Archives de Catégorie: manifestation

Libérez tous les prisonniers de conscience en Corée !

Le 10 décembre est la journée internationale des droits de l’homme. A cette occasion, le Comité coréen pour sauver le député Lee Seok-ki dans l’affaire du complot insurrectionnel a appelé à manifester à Séoul le 5 décembre 2017. Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) soutient pleinement les revendications du Comité pour libérer l’ancien député Lee Seok-ki, ainsi que ses camarades toujours en prison et l’ensemble des prisonniers politiques sud-coréens.

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La manifestation a été organisée suivant le mot d’ordre « Libérez tous les prisonniers de conscience pour nettoyer les maux du passé fortement enracinés et rétablir les droits de l’homme ». 3.194 dirigeants, appartenant à toutes les domaines d’activités politiques et sociales en Corée, ont répondu à l’appel à manifester.

Parmi les prisonniers politiques en République de Corée figurent notamment l’ancien député Lee Seok-ki, condamné à l’issue d’un procès truqué avant que son parti (le Parti progressiste unifié) ne soit interdit sur la base notamment de ce même procès truqué, et le président de la Confédération coréenne des syndicats (acronyme anglais, KCTU) Han Sang-gyun, jeté en prison après une mise en cause des libertés syndicales fondamentales.

Les participants à la manifestation du 5 décembre 2017 ont appelé à éradiquer la corruption en Corée et rappelé que les victimes du régime autoritaire devaient toutes être réhabilitées.

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Le combat des féministes coréens pour légaliser l’IVG

Le 2 décembre 2017 plus de 500 manifestants se sont réunis à Séoul à l’appel de onze groupes civiques (dont Womenlink et Korea’s Women Hot Line), réunis au sein de la Campagne conjointe pour légaliser l’avortement, tout de noir vêtus, pour demander une légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), qui n’est aujourd’hui autorisée en République de Corée que dans les cas de « violences sexuelles« , suivant la loi sur la mère et la santé de l’enfant. Cette notion elle-même de violences sexuelles devrait être étendue pour inclure les relations sexuelles dans les cas de rapports hiérarchiques – renvoyant à la question des viols, majoritairement non dénoncés dans une société coréenne encore très conservatrice – et les cas de retrait non consenti des moyens contraceptifs.

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C’est suivant les mots d’ordre « Mon corps m’appartient » et « Si l’avortement est un crime, alors c’est l’Etat qui est criminel ! » que les manifestants se sont réunis, dans un climat déjà hivernal – les températures venant de tomber sous la barre des 0°C. Une manifestante de 17 ans a pris la parole en premier, en rappelant que l’éducation sexuelle à l’école, empreinte de puritanisme, stigmatisait l’IVG.

Une pétition en ligne a réuni plus de 230 000 signatures, remises à la Présidence de la République via son site Internet. Mais dans sa réponse en date du 26 novembre 2017, le gouvernement s’est seulement engagé à examiner la question, visiblement soucieux de ménager une minorité chrétienne conservatrice très en pointe sur d’autres sujets de société – comme le refus de l’homosexualité. Il est temps que les lignes bougent pour que les aspirations d’une majorité de Coréens ne soit plus soumis au bon vouloir de minorités religieuses.

Liberté de manifestation : des droits propres à la Corée du Sud

Si les atteintes à la liberté de manifestation en République de Corée ont donné lieu à des observations du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le changement de régime après que les manifestations de millions de personnes eurent mis fin au mandat de la Présidente Park Geun-hye s’est traduit par la mise en place d’un Comité de réforme politique et l’adoption de mesures dans le sens d’une plus grande liberté effective pour les manifestants. Toutefois, les conditions de renversement du régime militaire sud-coréen, au tournant des années 1980 et 1990, avaient déjà permis d’octroyer aux manifestants des droits inconnus dans la plupart des démocraties parlementaires.

Ainsi en France, la déclaration préalable en préfecture (et non l’autorisation, régime plus restrictif) des manifestations concerne tout rassemblement, y compris si celui-ci ne réunit qu’une ou quelques personnes. En Corée du Sud, les rassemblements à une personne – très utilisés, car ils permettent d’occuper la voie publique de manière continue, souvent jour et nuit – ne donnent lieu ni à déclaration, ni à autorisation, et sont en principe tolérés dès lors qu’ils ne dépassent pas un effectif de quelques personnes.

En France, les lieux de manifestation, définis préalablement lors de la déclaration en préfecture, excluent de fait un certain nombre d’endroits – comme la proximité immédiate des ambassades. En Corée du Sud, au contraire, où les manifestations visent souvent les ambassades américaine et japonaise, une telle restriction n’existe pas, car elle serait considérée comme une atteinte intolérable à la liberté de manifestation, digne des restrictions que mettaient en place la junte militaire.

Enfin, si les manifestants sont arrêtés et fouillés, il est d’usage en Corée du Sud qu’une manifestante ne soit jamais fouillée par un homme policier, mais seulement par une femme policier.

 

 

Manifestation à Paris pour la paix en Corée

Le 9 octobre 2017, un rassemblement a eu lieu place Saint-Michel, à Paris, à l’appel du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) et du Parti  démocratique populaire (PDP) de la République de Corée, pour dénoncer l’escalade militaire dans la péninsule coréenne et la politique belliciste de l’administration Trump. Outre des représentants du CILD et du PDP, des militants pacifistes français et sud-coréens se sont également exprimés, en témoignant tous de leur refus de la guerre. Nous reproduisons ci-après l’intervention prononcée par Sylvie Zarkan, au nom du CILD.

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Depuis plusieurs mois, le commandant en chef américain Donald Trump a tenu des propos bellicistes enflammés et appelé à la tribune des Nations Unies à détruire entièrement la Corée du Nord : 72 ans après les bombardements américains de Hiroshima et de Nagasaki, les dirigeants américains menacent de déclencher une nouvelle guerre nucléaire qui aurait des conséquences irréversibles pour la planète et causerait des millions de victimes non seulement en Corée du Nord mais dans toute l’Asie du Nord-Est – la catastrophe de Tchernobyl nous rappelant que les radiations nucléaires se jouent des frontières.

La propagande de guerre américaine est à l’œuvre, relayée par les médias dominants : comme hier pour l’Irak, la Libye et la Syrie, il faut vilipender l’adversaire pour qu’il prenne les traits du Mal absolu. Mais ces mêmes médias oublient de nous dire que la péninsule coréenne est le théâtre deux fois par an des plus grandes manœuvres militaires au monde – américano-sud-coréennes – en temps de paix, pour préparer une invasion de la Corée du Nord et un changement de régime – avec le succès que l’on connaît en Irak et où Syrie, où Daech a prospéré sur les décombres des anciens gouvernements. Ces mêmes médias oublient aussi de nous dire :

  • que le budget militaire américain est plus de cent fois celui de la Corée du Nord et que les États-Unis détiennent mille fois plus d’ogives nucléaires que la Corée du Nord,

  • qu’un système de missiles antimissile américain (THAAD) est en cours de déploiement en Corée du Sud,

  • qu’une base navale, pouvant accueillir des armes nucléaires, a été ouverte dans l’île sud-coréenne de Jeju, menaçant irrémédiablement un patrimoine naturel exceptionnel ;

  • que 28 500 soldats américains sont stationnés en permanence en Corée du Sud après que l’armée américaine eut tué des millions de Coréens pendant la guerre de Corée (1950-1953) tout en déversant des tonnes de napalm sur tout le territoire nord-coréen,

  • que les populations nord-coréennes seront les premières (sinon les seules victimes) du régime le plus draconien de sanctions jamais mis en place sous l’égide du Conseil de sécurité des Nations unies : interdiction de 90 % des exportations nord-coréennes, interdiction des investissements nord-coréens à l’étranger, embargo pétrolier qui conduira à un nouveau déboisement massif du pays pour que la population ne meure pas de froid l’hiver – mais ce déboisement aggravera encore l’érosion des sols et la destruction des terres cultivables, condamnant les populations nord-coréennes à une famine pire encore que celle des années 1990 ayant causé des centaines de milliers de morts.

Alors, qui menace qui en Corée ?

Plus que jamais, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud appelle à mettre un terme à l’hystérie guerrière en Corée du Sud et à un retour sans conditions aux négociations dans l’ensemble de la péninsule coréennecomme y appelle la coalition ICAN, Prix Nobel de la Paix 2017 – en vue d’y établir un régime de paix durable et de permettre la dénucléarisation effective de la Corée – de toute la péninsule coréenne.

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« Ho Heo » : un spectacle de la compagnie Donghaenuri près de Beaubourg pour rappeler le sacrifice des combattants pour la démocratie

Il y a un an, la compagnie coréenne Donghaenuri se produisait place Edmond Michelet, près du centre Beaubourg, pour dénoncer le crime resté impuni commis contre les « femmes de réconfort« , anciennes esclaves sexuelles de l’armée japonaise. Le 14 septembre 2017, la troupe théâtrale Donghaenuri s’est à nouveau produite à Paris, toujours place Edmond Michelet : elle a joué « Ho Heo », terme désignant la voix des gens qui échangent entre eux pour vérifier qui est vivant et qui a disparu après la guerre – ou la répression politique. Tout en exprimant le « han« , ce sentiment si propre à la culture coréenne où se mêlent chagrin, mélancolie et manque, la représentation a été un hommage rendu aux victimes de la répression en Corée du Sud, où des dizaines de milliers de combattants pour la démocratie ont payé leur vie leur engagement pour la liberté en luttant contre la dictature militaire – et souvent disparu purement et simplement pour leurs proches et leurs compagnons d’armes, qui n’ont jamais su ce qu’ils étaient devenus.

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Les gens essaient de régler ensemble les problèmes de la communauté, par exemple pour avoir une bonne récolte et éviter les épidémies, ou encore pour prier pour les morts et leurs familles. L’esprit de communauté qui est consubstantiel à la culture traditionnelle coréenne existe aussi dans les autres pays sous des formes qui leur sont propres. La compagnie Donghaenuri a voulu incarner cet esprit qui est fonde l’existence, de la naissance à la mort, dans le spectacle <HO HEO>.
L’impérialisme et la dictature militaire ont causé des massacres dans l’histoire du peuple coréen. A l’heure actuelle encore, la société dans laquelle l’homme devient un outil du capital cause la mort de nombreuses personnes. Beaucoup de gens qui ont travaillé pour construire une vraie démocratie en Corée du Sud ont été accusés d’être des rebelles et des « rouges » et ont disparu du récit historique, ce qui a créé des traumatismes pour le peuple coréen qui se poursuivent jusqu’à aujourd’hui.
Ce spectacle a pour but de se souvenir des morts injustes, de surmonter les épreuves et de montrer l’esprit universel de communauté où tout le monde vit ensemble. Il utilise une musique originale revisitée à partir de la musique traditionnelle coréenne en mélangeant la danse masquée folklorique (sorte de théâtre coréen où les acteurs portent des masques traditionnels, le plus souvent en bois) et la musique paysanne.
1) le chemin d’un héros
2) prière
3) requiem
danse

<Chant pour ma sœur cadette défunte>
Avec la peur de chemin entre la vie à la mort
Tu es partie sans rien dire
Comme les feuilles qui tombent de toutes parts
A cause du vent en automne
Impossible de savoir où on va même si on a poussé sur la même branche
Ah, en espérant te revoir au paradis de la Terre Pure
Je l’attendrai avec nostalgie
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Canons à eau, barrages de bus : ce qui est appelé à changer dans les manifestations en Corée du Sud

La mort du militant paysan Baek Nam-gi à la suite d’un usage disproportionné des canons à eau par les forces de police en République de Corée (Corée du Sud) a généré une prise de conscience au sud de la péninsule – tandis que les autorités sud-coréennes avaient été mises en accusation devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour les atteintes à la liberté de manifestation. Ainsi, le Comité de réforme politique, constitué d’experts nommés à l’initiative du nouveau président démocrate Moon Jae-in, a formulé une série de recommandations qui, si elles sont effectivement mises en oeuvre, devraient renouer avec une pratique de la liberté de manifestation plus conforme aux standards démocratiques.

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Longtemps, les images des manifestations en Corée du Sud ont été associées aux canons à eau et aux barrages de bus érigés par les forces de l’ordre. Elles devraient désormais relever du passé, si les propositions du Comité de réforme politique sont mises en oeuvre conformément aux recommandations de leurs auteurs, formulées le 7 septembre 2017.

L’usage des canons à eau deviendrait ainsi exceptionnel, dans les seules hypothèses où les bâtiments publics seraient menacés et en cas de troubles à l’ordre public – des cas dont l’application, selon le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), devra évidemment être encadrée, pour que l’exception ne devienne pas la règle. Par ailleurs, seul le chef de la police locale pourra décider de leur utilisation (et non plus les chefs de station ni les officiers de police autorisés), et l’eau des canons ne pourra plus être mélangée à des colorants.

Les barrages constitués par les bus de police ne seront plus autorisés qu’en cas de violences excessives ou pour protéger les manifestants. Et dans tous les cas il devra être laissé un passage de 50 mètres.

La collecte de renseignements sera limitée aux cas de violence effective ou imminente, et en cas de possibles enquêtes criminelles (soit un critère qui est cependant, selon nous, excessivement lâche quant à sa possible interprétation). Les forces de police devront par ailleurs porter des vêtements fluorescents aisément reconnaissables, sur lequel figureront le nom des hommes et leur unité.

Les déclarations de manifestation pourront s’effectuer en ligne – ce qui n’est aujourd’hui toujours pas possible en France – et les motifs de refus des manifestations, très fréquents par le passé (comme les atteintes potentielles à la circulation automobile), plus strictement encadrés.

Le CILD se félicite de ces avancées, en espérant qu’elles deviendront pleinement effectives et rappelant par ailleurs que sur certains points la République de Corée est plus libérale que la France : les manifestations individuelles y sont possibles sans autorisation, des manifestations peuvent avoir lieu plus facilement devant les ambassades étrangères et un manifestant ne peut pas être fouillé par une personne du sexe opposé.

Paris : les papillons portent haut l’espoir

Mercredi 28 juin 2017, c’est sur le parvis des Droits de l’Homme et des Libertés que s’est tenu un rassemblement d’étudiantes et étudiants venus du Sud de la Corée, à l’occasion du 7e Voyage en Europe pour la paix.

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A l’appel de l’association Papillon d’espoir pour la résolution de la question de l’esclavage sexuel du militarisme japonais et du Conseil coréen pour les femmes enlevées pour l’esclavage sexuel militaire du Japon (le Conseil coréen), soutenu par le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), plusieurs dizaines de personnes se sont ainsi rassemblées à Paris au Trocadéro.

Entre deux averses et dans la bourrasque, ces jeunes ont ravi les badauds – et même les gardiens de la paix – par leurs mobilisations éclairs (flash mobs) colorées.

Les organisatrices ont d’abord passé la parole à deux militantes japonaises en France pour la paix. Celles-ci nous ont confirmé qu’une partie de l’opinion au Japon s’oppose à l’accord signé entre Abe et Park. Il appartient au peuple japonais de faire abroger cet accord, lui seul étant « la force motrice, le créateur de l’histoire universelle ». Les indemnisations prévues semblent avoir enfin commencé à être versées aux quelques « femmes de réconfort » (ian fu) survivantes. Par contre, les manuels d’histoire utilisés par les élèves japonais continuent de véhiculer une version négationniste des crimes de guerre commis par l’impérialisme japonais.

Un représentant du CILD leur a succédé pour souhaiter la bienvenue aux participants à ce voyage. Il a rappelé que nous avons toujours été aux côtés des Coréens de Paris, qui se sont rassemblés plusieurs fois l’hiver dernier, déjà au Trocadéro, pour chasser Park Geun-hye, jusqu’à atteindre 800 personnes, ce qui a fait de Paris la deuxième capitale en importance pour les manifestations après Séoul. Nous aurons à interpeller le nouveau gouvernement français sur sa position vis-à-vis des femmes coréennes réduites en esclavage sexuel par le militarisme japonais, question délibérément ignorée par le gouvernement précédent aux mains du lobby sud-coréen.

Les demandes des Papillons d’espoir et du Conseil coréen sont les suivantes :

– Que les gouvernements japonais et coréen abrogent immédiatement l’accord du 28 décembre 2015 sur les « femmes de réconfort » signé dans la précipitation et trouvent une solution juste à cette question, prenant pleinement en considération les demandes des survivantes.

– Que le gouvernement japonais accepte les recommandations de la 12ème Conférence de solidarité en Asie, lesquelles incluent les demandes des victimes. En d’autres termes, qu’il reconnaisse les responsabilités juridiques de son pays et prenne les mesures appropriées.

– Que le gouvernement coréen annule cet accord précipité et fasse des efforts pour une solution juste acceptable par les victimes.

– Que les organisations internationales, y compris l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation internationale du travail, reconnaissent la question des « femmes de réconfort » comme un problème de droits humains urgent et non résolu intéressant toute l’humanité, et pressent le Japon de suivre les recommandations des organisations internationales et de résoudre immédiatement cette affaire.

Nos amis coréens nous ont offert un DVD intitulé The butterflies : flying high with hope – 20 years of history and harmonies’ peace. Qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés.