Archives de Catégorie: manifestation

Manifestation à Paris pour la paix en Corée

Le 9 octobre 2017, un rassemblement a eu lieu place Saint-Michel, à Paris, à l’appel du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) et du Parti  démocratique populaire (PDP) de la République de Corée, pour dénoncer l’escalade militaire dans la péninsule coréenne et la politique belliciste de l’administration Trump. Outre des représentants du CILD et du PDP, des militants pacifistes français et sud-coréens se sont également exprimés, en témoignant tous de leur refus de la guerre. Nous reproduisons ci-après l’intervention prononcée par Sylvie Zarkan, au nom du CILD.

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Depuis plusieurs mois, le commandant en chef américain Donald Trump a tenu des propos bellicistes enflammés et appelé à la tribune des Nations Unies à détruire entièrement la Corée du Nord : 72 ans après les bombardements américains de Hiroshima et de Nagasaki, les dirigeants américains menacent de déclencher une nouvelle guerre nucléaire qui aurait des conséquences irréversibles pour la planète et causerait des millions de victimes non seulement en Corée du Nord mais dans toute l’Asie du Nord-Est – la catastrophe de Tchernobyl nous rappelant que les radiations nucléaires se jouent des frontières.

La propagande de guerre américaine est à l’œuvre, relayée par les médias dominants : comme hier pour l’Irak, la Libye et la Syrie, il faut vilipender l’adversaire pour qu’il prenne les traits du Mal absolu. Mais ces mêmes médias oublient de nous dire que la péninsule coréenne est le théâtre deux fois par an des plus grandes manœuvres militaires au monde – américano-sud-coréennes – en temps de paix, pour préparer une invasion de la Corée du Nord et un changement de régime – avec le succès que l’on connaît en Irak et où Syrie, où Daech a prospéré sur les décombres des anciens gouvernements. Ces mêmes médias oublient aussi de nous dire :

  • que le budget militaire américain est plus de cent fois celui de la Corée du Nord et que les États-Unis détiennent mille fois plus d’ogives nucléaires que la Corée du Nord,

  • qu’un système de missiles antimissile américain (THAAD) est en cours de déploiement en Corée du Sud,

  • qu’une base navale, pouvant accueillir des armes nucléaires, a été ouverte dans l’île sud-coréenne de Jeju, menaçant irrémédiablement un patrimoine naturel exceptionnel ;

  • que 28 500 soldats américains sont stationnés en permanence en Corée du Sud après que l’armée américaine eut tué des millions de Coréens pendant la guerre de Corée (1950-1953) tout en déversant des tonnes de napalm sur tout le territoire nord-coréen,

  • que les populations nord-coréennes seront les premières (sinon les seules victimes) du régime le plus draconien de sanctions jamais mis en place sous l’égide du Conseil de sécurité des Nations unies : interdiction de 90 % des exportations nord-coréennes, interdiction des investissements nord-coréens à l’étranger, embargo pétrolier qui conduira à un nouveau déboisement massif du pays pour que la population ne meure pas de froid l’hiver – mais ce déboisement aggravera encore l’érosion des sols et la destruction des terres cultivables, condamnant les populations nord-coréennes à une famine pire encore que celle des années 1990 ayant causé des centaines de milliers de morts.

Alors, qui menace qui en Corée ?

Plus que jamais, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud appelle à mettre un terme à l’hystérie guerrière en Corée du Sud et à un retour sans conditions aux négociations dans l’ensemble de la péninsule coréennecomme y appelle la coalition ICAN, Prix Nobel de la Paix 2017 – en vue d’y établir un régime de paix durable et de permettre la dénucléarisation effective de la Corée – de toute la péninsule coréenne.

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« Ho Heo » : un spectacle de la compagnie Donghaenuri près de Beaubourg pour rappeler le sacrifice des combattants pour la démocratie

Il y a un an, la compagnie coréenne Donghaenuri se produisait place Edmond Michelet, près du centre Beaubourg, pour dénoncer le crime resté impuni commis contre les « femmes de réconfort« , anciennes esclaves sexuelles de l’armée japonaise. Le 14 septembre 2017, la troupe théâtrale Donghaenuri s’est à nouveau produite à Paris, toujours place Edmond Michelet : elle a joué « Ho Heo », terme désignant la voix des gens qui échangent entre eux pour vérifier qui est vivant et qui a disparu après la guerre – ou la répression politique. Tout en exprimant le « han« , ce sentiment si propre à la culture coréenne où se mêlent chagrin, mélancolie et manque, la représentation a été un hommage rendu aux victimes de la répression en Corée du Sud, où des dizaines de milliers de combattants pour la démocratie ont payé leur vie leur engagement pour la liberté en luttant contre la dictature militaire – et souvent disparu purement et simplement pour leurs proches et leurs compagnons d’armes, qui n’ont jamais su ce qu’ils étaient devenus.

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Les gens essaient de régler ensemble les problèmes de la communauté, par exemple pour avoir une bonne récolte et éviter les épidémies, ou encore pour prier pour les morts et leurs familles. L’esprit de communauté qui est consubstantiel à la culture traditionnelle coréenne existe aussi dans les autres pays sous des formes qui leur sont propres. La compagnie Donghaenuri a voulu incarner cet esprit qui est fonde l’existence, de la naissance à la mort, dans le spectacle <HO HEO>.
L’impérialisme et la dictature militaire ont causé des massacres dans l’histoire du peuple coréen. A l’heure actuelle encore, la société dans laquelle l’homme devient un outil du capital cause la mort de nombreuses personnes. Beaucoup de gens qui ont travaillé pour construire une vraie démocratie en Corée du Sud ont été accusés d’être des rebelles et des « rouges » et ont disparu du récit historique, ce qui a créé des traumatismes pour le peuple coréen qui se poursuivent jusqu’à aujourd’hui.
Ce spectacle a pour but de se souvenir des morts injustes, de surmonter les épreuves et de montrer l’esprit universel de communauté où tout le monde vit ensemble. Il utilise une musique originale revisitée à partir de la musique traditionnelle coréenne en mélangeant la danse masquée folklorique (sorte de théâtre coréen où les acteurs portent des masques traditionnels, le plus souvent en bois) et la musique paysanne.
1) le chemin d’un héros
2) prière
3) requiem
danse

<Chant pour ma sœur cadette défunte>
Avec la peur de chemin entre la vie à la mort
Tu es partie sans rien dire
Comme les feuilles qui tombent de toutes parts
A cause du vent en automne
Impossible de savoir où on va même si on a poussé sur la même branche
Ah, en espérant te revoir au paradis de la Terre Pure
Je l’attendrai avec nostalgie
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Canons à eau, barrages de bus : ce qui est appelé à changer dans les manifestations en Corée du Sud

La mort du militant paysan Baek Nam-gi à la suite d’un usage disproportionné des canons à eau par les forces de police en République de Corée (Corée du Sud) a généré une prise de conscience au sud de la péninsule – tandis que les autorités sud-coréennes avaient été mises en accusation devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour les atteintes à la liberté de manifestation. Ainsi, le Comité de réforme politique, constitué d’experts nommés à l’initiative du nouveau président démocrate Moon Jae-in, a formulé une série de recommandations qui, si elles sont effectivement mises en oeuvre, devraient renouer avec une pratique de la liberté de manifestation plus conforme aux standards démocratiques.

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Longtemps, les images des manifestations en Corée du Sud ont été associées aux canons à eau et aux barrages de bus érigés par les forces de l’ordre. Elles devraient désormais relever du passé, si les propositions du Comité de réforme politique sont mises en oeuvre conformément aux recommandations de leurs auteurs, formulées le 7 septembre 2017.

L’usage des canons à eau deviendrait ainsi exceptionnel, dans les seules hypothèses où les bâtiments publics seraient menacés et en cas de troubles à l’ordre public – des cas dont l’application, selon le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), devra évidemment être encadrée, pour que l’exception ne devienne pas la règle. Par ailleurs, seul le chef de la police locale pourra décider de leur utilisation (et non plus les chefs de station ni les officiers de police autorisés), et l’eau des canons ne pourra plus être mélangée à des colorants.

Les barrages constitués par les bus de police ne seront plus autorisés qu’en cas de violences excessives ou pour protéger les manifestants. Et dans tous les cas il devra être laissé un passage de 50 mètres.

La collecte de renseignements sera limitée aux cas de violence effective ou imminente, et en cas de possibles enquêtes criminelles (soit un critère qui est cependant, selon nous, excessivement lâche quant à sa possible interprétation). Les forces de police devront par ailleurs porter des vêtements fluorescents aisément reconnaissables, sur lequel figureront le nom des hommes et leur unité.

Les déclarations de manifestation pourront s’effectuer en ligne – ce qui n’est aujourd’hui toujours pas possible en France – et les motifs de refus des manifestations, très fréquents par le passé (comme les atteintes potentielles à la circulation automobile), plus strictement encadrés.

Le CILD se félicite de ces avancées, en espérant qu’elles deviendront pleinement effectives et rappelant par ailleurs que sur certains points la République de Corée est plus libérale que la France : les manifestations individuelles y sont possibles sans autorisation, des manifestations peuvent avoir lieu plus facilement devant les ambassades étrangères et un manifestant ne peut pas être fouillé par une personne du sexe opposé.

Paris : les papillons portent haut l’espoir

Mercredi 28 juin 2017, c’est sur le parvis des Droits de l’Homme et des Libertés que s’est tenu un rassemblement d’étudiantes et étudiants venus du Sud de la Corée, à l’occasion du 7e Voyage en Europe pour la paix.

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A l’appel de l’association Papillon d’espoir pour la résolution de la question de l’esclavage sexuel du militarisme japonais et du Conseil coréen pour les femmes enlevées pour l’esclavage sexuel militaire du Japon (le Conseil coréen), soutenu par le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), plusieurs dizaines de personnes se sont ainsi rassemblées à Paris au Trocadéro.

Entre deux averses et dans la bourrasque, ces jeunes ont ravi les badauds – et même les gardiens de la paix – par leurs mobilisations éclairs (flash mobs) colorées.

Les organisatrices ont d’abord passé la parole à deux militantes japonaises en France pour la paix. Celles-ci nous ont confirmé qu’une partie de l’opinion au Japon s’oppose à l’accord signé entre Abe et Park. Il appartient au peuple japonais de faire abroger cet accord, lui seul étant « la force motrice, le créateur de l’histoire universelle ». Les indemnisations prévues semblent avoir enfin commencé à être versées aux quelques « femmes de réconfort » (ian fu) survivantes. Par contre, les manuels d’histoire utilisés par les élèves japonais continuent de véhiculer une version négationniste des crimes de guerre commis par l’impérialisme japonais.

Un représentant du CILD leur a succédé pour souhaiter la bienvenue aux participants à ce voyage. Il a rappelé que nous avons toujours été aux côtés des Coréens de Paris, qui se sont rassemblés plusieurs fois l’hiver dernier, déjà au Trocadéro, pour chasser Park Geun-hye, jusqu’à atteindre 800 personnes, ce qui a fait de Paris la deuxième capitale en importance pour les manifestations après Séoul. Nous aurons à interpeller le nouveau gouvernement français sur sa position vis-à-vis des femmes coréennes réduites en esclavage sexuel par le militarisme japonais, question délibérément ignorée par le gouvernement précédent aux mains du lobby sud-coréen.

Les demandes des Papillons d’espoir et du Conseil coréen sont les suivantes :

– Que les gouvernements japonais et coréen abrogent immédiatement l’accord du 28 décembre 2015 sur les « femmes de réconfort » signé dans la précipitation et trouvent une solution juste à cette question, prenant pleinement en considération les demandes des survivantes.

– Que le gouvernement japonais accepte les recommandations de la 12ème Conférence de solidarité en Asie, lesquelles incluent les demandes des victimes. En d’autres termes, qu’il reconnaisse les responsabilités juridiques de son pays et prenne les mesures appropriées.

– Que le gouvernement coréen annule cet accord précipité et fasse des efforts pour une solution juste acceptable par les victimes.

– Que les organisations internationales, y compris l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation internationale du travail, reconnaissent la question des « femmes de réconfort » comme un problème de droits humains urgent et non résolu intéressant toute l’humanité, et pressent le Japon de suivre les recommandations des organisations internationales et de résoudre immédiatement cette affaire.

Nos amis coréens nous ont offert un DVD intitulé The butterflies : flying high with hope – 20 years of history and harmonies’ peace. Qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés.

Un soldat sud-coréen condamné à la prison ferme pour une relation homosexuelle

Alors que le Centre pour les droits de l’homme à l’armée a révélé que l’armée sud-coréenne avait engagé une chasse aux homosexuels, une première condamnation a été rendue publique : Lee, un capitaine de 28 ans, a été condamné à la prison ferme pour relation homosexuelle avec un autre soldat. La cour n’a pas retenu les arguments selon lesquels la relation était consentie et qu’elle a eu lieu dans un cadre privé.

L’emprisonnement se fonde sur l’article 92-6 du code pénal militaire, une disposition critiquée comme « archaïque » et « discriminatoire » par Roseann Rife, directeur de recherches d’Amnesty International pour l’Asie de l’Est, qui a également dénoncé une « condamnation injuste« . Une initiative au Parlement a été prise par Kim Jong-dae (Parti de la justice, social-démocrate) tendant à l’abolition de l’article 92-6, mais les chances de succès sont faibles compte tenu de la très forte homophobie de la société sud-coréenne où les puissants lobbies conservateurs mènent une campagne très active contre l’homosexualité (ils ont ainsi obtenu en 2014 une révision de la définition du mot « amour » par l’Institut de la langue coréenne comme ne pouvant désigner qu’une relation entre deux personnes de sexes différents).

Alors que le prévenu a dû être hospitalisé après son inculpation, la colère grandit et des manifestations ont éclaté en Corée, durant lesquelles des personnes homosexuelles ont demandé à être arrêtées elles aussi (cf. photo ci-dessous).

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Cette condamnation n’est que la première sans doute d’une longue série, alors que plusieurs dizaines de soldats sud-coréens seraient en attente de jugement pour relations homosexuelles. En outre, les sévices contre les homosexuels à l’armée sud-coréenne, entraînant des suicides et des incapacités physiques permanentes, restent un sujet tabou.

 

Rassemblement des Coréens de Paris : jusqu’au bout, pour le départ de Park Geun-hye !

Un nouveau rassemblement à Paris pour le départ de la Présidente Park Geun-hye, toujours à l’initiative des Coréens vivant dans la capitale française, a eu lieu le 4 mars 2017 place du Trocadéro – en présence d’à nouveau plus de 100 participants. Cette manifestation faisait écho à celles qui se tiennent de manière ininterrompue en République de Corée depuis quatre mois, alors qu’une décision est attendue prochainement de la Cour constitutionnelle sur la confirmation, ou non, du vote de destitution de la chef de l’Etat par le Parlement le 9 décembre 2016.

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Un parfum de victoire flottait sur la place du Trocadéro, après la troisième manifestation des Coréens de Paris, le 10 décembre 2016 – suite aux précédents rassemblements du 12 et du 26 novembre 2016. Pourtant, alors que les événements se sont accélérés avec les révélations sur la « liste noire », les mises en examens de responsables politiques de l’entourage immédiat de Park Geun-hye ainsi que du numéro 1 de fait de Samsung, également impliqué dans le scandale Choi Soon-sil, les incertitudes demeurent face au refus à présent de Mme Park Geun-hye d’endosser la moindre responsabilité dans le plus grave scandale de corruption au plus sommet de l’État sud-coréen, et au regard des tentatives désespérées du président par intérim Hwang Kyo-ahn de sauver la maison conservatrice.

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Dans ce contexte, au fil des interventions et des interprétations musicales, les participants ont réitéré leur appels pour que Mme Park Geun-hye quitte le pouvoir au plus vite et réponde de ses actes devant la justice – comme tous les acteurs d’un scandale politico-financier sans précédent en Corée, tels que Chung Yoo-ra, la fille de Choi Soon-sil, bénéficiaire des largesses de Samsung à qui le pouvoir a renvoyé l’ascenseur en asseyant le contrôle des dirigeants au sein du groupe par une fusion opportune entre deux branches du conglomérat. Plusieurs témoignages ont exprimé toute la colère des Coréens de France, notamment vis-à-vis de l’ambassadeur coréen en France Mo Chul-min qui, bien que soupçonné d’être impliqué dans l’établissement de la « liste noire » des artistes et autres personnalités mises à l’index (il a été entendu par la justice de son pays et a dû quitter la France pendant plus d’un mois), conserve toujours ses fonctions et se comporte en représentant non de son pays, mais des intérêts des néo-conservateurs.

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Intervenant au nom du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), Olivier Bouchard est intervenu pour saluer les organisateurs coréens du rassemblement. Il a souligné la nécessité de mettre fin aux rapports incestueux qui unissent les conservateurs sud-coréens aux conglomérats, dont ils servent les intérêts étrangers à ceux de la population.

La large banderole déployée par les Coréens de Paris a ainsi traduit l’aspiration de toutes celles et de tous ceux qui étaient présents : « Votre monde est fini. C’est l’heure de construire une nouvelle société. »

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Les manifestations continuent à Séoul. Leur enjeu ? La démocratie

Ils étaient au moins des dizaines de milliers à manifester dans les rues de Séoul le 25 février 2017, alors que la Cour constitutionnelle doit tenir, le 27 février, sa dernière audience sur la destitution de la Présidente Park Geun-hye, avant de rendre son verdict – qui pourrait intervenir dès la mi-mars – dans le cadre du scandale Choi Soon-sil, accusée d’activités criminelles avec la complicité de la chef de l’Etat. Si la Cour constitutionnelle confirme la décision du Parlement, une élection présidentielle anticipée devra intervenir dans un délai de 60 jours – sinon, Park Geun-hye reprendrait ses fonctions, jusqu’au terme de son mandat (février 2018), après une élection présidentielle qui se tiendrait à l’échéance normale (décembre 2017).  

Par rapport aux manifestations de masse de l’automne 2016, la nouveauté est que les opposants à la Présidente Park Geun-hye ne sont plus les seuls à manifester en nombre. Au quatrième anniversaire de son entrée en fonctions (le 25 février 2013) ses partisans, toujours très minoritaires dans l’opinion, veulent relever la tête et ont affirmé qu’ils étaient « 3 millions » (contre 1 million selon les organisateurs des rassemblements anti-Park, qui ont atteint leur point culminant à l’automne, à la veille du vote de destitution par le Parlement à une très large majorité, le 9 décembre 2016, avec plus de 2 millions de participants selon les organisateurs). En fait, les chiffres des « pro-Park » visent à faire croire qu’ils sont plus nombreux que les « anti-Park », non seulement ce 25 février mais depuis le début des manifestations de masse – alors que selon l’AFP chaque cortège comptait environ 100 000 participants ce 25 février 2017, traduisant bien l’incapacité des « pro-Park » à rivaliser en nombre avec les manifestants « anti-Park ». Agés, arborant des drapeaux sud-coréens… et américains, viscéralement anti-Corée du Nord, les « pro-Park » n’hésitent pas à parler d’un absurde complot nord-coréen à l’origine de la destitution de la Présidente Park Geun-hye, surfant ainsi sur la manipulation de l’opinion publique nationale et internationale sur l’actualité nord-coréenne, qui est l’une des constantes des conservateurs en Corée du Sud.

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Manifestation de partisans de Mme Park Geun-hye

Car l’essentiel, pour les manifestants « pro-Park », est bien de lancer des fausses informations (« le complot nord-coréen« ) et faire pression politiquement sur les 8 juges constitutionnels (après que l’un d’entre eux a cessé ses fonctions en janvier), très majoritairement conservateurs, qui doivent se prononcer à une majorité de six pour confirmer le vote de destitution. En effet, si Park Geun-hye est massivement impopulaire, les conservateurs sont divisés – or, ce sont des juges constitutionnels acquis aux conservateurs qui doivent se prononcer sur sa destitution, lui laissant ainsi une chance de regagner son pouvoir perdu, par un jugement qui serait plus politique que juridique – les charges contre Mme Park Geun-hye étant en effet accablantes. Le risque qu’un groupe de pression ultra-minoritaire puisse tordre le droit constitutionnel à son profit, traduit que la Corée du Sud n’est pas encore une démocratie politique pleinement mature. Cependant, un jugement favorable à Park Geun-hye soulèverait une onde de choc en Corée du Sud et pourrait déclencher une révolution, que craignent de nombreux conservateurs, au moment où des arrestations sans précédent se multiplient dans les milieux d’affaires et politiques proches des conservateurs toujours au pouvoir à Séoul, attisant la colère populaire. Tel est bien l’enjeu continu des manifestations en Corée du Sud, ininterrompues depuis quatre mois : le risque d’un effondrement de la démocratie en République de Corée, à la faveur de la pression de minoritaires d’extrême-droite qui réussiraient dans leur entreprise de rétablissement dans ses fonctions de la Présidente Park Geun-hye.