Archives de Catégorie: PPU

Le CILD a perdu son vice-président Samir Amin, qui s’était engagé aux côtés du peuple coréen

Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) est en deuil : l’un de nos vice-présidents, l’économiste franco-égyptien Samir Amin, est décédé à Paris le 12 août 2018, à l’âge de 86 ans. Le CILD présente ses condoléances à sa famille, ses proches et ses camarades. Il salue l’oeuvre considérable laissé par un intellectuel et un militant qui s’était également engagé à de multiples reprises depuis 2011 aux côtés du peuple coréen (de tout le peuple coréen), dans sa lutte pour la réunification de la patrie, contre l’impérialisme et le néo-colonialisme. 

Homme de convictions et de débats, toujours facile d’accès (comme son confrère universitaire, également marxiste, Jean Salem, président du CILD, qui nous a quittés le 14 janvier 2018), Samir Amin était sans doute l’un des rares économistes engagés en faveur des pays du Tiers Monde à avoir été étudié dans toutes les grandes universités des « trois mondes », capitaliste, socialiste et du Tiers Monde.

Son analyse des rapports économiques de domination sur les pays de la périphérie a fait date, et Samir Amin l’a fort logiquement transposée à la situation de la péninsule coréenne.

Président d’honneur du Forum coréen international abordant les problématiques coréennes sous leurs différentes facettes (politiques, économiques, stratégiques), Samir Amin était intervenu publiquement à Séoul à deux reprises, en novembre 2011 au troisième Forum coréen international et en septembre 2012 au quatrième Forum coréen international.

Samir Amin au 3e Forum coréen international (novembre 2011)

Samir Amin au 4e Forum coréen international (septembre 2012)

Il avait participé également à plusieurs conférences internationales sur la Corée à Paris, en juin 2012 puis en mars 2015 – ce dernier colloque ayant été co-organisé par l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC).

Samir Amin au colloque de Paris sur la Corée (juin 2012)

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Samir Amin au colloque de Paris sur la Corée (mars 2015)

L’AAFC a publié sur son site Internet le compte rendu suivant de son intervention en mars 2015 :

L’économiste Samir Amin a resitué la question coréenne dans le contexte de l’évolution du système mondial depuis 1945 : il y a soixante ans, la conférence de Bandung, en avril 1955, a marqué l’émergence d’un monde multipolaire après la libération des peuples d’Asie et d’Afrique, en vue de compléter l’indépendance politique par l’indépendance économique. Des projets nouveaux ont été mis en place dans les différents pays non alignés : dirigés par des bourgeoisies à vocation nationale, ces projets ont été nationaux, mais pas démocratiques, dans le sens où il n’ont pas impliqué de participation active et autonome des classes populaires. Malgré ces limites, ils n’en ont pas moins permis des progrès économiques et sociaux significatifs, avant un reflux au lendemain de la conférence de Cancun, en 1981, qui a vu le retour des puissances impérialistes états-unienne et européennes. Mais les récentes insurrections populaires, comme en Egypte, ont marqué une volonté de reconquérir la souveraineté nationale, tout en amorçant des formes nouvelles de solidarité économique – au sein du groupe de Shanghaï, de l’ALBA ou du projet de banque des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Cette sensibilisation de Samir Amin aux questions coréennes l’avait conduit, dès janvier 2015, à dénoncer la dissolution du Parti progressiste unifié en République de Corée, puis plus généralement la répression engagée contre les militants progressistes sud-coréens.

Son engagement avait ainsi amené Samir Amin à être, dès janvier 2015, l’un des membres fondateurs du Comité d’initiative contre la répression politique en Corée du Sud, devenu en avril 2015 le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) – dont il était vice-président.

Message de Samir Amin après la dissolution du PPU (janvier 2015)

Profondément émus par la disparition d’un camarade et d’un ami, nous sommes convaincus que son exemple saura inspirer de nouvelles générations de militants, pour continuer à porter haut le flambeau du combat pour les libertés démocratiques en Corée du Sud, dont le CILD est aujourd’hui l’unique expression de la solidarité organisée à l’échelle internationale.

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Libérez tous les prisonniers de conscience en Corée !

Le 10 décembre est la journée internationale des droits de l’homme. A cette occasion, le Comité coréen pour sauver le député Lee Seok-ki dans l’affaire du complot insurrectionnel a appelé à manifester à Séoul le 5 décembre 2017. Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) soutient pleinement les revendications du Comité pour libérer l’ancien député Lee Seok-ki, ainsi que ses camarades toujours en prison et l’ensemble des prisonniers politiques sud-coréens.

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La manifestation a été organisée suivant le mot d’ordre « Libérez tous les prisonniers de conscience pour nettoyer les maux du passé fortement enracinés et rétablir les droits de l’homme ». 3.194 dirigeants, appartenant à toutes les domaines d’activités politiques et sociales en Corée, ont répondu à l’appel à manifester.

Parmi les prisonniers politiques en République de Corée figurent notamment l’ancien député Lee Seok-ki, condamné à l’issue d’un procès truqué avant que son parti (le Parti progressiste unifié) ne soit interdit sur la base notamment de ce même procès truqué, et le président de la Confédération coréenne des syndicats (acronyme anglais, KCTU) Han Sang-gyun, jeté en prison après une mise en cause des libertés syndicales fondamentales.

Les participants à la manifestation du 5 décembre 2017 ont appelé à éradiquer la corruption en Corée et rappelé que les victimes du régime autoritaire devaient toutes être réhabilitées.

Quelle démocratie en Corée du Sud ? Rencontre-discussion à Lille le 23 décembre 2017

Le 23 décembre 2017, l’Atelier d’histoire critique organise une discussion publique à la bibliothèque de quartier du Vieux Lille 25/27 place Louise de Bettignies, à partir de 15h, sur le thème « D’hier à aujourd’hui : la Corée du Sud un exemple de démocratie ? ».

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Cette rencontre-débat aura lieu en présence de Lee Yeda, objecteur de conscience, réfugié politique sud-coréen en France, et Park Mirinae, militante féministe, ancienne membre du Parti progressiste unifié, dissous dans des conditions arbitraires.

Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) appelle toutes et tous à participer au débat et à relayer cette information, qui s’inscrit dans nos combats fondamentaux.

Loi de sécurité nationale, prisonniers politiques : Amnesty International interpelle les Nations unies sur la situation en Corée du Sud

En novembre 2017 aura lieu le vingt-huitième examen périodique universel, c’est-à-dire l’examen des réalisations de l’ensemble des Etats membres des Nations unies en matière de droits de l’homme, suivant un processus mené par les Etats sous les auspices du Conseil des droits de l’homme. Dans cette perspective, Amnesty International a présenté, le 26 juin dernier, le rapport suivant – dans une présentation par le Comité coréen pour sauver [le député] Lee que nous traduisons de l’anglais – , lequel rejoint les préoccupations du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud quant à l’urgence d’abroger la loi de sécurité nationale et de libérer tous les prisonniers politiques, parmi lesquels l’ancien député Lee Seok-ki et le dirigeant syndical Han Sang-gyun.

Amnesty International exprime ses préoccupations concernant la loi de sécurité nationale (acronyme anglais : LSN), en soulignant que la LSN restreint les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique. Elle critique l’incapacité du gouvernement coréen à protéger les droits de l’homme. En particulier, elle présente l’emprisonnement de l’ancien député Lee Seok-ki et la dissolution de l’ancien Parti progressiste unifié (PPU) comme emblématiques des violations des droits de l’homme par la LSN ces dernières années.

En outre, Amnesty International appelle le gouvernement coréen non seulement à abolir la Loi de sécurité nationale pour garantir les libertés d’expression et d’association, mais aussi à libérer sans conditions toutes les personnes injustement condamnées et emprisonnées.

La libération sans conditions de Lee Seok-ki  est exigée de la communauté internationale conformément aux principes internationaux des droits de l’homme. Par ailleurs, la communauté internationale continue de dénoncer la dissolution injuste du PPU.

Le gouvernement du Président Moon Jae-in qui a été rendu possible par la Révolution des bougies doit répondre à ces exigences de la communauté internationale. Aujourd’hui, de nombreux prisonniers de conscience, dont Lee Seok-ki et Han Sang-gyun, ont été arrêtés alors qu’ils exerçaient leurs droits légalement. Libérer tous les prisonniers de conscience doit être la première étape pour mettre fin à l’héritage anti-droits de l’homme de l’ancienne administration Park Geun-hye. Ainsi, la République de Corée pourra redevenir une nation avancée en matière de démocratie et de droits de l’homme, se conformant aux standards internationaux s’agissant des droits de l’homme.

Signez la pétition contre la répression des soldats gays en Corée du Sud

Dans nos éditions du 26 avril 2017 et du 25 mai 2017, nous rendions compte de la répression accrue, orchestrée par le commandement militaire, des soldats homosexuels dans l’armée sud-coréenne, dans un contexte général d’homophobie latente au Sud de la péninsule. Ces atteintes inacceptables à la dignité humaine ont suscité plusieurs pétitions : nous invitons à signer et faire signer (ici) l’appel ci-après, traduit de l’anglais, du Réseau pour rendre compte des discriminations et des atteintes aux droits de l’homme contre les personnes LGBTI en relation avec l’armée et du Centre coréen pour les droits de l’homme à l’armée. Cet appel avait déjà réuni près de 40 000 signatures fin juin 2017.

Chers amis,

Etre gay n’est pas un crime en Corée du Sud – tant que vous n’êtes pas à l’armée.
Plus tôt cette année, des enquêteurs ont dit au Capitaine Ji Sung* qu’ils savaient qu’il était gay. Ils l’ont intimidé et menacé de le dénoncer s’il ne coopérait pas. Quelques semaines plus tard, il était condamné à six mois de prison.
Le cas de Ji Sung n’est pas isolé. Ces dernières semaines, au moins 32 soldats ont été traqués par l’armée sud-coréenne sur des applications de rencontre gays et interrogés. Ils doivent être jugés prochainement.
Heureusement, l’histoire de Ji Sung a fait les titres de la presse internationale. La répression secrète contre les personnes gays en Corée du Sud n’est plus ignorée.
Les autorités pourraient arrêter leurs mesures de chasse aux personnes gays qui se base sur le Code militaire sud-coréen. Mais elles ne le feront pas à moins d’une protestation globale massive.
Signez pour nous aider à arrêter la chasse aux personnes gays en Corée du Sud.

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Cette question concerne tous les hommes gays du pays : la Corée du Sud exige de tous ses citoyens hommes de servir dans l’armée pendant deux ans. Et selon le code militaire pénal sud-coréen, le sexe entre les hommes est un « crime » passible d’une peine maximale de deux ans de prison.
Cette répression récente a commencé après qu’une vidéo privée de deux soldats a été publiée sur les réseaux sociaux. Les autorités militaires disent à présent que la répression est nécessaire « pour que la communauté militaire reste saine« .
Mon organisation travaille pour soutenir les soldats persécutés et supprimer les mesures anti-gays une fois pour toutes. Mais nous ne pouvons pas y arriver sans votre aide.
Nous savons que des milliers de voix de par le monde nous aideront à faire agir les autorités sud-coréennes.
Pouvez-vous signer pour demander aux autorités qu’elles cessent la répression, abandonnent les poursuites contre les soldats gay et suppriment les mesures de « chasse aux personnes gay » ?
Merci à tous pour votre action.
Minhee Ryu
Réseau pour rendre compte des discriminations et des atteintes aux droits de l’homme contre les personnes LGBTI en relation avec l’armée et du Centre coréen pour les droits de l’homme à l’armée

(*) le nom a été changé

 

 

« Le marxisme au XXIe siècle et la question du parti » : intervention de Cho Deokweon à la Sorbonne

Le 11 mars 2017, Cho Deokweon (Stephen Cho) était l’invité à l’Université de la Sorbonne du séminaire hebdomadaire « Marx au XXIe siècle, l’esprit et la lettre », organisé sous la responsabilité de Jean Salem (par ailleurs président du Comité international pour les libertés démocratiques de Corée du Sud, CILD),  avec le soutien du CERPHI (École normale supérieure de Lyon) et du Cercle universitaire d’études marxistes (CUEM). Stephen Cho était déjà intervenu dans le cadre du séminaire « Marx au XXIe siècle » le 7 mars 2015. Le 11 mars 2017, le conférencier sud-coréen a traité du thème « Le marxisme au XXIe siècle et la question du parti – en Asie et ailleurs ».

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Tout au long d’un exposé très didactique, Stephen Cho a tout d’abord resitué la création de partis progressistes en République de Corée (Corée du Sud) dans le contexte politique issu de la Révolution d’Octobre 1917, qui a eu une influence mondiale. Pour sa part, la Corée doit tenir compte d’une situation coloniale (avec la domination japonaise, entre 1910 et 1945), puis néocoloniale, avec des liens de dépendance vis-à-vis des Etats-Unis depuis la libération. Dès lors, toute approche dogmatique de la question nationale doit être évitée : la défense de la souveraineté nationale, dans un pays colonisé, se conjugue avec l’internationalisme.

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Le Parti populaire démocratique de Corée du Sud, fondé en novembre 2016, s’inscrit dans cette tradition révolutionnaire : il s’agit d’un parti de la classe ouvrière, mais visant à émanciper toute la population coréenne grâce à l’action d’une organisation de masse.

En Corée, riche d’une histoire de 5 000 ans, la lutte politique a impliqué une stratégie de front uni des progressistes avec des forces opportunistes, alors que l’histoire politique de la Corée du Sud a été marquée par la répression des organisations politiques successives d’inspiration progressiste : le Parti progressiste, dont le dirigeant Cho Bong-am a été condamné à mort et exécuté en 1959 ; après la révolution de 1960, se sont constituées plusieurs organisations socialistes (le Parti socialiste coréen, le Parti socialiste des masses) qui ont été dissoutes et leurs adhérents réprimés à la suite du coup d’Etat militaire du 16 mai 1961 ; des dirigeants d’une organisation révolutionnaire clandestine, le Parti révolutionnaire pour la réunification, ont été condamnés à mort par la junte militaire (comme Kim Jong-tae, en 1969) ; le Parti progressiste unifié a été dissous en décembre 2014 et plusieurs de ses membres et dirigeants arrêtés et emprisonnés.

Si la destitution de la Présidente Park Geun-hye, confirmée par la Cour constitutionnelle le 10 mars 2017, a temporairement stoppé la répression politique, les instruments du pouvoir autoritaire restent en place (au premier rang desquels la loi de sécurité nationale), continuant à faire planer un danger de guerre.

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Le débat qui a suivi, de très haut niveau, a abordé notamment les questions des causes de la disparition de l’URSS, de l’évolution politique et sociale de la Chine et de l’indépendance du mouvement progressiste sud-coréen vis-à-vis de la Corée du Nord – la force révolutionnaire en Corée du Sud étant constitué des Sud-Coréens eux-mêmes.

Des « prisonniers de conscience » en République de Corée

En juin 2016, plusieurs membres du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) ont visité le Sud de la péninsule : Maurice Cukierman, Gérard Halie et Nguyen Dac Nhumai, qui a rédigé l’article ci-après pour exiger la libération des prisonniers de conscience membres de l’Alliance coréenne.

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Manifestation du CILD à Paris le 3 juin 2016, pour la libération de Kim Hye-young et de tous les prisonniers politiques sud-coréens

«Un prisonnier de conscience est un prisonnier de trop » a dit Ms Daw Aung San Suu Kyi, lors de la conférence Nobel, Oslo, 16 juin 2012 concernant les détenus en Birmanie (1). En effet, en République de Corée la loi de sécurité nationale édictée depuis 1948, exerce la répression à l’égard du Parti Progressiste Unifié (PPU) et de l’Alliance coréenne. Le PPU se battant pour la démocratie et la réunification avec plus de 16% des voix aux dernières élections, a été interdit le 19 décembre 2014, et nombre de ses militants incarcérés, et menacés de lourdes condamnations pour un complot imaginaire, sur la base de témoignages de complaisance (2)

Concernant les «prisonniers de conscience» en République de Corée il serait urgent de porter à la connaissance de la communauté internationale leur situation à l’égard des principes fondamentaux relatifs au traitement des détenus en particulier sur le cas de Kim Hye-young.

Par ailleurs, le 24 juin 2016, trois membres incarcérés de l’Alliance coréenne (émanation du PPU), Han Jun-hye, Kim Kyoung-koo et Choi Min ont été libérés suite à une campagne nationale et internationale en particulier du CILD – AAFC et d’Amnesty international. Ils ont été arrêtés le 20 Décembre 2015 et maintenus en détention à Daejeon. Le tribunal de première instance les a condamnés à 1 an six mois de prison avec sursis à exécution de deux ans le 24 Juin à 2016. Tous trois ont fait la grève de la faim pendant 10 jours au détachement de sécurité de Mokcheon de la province de Chungnam.

Actuellement sont détenus les membres de l’Alliance coréenne suivants:

1-Kim Hye-young, membre du Comité organisateur du Forum International de Corée, a été arrêtée le 26 juillet 2015 et détenue au centre de détention de Seoul.- Elle souffre du cancer de la thyroïde. La cour d’appel l’a condamnée à 2 ans de prison à la date du 26 mai 2016. Dès le 26 mai 2016, elle a fait la grève de la faim jusqu’au 14 Juin 2016, après 20 jours dont 10 jours au poste de police de Namdaemun. Le 18 juin 2016 les délégués étrangers du Forum International de Corée sur la paix et la réunification, Derek Ford (USA), Gérard Halie, Maurice Cukierman et Nguyen Dac Nhu-Mai (France) sont allés la voir pendant 10 minutes et lui apporter leur solidarité.

2-Lee Sang-hun, co-président de l’Alliance coréenne, co-représentant de l’Alliance coréenne, ancien vice-président du comité de Séoul du PPU depuis 2012, a été arrêté le 23 Juillet 2015 et est détenu au centre de détention de Séoul. La cour d’appel l’a condamné à 2 ans de prison ferme le 26 mai 2016. Il a fait la grève de la faim pendant 10 jours au poste de police de Jongno et au centre de détention de Séoul. Je suis allée le voir le 21 juin pendant 10 minutes pour lui apporter notre soutien. Comme la précédente fois, toute la communication a été enregistrée.

3-Ji Young-chul, co-président de l’Alliance coréenne, ancien co-représentant et ancien représentant du Centre économique alternatif, a été arrêté le 20 octobre 2015 et est détenu au centre de détention de Séoul. – Le tribunal de première instance l’a condamné à 2 ans de prison ferme le 28 Avril 2016. Il a fait la grève de la faim pendant 10 jours au poste de police Jongno.

4-Lee Mi-sook, membre de l‘Alliance coréenne, ancienne secrétaire générale du Comité européen du DLP et Secrétaire générale du Forum international de Corée (IFC), a été arrêtée le 9 Août 2015 et est détenue au centre de détention de Séoul. La cour d’appel l’a condamnée à 2 ans de prison ferme le 26 mai 2016. (Elle a fait la grève de la faim pendant 10 jours aux postes de police Namdaemun et Seongdong Institut correctionnel).

5-Kim Dae-bong, membre de l‘Alliance coréenne, arrêté le 28 Octobre 2015 a été incarcéré à la détention de Suwon. Le tribunal de première instance l’a condamné à 1 an et 6 mois d’emprisonnement ferme le 20 mai 2016. Il a fait la grève de la faim pendant 10 jours au poste de police Nambu Suwon.

Les membres de l’Alliance coréenne incarcérés sans détention sont les suivants :

6- Kim Jeong-hee: ancienne vice-présidente du Comité Choongnam du PPU et directrice du centre Choongnam pour l’éducation et de la culture pour l’égalité des sexes. Elle a été arrêtée le 9 Août 2015 et libérée après 48 heures de garde à vue. – La cour d’appel l’a condamnée à 2 mois de prison, mais 3 ans de sursis à exécution. Elle a fait la grève de la faim pendant 48 heures au poste de police Namdaemun.

7-Kang Soon-young, ancienne rédactrice en cheffe de l’organe central du DLP, a été arrêtée le 15 Juillet 2015 et libérée après 48 heures de garde à vue. – La cour d’appel l’a condamnée à 1 an et 6 mois d’emprisonnement, mais trois années de sursis à exécution. Elle a fait la grève de la faim pendant 48 heures à la station de police Jongno.

8-Kim Dong-gwan, rédacteur en chef du journal en ligne «Journal of Progressive Workers», a été arrêté le 24 Juillet 2015 et libéré après 48 heures de garde à vue. – La cour d’appel l’a condamné à 1 an et 6 mois d’emprisonnement, mais trois années de sursis à exécution. Il a fait la grève de la faim et a coupé l’eau pendant 48 heures au poste de police Seodaemun.

9-Lee Dong-keun, ancien président du comité sur les collectivités territoriales de Choongnam, province DLP, a été arrêté le 26 Juillet 2015 et libéré après 48 heures de garde à vue. – La cour d’appel l’a condamné à 1 an et 6 mois d’emprisonnement ferme. Il a fait la grève de la faim la grève de la faim et a coupé l’eau pendant 48 heures au poste de police Seodaemun.

La situation de répression politique relative à la liberté d’expression exercée à l’encontre des membres de l’Alliance coréenne est certes intolérable. La santé de Kim Hye-young, souffrant du cancer de la thyroïde est très préoccupante car les autorités carcérales ne l’ont pas autorisée à consulter un médecin à l’extérieur pour des soins appropriés. Cet acte est contraire aux Principes fondamentaux relatifs au traitement des détenus et à ceux relatifs à l’éthique médicale élaborés par le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits humains (3).

La communauté internationale ne devrait pas oublier les prisonniers de conscience encore incarcérés en particulier en République de Corée (cas des 9 membres de l’Alliance coréenne) comme en Iran (cas de Ms Nisria Sotoudeh), au Burundi (cas de Pierre C. Mbonimpa), aux Etats-Unis d’Amérique (cas de Ms Ana Belén Montés) et d’autres en Birmanie. Elle devrait agir pour réclamer leur libération immédiate.

Nguyen Dac Nhu-Mai, Membre du CILD et de l’AAFC

Notes
(1) S’il faut se réjouir de la libération de nombreux prisonniers politiques depuis mai 2011, plusieurs centaines sont toujours détenus dans les prisons birmanes et le nombre croissant de détentions arbitraires donne à réfléchir. Depuis janvier 2012, il y a eu au moins 200 arrestations politiquement motivées. Le gouvernement actuel utilise en effet la législation pour persécuter et intimider les personnes qui osent exprimer des opinions contraires aux intérêts de l’Etat. In http://www.info-birmanie.org/un-prisonnier-de-conscience-est-un-prisonnier-de-trop/
(2) Charles Hoareau : Condamnation de l’interdiction du Parti Progressiste Unifié en Corée du Sud . In
http://www.reveilcommuniste.fr/article-le-parti-progressiste-unifie-de-coree-du-sud-interdit-125367215.html
(3) La reproduction, en tout ou en partie, de la teneur des documents publiés dans la présente publication est autorisée. Toutefois, en pareil cas, il est demandé que mention soit faite de la source et qu’un exemplaire de l’ouvrage où sera reproduit l’extrait cité soit communiqué au Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Palais des Nations Unies. Il est possible de se procurer des exemplaires du Manuel, du Guide du formateur, du Guide de poche et de la présente Compilation en s’adressant au : Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Palais des Nations 8-14, avenue de la Paix 1211 Genève 10 (Suisse)

                                                                        *

Site Web : http://www.ohchr.org e-mail : publications@ohchr.orgons, 8-14, avenue de la Paix, CH-1211 Genève 10, Suisse. In
http://www.ohchr.org/Documents/Publications/training11Add1fr.pdf

18. Principes fondamentaux relatifs au traitement des détenus

5. Sauf pour ce qui est des limitations qui sont évidemment rendues nécessaires par leur incarcération, tous les détenus doivent continuer à jouir des droits de l’homme et des libertés fondamentales énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et, lorsque l’État concerné y est partie, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Protocole facultatif qui l’accompagne, ainsi que de tous les autres droits énoncés dans d’autres Pactes des Nations Unies.(p.229)

9. Les détenus ont accès aux services de santé existant dans le pays, sans discrimination aucune du fait de leur statut juridique.

32. Principes d’éthique médicale applicables au rôle du personnel de santé, en particulier des médecins, dans la protection des prisonniers et des détenus contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants

Principe 1 : Les membres du personnel de santé, en particulier les médecins, chargés de dispenser des soins médicaux aux prisonniers et aux détenus sont tenus d’assurer la protection de leur santé physique et mentale et, en cas de maladie, de leur dispenser un traitement de la même qualité et répondant aux mêmes normes que celui dont bénéficient les personnes qui ne sont pas emprisonnées ou détenues. (p.371)