Archives mensuelles : juin 2016

Signez la pétition pour libérer Han Sang-gyun !

Le dirigeant de la Confédération coréenne des syndicats (acronyme anglais : KCTU) Han Sang-gyun est emprisonné par les autorités sud-coréennes, dans une nouvelle démarche du régime autoritaire de Mme Park Geun-hye pour réprimer toute opposition politique et syndicale. Après avoir manifesté à Paris pour exiger – notamment – la libération  de Han Sang-gyun et l’arrêt de la répression antisyndicale, le Comité international pour les libertés démocratiques (CILD) appelle à signer et faire signer la pétition – que nous reproduisons ci-après en français, en anglais, en allemand et en coréen – initiée par le Réseau européen pour une Corée progressiste (basé en Allemagne) adressée au juge Shim Dam en vue de la libération de Han Sang-gyun et du respect des droits des travailleurs sud-coréens tels qu’ils sont garantis par la Constitution.

HAN SANG GYUN, DIRIGEANT de la KCTU EST INNOCENT.

La Justice de la Corée du Sud doit respecter la Constitution qui garantit le droit syndical. Le 13 juin 2016, le procureur LEE Seong Sik requiert 8 ans de prison contre HAN Sang Gyun, dirigeant de la Confédération syndicale KCTU qui a organisé en novembre 2015 un rassemblement contre la « réforme » du droit du Travail.

HAN Sang Gyun a été élu dirigeant de la KCTU en décembre 2014, en avril et en juillet 2015, la KCTU a organisé des grèves pour résister à un projet de grave atteinte au droit du travail. Et le 14 novembre 2015, après que la KCTU a organisé un grand rassemblement de 130 000 personnes, ce rassemblement était absolument nécessaire pour protéger le droit de 20millions de travailleurs contre le projet de la loi travail du gouvernement. HAN Sang Gyun a dû se réfugier au temple bouddhiste Jogyesa au centre de Séoul. La police a assiégé le temple pendant trois semaines. Pour éviter l’assaut prévu, HAN Sang Gyun s’est livré volontairement à la police le 10 decembre 2015.

Six mois plus tard, le procureur requiert contre HAN une peine de 8 ans de prison, disant que « non seulement HAN Sang Gyun a planifié minutieusement son crime dès qu’il a été élu dirigeant, mais qu’il a aussi agité les autres travailleurs en abusant de sa position, et il n’a aucun regret ».

Pourtant, c’est la police qui n’a pas respecté la loi. Lors de la manifestation, la police a poussé les manifestants dans une nasse faite de murs de bus de police. Ensuite elle a lancé des gaz lacrymogènes et usé du canon à eau chargée de produits chimiques. Le canon a atteint de plein fouet un agriculteur, BAEK Nam Ki, il est dans le coma depuis ce jour. Le procureur n’a procédé à aucune enquête sur ces exactions policières ni sur les atteintes aux droits et à la légalité. Au lieu de cela, la police a arrêté 527 adhérents de la KCTU, en a retenu 20, et à ce jour 6 mois après, 10 sont encore en prison, dont HAN Sang Gyun.

Le parti au pouvoir et le gouvernement préparent une destruction du droit du travail :1) Faciliter les licenciements en rendant légaux les licenciements abusifs. 2) Généralisation de l’emploi précaire. 3) Par la liberté donnée aux employeurs de rémunérations arbitraires, imposer des salaires encore plus bas et mettre les travailleurs dans la concurrence extrême.4) Neutraliser les syndicats en contournant les conventions collectives.

En somme, la « réforme » vise à créer des conditions de travail inhumaines, uniquement pour ouvrir une voie royale au maximum de profit au seul bénéfice des grandes entreprises. Comme tous les pays démocratiques, la Corée du Sud, à l’article 33 de la Constitution, garantit le droit syndical, le droit à la négociation collective et à l’action collective pour améliorer les conditions de travail. Protester contre une menace sur les conditions de travail est donc un droit pour les syndicats. Qu’un procureur demande une peine de prison pour un travailleur syndicaliste, au mépris de la Constitution, cela signifie qu’il est au service d’un pouvoir qui ne vise qu’à écraser les travailleurs, et non pas au service de la justice et de la démocratie. Le jugement aura lieu le 4 juillet.

HAN Sang Gyun est innocent. Si un dirigeant syndical doit aller en prison après que son syndicat a organisé un rassemblement pour défendre les droits des travailleurs, cela veut dire que ce pays n’est plus un pays démocratique.

La Justice de Corée du Sud doit respecter les droits des travailleurs énoncés dans la Constitution et le juge SHIM Dam doit libérer HAN Sang Gyun et tous les syndicalistes emprisonnés.

Le Parlement, s’il est réellement une émanation démocratique des citoyens, doit rejeter le projet actuel de destruction du Droit du travail, qui met la vie des travailleurs en grave danger.

Les députés doivent au contraire élaborer et adopter une véritable réforme de la loi, qui améliore les conditions de travail.

European Network for Progressive Korea (Solidarité en Europe pour la Corée progressiste)

*Our other significant petition: Minister of Justice: Hyundai Motors & Yoosung Enterprise: Stop Labour Repression now! https://goo.gl/aCZsme

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To South Korean Judge, SHIM Dam: Respect the workers’ constitutional rights! Immediately release HAN Sang Gyun, President of KCTU!

On June 13, 2016, Korean prosecutor Lee Sung Sik demanded that Han Sang Gyun, the president of KCTU (Korean Confederation of Trade Unions), be sentenced to eight years behind bars for organizing a protest last November against the Korean government’s proposed package of labor law revisions.

Mr. Han was elected as the leader of KCTU in December of 2014 and successfully organized nationwide protests both in April and July of 2015. Then, after an arrest warrant was issued for him for having co-organized a mass rally on Nov, 14 with a number of NGOs present and reportedly 130,000 other participating citizens, he had to find a temporary asylum at the Buddhist Chogye temple in Seoul for twenty-five days. Upon hearing the police’s attempt to enter the temple, he turned himself in on December 10th, 2015.

The prosecution stated on June 13th that « We request a sentence of eight years considering that he had been conspiring to [to commit crimes] since his election, incited the crime using his position of power, and does not show any sign of remorse. »

On the contrary, though, in reality it was the police who committed the crime on November 14th. The police isolated the participating citizens by ushering them away by a bus barricade, and tear gas. BAEK Nam Gi, a farmer, has been in coma since then, which was caused by a water cannon attack. Yet, prosecutors didn’t bother to investigate the case. Instead, twenty workers, including Mr. HAN, were arrested from the rally and ten of them are still in prison.

The Korean government and the ruling party are pushing the enactment of a new labor law.  Their main objectives are: 1. Easy dismissal of employment without need of proper procedure 2. Increase of precarious jobs (low-wage short-term jobs) 3. Introduction of a wage system that will lower the income of workers and stimulate the extreme competition among them. 4. Disablement of the basic functions of labor unions. In short, it will worsen the preexisting and inhumane working conditions and will maximize the interests of the big corporations.

The people’s mass rally on November 14th was a necessary struggle designed to protect every right of the twenty million working men and women in Korea.

Korean constitution article 33.1 clearly states that workers have a right to independent association, and collective bargaining and action to improve working conditions. Obviously, workers and their trade unions have a right to resist against any laws that could seriously undermine their survival & interests and it is guaranteed by the constitution.

The prosecution’s request, ignoring the constitution, simply admits the fact that they serve the powerful as they trample on the basic human rights of these workers, rather than executing their lawful duties. The sentence is expected to be announced on July 4th by judge SHIM Dam. HAN Sang Gyun is innocent.

Judge SHIM Dam should release HAN Sang Gyun and all of the imprisoned KCTU workers if he still believes that the Republic of Korea is a true democracy. We demand the Korean parliament to abolish the new labor law, extend the rights of workers, and reform the labor law to guarantee pleasant working conditions for our workers.

European Network for Progressive Korea

*Our other significant petition: Minister of Justice: Hyundai Motors & Yoosung Enterprise: Stop Labour Repression now! https://goo.gl/aCZsme

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An Richter SHIM Dam, Südkorea:

Respektieren Sie die verfassungsmäßigen Rechte der Arbeitnehmer!

Entlassen Sie HAN Sang Gyun, Präsident von KCTU, umgehend aus der Haft!

Am 13. Juni 2016 forderte die koreanische Staatsanwaltschaft (LEE Sungsik, zuständiger Staatsanwalt) 8 Jahre Haft für HAN Sang Gyun, den Präsidenten der KCTU (Korean Confederation of Trade Unions: Koreanischer Gewerkschaftsbund), weil dieser im November eine Demonstration gegen den von der koreanischen Regierung vorgeschlagenen Gesetzesentwurf zur Reform des Arbeitsrechts organisiert hatte.

Herr HAN wurde im Dezember 2014 zum Vorsitzenden der KCTU gewählt und organisierte erfolgreich landesweite Streiks und Kundgebungen im April und Juli 2015. Nachdem er am 14. November eine Massenkundgebung organisiert hatte, an welcher Berichten zufolge 130.000 Bürger teilnahmen, musste er sich 25 Tage lang in den Chogye Tempel zurückziehen, um seiner Verhaftung zu entgehen. Bevor die Polizei in den Tempel vorrückte, stellte er sich am 10. Dezember 2015 freiwillig.

Die Staatsanwaltschaft erklärte am 13. Juni: « Wir fordern eine achtjährige Haftstrafe in Anbetracht der Tatsache, dass er das Verbrechen nach seiner Wahl von langer Hand geplant hatte, seine Position nutzte, um zu dem Verbrechen aufzuhetzen, und kein Zeichen von Reue zeigt. »

Tatsächlich war es aber die Polizei, die am 14. November ein Verbrechen beging. Die Teilnehmer der Demonstration wurden durch eine Polizeibus-Barrikade isoliert, die Polizei setzte Tränengas gegen sie ein.Der Landwirt BAEK Namgi erlitt dabei schwere Verletzungen durch einen Wasserwerfer und liegt seitdem im Koma, doch die Staatsanwaltschaft unternimmt keine Anstalten, den Fall zu untersuchen. Stattdessen wurden 20 Arbeiter, darunter auch Herr HAN, während der Kundgebung festgenommen, von denen sich 10 noch immer in Haft befinden.

Die Koreanische Regierung und die Regierungspartei drängen auf eine Reform des Arbeitsrechts, deren Hauptziele sind: 1. Vereinfachung der Entlassung von Arbeitnehmern ohne ordnungsgemäßes Verfahren 2.Förderung unsicherer Arbeitsverhältnisse (Niedriglohnsektor, Kurzarbeit) 3. Einführung eines Lohnsystems, das das Einkommen der Arbeitnehmer senken und den Konkurrenzdruck unter ihnen erhöhen wird. Kurz gesagt wird es die bestehenden menschenunwürdigen Arbeitsbedingungen weiterhin verschlechtern und die Gewinne der Großunternehmen maximieren. Die Massenkundgebung am 14. November stellte eineNotwendigkeit im Arbeitskampf zum Schutz der Rechte der arbeitenden Männer und Frauen in Korea dar.

Artikel 33.1 der Koreanischen Verfassung besagt, dass Arbeitnehmer ein Recht auf Kollektivverhandlungen und Maßnahmen zur Verbesserung der Arbeitsbedingungen haben.Arbeitnehmer und ihre Gewerkschaften haben ganz klar das Recht, Widerstand gegen Gesetze zu formieren, die ihr Überleben und ihre Interessen gefährden könnten, und dies wird ihnen durch die Verfassung garantiert. Der verfassungswidrige Antrag der Staatsanwaltschaft zeigt deutlich, dass sie eher den Machthabern dienen, die die grundlegenden Menschenrechte der Arbeitnehmer mit Füßen treten, als ihrer Pflicht nachzukommen, im Rahmen der geltenden Gesetzgebung zu ermitteln. Das Urteil wird am 4. Juli durch den Richter, SHIM Dam, erwartet.

HAN Sang Gyun ist unschuldig. Richter SHIM Dam sollte HAN Sang Gyun und alle inhaftierten KCTU Arbeiter freisprechen, wenn er noch an die Demokratie in Korea glaubt.

Wir fordern das koreanische Parlament auf, das neue Arbeitsgesetz abzulehnen, die Rechte der Arbeitnehmer zu verbessern und die Reform des Arbeitsrechts zu nutzen, um bessere Arbeitsbedingungen für die Arbeitnehmer zu schaffen.

European Network for Progressive Korea

*Our other significant petition: Minister of Justice: Hyundai Motors & Yoosung Enterprise: Stop Labour Repression now! https://goo.gl/aCZsme

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민주노총 위원장 한상균은 무죄다

대한민국 사법부는 헌법이 규정하는 노동자의 권리를 보장하라

2016년 6월 13일, 대한민국 검찰(주임검사: 이성식)은 지난해 11월 정부의 노동법개악에 저항하는 집회를 주도한 혐의로 구속된 민주노총 한상균 위원장에게 징역 8년을 구형했다.

2014년 12월 민주노총 위원장으로 선출된 한상균은 노동법개악에 저항하는 총파업 투쟁을 2015년 4월과 7월 이끌어 냈다. 그리고 11월 14일, 13만명이 참여한 민중총궐기 집회를 여러 단체들과 함께 주최한 뒤, 조계사에서로 25일간 은신했다. 경찰이 그를 체포하기 위해 조계사에 공권력을 투입하려 하자 그는 2015년 12월 10일 경찰에 자진 출석했다.

6개월이 지난 뒤인 6월 13일 검찰은 징역 8년을 구형하면서 « 위원장으로 당선된 당시부터 치밀하게 범행을 계획했고 직책을 이용해 범행을 선동했으며 반성하지 않는 점 등을 고려해 이같이 구형 한다 »고 밝혔다.

그러나 이날 불법을 저지른 것은 오히려 경찰이었다. 경찰은 집회에 참여한 시민들을 경찰차로 고립시키고 최루액을 난사하였으며, 사람을 향해 직접 물대포를 쏘아서 백남기 농민은 지금까지 혼수상태에 빠져있으나, 검찰은 조사조차 하지 않았다. 대신 11월 집회에 참여한 노동자 중 한상균 위원장을 비롯한 20명의 노동자를 구속했으며, 그 중 10명이 현재까지 감옥에 있다.

집권당 여당과 정부는 1) 징계절차를 필요로 하지 않는 쉬운 해고, 2) 비정규직 고용 확대, 3)차별임금체계를 도입하여 임금을 더 낮추고, 노동자간 경쟁을 부추기며, 4) 노조의 기능 자체를 무력화 시키는 것을 골자로 하는 노동개악을 추진 중이다. 한마디로 현재보다 훨씬 더 열악한 비인간적 노동환경을 만들고 기업의 이익을 극대화하려는 것이 법안의 주된 내용이다. 지난 11월 14일 민중총궐기는 이러한 노동법 개악으로부터 2천만 전체 노동자들의 권리를 지키기 위해 반드시 필요한 것이었다.

대한민국 헌법 33조 1항은 노동자가 근로조건의 향상을 위하여 자주적인 단결권·단체교섭권 및 단체행동권을 가진다고 명시하고 있다. 노조연합이 노동자의 생존을 위협하는 노동악법에 저항하는 것은 헌법이 규정한 권리임에도 불구하고, 검찰이 이러한 구형을 내린다는 것은 그들이 더 이상 법의 집행인이 아니라, 노동자를 짓밟는 권력의 하수인임을 자임하는 것이다. 재판부(부장판사: 심담)는 7월 4일 1심 판결을 앞두고 있다.

한상균은 무죄다. 대한민국이 여전히 민주공화국임을 자임한다면, 대한민국 사법부는 한상균과 구속된 민주노총 노동자들 모두 석방하라. 대한민국 국회는 노동법 개악안을 폐기하고, 노동자의 권리를 확대하고, 노동자들이 행복한 조건에서 일할 수 있도록 노동법을 개혁하라.

<진보한국을 위한 유럽연대>

*참고: « 유성기업과 현대자동차는 노동탄압을 즉각 중단하라! » 청원은 여기에서 하세요-> https://goo.gl/aCZsme

Répression des manifestations : la Corée du Sud mise en accusation devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies

L’instruction par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies des atteintes aux libertés publiques commises par les autorités de la République de Corée (Corée du Sud) se poursuit : lors de la dernière session du Conseil à Genève, Baek Minjuhwa a témoigné des violences subies par son père, Baek Nam-gi, toujours dans le coma après la répression par les forces de l’ordre de la manifestation du 14 novembre 2015 (ci-dessous, photo de la session du Conseil à Genève le 17 juin 2016).

Baek-Minjuhwa_Baek-Nam-gi_Conseil-des-droits-de-l-homme_Nations-Unies

L’usage que font les autorités sud-coréennes des canons à eau lors des manifestations n’est pas acceptable : c’est à cause de cet usage disproportionné de la force que, depuis le 14 novembre 2015, le manifestant paysan Baek Nam-gi est toujours dans le coma, comme l’a rappelé sa fille Baek Minjuhwa, qui a témoigné devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies – après avoir elle-même déjà visité l’Europe, tandis qu’une manifestation de soutien était organisée à Paris. Baek Minjuhwa a fait le lien avec la répression globale contre les opposants par les autorités sud-coréennes, en soulignant que l’eau des canons à eau est mélangée à des substances nocives :

Le gouvernement a demandé que le président de la Confédération coréenne des syndicats Han Sang-gyun soit condamné à huit ans de prison pour avoir organisé une manifestation. Il a arrêté ou envoyé des assignations à l’encontre de plus de 500 manifestants. La police a déployé des centaines de bus et des milliers d’officiers pour bloquer les principales routes avant même le début du rassemblement, et ils ont tiré sur les manifestants avec des canons dont l’eau était mélangée avec de la capsaïcine et d’autres substances nocives.

Baek Minjuhwa a déploré les lenteurs de l’enquête sud-coréenne concernant les causes du coma où est plongé son père, soulevant ainsi implicitement la question de l’indépendance de la justice sud-coréenne :

Le gouvernement sud-coréen prétend qu’une enquête approfondie est en cours. Mais depuis sept mois la seule personne qu’ils ont appelée pour l’interroger est ma soeur aînée, alors que c’est moi qui ai porté plainte.

Le témoignage de Baek Minjuhwa rejoint les conclusions de Maina Kiai, rapporteur spécial des Nations Unies pour les libertés d’association et de réunion pacifique qui a visité la Corée du Sud pendant neuf jours en janvier 2016, et a dressé un constat sans appel sur les atteintes à la liberté de manifestation et à la liberté de réunion lors de la même session du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève.

S’agissant de l’usage des canons à eau, M. Kiai a observé que :

Le gouvernement sud-coréen fait un usage sans distinction des canons à eau, et vise parfois des individus spécifiques, ce qu’il aurait du mal à justifier (…) Les canons à eau augmentent le risque que les manifestants soient grièvement blessés.

Il a dénoncé l’usage des barrages de véhicules comme d’un moyen pour entraver la liberté de manifester :

Les barrages de véhicules sont utilisés non pas tant pour gérer les actions des manifestants que pour les empêcher préventivement d’exercer pacifiquement leur liberté de réunion.

Citant explicitement le dirigeant syndical Han Sang-gyun et le défenseur des droits de l’homme Park Rae-gun (dont la pétition du CILD pour obtenir la libération n’a pas même pas donné lieu à un accusé de réception de la part du Président François Hollande…), M. Kiai a mis en cause l’utilisation des procédures judiciaires pour entraver les libertés de réunion et de manifestation, et les amalgames sans fondement juridique entre les organisateurs des rassemblements et les actions de certains individus lors des manifestations :

Il est excessif et déraisonnable de tenir les organisateurs d’un rassemblement pour responsables des dommages causés par les activités illégales de certains individus. Des manifestants ne doivent pas faire l’objet de poursuites ou d’enquêtes dans le cadre de procédures civiles ou criminelles du seul fait de leur participation à une manifestation.

Enfin, M. Kiai a appelé à réviser la loi sud-coréenne sur les manifestations dans un sens conforme à la liberté de réunion :

Il ne doit pas être donné d’interdictions globales de manifester dans certains lieux et places où se tiennent des manifestations publiques. Le gouvernement sud-coréen doit réviser la loi sur les rassemblements et réunions, et améliorer son application.

Des parlementaires français interpellent le Gouvernement sur les droits de l’homme en Corée du Sud : la France doit condamner les atteintes aux libertés démocratiques !

Suite à la visite en France de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, du 1er au 4 juin 2016, plusieurs parlementaires français demandent au Gouvernement des explications sur le bilan de cette visite, notamment en ce qui concerne le respect des libertés publiques et des droits de l’homme en Corée du Sud. En particulier, les parlementaires plaident pour une intervention de la France en faveur de Kim Hye-young et Park Rae-gun, prisonniers politiques.

Christophe PrematQuestion de M. Christophe Premat, député des Français établis hors de France (groupe Socialiste, écologiste et républicain ), n°96599 publiée au Journal officiel le 14 juin 2016

M. Christophe Premat attire l’attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur la situation de prisonniers en Corée du Sud tels que Park Rae-gun, directeur du Centre des droits de l’Homme de la République de Corée. Suite à la visite d’État de la présidente sud-coréenne en France, Park Geun-hye, la libération de ces prisonniers serait un signe positif. Un certain nombre de décisions politiques en Corée du Sud ces dernières années ont porté préjudice aux libertés syndicales et à l’expression du pluralisme politique. En 2013, l’Internationale des services publics (PSI) avait appelé ses membres à exhorter les autorités sud-coréennes à reconnaître le KGEU (Syndicat coréen des employés du gouvernement), à ne pas dissoudre le KTU (Syndicat coréen des enseignants et des travailleurs de l’éducation) et à se conformer aux recommandations de l’Organisation internationale du travail (OIT). Si les relations de tension avec la Corée du Nord ne peuvent être la seule lecture de cette situation, il aimerait savoir si le ministère entend adopter une stratégie d’influence pour contribuer à l’expression d’un pluralisme politique. Le ministère a proposé dans le passé des campagnes très efficaces sur la diplomatie des valeurs (sur la peine de mort avec une influence sur la Mongolie) et il serait judicieux de contribuer au retour de ce pluralisme en Corée du Sud.

source : questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-96599QE.htm

Andre ChassaigneQuestion du M. André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme (groupe Gauche démocrate et républicaine), n°96600 publiée au Journal officiel le 14 juin 2016

M. André Chassaigne attire l’attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur les atteintes aux libertés démocratiques et la situation des prisonniers politiques en Corée-du-Sud. Suite à la visite d’État de quatre jours en France de la présidente de la République de Corée du Sud Park Geun-hye aucun élément n’a en effet été rendu public sur la situation des prisonniers politiques et des militants syndicaux en Corée du Sud et sur les atteintes aux libertés démocratiques que connaît le pays ces dernières années. L’interdiction en 2013 du Syndicat des enseignants (KTU) puis celle du principal parti de gauche en Corée du Sud, le Parti progressiste unifié (PPU) en 2014, pourtant représenté au Parlement avec près de 10 % des voix aux dernières élections législatives en 2012 accompagne une répression permanente du pouvoir contre les initiatives des organisations politiques et syndicales en faveur de la défense des droits humains fondamentaux. Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud a, à plusieurs reprises, dénoncé ces derniers mois en France l’accroissement de ces atteintes aux droits de l’Homme et aux libertés publiques, avec l’emprisonnement de 9 militants de l’Alliance coréenne (émanation du PPU interdit), ce qui porterait le nombre de prisonniers politiques en Corée du Sud à 57 personnes. Par ailleurs, la cour d’appel de Séoul a confirmé le 26 mai 2016 la condamnation à deux ans de prison ferme de plusieurs militants, et notamment de Kim Hye-young, une femme atteinte d’un cancer de la thyroïde qui a été arrêtée pour avoir participé à une manifestation pacifique. Comme le dénonce l’ONG Amnesty International, « alors qu’elle a développé des troubles mentaux en détention, elle observe une grève de la faim et les autorités continuent de refuser qu’elle bénéficie de soins médicaux à l’extérieur de la prison ». Le 7 juin 2016, alors qu’elle entame son 13ème jour de grève de la faim sans bénéficier des soins auxquels elle a droit selon les règles minima des Nations-Unies pour le traitement des détenus, d’autres prisonniers politiques viennent d’annoncer une grève de la faim illimitée afin d’exiger la libération de Kim Hye-young et le respect des droits humains et politiques en Corée du Sud. Aussi, il apparaît indispensable que la France, fidèle à sa tradition de défense des droits de l’Homme, cesse son mutisme face à cette situation et retrouve le chemin d’une action diplomatique résolue en faveur du respect des droits de l’Homme et des libertés publiques et politiques en Corée du Sud. Il souhaiterait donc connaître les engagements que compte prendre rapidement M. le Ministre en ce sens, et d’abord en faveur de la libération urgente de Mme Kim Hye-young.

source : questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-96600QE.htm

Jean-Luc LaurentQuestion de M. Jean-Luc Laurent, député du Val-de-Marne (groupe Socialiste, écologiste et républicain), n°96601 publiée au Journal officiel le 14 juin 2016

M. Jean-Luc Laurent interroge M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur les relations franco-coréennes. La visite d’État de la présidente de Corée du Sud en France du 1er au 4 juin 2016, à l’occasion de la célébration des 130 ans de relations diplomatiques entre la France et la Corée du Sud, intervient dans un contexte de vives tensions entre les deux Corées : la zone industrielle de Kaesong ayant été fermée au mois de février 2016. Cette zone où des entreprises sud-coréennes employaient des ouvriers nord-coréens représentait un symbole fort et solitaire de coopération entre les deux pays. 63 ans après le cessez-le-feu, la péninsule coréenne reste une zone de tensions extrêmes dont la déstabilisation pourrait avoir des conséquences non seulement pour l’ensemble des acteurs ayant des intérêts économiques, politiques et militaires directs (la Chine, les États unis d’Amérique, le Japon) mais aussi pour le monde entier. Malgré la crise nord-coréenne et la montée des tensions régionales en Mer de Chine, la Corée du Sud reste l’une des économies les plus dynamiques de la région. Il aimerait connaître le bilan que le Gouvernement fait de cette visite d’État et les perspectives de renforcement des relations bilatérales entre la France et la Corée du Sud.

source : questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-96601QE.htm

Cecile CukiermanQuestion de Mme Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire (groupe Communiste, républicain et citoyen), n°22339 publiée au Journal officiel le 16 juin 2016.

Mme Cécile Cukierman attire l’attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur les atteintes aux libertés démocratiques et la situation des prisonniers politiques en Corée du Sud. Suite à la visite d’État de quatre jours en France en juin 2016 de la présidente de la République de Corée du Sud, aucun élément n’a en effet été rendu public sur la situation des prisonniers politiques et des militants syndicaux en Corée du Sud et sur les atteintes aux libertés démocratiques qu’a connues le pays ces dernières années. L’interdiction en 2013 du syndicat des enseignants (KTU) puis celle du principal parti de gauche en Corée du Sud, le parti progressiste unifié (PPU) en 2014, pourtant représenté au Parlement avec près de 10 % des voix aux dernières élections législatives en 2012, accompagnent une répression permanente du pouvoir contre les initiatives des organisations politiques et syndicales en faveur de la défense des droits humains fondamentaux. Le comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud a, à plusieurs reprises, dénoncé ces derniers mois en France l’accroissement de ces atteintes aux droits de l’homme et aux libertés publiques, avec l’emprisonnement de neuf militants de l’alliance coréenne (émanation du PPU interdit), ce qui porterait le nombre de prisonniers politiques en Corée du Sud à 57 personnes. Par ailleurs, la cour d’appel de Séoul a confirmé le 26 mai 2016 la condamnation à deux ans de prison ferme de plusieurs militants, et notamment d’une femme atteinte d’un cancer de la thyroïde qui a été arrêtée pour avoir participé à une manifestation pacifique. Comme le dénonce l’organisation non gouvernementale Amnesty international, « alors qu’elle a développé des troubles mentaux en détention, elle observe une grève de la faim et les autorités continuent de refuser qu’elle bénéficie de soins médicaux à l’extérieur de la prison ». Le 7 juin 2016, alors qu’elle entamait son treizième jour de grève de la faim sans bénéficier des soins auxquels elle a droit selon les règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus, d’autres prisonniers politiques ont annoncé une grève de la faim illimitée afin d’exiger sa libération et le respect des droits humains et politiques en Corée du Sud. Aussi, il apparaît indispensable que la France, fidèle à sa tradition de défense des droits de l’homme, cesse son mutisme face à cette situation et retrouve le chemin d’une action diplomatique résolue en faveur du respect des droits de l’homme et des libertés publiques et politiques en Corée du Sud. Elle souhaiterait donc connaître les engagements qu’il compte prendre rapidement en ce sens, et d’abord en faveur de la libération urgente de cette opposante.

source : http://www.senat.fr/questions/base/2016/qSEQ160622339.html

Michel BilloutPar ailleurs, M. Michel Billout, sénateur de Seine-et-Marne (groupe Communiste, républicain et citoyen), a adressé le 13 juin 2016 une lettre au ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Jean-Marc Ayrault :

Monsieur le Ministre,

Mme Park Geun-hye, Présidente de la République de Corée était en visite officielle en France, dans le cadre des années croisées France-Corée.

L’occasion, peut-on lire dans un communiqué émanant de votre ministère de « renforcer les liens entre nos deux pays dans tous les domaines, tant politique, qu’économique et culturel. » (…) « Cette visite d’État permettra de renforcer la coopération sur les questions de politique, étrangère, notamment la lutte contre le terrorisme, la contribution à la paix et au développement en Afrique et au Moyen-Orient. Ils aborderont également la situation en Corée du Nord et en particulier la question de la prolifération nucléaire et des droits de l’Homme. »

Sur ce dernier sujet, je souhaiterais savoir si vous avez évoqué , lors de votre entretien avec la Présidente de la République de Corée, la dégradation de la situation des droits de l’Homme dans son propre pays. La répression des opposants s’est en effet intensifiée depuis l’élection de M. Lee Myung-bak à la présidence de la République en décembre 2007. Les médias et les syndicats de travailleurs ont été les premiers visés et, dans le cas des médias, particulièrement les syndicats de journalistes.

La remise en cause des libertés démocratiques s’est ensuite accrue avec l’élection de Mme Park Geun-hye, en décembre 2012, avec une forte ingérence des services de renseignement sud-coréens, en s’étendant aux partis politiques – jusqu’à l’interdiction du Parti progressiste unifié (PPU). Douze militants de l’Alliance coréenne , émanation du PPU interdit, sont actuellement en prison en Corée du Sud, portant le nombre de prisonniers politiques à 60 dans le Sud de la péninsule coréenne.

Le dirigeant de la principale centrale syndicale sud-coréenne, la KCTU, est également prisonnier des geôles sud-coréennes. Son « crime » est d’avoir organisé les manifestations de masse les plus importantes qu’aient connues la Corée du Sud en un quart de siècle. Ce pays détient le record mondial du nombre d’objecteurs de conscience emprisonnés, comme l’a condamné Amnesty International dans un rapport de 2015. Plusieurs d’entre eux ont déjà obtenu l’asile politique dans le monde, le premier d’entre eux ayant été Lee Yeda en France.

Dernièrement, les tentatives de démantèlement du Code du travail en Corée du sud, la précarisation des travailleurs et les coups portés au syndicat des enseignants ont pour toile de fond l’adoption d’une nouvelle loi antiterroriste, adoptée le 3 mars, qui s’ajoute à la loi de sécurité nationale comme outil de répression des oppositions politiques et syndicales. Intimidations de la presse, restrictions de la liberté de manifestation, censure d’Internet, arrestations arbitraires – dont celle du militant historique des droits de l’homme Park Rae-gun, coupable d’avoir défendu les familles des victimes du naufrage du ferry « Sewol ». Les signes de la dérive autoritaire à l’œuvre à Séoul se multiplient, dans l’indifférence des capitales occidentales soucieuses de développer les échanges économiques et commerciaux avec la Corée du Sud.

A ce titre, je n’ignore pas que les liens économiques entre nos deux pays sont particulièrement forts. La Corée se situe en effet au 5ème excédent global de la France.

Pour autant, je souhaite savoir si la France a porté, dans ces échanges, le sujet des nombreuses atteintes aux droits de l’homme et aux libertés démocratiques dont les autorités sud-coréennes sont coupables et la nature des engagements éventuellement obtenus.

Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le ministre, en l’expression de mes salutations les plus distinguées.

source : www.michelbillout.fr/activite-des-senateurs/les-courriers-officiels/article/droits-de-l-homme-en-coree-du-sud-la-france-doit-condamner-les-atteintes-aux

Le comité syndical consultatif auprès de l’OCDE dénonce les atteintes aux droits des travailleurs et à la liberté de réunion en Corée du Sud

Il y a 20 ans, en 1996, la République de Corée (Corée du Sud) rejoignait l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Dans ce contexte, le Comité syndical consultatif auprès de l’OCDE (Trade Union Advisory Committee to the OCDE, TUAC) a publié à Paris, le 7 juin 2016, un communiqué de presse dénonçant les atteintes aux libertés des travailleurs, que le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) a traduit ci-après de l’anglais. Alors que l’OCDE a son siège à Paris, le CILD relève, une fois de plus, que les autorités publiques françaises – non contentes d’avoir accueilli en grande pompe à Paris la Présidente sud-coréenne Park Geun-hye – sont une fois de plus complices des violations de plus en plus massives des libertés publiques et syndicales commises par le régime autoritaire sud-coréen en participant aux cérémonies commémoratives tout en gardant un silence coupable. Au sein de l’OCDE, la Corée du Sud est un des Etats présentant le pire bilan en matière de droits des travailleurs, de libertés syndicales et de libertés publiques.

Nous reproduisons ci-après le communiqué du TUAC, intitulé « Le 20e anniversaire de l’adhésion de la Corée à l’OCDE éclipsé par les atteintes aux droits des travailleurs et à la liberté de réunion » et sous-titré « Le TUAC appelle à arrêter les poursuites contre les syndicalistes emprisonnés ». Alors qu’il a été le premier en France à souligner que le procès de Han Sang-gyun, dirigeant de la Confédération coréenne des syndicats (acronyme anglais KCTU), ouvrait la voie à une possible interdiction du syndicat KCTU, le CILD rejoint l’appel du TUAC en vue, notamment, de libérer les 74 syndicalistes emprisonnés en Corée du Sud et de lever les poursuites contre 504 autres syndicalistes de la KCTU poursuivis pour « obstruction à la circulation automobile« .

 

Une série d’événements se tiendront à l’OCDE cette semaine pour marquer le 20e anniversaire de l’adhésion de la République de Corée. En mars 2016, 74 syndicalistes, dont le Président de la Korean Confederation of Trade Unions (KCTU), sont emprisonnés. 504 autres membres de la KCTU sont poursuivis pour « obstruction à la circulation automobile » suite à une manifestation qui s’est tenue l’an passé.

La Corée a rejoint l’OCDE en 1996 avec l’engagement de réformer son droit du travail pour qu’il corresponde aux normes de l’Organisation internationale du travail (OIT). Pourtant, des droits du travail fondamentaux, comme le droit de s’organiser et de négocier collectivement, ne sont pas observés en Corée aujourd’hui. En réalité, la Corée présente le plus ancien cas (depuis 1995) de violation des droits des travailleurs soumis à l’OIT.

« Malheureusement, 20 ans après être devenue membre [de l’OCDE], la Corée est encore loin d’avoir mis en place un système de relations sociales dans l’industrie conforme aux normes de l’OIT, qui assure la gestion des conflits, réduise les inégalités et garantisse le progrès social. Au cours des trois dernières années, la répression contre les syndicats et la criminalisation de leurs activités est réapparue« , a déclaré John Evans, secrétaire général du TUAC.

Lors de sa 136e réunion plénière le 30 mai 2016, le TUAC a adopté une résolution appelant le gouvernement coréen à respecter les droits syndicaux et l’OCDE à développer une « feuille de route », en liaison avec l’OIT, pour s’assurer du respect par la Corée de ses engagements sur les droits des travailleurs.

« Une « Corée du Sud globale » reste une aspiration. L’OCDE a la responsabilité d’accompagner la Corée sur le chemin d’une croissance soutenable et globale de même que le TUAC a la responsabilité d’accompagner le mouvement syndical coréen. Le 20e anniversaire arrive au bon moment pour mettre au point une feuille de route pour une Corée connaissant un développement soutenable et global« , a déclaré Evans.

La résolution du TUAC appelle ainsi :

La République de Corée à :

  • libérer et lever toutes les poursuites contre Han Sang-gyun, Président de la KCTU, et tous les autres dirigeants de la KCTU mis en cause dans l’accomplissement de leurs obligations syndicales ;
  • s’engager dans un processus transparent et démocratique de dialogue avec toutes les composantes de la société civile coréenne, y compris les syndicats ;
  • garantir les droits des travailleurs et la liberté de réunion, et initier un processus de réforme pour aligner effectivement le droit du travail avec les normes internationales reconnues, y compris la ratification des conventions 87 et 98 de l’OIT et la levée des réserves à l’article 22 de la Convention internationale sur les droits civils et politiques ;

L’OCDE à :

  • définir une feuille de route pour le développement durable et global de la Corée dans le contexte du 20e anniversaire de son adhésion à l’OCDE, y compris le respect effectif des droits du travail et des droits de l’homme, et à cette fin, travailler en étroite coopération avec les autres organisations internationales, dont l’OIT ;
  • s’assurer que tous les pays membres de l’OCDE ou candidats à l’entrée dans l’OCDE adhèrent aux valeurs fondamentales de l’Organisation et les respectent, dont le principe d’une démocratie pluraliste et le respect des droits de l’homme.

La résolution du TUAC sur les droits syndicaux en République de Corée est disponible dans le bandeau de droite.

Le rapport de contexte du TUAC sur « la garantie des droits syndicaux en Corée dans le cadre de l’OCDE », établi suite à une mission à Séoul en avril [2016], est accessible en ligne ici.

Source : site du TUAC.

Libérez Kim Hye-young! Appel à la solidarité pour la libération immédiate de la prisonnière de conscience, malade du cancer, Kim Hye-young, en grève de la faim illimitée au risque de sa vie.

Kim Hye-young, prisonnière politique de conscience en Corée du Sud, a commencé une grève de la faim illimitée le 26 mai 2016. Elle a subi une ablation totale de la thyroïde à deux reprises en 2006 et souffre maintenant de troubles d’anxiété, effet des interrogatoires épuisants menés par les forces de police. Elle est dans un grand état de faiblesse, lequel ne pourrait être pire. Une grève de la faim illimitée en prison est l’ultime moyen de lutte qu’elle a choisi au risque de sa vie.

Elle poursuit ses activités en faveur des droits humains, de la démocratie et de la réunification pacifique de la Corée depuis ses premières années d’université. En raison de ses activités, elle a été arrêtée par la police le 26 juillet 2015. Elle a subi un interrogatoire poussé par la branche d’Okin-dong de la police. Elle a résisté avec obstination en faisant une grève de la faim pendant 10 jours, tout en refusant de répondre aux questions, une situation difficile même pour des personnes en bonne santé. Malgré les effets secondaires à redouter pendant une grève de la faim, elle a choisi de prendre des médicaments à base d’hormones et anti-douleur afin de supporter l’enquête qu’elle doit endurer. En conséquence, est survenu un effet secondaire, une crise d’anxiété fatale, pendant son emprisonnement.

Son auxiliaire médical a déjà signalé son état psychiatrique nécessitant un traitement et demandé aux autorités de lui permettre de recevoir en urgence des soins, à savoir une consultation dans un hôpital extérieur à l’établissement pénitentiaire, où elle bénéficiera d’un traitement dans les services d’endocrinologie et de neuropsychiatrie. Pendant son emprisonnement, jour après jour, sa santé s’est dégradée, au point de perdre plus de 10 kilos. De plus, elle n’a pas reçu de traitement approprié et souffre maintenant de troubles d’anxiété intolérables. Les organisations de la société civile appellent sans relâche à sa libération immédiate et à lui prodiguer les soins médicaux réguliers que nécessite son état de santé inquiétant. Même si elle a reçu l’avis officiel d’un médecin, le gouvernement Park Geun-hye et le centre de détention de Séoul continuent d’ignorer leur demande. Les organisations de défense des droits de l’homme soutiennent cette demande raisonnable. Amnesty International a commencé à mener une campagne d’action urgente pour que la Corée du Sud libère Kim Hye-young et lui accorde un traitement médical (2/16 UA). Le site Internet est : www.amnestyusa.org/get-involved/take-action-now/south-korea-release-kim-hye-young-and-grant-her-medical-treatment-ua-216

Malgré son grave état de santé, le 26 mai 2016, la Haute Cour de Séoul a rejeté son appel et l’a condamnée à deux ans de prison fermes, confirmant le premier jugement contre toute attente. Personne ne peut nier qu’il s’agit d’un jugement allant contre l’humanité, ignorant jusqu’au traitement humanitaire le plus élémentaire auquel a droit un malade atteint de cancer et de troubles d’anxiété fatals. Elle a exprimé sa ferme décision de faire appel à la Cour suprême pour le principe et de plaider non coupable.

Quand l’ancienne vice-présidente de la compagnie Korean Air, Cho Hyun-ah, célèbre pour sa “colère des noix”, a été emprisonnée au centre de détention de Nambu à Séoul, elle a fait état de sa mélancolie et a été autorisée à recevoir des soins réguliers par deux fois dans un grand hôpital. L’an dernier, le 22 décembre, la cour d’appel l’a condamnée à une peine avec sursis, au motif que la situation de Cho devait être prise en considération. Voila résumée la réalité de la Corée du Sud où une prisonnière politique de conscience souffrant d’un vrai cancer subit un procès politique tandis qu’une capitaliste à la tête d’un Chaebol est au-dessus des lois en toutes circonstances.

Les autorités gouvernementales doivent libérer Kim Hye-young immédiatement d’un simple point de vue humanitaire.

Apportez votre signature à l’appel à la libération immédiate de Kim Hye-young qui a choisi la grève de la faim au risque de sa vie, en vous rendant à cette adresse.

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Visite de Park Geun-hye en France : manifestation à Paris pour les droits de l’homme et la démocratie en Corée du Sud

A l’appel du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), Coréens en Français ont manifesté place Saint-Michel, à Paris, le 3 juin 2016, alors que Mme Park Geun-hye effectuait une visite d’Etat en France et était reçue par le Président François Hollande à l’Elysée. Ils ont réitéré l’exigence que la France, fidèle à sa tradition de défense des droits de l’homme, cesse de se taire sur les atteintes grandissantes aux libertés publiques en Corée du Sud – alors que l’histoire sud-coréenne a montré que les pressions internationales pouvaient avoir raison de l’entêtement des conservateurs sud-coréens : Lionel Jospin et François Mitterrand n’avaient-ils pas plaidé, en leur temps, au sein du Parti socialiste, pour obtenir la libération de l’opposant sud-coréen Kim Dae-jung (qui devait devenir, plus tard, Président de la République en Corée du Sud et obtenir le prix Nobel de la paix) ? Face à la France qui collabore avec les autorités sud-coréennes, en étant complice d’une répression qu’elle refuse de dénoncer (voire qu’elle justifie en arguant des relations Nord-Sud), il y a une France qui résiste en se plaçant ouvertement du côté des défenseurs des droits de l’homme, de la démocratie et tous les militants politiques et syndicaux qui croupissent dans les geôles sud-coréennes.

Lors des débats animés par Olivier Bouchard, membre du CILD, Yang go-eun, co-présidente de l’Alliance coréenne, a rappelé que 12 militants de l’Alliance coréenne étaient actuellement en prison en Corée du Sud, portant le nombre de prisonniers politiques à 60 dans le Sud de la péninsule coréenne : à l’occasion d’un témoignage devant le CILD, le 21 mai 2016, elle avait fait état que neuf membres de son organisation étaient derrière les verrous, elle-même étant gravement menacée par la répression politique et antisyndicale à l’oeuvre à Séoul. Mais depuis cette date, trois de leurs camarades les ont rejoints dans les prisons politiques de Mme Park Geun-hye :  parmi eux, Kim Hye-young, dont les camarades ont réalisé une BD racontant l’histoire de l’engagement politique, a commencé une grève de la faim car elle ne reçoit plus en prison de traitement contre le cancer de la thyroïde dont elle est atteinte. Elle est maintenant en danger de mort. Brandissant des portraits de Kim Hye-young, les manifestants ont exigé sa libération immédiate.

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Un autre Coréen a témoigné : Lim Jung-myung, au nom de l’organisation « Jeunes de gauche », qui arborait une pancarte de son organisation politique elle aussi fortement engagée dans le combat pour les libertés politiques en Corée du Sud et, à ce titre, frappée par la répression. Lim Jung-myung a tout particulièrement souligné que la politique d’amendes des autorités sud-coréennes visait à briser financièrement les capacités de résistance.

Benoît Quennedey, membre du CILD et par ailleurs vice-président de l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC), a resitué le combat pour la démocratie et les droits de l’homme en Corée du Sud dans une perspective historique, en montrant comment Mme Park Geun-hye inscrivait ses pas dans ceux de son père, le général Park Chung-hee, à l’origine du régime le plus autoritaire qu’ait jamais connue la Corée du Sud, ayant causé la mort de milliers d’opposants de toutes sensibilités, y compris de la droite libérale. Avant son élection à la présidence de la République en Corée du Sud en décembre 2012, Mme Park Geun-hye avait déjà officié comme « première dame »du général Park, et elle a repris parmi ses conseillers les plus proches d’anciens collaborateurs de son dictateur de père.

Dans tous les domaines, une chape de plomb s’est abattue sur la Corée du Sud : un député d’opposition, Lee Seok-ki, a été déchu de son mandat et condamné à une lourde peine de prison à l’issue d’un procès truqué, fomenté par les services de renseignement sud-coréens ; cette condamnation inique a servi de prétexte à l’interdiction de la principale formation de gauche en Corée du Sud, le Parti progressiste unifié, de surcroît représenté au Parlement après avoir recueilli 10 % des suffrages, un pas que même les dictateurs militaires sud-coréens osaient à peine franchir. Le dirigeant de la principale centrale syndicale sud-coréenne, la KCTU, croupit dans les geôles sud-coréennes. La Corée du Sud détient le record mondial du nombre d’objecteurs de conscience emprisonnés, comme l’a condamné Amnesty International dans un rapport de 2015 – et plusieurs d’entre eux ont déjà obtenu l’asile politique dans le monde, le premier d’entre eux ayant été Lee Yeda en France. Les familles des victimes du naufrage du ferry « Sewol », ont où péri 304 personnes dans des conditions atroces, demandent toujours que toute la lumière soit faite sur cette tragédie qui implique un homme, Yoo Byung-eun, connu pour ses accointances avec le Parti Saenuri au pouvoir à Séoul : les familles d’adolescents morts dans la catastrophe ont témoigné récemment à Paris, à la Sorbonne, grâce au professeur Jean Salem, par ailleurs président du CILD. Enfin, les atteintes à la liberté d’expression ont gagné le domaine culturel – et toutes les formes d’expression culturelle.

Par ailleurs, la situation d’anciennes employées d’un restaurant nord-coréen qui se trouvent aujourd’hui au Sud a soulevé des interrogations parmi les participants à la manifestation : pourquoi leur refuser tout contact avec leurs familles restées au Nord, qui n’hésitent pas à parler d’enlèvements par les autorités sud-coréennes ? Dans cette sombre histoire la main des services de renseignement sud-coréens montre que ces derniers sont, une fois encore, à la manoeuvre, pour faire souffler le « vent du Nord » et justifier toutes les atteintes aux libertés publiques… à la veille d’élections législatives, le 13 avril 2016, remportées par l’opposition libérale. Mais cette défaite électorale n’a conduit la Présidente Park Geun-hye à ne changer ni de gouvernement, ni de ligne politique. A Séoul, le retour vers les années de plomb de la dictature militaire est désormais bien en marche. Il appartient à nous tous, en France et dans le monde, à empêcher que l’irréversible ne se produise, en rejoignant le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud, en écrivant à solidaritefrancecoree@yahoo.fr (adresse mél du CILD) et en signant la pétition contre l’interdiction du PPU !

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Compte rendu de la manifestation publié le 5 juin 2016 sur le site saramilbo.com :

파리에 울려퍼진 ‘김혜영 양심수 석방’

남코리아의민주주의적권리를위한국제위원회(CILD) 집회

‘김혜영양심수석방·박근혜정부퇴진’을 촉구하는 집회가 박근혜 대통령의 파리 방문에 때를 맞춰 3일(현지시간) 오후 7시 프랑스 파리 생미쉘광장에서 열렸다.

남코리아의민주주의적권리를위한국제위원회(CILD)의 주최로 열린 집회에는 자주통일민주주의코리아연대(코리아연대) 양고은 공동대표, 프랑스코리아친선협회(AAFC) 파트릭 퀜즈망 대표·부노아 켄느데 부대표, 아시아의자유와민주주의를위한연대(Solida) 올리비에 부샤흐 회원 등이 참석했다.

양고은 코리아연대 공동대표는 « 두번의 갑상선암수술을 하고 현재는 공황장애까지 앓고 있는 김혜영 양심수가 26일 무기한 옥중단식에 들어갔다 »며 « 건강상태가 심각함에도 2년실형이 확정된 것은 최소한의 인도주의적 조치조차 무시한 반인권적 판결 »이라고 규탄했다.

켄느데 AAFC 부대표는 « 김혜영 양심수가 목숨을 건 단식을 진행하는 가운데 박근혜 대통령이 프랑스를 방문해 올렁드 대통령과 정상회담을 갖고 파리6대학에서 이학박사학위를 받았다 »며 « 프랑스의 학문과 외교의 권위가 실추됐다 »고 비판했다.

그는 또 « 2014년 12월 통합진보당 강제해산이후 공안탄압에 반대해 설립된 CILD는 남코리아의 부당한 현실을 국제사회에 알리는 데 끝까지 함께하겠다 »고 밝혔다.

<박창덕 기자>

source : saramilbo.com/sub_read.html?uid=17366&section=sc7&section2=