sous-continent indien et les épouses d’hommes coréens originaires de Chine et d’Asie du Sud-Est. Deux situations individuelles ont toutefois été soulignées dans les médias nationaux, donnant un nom et un visage au racisme ordinaire dont souffrent des dizaines de milliers de citoyens sud-coréens.

Han Hyun-min a 16 ans : il est devenu célèbre comme le premier mannequin « noir » en Corée du Sud. En fait, il est métis : son père est Nigérian et sa mère Coréenne. Mais son histoire – dont a notamment rendu compte Channel News Asia – a aussi fait comprendre combien le racisme est imprégné dans la société sud-coréenne, longtemps fière de son homogénéité ethnique : quand il était à l’école, les mères d’autres enfants leur conseillaient souvent de ne pas jouer avec « un gosse comme cela« , et dans les transports en commun les remarques fusent contre les étrangers « sales » et « qui sentent« . Un sondage commandé par le gouvernement sud-coréen, en 2015, faisait apparaître que 25 % des Coréens ne voulaient pas d’un étranger comme voisin – des données à comparer avec les réponses obtenues dans d’autres pays (5,6 % aux Etats-Unis et 10,5 % en Chine). L’agent de Han Hyun-min, Youn Bum, raconte aussi combien le recruter a été difficile, bien qu’il corresponde aux critères du mannequinat – beaucoup lui conseillant de choisir un non-Coréen de type européen, de préférence blond aux yeux bleus.

han-hyun-min_mannequin_coree_racismeHan Hyun-mi

Mais le racisme ne touche pas seulement ceux qui n’ont pas un profil asiatique : ne pas ressembler à un Coréen vous expose à des discriminations au quotidien. Récemment apparu dans l’émission « Hello Counselor », Shin Dong-yup y a témoigné et ses propos ont été repris dans The Korea Herald. Né en Corée dans la province du Jeolla du Nord, ne comptant aucun étranger parmi ses ancêtres, le jeune homme a la peau foncée pour un Coréen – ce qui lui a valu de nombreux commentaires racistes. Chassé un jour d’un restaurant où on l’avait pris pour un Japonais, il raconte aussi comment sa femme, vietnamienne, est souvent décrite comme ayant l’air « plus coréenne » que lui…

shin-dong-yup_racisme_coreeShin Dong-yup

Face à ce racisme endémique, le fait que ces témoignages soient possibles atteste toutefois d’un début d’évolution des mentalités.

Corée du Sud : des réfugiés nord-coréens menacés et interdits de retour au Nord

Coup sur coup, une coalition de 35 organisations civiques (intitulée « Conseil des contre-mesures pour résoudre les allégations concernant la défection orchestrée des employées d’un restaurant nord-coréen à l’étranger », par référence à la défection groupée de 12 employées d’un restaurant nord-coréen en Chine, en avril 2016 qui a soulevé nombre d’interrogations) a organisée deux conférences de presse pour témoigner du cas douloureux de deux réfugiés nord-coréens en Corée du Sud, Mme Kim Ryon-hui et M. Kwon Chol-nam, non seulement interdits de retour dans le Nord de la péninsule coréenne mais également inquiétés au regard de leurs opinions.

kim_ryon_hui_nord-coreenneMme Kim Ryon-hui

Mme Kim Ryon-hui a 48 ans. Réfugiée en Corée du Sud, cette femme originaire de Corée du Nord cherche désespérément à revenir en Corée du Nord. Non seulement sa demande est rejetée (selon le ministère de la Réunification sud-coréen, la loi sud-coréenne ne le permettrait pas… mais une telle position est contraire aux engagements internationaux de la République de Corée sur la liberté de mouvement), mais elle est l’objet de poursuites. D’une part, elle a passé, en avril 2015, un appel téléphonique à un consulat nord-coréen en Chine, ce qui contrevient à la loi de sécurité nationale interdisant tout contact non préalablement autorisé entre Coréens du Nord et du Sud ; en conséquence, Mme Kim a reçu une peine de prison de deux ans suspendue pendant trois ans. D’autre part, elle a contacté en février 2016 l’ambassade du Vietnam en République de Corée afin de rejoindre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), ce qui est une autre infraction à la loi de sécurité nationale. Enfin, elle est accusée d’avoir célébré sur sa page Facebook, en avril 2016, l’une des fêtes nationales nord-coréennes (la fête du Soleil, le 15 avril, qui célèbre la naissance du Président Kim Il-sung de la RPD de Corée). Refusant de se livrer aux autorités, Mme Kim Ryon-hui se considère « comme un citoyen nord-coréen retenu contre sa volonté en Corée du Sud par le service national de renseignement sud-coréen« .

Le cas de Kwon Chol-nam, autre réfugié nord-coréen retenu de force en Corée du Sud et également inquiété, est tout aussi douloureux. Agé de 44 ans, M. Kwon a 44 ans. Il est arrivé en Corée du Sud en novembre 2014, après avoir donné l’équivalent de 23 900 dollars américains à un passeur qui lui avait vendu le paradis sud-coréen. Après avoir connu les discriminations et les emplois mal payés, Kwon Chol-nam a plaisanté un jour avec un autre réfugié nord-coréen, en juin 2016, que s’il était un espion, au moins il recevrait de l’argent… Sauf que cet autre réfugié s’est empressé de le dénoncer, ce qui a valu à M. Kwon 20 jours de prison : à l’époque, il projetait de retourner en Corée du Nord par un pays tiers, ce qui a étayé les accusations d’espionnage. Interrogé sur ses motivations, M. Kwon veut également se rendre sur la tombe de son père, décédé l’an dernier, brisé par la défection de son fils cadet.

kwon-cheol-nam_retenu-de-force_coree-du-sudKwon Chol-nam

Alors que les récits de réfugiés nord-coréens font pleurer une opinion publique internationale parfois trop crédule, combien faudra-t-il de larmes d’une Kim Ryon-hui ou d’un Kwon Chol-nam pour que, enfin, la République de Corée reconnaisse les droits élémentaires des réfugiés nord-coréens et cessent les persécutions politiques contre ceux qui aspirent à retourner en République populaire démocratique de Corée ?

« Le marxisme au XXIe siècle et la question du parti » : intervention de Cho Deokweon à la Sorbonne

Le 11 mars 2017, Cho Deokweon (Stephen Cho) était l’invité à l’Université de la Sorbonne du séminaire hebdomadaire « Marx au XXIe siècle, l’esprit et la lettre », organisé sous la responsabilité de Jean Salem (par ailleurs président du Comité international pour les libertés démocratiques de Corée du Sud, CILD),  avec le soutien du CERPHI (École normale supérieure de Lyon) et du Cercle universitaire d’études marxistes (CUEM). Stephen Cho était déjà intervenu dans le cadre du séminaire « Marx au XXIe siècle » le 7 mars 2015. Le 11 mars 2017, le conférencier sud-coréen a traité du thème « Le marxisme au XXIe siècle et la question du parti – en Asie et ailleurs ».

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Tout au long d’un exposé très didactique, Stephen Cho a tout d’abord resitué la création de partis progressistes en République de Corée (Corée du Sud) dans le contexte politique issu de la Révolution d’Octobre 1917, qui a eu une influence mondiale. Pour sa part, la Corée doit tenir compte d’une situation coloniale (avec la domination japonaise, entre 1910 et 1945), puis néocoloniale, avec des liens de dépendance vis-à-vis des Etats-Unis depuis la libération. Dès lors, toute approche dogmatique de la question nationale doit être évitée : la défense de la souveraineté nationale, dans un pays colonisé, se conjugue avec l’internationalisme.

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Le Parti populaire démocratique de Corée du Sud, fondé en novembre 2016, s’inscrit dans cette tradition révolutionnaire : il s’agit d’un parti de la classe ouvrière, mais visant à émanciper toute la population coréenne grâce à l’action d’une organisation de masse.

En Corée, riche d’une histoire de 5 000 ans, la lutte politique a impliqué une stratégie de front uni des progressistes avec des forces opportunistes, alors que l’histoire politique de la Corée du Sud a été marquée par la répression des organisations politiques successives d’inspiration progressiste : le Parti progressiste, dont le dirigeant Cho Bong-am a été condamné à mort et exécuté en 1959 ; après la révolution de 1960, se sont constituées plusieurs organisations socialistes (le Parti socialiste coréen, le Parti socialiste des masses) qui ont été dissoutes et leurs adhérents réprimés à la suite du coup d’Etat militaire du 16 mai 1961 ; des dirigeants d’une organisation révolutionnaire clandestine, le Parti révolutionnaire pour la réunification, ont été condamnés à mort par la junte militaire (comme Kim Jong-tae, en 1969) ; le Parti progressiste unifié a été dissous en décembre 2014 et plusieurs de ses membres et dirigeants arrêtés et emprisonnés.

Si la destitution de la Présidente Park Geun-hye, confirmée par la Cour constitutionnelle le 10 mars 2017, a temporairement stoppé la répression politique, les instruments du pouvoir autoritaire restent en place (au premier rang desquels la loi de sécurité nationale), continuant à faire planer un danger de guerre.

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Le débat qui a suivi, de très haut niveau, a abordé notamment les questions des causes de la disparition de l’URSS, de l’évolution politique et sociale de la Chine et de l’indépendance du mouvement progressiste sud-coréen vis-à-vis de la Corée du Nord – la force révolutionnaire en Corée du Sud étant constitué des Sud-Coréens eux-mêmes.

Le CILD a organisé une conférence sur les luttes des femmes pour leurs droits en Corée du Sud

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) a organisé à Paris, le 3 mars 2017, une conférence sur les luttes des femmes pour leurs droits en Corée du Sud, avec les témoignages et interventions de Kim Jeong-hee, présidente de l’Association pour l’égalité femmes-hommes de la province de Cheongnam, présidente du comité préparatoire de Daejeon du Parti démocratique populaire (PDP), et de Han Hye-in, présidente du comité préparatoire des étudiants du PDP.

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Kim Jeong-hee et Han Hye-in

Mme Kim Jeong-hee a resitué le combat des femmes pour leurs droits en Corée du Sud dans les luttes politiques qu’elle mène au nom de son organisation, le PDP, ce qui l’a conduit à subir la répression des autorités sud-coréennes : elle-même a été condamnée à un an et demi de prison et son mari est toujours incarcéré comme prisonnier politique.

Elle a tout d’abord souligné les inégalités au travail que subissent les Sud-Coréennes, les différences de salaires entre les femmes et les hommes étant, en République de Corée, les plus importantes au sein des États membres de l’OCDE. En Corée du Sud, si on retient une base de 100 pour le salaire d’un homme disposant d’un emploi stable (travail à temps plein en CDI), la rémunération d’un homme travailleur précaire n’est que de 53 ; une femme disposant d’un emploi stable reçoit un salaire de 66, et de 33 si son emploi est précaire. Les femmes de plus de 40 ans sont particulièrement touchées par la précarisation de l’emploi, dans un contexte de net ralentissement économique en Corée du Sud.

Le harcèlement sexuel dans l’entreprise n’est en général pas dénoncé par les victimes, qui craignent de perdre leur emploi.

Les femmes subissent une triple peine, puisqu’elles doivent se consacrer à leurs activités professionnelles, à l’éducation de leurs enfants et aux tâches domestiques. Le réseau des équipements publics pour l’accueil des enfants s’avère très insuffisant en Corée du Sud, cette lacune n’étant que partiellement palliée par des établissements privés aux tarifs onéreux, ce qui génère des inégalités d’accès aux équipements collectifs. Les grands-parents sont ainsi de plus en plus sollicités par les parents.

Les violences faites aux femmes sont à la fois domestiques (130 femmes sud-coréennes sont violées chaque jour par leur mari ou leur compagnon) et liées à la situation politique de la Corée du Sud, qui en dix ans de présidence conservatrice a dérivé vers un régime autoritaire. Parmi les 42 prisonniers politiques que compte la Corée du Sud selon le PDP, 8 sont des militants du PDP, parmi lesquelles 4 femmes dont la situation personnelle témoigne de la violation de leurs droits civiques :

– Mme Kim Hye-young, maintenue en détention malgré un cancer de la thyroïde, a observé une grève de la faim pendant 20 jours en 2016, a été condamnée en appel en deux ans de prison ferme, malgré une campagne internationale de solidarité – à laquelle a notamment participé le CILD, par la publication de témoignages et l’organisation de manifestations publiques, tandis que des parlementaires français ont interpellé le gouvernement de Manuel Valls ;

– Mme Lee Mi-sook, condamnée à une peine de prison ferme, a été arrêtée en pleine nuit, les forces de l’ordre ayant procédé à son interpellation ayant menacé de faire usage d’armes de type Taser ;

– Mme Yang Go-eun, porte-parole du PDP, a fait une grève de la faim de 9 jours, en dénonçant notamment le recours à la vidéosurveillance ;

– Mme Han Jung-hye a fait l’objet d’une demande d’emprisonnement de 5 ans fermes par le procureur, avant que ne soit prononcée une peine d’une durée de trois fois inférieure, ce qui témoigne d’un acharnement exceptionnel des autorités sud-coréennes dans la répression politique, dans un contexte où les conservateurs au pouvoir font souffler plus que jamais « le vent du Nord » (c’est-à-dire de Corée du Nord) pour manipuler l’opinion publique nationale et internationale et remporter le prochain scrutin présidentiel, prévu au plus tard en décembre de cette année.

En conclusion, Mme Kim Jeong-hee a souligné que les femmes étaient au premier rang du combat politique et social en Corée.

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Mme Han Hye-in a traité la question de la précarité de l’emploi et du chômage des jeunes, qui touchent plus particulièrement les jeunes Coréennes. La République de Corée compte 1,8 million de chômeurs, dont 42 % sont des jeunes.

Selon les organisations politiques et syndicales progressistes, l’emploi précaire concerne, sous ses différentes formes, la moitié des travailleurs sud-coréens (qui représentent une population active de 26 millions de personnes). Après la crise économique de 1997, la Corée du Sud a libéralisé le code du travail pour faciliter le recours par les employeurs à des contrats précaires, lesquelles tendent aujourd’hui à devenir la norme pour une première embauche.

Le travail précaire affecte plus fortement les femmes compte tenu de la reproduction de schémas de pensée sexistes sur le lieu de travail : elles sont plus fréquemment affectées à des tâches subalternes, doivent subir des remarques discriminatoires et diverses formes de harcèlement moral. Par ailleurs, la mauvaise image des congés maternité par les employeurs conduit de nombreuses salariées à cesser leur activité professionnelle après la fin de leur congé maternité, ou à sacrifier une vie de famille aux impératifs professionnels en décidant de ne pas se marier ou de ne pas avoir d’enfants.

Beaucoup d’étudiants sont contraints de travailler pour payer leurs études : le coût des études restant à la charge des familles est estimé à 33 000 euros, depuis le début de la scolarité obligatoire jusqu’à l’achèvement des études. Le niveau élevé des frais d’inscription, thème majeur de mobilisation sociale en Corée, alourdit le coût des études universitaires, pratiquement généralisées en Corée, et conduit de nombreux étudiants à s’endetter. Des études conduites par les associations d’étudiants ont fait apparaître que, à la fin de la licence, 80 % des étudiants avaient dû travailler sur un emploi précaire pour financer leurs études.

En conclusion, Han Hye-in a mis en exergue la motivation des jeunes femmes à s’engager pour abattre des préjugés sociaux solidement ancrés et entretenus par le capitalisme national et international, en liant le combat pour l’émancipation des femmes et des travailleurs et la lutte pour l’indépendance nationale.

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Le large débat qui a suivi avec les participants, auquel ont également pris part d’autres jeunes militantes et militants du PDP présents à la conférence, a permis de rappeler l’engagement de membres du CILD, à l’occasion de déplacements en Corée du Sud, pour obtenir la libération des prisonniers politiques.

Tout en soulignant les analogies avec les luttes passées et présentes en France et dans le monde pour les droits des femmes, la discussion a également porté sur l’organisation des syndicats de travailleurs et la prise en compte des inégalités qui touchent plus particulièrement les jeunes travailleuses. A cet égard, les organisations syndicales coréennes restent encore peu mobilisées sur ces questions, en comparaison notamment avec les pays occidentaux.

Ont aussi été abordées les questions des très fortes limitations légales à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en République de Corée, ainsi que le niveau parmi les plus bas au monde de l’indice synthétique de fécondité (ISF) en Corée du Sud, qui fait ressortir le besoin d’une politique familiale de protection sociale dans la péninsule.

Droits des travailleurs : la délégation de Samsung a donné une conférence à Grenoble

Dans le cadre de la tournée en Europe (du 2 au 18 décembre 2016) de la délégation de travailleurs et familles de travailleurs de Samsung, soutenue par le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), une conférence a eu lieu à Grenoble le 14 décembre, à l’invitation de la CGT Métallurgie de l’Isère, de l’Union Locale CGT Grenoble, des salariés d’Ecopla et de Fakir. Le CILD revient en images sur cette conférence, organisée (sur l’initiative du CILD et de l’Association d’amitié franco-coréenne) parallèlement à une soirée de solidarité avec les travailleurs d’Ecopla.

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