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Libertés syndicales : la CGT solidaire de la KCTU

La colère gronde partout dans le monde suite à la condamnation inique du dirigeant syndical sud-coréen Han Sang-gyun à 5 ans de prison : après le communiqué d’Amnesty International et l’organisation d’une manifestation par la Confédération des syndicats de Hong Kong, c’est à la CGT de publier à son tour un communiqué de soutien, que nous reproduisons ci-après. Philippe Martinez a écrit à Han Sang-gyun.

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Libertés syndicales

La CGT condamne la criminalisation des syndicalistes en Corée du sud

mercredi 13 juillet 2016 , par EB

 

Le 4 juillet 2016, la Cour de Séoul a condamné Han Sang-gyun, Président de la Confédération coréenne des syndicats, KCTU, à 5 ans de prison et 500.000 won d’amende. Comme premier dirigeant de la KCTU, il assume la responsabilité des actions syndicales organisées à l’automne 2015.

La sentence a obéi aux requêtes du gouvernement suite aux rassemblements syndicaux et manifestations de protestation en 2015. En particulier, le 14 novembre 2015 à Séoul, les plus de 100.000 manifestants ont été accueillis par des gaz lacrymogènes, des canons à eaux et 20.000 policiers.

Résultat des dizaines de blessés ont été enregistrés dont certains gravement et des plaintes contre 585 dirigeants et adhérents de la KCTU dont 20 sont actuellement incarcérés et en attente des condamnations. Lee Young-joo, Secrétaire général de la KCTU est réfugié au siège de l’organisation depuis le décembre 2015. A la suite de la condamnation de Han Sang-gyun, les dirigeants et militants syndicaux coréens ont été condamnés à leur tour à des peines allant de 8 mois à 3 ans de prison.

La CGT apporte sa solidarité totale à la KCTU

La CGT apporte sa solidarité totale à la KCTU, ses dirigeants et ses militants confrontés à une attaque sans précédent visant à criminaliser l’action syndicale en Corée du Sud et empêcher les salariés et leurs organisations à exprimer leurs protestations et revendications. Elle soutient la lutte des syndicalistes en Corée et condamne l’évolution anti syndicale du gouvernement de Corée du Sud qui vise à renforcer le pouvoir des Chaebol, les grands conglomérats coréens qui dominent l’économie.

Les sentences contre les dirigeants de la KCTU et de ses organisations affiliées comme la KPTU, Fédération des services publics et des transports, montrent que la Cour est soumise aux priorités du gouvernement et des employeurs coréens.
La répression ne peut pas être la réponse aux désaccords et aux revendications des salariés. Elle appelle le gouvernement à lever toutes les charges contre les syndicalistes, stopper les actions pour empêcher les activités syndicales légitimes et pacifiques et cesser la criminalisation des militants et dirigeants syndicaux.

La CGT soutient la lutte pour le respect de la législation du travail de Corée et des conventions internationales du travail. Elle s’associe à la pression de l’ensemble du mouvement syndical international avec la CSI et les Global Unions pour la levée des charges contre les syndicalistes coréens qui n’ont fait que défendre les droits et libertés fondamentales des travailleurs.

La CGT restera aux côtés des syndicalistes coréens et du monde entier pour poursuivre la lutte pour la levée des sentences et la libération des militants syndicaux dans les actions qui seront organisées dans les semaines à venir.

Rassemblement de la Confédération syndicale de Hong Kong pour exiger la libération de Han Sang-gyun

La condamnation à cinq ans de prison de Han Sang-gyun, dirigeant de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU) depuis décembre 2014, n’en finit pas de soulever une vague internationale de protestations et d’indignations. Les propos du procureur, qui demandait une peine de huit ans, sont éloquents de l’arbitraire judiciaire sud-coréen, qui mêle mise en cause de la libre expression syndicale, procès d’intention et culpabilité par association ; selon le procureur, « non seulement Han Sang-gyun a planifié minutieusement son crime dès qu’il a été élu dirigeant, mais il a aussi agité les travailleurs en abusant de sa position, et il n’a aucun regret« . Car le crime de Han Sang-gyun est en effet insupportable aux yeux du régime autoritaire sud-coréen : avoir osé organiser les plus grandes manifestations qu’ait connues la République de Corée depuis des décennies, notamment le 24 avril 2015 et le 1er mai 2015, pour demander le retrait de la réforme du code du travail.

Dans ce contexte, la solidarité ouvrière se manifeste naturellement : le 4 juillet 2016, la Confédération des syndicats de Hong Kong (Hong Kong Confederation of Trade Unions, HKTCU) a manifesté devant le consulat de Corée du Sud sur les mots d’ordre de « Libérez tous les militants de la KCTU, Hang Sang-gyun, Lee Young-joo » et « Stop à la répression politique !« , les répressions politique et antisyndicale étant étroitement liées dans le régime autoritaire que met en place Mme Park Geun-hye, à l’image d’autres dirigeants autoritaires choyés des Etats-Unis (et de la France), comme le Turc Erdogan.

Le consulat a refusé de recevoir la lettre de la HKTCU qui exigeait la libération de tous les militants syndicaux emprisonnés, qui a été lue par les manifestants. Fidèle à leur tradition de refus du dialogue, les diplomates sud-coréens basés à Hong Kong ont appelé la police pour disperser le rassemblement – l’ambassade de Corée du Sud en France avait de même appelé à l’aide la police française lorsqu’une délégation du Comité internationale pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) avait remis, à Paris, le 14 août 2015, une pétition demandant la libération du militant des droits de l’homme Park Rae-gun. Les forces de police gardant l’ambassade avaient pris notre lettre, auquel l’ambassadeur de la République de Corée en France n’a bien évidemment pas daigné répondre, s’inscrivant dans la tradition des régimes les plus autoritaires effrayés par la perspective même de justifier l’arbitraire de leur propre appareil judiciaire.

Principale source : Maxime Fabre, « Libérez Han Sang-gyun, dirigeant de la KCTU ! », in La Tribune des travailleurs, n° 47, mercredi 13 juillet 2016, p. 5. La Tribune des travailleurs est l’hebdomadaire du Parti ouvrier indépendant démocratique (POID).

Han Sang-gyun condamné à 5 ans de prison : Amnesty International dénonce un « coup » porté « à la liberté de manifester pacifiquement »

Le 4 juillet 2016, le dirigeant syndical Han Sang-gyun a été condamné à 5 ans de prison, mettant en lumière la répression anti-syndicale accrue en République de Corée, dénoncée de manière constante par le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD). Nous reproduisons ci-après un communiqué publié le jour même de la condamnation par Amnesty International.

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Corée du Sud. La peine de prison prononcée contre un dirigeant syndical porte un coup à la liberté de manifester pacifiquement

[04/07/2016]

La condamnation d’un dirigeant syndical à cinq ans d’emprisonnement illustre une fois de plus l’intensification des attaques du gouvernement contre le droit à la liberté de manifester pacifiquement en Corée du Sud, a déclaré Amnesty International lundi 4 juillet.

Lundi 4 juillet, le tribunal du district central de Séoul a condamné Han Sang-gyun, président de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU), pour son rôle dans l’organisation de plusieurs manifestations. La plus en vue a été le « Rassemblement populaire » du 14 novembre 2015, majoritairement pacifique.

« Han Sang-gyun est la dernière victime en date de la répression de plus en plus implacable menée en Corée du Sud contre l’opposition pacifique. Sa condamnation est injuste et honteuse », a déclaré Arnold Fang, spécialiste de l’Asie de l’Est à Amnesty International.

« La peine prononcée porte un coup terrible au droit à la liberté de réunion pacifique, en dissuadant les autres personnes qui voudraient organiser des manifestations. En aucun cas les organisateurs ne doivent être tenus pour responsables des actes de ceux qui sabotent une manifestation pacifique. »

En requérant huit ans d’emprisonnement, le ministère public a souligné que, Han Sang-gyun étant dirigeant syndical, ses actions devaient être considérées comme des « méfaits » de la KCTU et de l’ensemble du mouvement syndical, et non comme des actes commis uniquement à titre personnel.

Des dizaines de milliers de manifestants ont participé au « Rassemblement populaire » de novembre dernier contre le gouvernement, au cours duquel des affrontements ont eu lieu entre police et manifestants. La police a eu recours à une force excessive lors de ces manifestations majoritairement pacifiques, notamment en utilisant des canons à eau, et des manifestants ont été blessés. Quelques rares participants étaient armés de tuyaux en métal et de tiges de bambou taillées en pointe.

Un rassemblement pacifique ne perd pas son caractère pacifique du fait de violences sporadiques ou du comportement illicite de certaines personnes. Si une minorité de manifestants agissent de façon violente, la police doit faire la distinction entre ceux-ci et les autres lors des opérations visant à rétablir l’ordre public.

La police a arrêté Han Sang-gyun en décembre 2015, lorsqu’il s’est livré de son plein gré après s’être réfugié dans un temple du centre de Séoul pendant 25 jours, à la suite du « Rassemblement populaire ». Il a été inculpé de diverses infractions allant de l’outrage à des fonctionnaires au blocage de la circulation.

L’arrestation et la détention de dirigeants syndicaux, de syndicalistes et d’autres manifestants ne se sont pas limitées à Han Sang-gyun. Plus de 500 membres de la KCTU ont été convoqués par la police en raison de leur participation au rassemblement, dont 13 ont été jusqu’à présent condamnés à des peines de huit à 18 mois de prison.

« Toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions doivent être libérées immédiatement et sans condition. La Corée du Sud doit cesser de persécuter des personnes qui ne font qu’exercer leur droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique », a déclaré Arnold Fang.

Dans un rapport sur la Corée du Sud présenté à l’issue de sa visite dans ce pays en janvier 2016, Maina Kiai, rapporteur spécial des Nations unies sur le droit de réunion pacifique et d’association, a indiqué que le fait d’accuser des manifestants de certaines infractions pénales, telles que le blocage de la circulation, criminalisait de fait le droit de réunion pacifique.

Signez la pétition pour libérer Han Sang-gyun !

Le dirigeant de la Confédération coréenne des syndicats (acronyme anglais : KCTU) Han Sang-gyun est emprisonné par les autorités sud-coréennes, dans une nouvelle démarche du régime autoritaire de Mme Park Geun-hye pour réprimer toute opposition politique et syndicale. Après avoir manifesté à Paris pour exiger – notamment – la libération  de Han Sang-gyun et l’arrêt de la répression antisyndicale, le Comité international pour les libertés démocratiques (CILD) appelle à signer et faire signer la pétition – que nous reproduisons ci-après en français, en anglais, en allemand et en coréen – initiée par le Réseau européen pour une Corée progressiste (basé en Allemagne) adressée au juge Shim Dam en vue de la libération de Han Sang-gyun et du respect des droits des travailleurs sud-coréens tels qu’ils sont garantis par la Constitution.

HAN SANG GYUN, DIRIGEANT de la KCTU EST INNOCENT.

La Justice de la Corée du Sud doit respecter la Constitution qui garantit le droit syndical. Le 13 juin 2016, le procureur LEE Seong Sik requiert 8 ans de prison contre HAN Sang Gyun, dirigeant de la Confédération syndicale KCTU qui a organisé en novembre 2015 un rassemblement contre la « réforme » du droit du Travail.

HAN Sang Gyun a été élu dirigeant de la KCTU en décembre 2014, en avril et en juillet 2015, la KCTU a organisé des grèves pour résister à un projet de grave atteinte au droit du travail. Et le 14 novembre 2015, après que la KCTU a organisé un grand rassemblement de 130 000 personnes, ce rassemblement était absolument nécessaire pour protéger le droit de 20millions de travailleurs contre le projet de la loi travail du gouvernement. HAN Sang Gyun a dû se réfugier au temple bouddhiste Jogyesa au centre de Séoul. La police a assiégé le temple pendant trois semaines. Pour éviter l’assaut prévu, HAN Sang Gyun s’est livré volontairement à la police le 10 decembre 2015.

Six mois plus tard, le procureur requiert contre HAN une peine de 8 ans de prison, disant que « non seulement HAN Sang Gyun a planifié minutieusement son crime dès qu’il a été élu dirigeant, mais qu’il a aussi agité les autres travailleurs en abusant de sa position, et il n’a aucun regret ».

Pourtant, c’est la police qui n’a pas respecté la loi. Lors de la manifestation, la police a poussé les manifestants dans une nasse faite de murs de bus de police. Ensuite elle a lancé des gaz lacrymogènes et usé du canon à eau chargée de produits chimiques. Le canon a atteint de plein fouet un agriculteur, BAEK Nam Ki, il est dans le coma depuis ce jour. Le procureur n’a procédé à aucune enquête sur ces exactions policières ni sur les atteintes aux droits et à la légalité. Au lieu de cela, la police a arrêté 527 adhérents de la KCTU, en a retenu 20, et à ce jour 6 mois après, 10 sont encore en prison, dont HAN Sang Gyun.

Le parti au pouvoir et le gouvernement préparent une destruction du droit du travail :1) Faciliter les licenciements en rendant légaux les licenciements abusifs. 2) Généralisation de l’emploi précaire. 3) Par la liberté donnée aux employeurs de rémunérations arbitraires, imposer des salaires encore plus bas et mettre les travailleurs dans la concurrence extrême.4) Neutraliser les syndicats en contournant les conventions collectives.

En somme, la « réforme » vise à créer des conditions de travail inhumaines, uniquement pour ouvrir une voie royale au maximum de profit au seul bénéfice des grandes entreprises. Comme tous les pays démocratiques, la Corée du Sud, à l’article 33 de la Constitution, garantit le droit syndical, le droit à la négociation collective et à l’action collective pour améliorer les conditions de travail. Protester contre une menace sur les conditions de travail est donc un droit pour les syndicats. Qu’un procureur demande une peine de prison pour un travailleur syndicaliste, au mépris de la Constitution, cela signifie qu’il est au service d’un pouvoir qui ne vise qu’à écraser les travailleurs, et non pas au service de la justice et de la démocratie. Le jugement aura lieu le 4 juillet.

HAN Sang Gyun est innocent. Si un dirigeant syndical doit aller en prison après que son syndicat a organisé un rassemblement pour défendre les droits des travailleurs, cela veut dire que ce pays n’est plus un pays démocratique.

La Justice de Corée du Sud doit respecter les droits des travailleurs énoncés dans la Constitution et le juge SHIM Dam doit libérer HAN Sang Gyun et tous les syndicalistes emprisonnés.

Le Parlement, s’il est réellement une émanation démocratique des citoyens, doit rejeter le projet actuel de destruction du Droit du travail, qui met la vie des travailleurs en grave danger.

Les députés doivent au contraire élaborer et adopter une véritable réforme de la loi, qui améliore les conditions de travail.

European Network for Progressive Korea (Solidarité en Europe pour la Corée progressiste)

*Our other significant petition: Minister of Justice: Hyundai Motors & Yoosung Enterprise: Stop Labour Repression now! https://goo.gl/aCZsme

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To South Korean Judge, SHIM Dam: Respect the workers’ constitutional rights! Immediately release HAN Sang Gyun, President of KCTU!

On June 13, 2016, Korean prosecutor Lee Sung Sik demanded that Han Sang Gyun, the president of KCTU (Korean Confederation of Trade Unions), be sentenced to eight years behind bars for organizing a protest last November against the Korean government’s proposed package of labor law revisions.

Mr. Han was elected as the leader of KCTU in December of 2014 and successfully organized nationwide protests both in April and July of 2015. Then, after an arrest warrant was issued for him for having co-organized a mass rally on Nov, 14 with a number of NGOs present and reportedly 130,000 other participating citizens, he had to find a temporary asylum at the Buddhist Chogye temple in Seoul for twenty-five days. Upon hearing the police’s attempt to enter the temple, he turned himself in on December 10th, 2015.

The prosecution stated on June 13th that « We request a sentence of eight years considering that he had been conspiring to [to commit crimes] since his election, incited the crime using his position of power, and does not show any sign of remorse. »

On the contrary, though, in reality it was the police who committed the crime on November 14th. The police isolated the participating citizens by ushering them away by a bus barricade, and tear gas. BAEK Nam Gi, a farmer, has been in coma since then, which was caused by a water cannon attack. Yet, prosecutors didn’t bother to investigate the case. Instead, twenty workers, including Mr. HAN, were arrested from the rally and ten of them are still in prison.

The Korean government and the ruling party are pushing the enactment of a new labor law.  Their main objectives are: 1. Easy dismissal of employment without need of proper procedure 2. Increase of precarious jobs (low-wage short-term jobs) 3. Introduction of a wage system that will lower the income of workers and stimulate the extreme competition among them. 4. Disablement of the basic functions of labor unions. In short, it will worsen the preexisting and inhumane working conditions and will maximize the interests of the big corporations.

The people’s mass rally on November 14th was a necessary struggle designed to protect every right of the twenty million working men and women in Korea.

Korean constitution article 33.1 clearly states that workers have a right to independent association, and collective bargaining and action to improve working conditions. Obviously, workers and their trade unions have a right to resist against any laws that could seriously undermine their survival & interests and it is guaranteed by the constitution.

The prosecution’s request, ignoring the constitution, simply admits the fact that they serve the powerful as they trample on the basic human rights of these workers, rather than executing their lawful duties. The sentence is expected to be announced on July 4th by judge SHIM Dam. HAN Sang Gyun is innocent.

Judge SHIM Dam should release HAN Sang Gyun and all of the imprisoned KCTU workers if he still believes that the Republic of Korea is a true democracy. We demand the Korean parliament to abolish the new labor law, extend the rights of workers, and reform the labor law to guarantee pleasant working conditions for our workers.

European Network for Progressive Korea

*Our other significant petition: Minister of Justice: Hyundai Motors & Yoosung Enterprise: Stop Labour Repression now! https://goo.gl/aCZsme

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An Richter SHIM Dam, Südkorea:

Respektieren Sie die verfassungsmäßigen Rechte der Arbeitnehmer!

Entlassen Sie HAN Sang Gyun, Präsident von KCTU, umgehend aus der Haft!

Am 13. Juni 2016 forderte die koreanische Staatsanwaltschaft (LEE Sungsik, zuständiger Staatsanwalt) 8 Jahre Haft für HAN Sang Gyun, den Präsidenten der KCTU (Korean Confederation of Trade Unions: Koreanischer Gewerkschaftsbund), weil dieser im November eine Demonstration gegen den von der koreanischen Regierung vorgeschlagenen Gesetzesentwurf zur Reform des Arbeitsrechts organisiert hatte.

Herr HAN wurde im Dezember 2014 zum Vorsitzenden der KCTU gewählt und organisierte erfolgreich landesweite Streiks und Kundgebungen im April und Juli 2015. Nachdem er am 14. November eine Massenkundgebung organisiert hatte, an welcher Berichten zufolge 130.000 Bürger teilnahmen, musste er sich 25 Tage lang in den Chogye Tempel zurückziehen, um seiner Verhaftung zu entgehen. Bevor die Polizei in den Tempel vorrückte, stellte er sich am 10. Dezember 2015 freiwillig.

Die Staatsanwaltschaft erklärte am 13. Juni: « Wir fordern eine achtjährige Haftstrafe in Anbetracht der Tatsache, dass er das Verbrechen nach seiner Wahl von langer Hand geplant hatte, seine Position nutzte, um zu dem Verbrechen aufzuhetzen, und kein Zeichen von Reue zeigt. »

Tatsächlich war es aber die Polizei, die am 14. November ein Verbrechen beging. Die Teilnehmer der Demonstration wurden durch eine Polizeibus-Barrikade isoliert, die Polizei setzte Tränengas gegen sie ein.Der Landwirt BAEK Namgi erlitt dabei schwere Verletzungen durch einen Wasserwerfer und liegt seitdem im Koma, doch die Staatsanwaltschaft unternimmt keine Anstalten, den Fall zu untersuchen. Stattdessen wurden 20 Arbeiter, darunter auch Herr HAN, während der Kundgebung festgenommen, von denen sich 10 noch immer in Haft befinden.

Die Koreanische Regierung und die Regierungspartei drängen auf eine Reform des Arbeitsrechts, deren Hauptziele sind: 1. Vereinfachung der Entlassung von Arbeitnehmern ohne ordnungsgemäßes Verfahren 2.Förderung unsicherer Arbeitsverhältnisse (Niedriglohnsektor, Kurzarbeit) 3. Einführung eines Lohnsystems, das das Einkommen der Arbeitnehmer senken und den Konkurrenzdruck unter ihnen erhöhen wird. Kurz gesagt wird es die bestehenden menschenunwürdigen Arbeitsbedingungen weiterhin verschlechtern und die Gewinne der Großunternehmen maximieren. Die Massenkundgebung am 14. November stellte eineNotwendigkeit im Arbeitskampf zum Schutz der Rechte der arbeitenden Männer und Frauen in Korea dar.

Artikel 33.1 der Koreanischen Verfassung besagt, dass Arbeitnehmer ein Recht auf Kollektivverhandlungen und Maßnahmen zur Verbesserung der Arbeitsbedingungen haben.Arbeitnehmer und ihre Gewerkschaften haben ganz klar das Recht, Widerstand gegen Gesetze zu formieren, die ihr Überleben und ihre Interessen gefährden könnten, und dies wird ihnen durch die Verfassung garantiert. Der verfassungswidrige Antrag der Staatsanwaltschaft zeigt deutlich, dass sie eher den Machthabern dienen, die die grundlegenden Menschenrechte der Arbeitnehmer mit Füßen treten, als ihrer Pflicht nachzukommen, im Rahmen der geltenden Gesetzgebung zu ermitteln. Das Urteil wird am 4. Juli durch den Richter, SHIM Dam, erwartet.

HAN Sang Gyun ist unschuldig. Richter SHIM Dam sollte HAN Sang Gyun und alle inhaftierten KCTU Arbeiter freisprechen, wenn er noch an die Demokratie in Korea glaubt.

Wir fordern das koreanische Parlament auf, das neue Arbeitsgesetz abzulehnen, die Rechte der Arbeitnehmer zu verbessern und die Reform des Arbeitsrechts zu nutzen, um bessere Arbeitsbedingungen für die Arbeitnehmer zu schaffen.

European Network for Progressive Korea

*Our other significant petition: Minister of Justice: Hyundai Motors & Yoosung Enterprise: Stop Labour Repression now! https://goo.gl/aCZsme

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민주노총 위원장 한상균은 무죄다

대한민국 사법부는 헌법이 규정하는 노동자의 권리를 보장하라

2016년 6월 13일, 대한민국 검찰(주임검사: 이성식)은 지난해 11월 정부의 노동법개악에 저항하는 집회를 주도한 혐의로 구속된 민주노총 한상균 위원장에게 징역 8년을 구형했다.

2014년 12월 민주노총 위원장으로 선출된 한상균은 노동법개악에 저항하는 총파업 투쟁을 2015년 4월과 7월 이끌어 냈다. 그리고 11월 14일, 13만명이 참여한 민중총궐기 집회를 여러 단체들과 함께 주최한 뒤, 조계사에서로 25일간 은신했다. 경찰이 그를 체포하기 위해 조계사에 공권력을 투입하려 하자 그는 2015년 12월 10일 경찰에 자진 출석했다.

6개월이 지난 뒤인 6월 13일 검찰은 징역 8년을 구형하면서 « 위원장으로 당선된 당시부터 치밀하게 범행을 계획했고 직책을 이용해 범행을 선동했으며 반성하지 않는 점 등을 고려해 이같이 구형 한다 »고 밝혔다.

그러나 이날 불법을 저지른 것은 오히려 경찰이었다. 경찰은 집회에 참여한 시민들을 경찰차로 고립시키고 최루액을 난사하였으며, 사람을 향해 직접 물대포를 쏘아서 백남기 농민은 지금까지 혼수상태에 빠져있으나, 검찰은 조사조차 하지 않았다. 대신 11월 집회에 참여한 노동자 중 한상균 위원장을 비롯한 20명의 노동자를 구속했으며, 그 중 10명이 현재까지 감옥에 있다.

집권당 여당과 정부는 1) 징계절차를 필요로 하지 않는 쉬운 해고, 2) 비정규직 고용 확대, 3)차별임금체계를 도입하여 임금을 더 낮추고, 노동자간 경쟁을 부추기며, 4) 노조의 기능 자체를 무력화 시키는 것을 골자로 하는 노동개악을 추진 중이다. 한마디로 현재보다 훨씬 더 열악한 비인간적 노동환경을 만들고 기업의 이익을 극대화하려는 것이 법안의 주된 내용이다. 지난 11월 14일 민중총궐기는 이러한 노동법 개악으로부터 2천만 전체 노동자들의 권리를 지키기 위해 반드시 필요한 것이었다.

대한민국 헌법 33조 1항은 노동자가 근로조건의 향상을 위하여 자주적인 단결권·단체교섭권 및 단체행동권을 가진다고 명시하고 있다. 노조연합이 노동자의 생존을 위협하는 노동악법에 저항하는 것은 헌법이 규정한 권리임에도 불구하고, 검찰이 이러한 구형을 내린다는 것은 그들이 더 이상 법의 집행인이 아니라, 노동자를 짓밟는 권력의 하수인임을 자임하는 것이다. 재판부(부장판사: 심담)는 7월 4일 1심 판결을 앞두고 있다.

한상균은 무죄다. 대한민국이 여전히 민주공화국임을 자임한다면, 대한민국 사법부는 한상균과 구속된 민주노총 노동자들 모두 석방하라. 대한민국 국회는 노동법 개악안을 폐기하고, 노동자의 권리를 확대하고, 노동자들이 행복한 조건에서 일할 수 있도록 노동법을 개혁하라.

<진보한국을 위한 유럽연대>

*참고: « 유성기업과 현대자동차는 노동탄압을 즉각 중단하라! » 청원은 여기에서 하세요-> https://goo.gl/aCZsme

Des parlementaires français interpellent le Gouvernement sur les droits de l’homme en Corée du Sud : la France doit condamner les atteintes aux libertés démocratiques !

Suite à la visite en France de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, du 1er au 4 juin 2016, plusieurs parlementaires français demandent au Gouvernement des explications sur le bilan de cette visite, notamment en ce qui concerne le respect des libertés publiques et des droits de l’homme en Corée du Sud. En particulier, les parlementaires plaident pour une intervention de la France en faveur de Kim Hye-young et Park Rae-gun, prisonniers politiques.

Christophe PrematQuestion de M. Christophe Premat, député des Français établis hors de France (groupe Socialiste, écologiste et républicain ), n°96599 publiée au Journal officiel le 14 juin 2016

M. Christophe Premat attire l’attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur la situation de prisonniers en Corée du Sud tels que Park Rae-gun, directeur du Centre des droits de l’Homme de la République de Corée. Suite à la visite d’État de la présidente sud-coréenne en France, Park Geun-hye, la libération de ces prisonniers serait un signe positif. Un certain nombre de décisions politiques en Corée du Sud ces dernières années ont porté préjudice aux libertés syndicales et à l’expression du pluralisme politique. En 2013, l’Internationale des services publics (PSI) avait appelé ses membres à exhorter les autorités sud-coréennes à reconnaître le KGEU (Syndicat coréen des employés du gouvernement), à ne pas dissoudre le KTU (Syndicat coréen des enseignants et des travailleurs de l’éducation) et à se conformer aux recommandations de l’Organisation internationale du travail (OIT). Si les relations de tension avec la Corée du Nord ne peuvent être la seule lecture de cette situation, il aimerait savoir si le ministère entend adopter une stratégie d’influence pour contribuer à l’expression d’un pluralisme politique. Le ministère a proposé dans le passé des campagnes très efficaces sur la diplomatie des valeurs (sur la peine de mort avec une influence sur la Mongolie) et il serait judicieux de contribuer au retour de ce pluralisme en Corée du Sud.

source : questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-96599QE.htm

Andre ChassaigneQuestion du M. André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme (groupe Gauche démocrate et républicaine), n°96600 publiée au Journal officiel le 14 juin 2016

M. André Chassaigne attire l’attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur les atteintes aux libertés démocratiques et la situation des prisonniers politiques en Corée-du-Sud. Suite à la visite d’État de quatre jours en France de la présidente de la République de Corée du Sud Park Geun-hye aucun élément n’a en effet été rendu public sur la situation des prisonniers politiques et des militants syndicaux en Corée du Sud et sur les atteintes aux libertés démocratiques que connaît le pays ces dernières années. L’interdiction en 2013 du Syndicat des enseignants (KTU) puis celle du principal parti de gauche en Corée du Sud, le Parti progressiste unifié (PPU) en 2014, pourtant représenté au Parlement avec près de 10 % des voix aux dernières élections législatives en 2012 accompagne une répression permanente du pouvoir contre les initiatives des organisations politiques et syndicales en faveur de la défense des droits humains fondamentaux. Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud a, à plusieurs reprises, dénoncé ces derniers mois en France l’accroissement de ces atteintes aux droits de l’Homme et aux libertés publiques, avec l’emprisonnement de 9 militants de l’Alliance coréenne (émanation du PPU interdit), ce qui porterait le nombre de prisonniers politiques en Corée du Sud à 57 personnes. Par ailleurs, la cour d’appel de Séoul a confirmé le 26 mai 2016 la condamnation à deux ans de prison ferme de plusieurs militants, et notamment de Kim Hye-young, une femme atteinte d’un cancer de la thyroïde qui a été arrêtée pour avoir participé à une manifestation pacifique. Comme le dénonce l’ONG Amnesty International, « alors qu’elle a développé des troubles mentaux en détention, elle observe une grève de la faim et les autorités continuent de refuser qu’elle bénéficie de soins médicaux à l’extérieur de la prison ». Le 7 juin 2016, alors qu’elle entame son 13ème jour de grève de la faim sans bénéficier des soins auxquels elle a droit selon les règles minima des Nations-Unies pour le traitement des détenus, d’autres prisonniers politiques viennent d’annoncer une grève de la faim illimitée afin d’exiger la libération de Kim Hye-young et le respect des droits humains et politiques en Corée du Sud. Aussi, il apparaît indispensable que la France, fidèle à sa tradition de défense des droits de l’Homme, cesse son mutisme face à cette situation et retrouve le chemin d’une action diplomatique résolue en faveur du respect des droits de l’Homme et des libertés publiques et politiques en Corée du Sud. Il souhaiterait donc connaître les engagements que compte prendre rapidement M. le Ministre en ce sens, et d’abord en faveur de la libération urgente de Mme Kim Hye-young.

source : questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-96600QE.htm

Jean-Luc LaurentQuestion de M. Jean-Luc Laurent, député du Val-de-Marne (groupe Socialiste, écologiste et républicain), n°96601 publiée au Journal officiel le 14 juin 2016

M. Jean-Luc Laurent interroge M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur les relations franco-coréennes. La visite d’État de la présidente de Corée du Sud en France du 1er au 4 juin 2016, à l’occasion de la célébration des 130 ans de relations diplomatiques entre la France et la Corée du Sud, intervient dans un contexte de vives tensions entre les deux Corées : la zone industrielle de Kaesong ayant été fermée au mois de février 2016. Cette zone où des entreprises sud-coréennes employaient des ouvriers nord-coréens représentait un symbole fort et solitaire de coopération entre les deux pays. 63 ans après le cessez-le-feu, la péninsule coréenne reste une zone de tensions extrêmes dont la déstabilisation pourrait avoir des conséquences non seulement pour l’ensemble des acteurs ayant des intérêts économiques, politiques et militaires directs (la Chine, les États unis d’Amérique, le Japon) mais aussi pour le monde entier. Malgré la crise nord-coréenne et la montée des tensions régionales en Mer de Chine, la Corée du Sud reste l’une des économies les plus dynamiques de la région. Il aimerait connaître le bilan que le Gouvernement fait de cette visite d’État et les perspectives de renforcement des relations bilatérales entre la France et la Corée du Sud.

source : questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-96601QE.htm

Cecile CukiermanQuestion de Mme Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire (groupe Communiste, républicain et citoyen), n°22339 publiée au Journal officiel le 16 juin 2016.

Mme Cécile Cukierman attire l’attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur les atteintes aux libertés démocratiques et la situation des prisonniers politiques en Corée du Sud. Suite à la visite d’État de quatre jours en France en juin 2016 de la présidente de la République de Corée du Sud, aucun élément n’a en effet été rendu public sur la situation des prisonniers politiques et des militants syndicaux en Corée du Sud et sur les atteintes aux libertés démocratiques qu’a connues le pays ces dernières années. L’interdiction en 2013 du syndicat des enseignants (KTU) puis celle du principal parti de gauche en Corée du Sud, le parti progressiste unifié (PPU) en 2014, pourtant représenté au Parlement avec près de 10 % des voix aux dernières élections législatives en 2012, accompagnent une répression permanente du pouvoir contre les initiatives des organisations politiques et syndicales en faveur de la défense des droits humains fondamentaux. Le comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud a, à plusieurs reprises, dénoncé ces derniers mois en France l’accroissement de ces atteintes aux droits de l’homme et aux libertés publiques, avec l’emprisonnement de neuf militants de l’alliance coréenne (émanation du PPU interdit), ce qui porterait le nombre de prisonniers politiques en Corée du Sud à 57 personnes. Par ailleurs, la cour d’appel de Séoul a confirmé le 26 mai 2016 la condamnation à deux ans de prison ferme de plusieurs militants, et notamment d’une femme atteinte d’un cancer de la thyroïde qui a été arrêtée pour avoir participé à une manifestation pacifique. Comme le dénonce l’organisation non gouvernementale Amnesty international, « alors qu’elle a développé des troubles mentaux en détention, elle observe une grève de la faim et les autorités continuent de refuser qu’elle bénéficie de soins médicaux à l’extérieur de la prison ». Le 7 juin 2016, alors qu’elle entamait son treizième jour de grève de la faim sans bénéficier des soins auxquels elle a droit selon les règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus, d’autres prisonniers politiques ont annoncé une grève de la faim illimitée afin d’exiger sa libération et le respect des droits humains et politiques en Corée du Sud. Aussi, il apparaît indispensable que la France, fidèle à sa tradition de défense des droits de l’homme, cesse son mutisme face à cette situation et retrouve le chemin d’une action diplomatique résolue en faveur du respect des droits de l’homme et des libertés publiques et politiques en Corée du Sud. Elle souhaiterait donc connaître les engagements qu’il compte prendre rapidement en ce sens, et d’abord en faveur de la libération urgente de cette opposante.

source : http://www.senat.fr/questions/base/2016/qSEQ160622339.html

Michel BilloutPar ailleurs, M. Michel Billout, sénateur de Seine-et-Marne (groupe Communiste, républicain et citoyen), a adressé le 13 juin 2016 une lettre au ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Jean-Marc Ayrault :

Monsieur le Ministre,

Mme Park Geun-hye, Présidente de la République de Corée était en visite officielle en France, dans le cadre des années croisées France-Corée.

L’occasion, peut-on lire dans un communiqué émanant de votre ministère de « renforcer les liens entre nos deux pays dans tous les domaines, tant politique, qu’économique et culturel. » (…) « Cette visite d’État permettra de renforcer la coopération sur les questions de politique, étrangère, notamment la lutte contre le terrorisme, la contribution à la paix et au développement en Afrique et au Moyen-Orient. Ils aborderont également la situation en Corée du Nord et en particulier la question de la prolifération nucléaire et des droits de l’Homme. »

Sur ce dernier sujet, je souhaiterais savoir si vous avez évoqué , lors de votre entretien avec la Présidente de la République de Corée, la dégradation de la situation des droits de l’Homme dans son propre pays. La répression des opposants s’est en effet intensifiée depuis l’élection de M. Lee Myung-bak à la présidence de la République en décembre 2007. Les médias et les syndicats de travailleurs ont été les premiers visés et, dans le cas des médias, particulièrement les syndicats de journalistes.

La remise en cause des libertés démocratiques s’est ensuite accrue avec l’élection de Mme Park Geun-hye, en décembre 2012, avec une forte ingérence des services de renseignement sud-coréens, en s’étendant aux partis politiques – jusqu’à l’interdiction du Parti progressiste unifié (PPU). Douze militants de l’Alliance coréenne , émanation du PPU interdit, sont actuellement en prison en Corée du Sud, portant le nombre de prisonniers politiques à 60 dans le Sud de la péninsule coréenne.

Le dirigeant de la principale centrale syndicale sud-coréenne, la KCTU, est également prisonnier des geôles sud-coréennes. Son « crime » est d’avoir organisé les manifestations de masse les plus importantes qu’aient connues la Corée du Sud en un quart de siècle. Ce pays détient le record mondial du nombre d’objecteurs de conscience emprisonnés, comme l’a condamné Amnesty International dans un rapport de 2015. Plusieurs d’entre eux ont déjà obtenu l’asile politique dans le monde, le premier d’entre eux ayant été Lee Yeda en France.

Dernièrement, les tentatives de démantèlement du Code du travail en Corée du sud, la précarisation des travailleurs et les coups portés au syndicat des enseignants ont pour toile de fond l’adoption d’une nouvelle loi antiterroriste, adoptée le 3 mars, qui s’ajoute à la loi de sécurité nationale comme outil de répression des oppositions politiques et syndicales. Intimidations de la presse, restrictions de la liberté de manifestation, censure d’Internet, arrestations arbitraires – dont celle du militant historique des droits de l’homme Park Rae-gun, coupable d’avoir défendu les familles des victimes du naufrage du ferry « Sewol ». Les signes de la dérive autoritaire à l’œuvre à Séoul se multiplient, dans l’indifférence des capitales occidentales soucieuses de développer les échanges économiques et commerciaux avec la Corée du Sud.

A ce titre, je n’ignore pas que les liens économiques entre nos deux pays sont particulièrement forts. La Corée se situe en effet au 5ème excédent global de la France.

Pour autant, je souhaite savoir si la France a porté, dans ces échanges, le sujet des nombreuses atteintes aux droits de l’homme et aux libertés démocratiques dont les autorités sud-coréennes sont coupables et la nature des engagements éventuellement obtenus.

Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le ministre, en l’expression de mes salutations les plus distinguées.

source : www.michelbillout.fr/activite-des-senateurs/les-courriers-officiels/article/droits-de-l-homme-en-coree-du-sud-la-france-doit-condamner-les-atteintes-aux

Han Sang-gyun arrêté pour « sédition » : le processus d’interdiction de la KCTU enclenché en Corée du Sud

KCTULe  18 décembre 2015, alors que le président de la Confédération coréenne des syndicats (acronyme anglais : KCTU) Han Sang-gyun, arrêté, était emmené de la station de police de Namdaemun au bureau du procureur, la police de la Séoul a déclaré que la « sédition » avait été ajoutée aux différents griefs à l’encontre du leader de la KCTU, en essayant de montrer que les incidents ayant émaillé la manifestation du 14 novembre 2015 à Séoul – qui n’avaient pourtant rien d’exceptionnels pour la Corée du Sud, et ont conduit par ailleurs à ce que l’un des manifestants soit toujours entre la vie et la mort suite à la brutale répression policière – étaient le fait d’une action concertée de la centrale syndicale.

Selon la police sud-coréenne,

La violence et l’illégalité extrêmes qui sont apparues pendant la manifestation n’étaient pas le fait spontané de quelques manifestants, mais s’inscrivaient davantage dans le plan détaillé de la Confédération coréenne des syndicats et d’organisations qui lui sont liées et qui avaient préparé une manifestation violente. Après avoir ajouté le motif de sédition conformément au Code pénal parmi les autres griefs à l’encontre de Han, nous l’avons remis au procureur pour instruction de son cas.

C’est la première fois depuis 29 ans – très exactement, depuis le 3 mai 1986, alors que la junte militaire était encore au pouvoir à Séoul – que le crime de « sédition » est invoqué en Corée du Sud, dans ce qui apparaît comme une tentative pour interdire le seul syndicat réellement indépendant en Corée du Sud.

Selon Jang Jong-oh, avocat de la KCTU,

Même si le motif d’inculpation de Han n’est pas retenu, il devient possible pour la police et les juges de poursuivre les manifestants pour sédition et pas seulement pour gêne au trafic ou infraction à la loi sur les rassemblements.

Au regard des déclarations des autorités sud-coréennes, la KCTU a publié un communiqué le 18 décembre 2015, dans lequel elle observe que l’objectif poursuivi par la police est bien la dissolution de la centrale syndicale :

La police essaie de présenter toute la KCTU comme une organisation violente et illégale, afin retirer comme des voleurs les fondements de notre existence légale.

Les poursuites à l’égard de Han Sang-gyun sont antérieures à la manifestation du 14 novembre 2015 : elles portent aussi sur d’autres rassemblements, jugés violents par le pouvoir sud-coréen, lors d’une opération de soutien aux familles des victimes du naufrage du ferry « Sewol », et à l’occasion du 1er mai 2015, qui avait été le plus grand rassemblement organisé depuis des années en Corée du Sud à l’occasion de la fête du travail.

Toutes ces accusations sont apparues après l’interdiction, il y a un an, du principal parti de gauche, le Parti progressiste unifié, à l’issue – déjà – d’un procès non conforme aux standards démocratiques internationaux, confortant l’idée que, dans sa volonté de supprimer toute opposition de gauche, la présidente Park Geun-hye, fille du dictateur militaire Park Chung-hee, a décidé de cibler à présent la KCTU.

Des poursuites ont été engagées à l’encontre de 27 dirigeants de la KCTU. Deux d’entre eux ont déjà été placés sous mandat d’arrêt : Lee Yeong-ju, secrétaire général de la KCTU et Bae Tae-seon, responsable de l’organisation des actions de défense des travailleurs.

Le 19 décembre 2015, une nouvelle manifestation à Séoul a réuni des milliers de participants, à l’appel notamment de la KCTU qui – par dérision – l’a qualifiée de « festival séditieux« . Parmi les mots d’ordre figuraient la dénonciation de la répression policière et le refus d’instituer des manuels d’histoire d’Etat qui permettraient d’imposer une conception révisionniste de l’histoire de la Corée du Sud, tendant à réhabiliter la dictature militaire de Park Chung-hee, père de l’actuelle présidente.

Source principale : Hankyoreh