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Le « traitement spécial » de la détenue Park Geun-hye

Placée en détention provisoire le 31 mars 2017, peu après sa destitution, l’ex-présidente de la République de Corée Mme Park Geun-hye bénéficie de faveurs dans ses conditions de détention. Mais le plus choquant est probablement le traitement ordinaire des prisonniers en Corée du Sud.

Les conditions de détention provisoire de Mme Park Geun-hye choquent les médias et les citoyens sud-coréens : de fait, elle bénéficie d’une plus grande cellule que les autres détenus eu égard à son « statut« , et elle a pu dormir deux nuits dans une chambre de l’administration pénitentiaire après s’être plainte du papier peint de sa cellule, trop sale selon elle – le temps qu’il soit changé.

Mais si les conditions de détention de Mme Park Geun-hye sont clairement illégales, elles ne doivent pas occulter le fait que les droits des prisonniers sud-coréens ne classent pas, loin s’en faut, le pays aux premières places des démocraties – en particulier lorsque, au détour d’un article de la presse sud-coréenne, on apprend qu’une chambre de onze mètres carré peut accueillir six détenus… Sans parler des violences en prison, dont les objecteurs de conscience sont parmi les premières victimes. Et avec, pour eux, le seul délit d’être condamné par une législation nationale illégale, car contraire aux engagements internationaux de la République de Corée. Visiblement, le non-respect de la loi ne fonctionne que dans un seul sens en Corée du Sud : au profit des privilégiés de la naissance et de l’argent.

Park Geun-hye placée en détention

L’ancienne présidente sud-coréenne destituée Mme Park Geun-hye n’aura pas bénéficié longtemps du confort de sa luxueuse villa, blottie entre les immeubles du centre de Séoul. Après une audition de 8 heures et 40 minutes, elle a été placée en détention provisoire dans la nuit du 30 au 31 mars 2017. Nous reproduisons ci-après les images prises par l’agence sud-coréenne Yonhap avant et après son audition judiciaire, à l’issue de laquelle elle a rejoint en voiture le centre de détention de Séoul.

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Disparition de Park Hyeong-gyu, figure du combat pour la démocratie en Corée

Le 18 août 2016 le Révérend Park Hyeong-gyu est disparu, à l’âge de 93 ans. Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) rend hommage à l’une des figures éminentes du combat pour la démocratie et les droits de l’homme au Sud de la péninsule coréenne, en mentionnant quelques grands traits de son action telle qu’elle a été rappelée par Lee Kim-woo, du quotidien Hankyoreh.

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Park était né à Masan, dans le Gyeongsang du Sud. Il avait été diplôme en philosophie de l’Université de Pusan, avant de poursuivre ses études en théologie à Tokyo et aux Etats-Unis, où il avait été diplômé en 1959 et en 1963. La révolution étudiante de 1960 a joué un rôle fondamental dans son engagement pour les libertés démocratiques en Corée du Sud : lors de la journée du 19 avril 1960, alors qu’il revenait d’une cérémonie religieuse il a été entendu les coups de feu de l’armée et vu les jeunes révolutionnaires en sang. Il devait ensuite devenir l’un des critiques l’un des plus déterminés du général-président Park Chung-hee, père de l’actuelle Présidente Park Geun-hye, en s’opposant dès 1964 à la normalisation des relations entre le Japon et la République de Corée (du Sud).

Celui qui a été pasteur à la Seoul Cheil Evangelical Holiness Church entre 1971 et 1992, Président de la commission des droits de l’homme du Conseil national des églises de Corée, Président de la Fondation coréenne pour la Démocratie et Président de la Fondation pour la Paix, a été plusieurs à de multiples reprises touché par la répression.

En 1983, l’église du pasteur Park a été fermée et les prêches ont eu lieu dans la rue pendant six ans : Park Hyeong-gyu a été placé en détention pendant 60 heures et a reçu des menaces de mort en prison.

Après avoir critiqué le régime Park Chung-hee lors d’une cérémonie en avril 1973, Park Hyeong-gyu a été condamné à deux ans de prison pour rébellion, puis condamné à nouveau à 15 ans de prison en avril 1974 pour complot. En 1975, l’attaque judiciaire ourdie par les autorités sud-coréennes a porté sur de prétendus détournements de fonds, et en 1976 a eu lieu l’accusation suprême en tentant de faire passer le Révérend Park pour un agent communiste infiltré dans l’église, mais la manoeuvre, grossière, a échoué. En 1977, il a été à nouveau condamné à 5 ans de prison suite à une manifestation du Conseil de la jeunesse de l’Eglise presbytérienne de Jeonju, avant d’être libéré en 1979.

Sur le plan religieux, il avait participé au renouveau évangélique en Corée, en insistant sur la mission d’assistance aux pauvres et le salut du monde entier comme étant de création divine, y compris aux plans politiques, économiques et sociaux. Il s’agissait d’élaborer une version coréenne du christianisme, et non de réaliser l’objectif abstrait d’évangélisation de la Corée.