Archives de Catégorie: Témoignage

« Break of day », ou le douloureux récit des adolescentes coréennes pratiquant l’IVG

Dans un article publié sur Asialyst le 28 mars 2018, Gwenaël Germain a interrogé Kim Kyoung-ju, la réalisatrice de Break of Day, qui a rappelé que l’interruption volontaire de grossesse (IVG) reste strictement limitée en République de Corée (Corée du Sud) et n’est possible (en pratique, pas en droit) pour les adolescentes mineures que si elles viennent accompagnées d’un adulte qui signe pour elles – ce qui est s’avère complexe, dans la très conservatrice société sud-coréenne où la vente de préservatifs sur Internet est réservée aux adultes.  Ce film sort en salles au moment où les mouvements pour la légalisation de l’IVG gagnent en puissance, alors qu’officiellement l’avortement n’est possible que dans les cas limitativement énumérés de « violences sexuelles« , et pour les femmes majeures.

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Une chambre d’auberge glauque, sans même un lit, une jeune fille attendant sous la pluie le visage caché sous un imperméable, et enfin un étudiant en médecine qui pratique l’IVG clandestinement, moyennant finances, pour des adolescentes… le décor est planté et traduit les conditions dans lesquelles se pratique l’avortement pour les mineures en Corée du Sud. Car s’il est possible de réaliser des IVG dans les cliniques privées (la pratique étant plus libérale que la loi) pour les adultes, les obstacles sont multiples pour les adolescentes, comme l’observe la réalisatrice Kim Kyoung-ju :

En fait, j’ai pensé à faire ce film en découvrant dans la presse qu’une adolescente avait accouchée dans des toilettes publiques, avant d’abandonner son nourrisson. En réalisant ce film, je voulais questionner la façon dont la société coréenne se préoccupe de la santé sexuelle des mineurs. En Corée du Sud, il est compliqué pour les adolescents d’acheter des préservatifs : les sites Internet qui en vendent sont restreints aux adultes et c’est la même chose pour les sites qui permettent de se renseigner. Les Coréens sont assez conservateurs. Beaucoup pensent que les préservatifs ne devraient pas se trouver entre les mains des jeunes. En en limitant leur accès, ils pensent protéger la jeunesse. Or, on sait aujourd’hui que cette soit-disant « protection » de la jeunesse est contre-productive. Du coup, les jeunes ne se protègent pas du tout. Et puis, j’ai choisi de parler de l’avortement des adolescentes parce qu’il reste totalement illégal en Corée du sud. Malgré l’interdiction, il est possible pour les adultes de se faire avorter dans des cliniques privées. Mais c’est beaucoup plus compliqué pour les mineures. Si une adolescente tombe enceinte, tout le fardeau lui revient. Elle doit se débrouiller seule. Je voulais faire un film qui raconte cela.

Au-delà de la mise en cause du conservatisme social, c’est aussi un message social qu’a voulu délivrer Kim Kyung-ju, à l’intention des adolescentes ayant des relations sexuelles non protégées :

L’idée de base, c’est que le personnage principal a eu un petit ami avec lequel elle a couché. Il n’a pas mis de préservatif et elle est tombée enceinte. Le garçon n’a pas voulu ou pu l’aider et elle n’a pas su ou ne pouvait pas demander d’aide aux adultes. Et bien sûr, il était totalement inimaginable pour elle d’interroger ses parents, et encore moins le voisinage. Le faire serait risquer de porter une marque indélébile jusqu’à la fin de sa vie. C’est cette volonté de rester anonyme qui l’a conduit dans cette petite chambre crasseuse et loin de tout. C’est aussi un message que je souhaitais adresser aux jeunes filles : si vous avez des rapports sexuels non protégés, vous risquez de vous retrouver dans la situation délicate que je montre dans le film.

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A propos de l’objection de conscience en Corée du Sud : des témoignages vidéo d’Amnesty International

L’ONG Amnesty International mène campagne pour que la République de Corée (Corée du Sud) reconnaisse l’objection de conscience. Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) soutient pleinement cette campagne, alors que la République de Corée détient le triste record du nombre d’objecteurs de conscience emprisonnés dans le monde, et que la nouvelle administration démocrate de Moon Jae-in ne semble pas devoir remettre en cause cette situation. Dans ce cadre, nous publions ci-après plusieurs vidéos mises en ligne en 2015 faisant le portrait d’objecteurs de conscience – dont Lee Yeda, qui a obtenu à ce titre l’asile politique en France (à l’instar d’autres de ses compatriotes qui ont ensuite obtenu de statut en France après lui).

Lee Yeda : https://www.youtube.com/watch?v=agAtrbRYKJY

Song In Ho : https://www.youtube.com/watch?v=fgpLtwYklcs

Yang Ji Woon : https://www.youtube.com/watch?v=b5qyprBMVIU

Rencontre avec une représentante de l’association des victimes des programmes de conversion forcée

Après la publication (dans notre édition du 12 février 2018) d’un article rendant compte des manifestations pour les victimes des programmes de conversion forcée en République de Corée, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) a été sollicité par Jae-eun Kate Song, représentante de la branche de Séoul-Gyeonggi de l’Association pour les droits de l’homme des victimes des programmes de conversion forcée. Une délégation du CILD a ainsi rencontré Mme Song le 28 février 2018. Nous rendons compte ci-après de nos échanges, intervenus avant de nouvelles manifestations de grande ampleur prévues en Corée du Sud ce dimanche 4 mars 2018, auxquelles participeront deux victimes qui ont auparavant séjourné en France, dont Mme Lim Hye-jeong (mais déjà retournées en Corée à la date de publication du présent article). D’autres manifestations ont aussi lieu dans le monde (à New York, à Berlin, en Afrique du Sud, en Inde, en Ouganda et aux Philippines). Une manifestation s’est également tenue devant le Parlement européen, à Strasbourg, le 7 février 2018.

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Mme Jae-eun Song a tout d’abord rappelé qui était Ji-in Gu, dont elle était l’amie, décédée le 9 janvier 2018 à l’âge de 25 ans, et qui était elle aussi membre de l’Association pour les droits de l’homme des victimes des programmes de conversion forcée. Comme l’a raconté Mme Song, Mme Gu avait suivi, contre son gré et à l’instigation de ses parents, un programme de conversion : enlevée, frappée, placée en hôpital psychiatrique, elle est finalement décédée d’une lésion cérébrale hypoxique (c’est-à-dire correspondant à un manque d’oxygène) . Les témoignages vidéo qui ont été montrés sont saisissants : les parents, ou parfois le conjoint, sous l’influence de pasteurs relevant de la Confédération chrétienne (comprendre : protestante) coréenne (CCC), sont convaincus que les membres de leurs familles doivent suivre des programmes de conversion – par ailleurs chèrement monnayés, révélant ainsi la cupidité des pasteurs incriminés. Plus de 1 000 personnes chaque année seraient victimes de ces pratiques (selon une estimation basée sur les témoignages recueillis par l’association des victimes), créant d’importants traumatismes psychologiques et des dépressions. Deux personnes sont mortes : outre Ji-in Gu, une autre femme a été tuée par son mari.

Les manifestants contre les conversions forcées demandent la dissolution du CCC, la fermeture de la chaîne de télévision CBS (réputée proche du CCC) et la punition des pasteurs pratiquant les conversions forcées. Car les enquêtes juridiques n’aboutissent pas sur des condamnations : les faits incriminés sont considérés comme relevant de la sphère privée et du consentement des parties aux contrats (suivant la forme que prennent les programmes de conversion). L’association des victimes représentée par Mme Song met aussi en avant l’influence du CCC et les liens dont bénéficie l’organisation, dans l’appareil d’Etat politique et juridique – pour preuve la disparition, sur le site de la présidence sud-coréenne, d’une pétition mise en ligne le 18 janvier 2018 et ayant recueilli en une semaine 140 000 signatures, demandant l’adoption d’une loi contre les programmes de conversion forcée.

La délégation du CILD a voulu connaître le profil des victimes : pour la plupart d’entre elles, il s’agirait de membres d’une église protestante non reconnue par le CCC, Shincheonji, fondée en 1984 par le pasteur Lee Man-hee. Pour les églises coréennes relevant du CCC, il s’agit d’un groupe hérétique et sectaire, ayant également fait l’objet de critiques sévères de l’Eglise d’Angleterre car tentant d’infiltrer d’autres églises.

Le succès effectivement rencontré par Shincheonji, au détriment des églises traditionnelles du CCC, s’explique notamment par ses enseignements, diffusés y compris par Internet (ce qui n’est pas propre à ce groupe religieux) – et d’ailleurs considérés non conformes par les églises du CCC. Cette situation expliquerait, selon l’Association des victimes des programmes de conversion forcée (qui souligne pour sa part être une association de défense des droits de l’homme, indépendante de Shincheonji), la violence du CCC à l’encontre de ses membres, ainsi que son boycott par les médias sud-coréens. L’association met en avant l’alinéa 1 de l’article 20 de la Constitution sur la liberté religieuse, en dénonçant des dispositions bafouées par la pratique des conversions forcées. Le 13 février 2018, l’émission « Grand angle » sur France Inter, après avoir rencontré des victimes de conversion forcée venues en France avec Mme Song, s’est ainsi interrogée : la Corée du Sud respecte-t-elle la liberté de culte ?

Les représentants du CILD ont observé qu’il ne leur appartenait pas de porter un jugement sur l’église Shincheonji, qui ne semble par ailleurs pas être présente en France – Mme Song a convenu avec le CILD que l’image de Shincheonji était déplorable du fait précisément selon elle du rôle joué par le CCC.

Pour le CILD, les questions soulevées par l’Association exigent en tout état de cause des réponses juridiques et politiques à la hauteur des faits allégués, car des personnes sont décédées et les témoignages rapportés apparaissent gravement attentatoires à la liberté d’opinion et à la dignité de la personne humaine. Le CILD a ainsi demandé à Mme Jae-eun Song si, compte tenu des blocages qu’elle dénonce en Corée, l’association des victimes des programmes de conversion forcée n’aurait pas intérêt à saisir la Commission des droits de l’homme des Nations unies, dans le cadre notamment de son examen périodique de la situation dans chaque pays.

En outre, le rôle que joueraient certains hôpitaux psychiatriques coréens renforce les témoignages que le CILD a recueillis par ailleurs – notamment les honteux programmes de traitement de l’homosexualité (sic) qui seraient pratiqués dans certains hôpitaux, précisément sous l’influence de courants protestants. Enfin, les pratiques d’évangélisation agressives de certaines églises protestantes en Corée ne plaident pas en leur faveur.

Ne peut-on pas envisager des travaux de fond associant des sociologues, des juristes, et des parlementaires ? Un membre du CILD présent à la rencontre a souligné le travail fait par le Parlement français en matière de lutte contre les phénomènes sectaires.

La liberté de croire ou ne pas croire implique la possibilité pour tout chacun(e) de pratiquer ou non une religion et d’en changer s’il (elle) le souhaite, sans être isolé de son environnement, y compris familial et professionnel. Nul ne doit non plus être contraint(e) de verser tout ou partie de ses biens et de ses revenus. Ces principes de base, qui tiennent à la liberté individuelle, doivent être respectés partout et en tout lieu.

« Les Jeux olympiques nous tuent » : la révolte des perdants des Jeux

Loin des paillettes et des caméras des Jeux olympiques de Pyeongchang, de nombreux Sud-Coréens, propriétaires d’enseignes dont l’activité saisonnière est liée aux sports d’hiver, exigent une compensation après avoir été ruinés : à la tête de l’association des entreprises de ski, Jong Cheon-lim a déployé une banderole en anglais soulignant que « Les Jeux olympiques nous tuent« . Reportage sur la face cachée des Jeux olympiques.

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Jong Cheon-lim, dont la boutique loue des skis, a perdu 80 % de son chiffre d’affaires, très concentré sur 5 mois de l’année : la fermeture aux touristes venus skier de nombreuses pistes découlant directement de l’organisation des Jeux olympiques a eu un effet catastrophique sur son activité, comme sur celle de ses collègues et concurrents, réunis pour souligner les conséquences économiques de l’événement sportif : 50 des 70 entreprises du secteur ont cessé leurs activités. Mais c’est plus largement toute une région (l’une des moins riches de Corée) qui est sinistrée économiquement : les restaurateurs et les hôteliers ont également vu partir leur clientèle, et l’espoir d’une reprise l’an prochain est faible – car la notoriété des Jeux en termes de flux touristiques futurs profitera essentiellement aux quelques sites les plus connus.

Les demandes d’indemnisation seront-elles entendues ?  Il est permis d’en douter, dans la mesure où les organisateurs des Jeux n’ont pas répondu à M. Jong et à ses collègues.

Les conséquences néfastes sur l’économie et la démocratie des Jeux olympiques ne sont propres aux Jeux de Pyeongchang. Comme l’a observé Jonny Colemann, cinq mécanismes sont à l’oeuvre : la création de multiples travailleurs pauvres, soumis à une exploitation accrue ; le détournement des ressources locales (avec à la clé une baisse des investissements publics répondant à des besoins de base des populations) vers les projets pharaoniques qu’exigent les organisateurs, nonobstant les conséquences à plus long terme de l’endettement public ; les déplacements forcés de populations ; les pouvoirs renforcés donnés aux forces de l’ordre ; la corruption au sein des organisations olympiques. Dès lors, il n’y a rien de surprenant à ce que l’attribution des Jeux olympiques à la République de Corée ait eu lieu alors qu’une junte militaire était au pouvoir (pour l’attribution des Jeux de Séoul, en 1988) ou que le pouvoir conservateur sud-coréen était engagé sur une voie autoritaire (pour l’attribution, en 2011, des Jeux de Pyeongchang).

Les Nations unies ne doivent pas oublier le sort des Nord-Coréens retenus de force en Corée du Sud

Le 14 décembre 2017, le juriste argentin Tomás Ojea Quintana, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme en Corée du Nord, a tenu une conférence de presse. A cette occasion, la situation des Nord-Coréens retenus contre leur gré en Corée du Sud a été une fois encore évoquée, dans l’indifférence coupable de ceux qui, aux Nations unies, ont une vision sélective des cas de droits de l’homme qui méritent ou non de retenir leur attention.

kim-ryon-hui_tomas-ojea-quintana_droits-de-l-homme_coreeMme Kim Ryon-hui, s’adressant au rapporteur des Nations unies, le 14 décembre 2017

Tout d’abord, la Nord-Coréenne ayant fait défection en Corée du Sud Kim Ryon-hui, interdite par les autorités sud-coréennes de retourner au Nord de la Corée, a interpellé Tomás Ojea Quintana, en évoquant sa situation personnelle (que nous avions déjà mentionnée dans notre édition du 19 juin 2017) : le rapporteur des Nations unies s’est contenté de dire que le cas de Mme Kim n’entrait pas dans le champ de ses attributions… mais jusqu’à quand la Commission des droits de l’homme des Nations unies continuera-t-elle de fermer les yeux sur une violation aussi patente des droits fondamentaux de l’homme ? Pourquoi refuser d’ouvrir une enquête sur ce sujet ?

Car le cas de Kim Ryon-hui n’est pas isolé. En particulier, de lourds soupçons d’enlèvement par les autorités sud-coréennes continuent de peser en ce qui concerne tout ou partie de 12 serveuses nord-coréennes qui travaillaient dans un restaurant en Chine, apparues soudain en Corée du Sud à la veille d’élections législatives cruciales, dans ce qui a été dénoncé comme une tentative de manipulation électorale par la droite conservatrice alors au pouvoir à Séoul… Alors que les courriers adressés à la Commission des droits de l’homme des Nations unies, pour permettre aux jeunes femmes de faire valoir leur droit à vivre dans le pays qu’elles auraient choisi, sont restés sans réponse, le rapporteur Tomás Ojea Quintana avait demandé à les rencontrer, mais y a renoncé vu les limites posées par les autorités sud-coréennes. Il n’a pas jugé utile de préciser la nature des conditions qui lui ont été imposées.

Quelle démocratie en Corée du Sud ? Rencontre-discussion à Lille le 23 décembre 2017

Le 23 décembre 2017, l’Atelier d’histoire critique organise une discussion publique à la bibliothèque de quartier du Vieux Lille 25/27 place Louise de Bettignies, à partir de 15h, sur le thème « D’hier à aujourd’hui : la Corée du Sud un exemple de démocratie ? ».

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Cette rencontre-débat aura lieu en présence de Lee Yeda, objecteur de conscience, réfugié politique sud-coréen en France, et Park Mirinae, militante féministe, ancienne membre du Parti progressiste unifié, dissous dans des conditions arbitraires.

Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) appelle toutes et tous à participer au débat et à relayer cette information, qui s’inscrit dans nos combats fondamentaux.

Racisme ordinaire en Corée du Sud

Le racisme largement répandu dans la société en République de Corée touche déjà les travailleurs du sous-continent indien et les épouses d’hommes coréens originaires de Chine et d’Asie du Sud-Est. Deux situations individuelles ont toutefois été soulignées dans les médias nationaux, donnant un nom et un visage au racisme ordinaire dont souffrent des dizaines de milliers de citoyens sud-coréens.

Han Hyun-min a 16 ans : il est devenu célèbre comme le premier mannequin « noir » en Corée du Sud. En fait, il est métis : son père est Nigérian et sa mère Coréenne. Mais son histoire – dont a notamment rendu compte Channel News Asia – a aussi fait comprendre combien le racisme est imprégné dans la société sud-coréenne, longtemps fière de son homogénéité ethnique : quand il était à l’école, les mères d’autres enfants leur conseillaient souvent de ne pas jouer avec « un gosse comme cela« , et dans les transports en commun les remarques fusent contre les étrangers « sales » et « qui sentent« . Un sondage commandé par le gouvernement sud-coréen, en 2015, faisait apparaître que 25 % des Coréens ne voulaient pas d’un étranger comme voisin – des données à comparer avec les réponses obtenues dans d’autres pays (5,6 % aux Etats-Unis et 10,5 % en Chine). L’agent de Han Hyun-min, Youn Bum, raconte aussi combien le recruter a été difficile, bien qu’il corresponde aux critères du mannequinat – beaucoup lui conseillant de choisir un non-Coréen de type européen, de préférence blond aux yeux bleus.

han-hyun-min_mannequin_coree_racismeHan Hyun-mi

Mais le racisme ne touche pas seulement ceux qui n’ont pas un profil asiatique : ne pas ressembler à un Coréen vous expose à des discriminations au quotidien. Récemment apparu dans l’émission « Hello Counselor », Shin Dong-yup y a témoigné et ses propos ont été repris dans The Korea Herald. Né en Corée dans la province du Jeolla du Nord, ne comptant aucun étranger parmi ses ancêtres, le jeune homme a la peau foncée pour un Coréen – ce qui lui a valu de nombreux commentaires racistes. Chassé un jour d’un restaurant où on l’avait pris pour un Japonais, il raconte aussi comment sa femme, vietnamienne, est souvent décrite comme ayant l’air « plus coréenne » que lui…

shin-dong-yup_racisme_coreeShin Dong-yup

Face à ce racisme endémique, le fait que ces témoignages soient possibles atteste toutefois d’un début d’évolution des mentalités.