Archives de Catégorie: manifestation

Le CILD proteste contre l’arrestation de militants sud-coréens du PDP à Singapour

Le 11 juin 2018, cinq militants du Parti démocratique populaire (PDP) sud-coréen ont été arrêtés à Singapour, alors qu’ils venaient d’enregistrer une vidéo sur le sommet prévu le lendemain entre les présidents nord-coréen Kim Jong-un et américain Donald Trump. Ils agissaient comme militants mais également comme journalistes. Face à ce qui apparaît comme un déni des droits démocratiques fondamentaux, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) a réagi en dénonçant des arrestations arbitraires et en exigeant leur libération immédiate. Au nom du CILD, Aymeric Monville a posé à Paris devant l’ambassade américaine (le 11 juin) puis l’ambassade singapourienne (le 12 juin), où il a remis une lettre à l’ambassadeur de Singapour en France. Poursuivons la mobilisation jusqu’à la libération des militants du PDP emprisonnés !

aymeric-monville_ambassade_etats-unis
Devant l’ambassade américaine

aymeric-monville_cild_coreens_singapour

Devant l’ambassade de Singapour

Texte de la lettre remise à l’ambassadeur de Singapour en France :

Paris, le 12 juin 2018

Excellence,

C’est avec tristesse et effroi que nous avons appris l’arrestation, hier à Singapour, de cinq jeunes femmes coréennes, membres du Parti démocratique populaire, lors de la rencontre historique entre les dirigeants de la République populaire démocratique de Corée et leurs homologues des Etats-Unis d’Amérique.

Ces cinq jeunes femmes se trouvaient, comme de nombreux passants et journalistes, devant l’hôtel où se trouvaient les dirigeants. Elles ont ensuite été suivies, de façon très angoissante et sans aucun prétexte, par des policiers en civil qui ont ensuite procédé à cette arrestation particulièrement arbitraire.

Il est tout à fait déplace de prétendre que ces cinq jeunes femmes représentaient une quelconque menace pour la sécurité de l’événement. Elles se trouvaient tout simplement parmi la foule. La presse, à Singapour comme ailleurs, s’est déjà émue de ce déni de droit.

Au nom de la présidence du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud, nous protestons contre ces méthodes indignes de tout pays se revendiquant des valeurs démocratiques.

Etant moi-même éditeur de profession (éditions Delga), responsable à différents moments au cours de ma carrière de plusieurs revues intellectuelles dont La Pensée et Etincelles, co-organisateur d’un séminaire à la Sorbonne, j’estime être suffisamment averti du fonctionnement du monde des médias en France pour vous prévenir amicalement des conséquences désastreuses que cette situation arbitraire ferait peser sur l’image de Singapour qui vient, par ailleurs, d’organiser avec succès cette rencontre historique.

En espérant pouvoir vous rencontrer rapidement pour dissiper ce malentendu et en souhaitant ardemment la libération de ces cinq jeunes femmes, permettez-moi de vous exprimer, Excellence, le témoignage de notre plus profond respect.

Aymeric Monville, au nom de la présidence du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud

 

 

Publicités

Manifestations à Paris contre les manoeuvres militaires « Max Thunder »

Les 23 et 24 mai 2018, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) a soutenu des manifestations organisées par le Parti démocratique populaire (PDP) sud-coréen à Paris (respectivement, place Saint-Michel et place de la République), pour dénoncer les manoeuvres militaires Max Thunder organisées par les Etats-Unis et leurs alliés en Asie du Nord-Est, exiger la signature d’un traité de paix dans la péninsule coréenne (prévu mais jamais mis en oeuvre après la signature de l’accord d’armistice du 27 juillet 1953) et demander le retrait des troupes américaines de Corée du Sud.

Ce soutien du CILD aux manifestations pacifistes à Paris était basé sur un constat simple : la situation de tensions diplomatiques et militaires sert de prétexte à un puissant courant militariste en Corée du Sud et à des atteintes multiples au libertés démocratiques dans le cadre, notamment, de la loi de sécurité nationale (LSN). Les organisateurs du PDP sont d’ailleurs concernés au premier chef : plus de dix de leurs militants ont été emprisonnés au motif d’avoir enfreint la LSN. Le CILD soutient de manière constante la libération de tous les prisonniers politiques en Corée du Sud, y compris les objecteur de conscience derrière les barreaux.

Les orateurs du CILD, Olivier Bouchard et Nathalie Kesler, ont souligné que les manoeuvres militaires Max Thunder tendent à torpiller le fragile processus de paix et de rapprochement intercoréen en cours depuis le spectaculaire rapprochement intercoréen observé depuis la participation nord-coréenne aux Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, en Corée du Sud, après la main tendue de la Corée du Nord lors des voeux de Nouvel An du Président Kim Jong-un.

Dans ce contexte, il y avait lieu de dénoncer l’annonce par le Président Donald Trump, le 24 mai 2018, qu’il annulait sa rencontre prévue avec le Président Kim Jong-un à Singapour le 12 juin 2018 (même s’il devait revenir sur ses déclarations deux jours plus tard). Ses propos, tenus à la fin des exercices de guerre Max Thunder, indiquaient clairement qui menace qui en Asie du Nord-Est, alors qu’au même moment les Nord-Coréens témoignaient de leur engagement pour la dénucléarisation de (toute) la Corée en détruisant le site d’essais nucléaires de Punggye-ri.

Les organisateurs ont été rejoints par d’autres manifestants, unanimes à dénoncer la politique américaine qui sème la guerre et la désolation dans le monde, de la Corée à la Palestine en passant par la Syrie, l’Irak et l’Afghanistan.

cild_parti-democratique-populaire_max-thunder_manifestation

cild_place-saint-michel_paix-en-coree_manifestation

cild_place-saint-michel_paris_23-mai-2018cild_paix-en-coree_olivier-bouchard_23-mai-2018
cild_manifestation_place-saint-michel_paris.jpg

cild_manifestation_paix-en-coree_24-mai-2018.jpg

cild_parti-democratique-populaire_coree_place-de-la-republique

cild_parti-democratique-populaire_place-de-la-republique_24-mai-2018

Le PDP a organisé une troisième manifestation à Paris, place de la Bastille, le 25 mai 2018.

max-thunder_manifestation_place-de-la-bastille_paris

manifestation_paris_coree_25mai-2018

Comprendre l’affaire Choi Soon-sil à l’origine de la destitution et de l’emprisonnement de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye : rencontre-débat avec l’un des témoins clés de l’affaire, Noh Seung-il, à la librairie Tropiques le samedi 12 mai à 19h30

Àü°æ·Ã, ¹Ì¸£-K½ºÆ÷Ã÷ ÇØ»ê ÈÄ ½Å±Ô ÅëÇÕÀç´Ü ¼³¸³

Le samedi 12 mai à partir de 19h30, la librairie Tropiques (63 rue Raymond Losserand – 75014 Paris) accueillera Noh Seung-il, auteur de l’ouvrage La cible sûre, sortie en Corée en février 2018 (en attente de traduction en français). Le débat et la discussion seront bilingues, en français et en coréen.

Noh Seung-il a été un acteur et un témoin clé du « Choigate« , du nom du scandale du siècle en Corée qui a entraîné la destitution et l’emprisonnement de la très autoritaire présidente sud-coréenne Park Geun-hye, après des manifestations pendant des mois de millions de Coréens, dans la péninsule et à l’étranger.

Choi Soon-sil était la gourou de la présidente Park : la « Raspoutine » coréenne avait utilisé son influence mystique sur la chef de l’Etat pour que les conglomérats et les entreprises sud-coréennes financent de manière forcée des fondations qu’elle contrôlait. Noh Seung-il était le directeur de l’une de ces fondations, K-Sports : il témoigne à présent de pratiques de corruption menées avec des complicités au plus haut niveau de l’Etat sud-coréen, qui ont conduit l’ex-présidente Park et Choi Soon-sil derrière les barreaux.

A l’occasion de la venue en France de Noh Seung-il, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) vous invite à venir écouter le récit édifiant d’un scandale politico-financier exceptionnel.

Attention : le nombre de places est strictement limité au regard des capacités d’accueil de la librairie Tropiques. Merci d’indiquer votre participation en répondant par mél à solidaritefrancecoree@yahoo.fr

« Jamais nous ne l’oublierons » : manifestation des Coréens de France au 4e anniversaire du naufrage du « Sewol »

Le 16 avril 2014, le ferry Sewol – un navire hors d’âge – coulait sur le trajet entre Incheon et Jeju : 304 des 476 passagers sont morts, traduisant un désastre des opérations de sauvetage, sur lequel les autorités sud-coréennes doivent encore la vérité aux victimes, à leurs familles et aux citoyens. Quatre ans plus tard, pour ne pas oublier et faire éclater la vérité, les Coréens de France réunis dans le collectif 416 Global network_Paris ont manifesté place de la République, à Paris, le 15 avril 2018. Nous revenons ci-après en images sur cette manifestation, qu’a soutenue le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD).

manifestation_164-global-network_paris_sewol

manifestation_sewol_verite_coreensmanifestation_place-de-la-republique_15-avril-2018_coreemanifestation_naufrage-du-ferry-sewol_crime_etat

Manifestation le 15 avril 2018 à Paris : pour que toute la vérité soit faite sur le naufrage du « Sewol » !

Le dimanche 15 avril 2018, à l’initiative d’un collectif de Coréens vivant en France, une manifestation aura lieu à partir de 16 heures* place de la République (*et non 15 heures comme annoncé dans un premier temps), à Paris, à l’occasion du quatrième anniversaire de la tragédie du « Sewol » – du nom du ferry sud-coréen qui a coulé le 16 avril 2014, faisant plus de 300 morts parmi ses 476 passagers – majoritairement des lycéens en voyage scolaire. Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) appelle à participer à cette manifestation et à la relayer la plus largement possible, pour faire enfin éclater la vérité.

sewol_manifestation_paris_15-avril-2018

Outre l’ampleur de la tragédie, le naufrage du « Sewol » est symptomatique des maux de la société sud-coréenne : intervention inadéquate des secours qui aura sinon permis de sauver de nombreuses vies ; négligence coupable du propriétaire utilisant une législation lacunaire en matière de sécurité des passagers, dont la vie a été sacrifiée sur l’autel du profit ; manoeuvres dilatoires des autorités conservatrices sud-coréennes pour refuser de faire éclater la vérité (le propriétaire de fait du navire, le pasteur évangéliste Yoo Byung-eun, était un proche du parti au pouvoir, un artiste dont la renommée avait été créée de toutes pièces en France, et dont le nom était apparu dans le suicide collectif de membres de son église…) et – bien sûr – criminaliser les militants voulant comprendre ce qui s’est passé, et empêcher que de tels drames ne surviennent de nouveau.

La présidente Park Geun-hye, injoignable pendant de longues heures au moment des faits, a été depuis chassée par la rue et est aujourd’hui en prison – et la colère du peuple coréen après la gestion honteuse du naufrage du « Sewol » n’est pas étrangère à sa destitution pour corruption. Mais la connaissance de la vérité piétine, la réglementation n’évolue que timidement : il est plus que jamais urgent de poursuivre la mobilisation, pour les victimes, pour leurs familles, pour le peuple coréen.

Des centaines de milliers de Coréens défilent contre les conversions forcées

Le dimanche 28 janvier 2018, ils ont été 200 000 dans toute la République de Corée à manifester contre les conversions forcées – en mettant en exergue le cas dramatique de la jeune Ji In Gu, tuée par ses parents à l’âge de 25 ans, le 9 janvier 2018, à Gwangju, dans le Cheolla. Elle était devenue la figure iconique du combat contre les conversions religieuses forcées : en juillet 2016, elle avait lancé une pétition à la Présidente de la République (restée sans réponse) pour dénoncer ce qu’elle avait vécu – séquestrée pendant 44 jours par ses parents pour la forcer à se convertir à leur foi religieuse protestante.

10-720x450

L’impunité des autorités vis-à-vis de certaines églises – protestantes évangéliques – pour pratiquer les conversions forcées est tout sauf accidentelle : les politiques sud-coréens ne veulent pas se mettre à dos les puissantes églises coréennes, lesquelles répondent que les conversions forcées n’existeraient pas mais relèveraient de  consultations menées avec l’accord des familles… et des victimes. De fait, les familles sont bien placées dans une situation de culpabilité, par des techniques de manipulation mentale, si leurs proches ne se convertissent pas.

L’exemple de Ji In Gu – une parmi les 1 000 victimes de conversions forcées – vient rappeler la nécessité du combat pour la liberté de croire ou de ne pas croire, conduit par l’Association des droits de l’homme pour les victimes de la conversion forcée : le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) appelle à mener ce combat, qui exige que l’opinion publique internationale sache enfin et que les gouvernements occidentaux cessent d’être complices par leur silence.

Les membres du CILD ont rendu hommage à Jean Salem

Le 14 janvier 2018, nous avions la tristesse d’apprendre et de faire savoir la disparition du Président du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), le philosophe et professeur des universités Jean Salem. Le 26 janvier 2018, les membres du CILD basés à Paris lui ont rendu hommage, lors d’une cérémonie où ont également pris la parole, entre autres, des représentants de l’Association d’amitié franco-coréenne, du Parti Révolutionnaire – COMMUNISTES et du collectif Polex.

Du matérialisme de Démocrite et d’Epicure au matérialisme dialectique, il y a une continuité dans la philosophie et dans l’action qu’a su exprimer Jean Salem dans ses engagements, notamment pour la cause coréenne, qui lui avait tant tenu à coeur depuis 2013. C’est ce qu’ont rappelé les participants du CILD lors d’une cérémonie d’hommage émouvante, le soir du 26 janvier 2018 à Paris, à laquelle ont également participé des militants progressistes sud-coréens engagés pour les droits de l’homme, et lors de laquelle ont alterné projections d’images et de vidéos et témoignages.

Femmes de réconfort, soutien aux familles des victimes du « Sewol », exigence de libérer les prisonniers politiques et syndicaux, abrogation de la loi de sécurité nationale : en cinq ans, Jean Salem avait été sur tous les fronts du combat pour les libertés démocratiques et les droits de l’homme en République de Corée (Corée du Sud). Un combat difficile, où trop souvent les militants du CILD ont dû se heurter à l’indifférence des grands médias, et à la complicité des gouvernements des pays occidentaux – France en tête –  avec le régime sud-coréen qui a multiplié les atteintes aux libertés publiques, jusqu’à ce qu’une révolution chasse du pouvoir la Présidente (désormais emprisonnée) Mme Park Geun-hye. Mais l’alternance politique ne signifie pas la libération des prisonniers politiques ni l’abrogation des lois anti-démocratiques, et le combat pour les libertés démocratiques en Corée du Sud doit se poursuivre et se poursuivra.

Forts de ton engagement, Jean, nous continuerons d’animer la flamme de la résistance, en Corée du Sud et partout dans le monde. Nous ne t’oublierons pas, Jean ! Puisse ton exemple continuer à inspirer les luttes du CILD.

thumbnail_25-01-2018 réunion CILD 1thumbnail_25-01-2018 réunion CILD 2thumbnail_25-01-2018 réunion CILD 3thumbnail_25-01-2018 réunion CILD 5thumbnail_25-01-2018 réunion CILD 6