Archives de Tag: Corée du Sud

Jean Salem nous a quittés

Président du Comité d’initiative pour les libertés démocratiques en Corée du Sud, devenu le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), depuis sa fondation en 2015, le philosophe Jean Salem, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, nous a quittés le 14 janvier 2018 à l’âge de 65 ans, des suites d’une longue maladie. Le CILD rend hommage à un homme de combats, modeste et ouvert, d’une générosité rare, qui a jusqu’à la fin soutenu les luttes pour la démocratie en République de Corée. Son exemple doit continuer à nous inspirer.

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A l’instar de son père, Henri Alleg, qui s’était très tôt investi dans les mobilisations pour la réunification de la Corée et la démocratie au Sud de la péninsule, Jean Salem n’aimait pas se mettre en avant, jugeant que les causes justes exigent de dépasser les clivages et les luttes de chapelle : à cet égard, le séminaire « Marx au XXIe siècle : l’esprit et la lettre », qu’il avait animé à la Sorbonne depuis 2005, était un lieu irremplaçable d’échanges et de débats sur la philosophie de Marx aujourd’hui et les questions qu’elle suscite. C’est d’ailleurs dans le cadre de ce séminaire qu’il avait à plusieurs reprises donné la parole aux militants sud-coréens frappés par la répression, qui luttent pour les droits politiques et sociaux, à mille lieux des clichés qui veulent voir dans la République de Corée une démocratie dite libérale.

Ayant participé aux manifestations du 1er mai à Séoul, il avait pu témoigner de l’engagement de tout un peuple pour défendre des libertés démocratiques durement acquises dans la lutte contre la junte militaire, puis pour chasser du pouvoir la très autoritaire présidente Park Geun-hye. Quand les droits politiques des Sud-Coréens étaient sacrifiés sur l’autel des intérêts économiques et stratégiques des capitales occidentales, qui se taisant honteusement sur des atteintes systématiques aux droits de l’homme à Séoul, Jean Salem était toujours présent, rappelant l’indispensable solidarité qui doit s’établir avec les prisonniers politiques qui sont aujourd’hui toujours derrière les barreaux à Séoul.

Jean Salem était un homme fidèle à ses convictions, qui s’était engagé sans faiblir dans le combat encore largement ignoré pour les droits de l’homme en Corée du Sud. Le CILD continuera son oeuvre. Nous lui rendons hommage et présentons nos condoléances à sa famille, ses amis et ses camarades.

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Corée du Sud : appel interreligieux pour l’abolition de la peine de mort

Le 29 décembre 2017, les dirigeants de sept des principaux groupes religieux de la République de Corée (Corée du Sud) – bouddhistes, protestants, catholiques… – ont appelé à l’abolition de la peine de mort, en soulignant qu’elle ne dissuadait pas les auteurs de crimes, ni n’apportait en pratique d’aide aux victimes (photo ci-dessous). Cet appel, conjugué à celui lancé aux députés pour adopter une loi sur l’abolition de la peine capitale, n’est pas le premier : si la République de Corée est abolitionniste de fait depuis février 1998, le récent message des autorités religieuses prend sa pleine portée  vingt ans après les 23 dernières exécutions survenues dans le pays, le 30 décembre 1997. En effet, la République de Corée n’a toujours pas aboli la peine de mort en droit, malgré l’engagement en ce sens, pendant sa campagne électorale, du Président Moon Jae-in, élu le 9 mai 2017. Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) appelle le Président Moon Jae-in, ancien avocat spécialisé dans la défense des droits de l’homme, à honorer sa promesse de campagne.

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30 décembre 1997. Ils sont 23 à être exécutés en République de Corée, ce qui – au regard de la population de la Corée du Sud – en fait alors l’un des pays au monde à toujours appliquer le plus largement la peine capitale, cinq ans après l’élection d’un civil à la présidence de la République et la fin de facto du régime militaire. Mais onze jours plus tôt, l’élection à la présidence de la République de l’opposant (démocrate) Kim Dae-Jung, que la junte militaire au pouvoir à Séoul avait condamné à mort en 1980, allait changer la donne : dès son investiture en février 1998, il décidait l’application d’un moratoire sur les exécutions, sans toutefois abroger la peine de mort. Le moratoire est resté en application depuis cette date.

L’histoire de la peine de mort en Corée est en effet étroitement liée à celle de la répression politique. Alors que la monarchie coréenne l’avait largement pratiquée, c’est la domination japonaise sur la Corée qui conduit à l’application dans la péninsule de la première loi punissant de mort certains actes jugés criminels : quatre jours après l’adoption de la loi du 25 mars 1895, Jeon Bong-jun était condamné à mort, et exécuté dès le lendemain, le 30 mars 1895. Jeon Bong-jun avait dirigé la révolution paysanne Tonghak, et est aujourd’hui considéré comme un héros national dans l’ensemble de la Corée.

De 1948 à 1997, 902 personnes ont été condamnées à mort et exécutées en Corée du Sud, dont l’opposant de gauche au régime autoritaire de Syngman Rhee, Cho Bong-am, mis à mort en 1959, à l’issue d’un procès truqué (ce n’est qu’en janvier 2011 qu’il a été acquitté et réhabilité à titre posthume par la Cour suprême, laquelle a qualifié son exécution de « meurtre judiciaire« ).

Le Code pénal sud-coréen prévoit l’application de la peine de mort dans seize cas, dont ceux de « rébellion« , « conspiration avec une puissance étrangère« , « homicide« , « vol et homicide« . La peine capitale est explicitement exclue pour les mineurs âgés de moins de 18 ans.

Aujourd’hui, 61 prisonniers sud-coréens ont été condamnés à mort, ce nombre étant stable depuis 2013. Les dirigeants religieux qui se sont adressés au Président Moon Jae-in pour qu’il honore sa promesse de campagne d’abroger la peine de mort lui ont aussi demandé de commuer les condamnations à mort en peines de prison à vie.

Les condamnés à mort sud-coréens sont à présent des criminels de droit commun, les prisonniers politiques condamnés dans la période récente l’ayant été à des peines de prison ferme – comme l’ancien député Lee Seok-ki, mis en prison à l’issue d’un procès fabriqué par les services de renseignement, ou le dirigeant national de l’une des deux grandes centrales syndicales (la Confédération coréenne des syndicats), Han Sang-gyun.

L’abolition en droit de la peine de mort n’est pas seulement un débat théorique en Corée du Sud. Comme dans d’autres pays d’Asie de l’Est, de larges courants de l’opinion sont favorables à la peine capitale, notamment en cas de meurtres violents ou de viols de mineurs. En mars 2010, le ministre de la Justice Lee Kwi-nam avait annoncé la reprise des exécutions, suite à l’émotion créée après la condamnation à mort pour viol et pour meurtre d’une fillette de 15 ans de Kim Kil-tae (dont la peine avait ensuite été commuée en emprisonnement à vie en décembre 2010). Mais le gouvernement avait finalement renoncé à mettre fin au moratoire sur l’exécution des condamnés à mort.

En février 2010, la Cour constitutionnelle sud-coréenne – dont les décisions, du fait du mode de nomination de ses membres, sont souvent très politiques et controversées (par exemple, pour la dissolution du Parti progressiste unifié en décembre 2014, ou concernant les discriminations contre les homosexuels) – avait jugé que la peine de mort n’était pas contraire à la Constitution, notamment les principes de  valeur et de dignité de la personne humaine. Cette décision, rendue opportunément quelques semaines avant l’annonce du ministre de la Justice qu’il reprendrait l’exécution des condamnés à mort, avait été critiquée par Amnesty International.

Quelle démocratie en Corée du Sud ? Rencontre-discussion à Lille le 23 décembre 2017

Le 23 décembre 2017, l’Atelier d’histoire critique organise une discussion publique à la bibliothèque de quartier du Vieux Lille 25/27 place Louise de Bettignies, à partir de 15h, sur le thème « D’hier à aujourd’hui : la Corée du Sud un exemple de démocratie ? ».

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Cette rencontre-débat aura lieu en présence de Lee Yeda, objecteur de conscience, réfugié politique sud-coréen en France, et Park Mirinae, militante féministe, ancienne membre du Parti progressiste unifié, dissous dans des conditions arbitraires.

Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) appelle toutes et tous à participer au débat et à relayer cette information, qui s’inscrit dans nos combats fondamentaux.

Crimes sexuels dans l’armée : le voile pudique des autorités sud-coréennes

L’armée de la République de la Corée apparaît comme une zone de non-droit, où sont commis des actes de torture – comme en a témoigné par exemple, en avril 2014, la mort d’un conscrit victime de sévices. Un autre sujet préoccupant sont les crimes à caractère sexuel contre les femmes, ainsi qu’en fait état un récent rapport parlementaire de l’armée dont l’examen a été confié à un député d’opposition (conservateur), Kim Hack-yong – mais ce dernier, en alignant les généralités et en refusant de détailler les faits qu’il juge inquiétants, témoigne non seulement du refus de transparence des autorités sud-coréennes, mais de leur collusion avec les partisans de l’impunité. Au demeurant, que pouvait-on attendre d’autre de la part d’un député appartenant à un parti (le mal nommé le parti de la Liberté de la Corée) qui assume l’héritage de la junte ayant tué des milliers de Coréens entre 1961 et 1987, et dont certains membres n’hésitent ainsi pas à justifier les atrocités de feue la dictature militaire ?

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Kim Hack-yong

Est-ce de la complaisance ou le signe de son incapacité à exercer son mandat de parlementaire, c’est-à-dire de représentant de la nation disposant de prérogatives spécifiques et habilité non seulement à voter la loi, mais aussi à contrôler l’action du gouvernement et de l’administration ?

Kim Hack-yong déclare que les « mauvais comportements sexuels » sont un « problème persistant » dans les académies militaires – celles-là même où l’on forme l’encadrement des futures recrues, alors que la Corée du Sud maintient le système de conscription.

Le « zéro délit » n’existant dans aucune société, le lecteur pouvait s’attendre à des révélations… que nenni ! On saura seulement que 4 cas ont été référencés de janvier à septembre 2017, contre 5 en 2016 – et que 33 soldats ont été punis en 5 ans (dont 14 expulsés de l’armée). Mais des cas de quoi ? « Harcèlement, prostitution, propos obscènes et viols » selon l’auteur de l’article du Korea Times. Seul exemple cité : une caméra cachée permettant de voir les sous-vêtements d’une femme, et ayant conduit à une expulsion.

Oui, vous avez bien lu : non seulement les viols (qui sont un crime en droit pénal) seraient donc rares dans les académies militaires sud-coréennes (car rarement déclarés ?), mais de surcroît leurs auteurs seraient, au plus, expulsés ?!

Il est grand temps que l’administration démocrate du Président Moon Jae-in, qui a été avocat des droits de l’homme pendant la dictature militaire, cesse de prendre pour argent comptant les rapports de l’armée sud-coréenne qui, encore et toujours, est déjà soucieuse de l’impunité des tortionnaires dans ses rangs – et encore plus de laisser les  parlementaires d’un parti héritier de la dictature militaire traiter ces atteintes aux droits de l’homme.

Droits de l’homme en Corée du Sud : quel bilan après 5 mois de présidence Moon Jae-in ?

Le 9 mai 2017, l’élection à Séoul du démocrate Moon Jae-in, ancien avocat des droits de l’homme, à la présidence de la République ouvrait l’espoir d’une plus grande démocratie (malgré sa proximité avec les conservateurs sur les questions liées à l’homophobie et aux droits des personnes LGBTI),  après les sévères régressions dans le domaine des libertés publiques sous les présidences Lee Myung-bak et Park Geun-hye. Cinq mois plus tard, où en est-on exactement ?

La loi de sécurité nationale n’a pas été abrogée. La plupart des prisonniers politiques n’ont pas été libérés. La chasse aux soldats gays se poursuit dans l’armée et les objecteurs de conscience sont toujours envoyés en prison par centaines chaque année. Les militants pacifiques étrangers injustement inscrits sur la liste noire sont toujours interdits de séjour en Corée du Sud – comme l’a prouvé malheureusement le cas de la Coréenne américaine Juyeon Rhee, qui a été interdite d’entrée en Corée du Sud malgré notre mobilisation. Indéniablement, l’élection de Moon Jae-in ne s’est pas traduite par un vent nouveau de liberté en République de Corée.

Mais des changements sont toutefois en cours : outre que la répression politique et antisyndicale n’a pas fait de nouvelles victimes, un Comité de réforme politique a jeté les bases d’une plus grande liberté d’expression et de manifestation. Le Président Moon a immédiatement procédé à des changements à la tête de l’agence nationale de renseignement, tout en s’engageant à revoir le déshonorant accord avec le Japon sur les « femmes de réconfort », euphémisme désignant les esclaves sexuelles avant et pendant la Seconde guerre mondiale. Enfin, la justice a pu poursuivre son travail sans subir les entraves du pouvoir politique, comme l’a prouvé la condamnation de Lee Jae-yong, dirigeant de fait du groupe Samsung, ou encore la poursuite de la réhabilitation des victimes de l’ère Park Chung-hee.

Au final, si l’on veut tirer un bilan, chacun pourra reprendre la métaphore du verre à moitié vide ou à moitié plein pour porter un jugement global. Sauf que celui-ci est certainement prématuré après seulement cinq mois de présidence, qui plus est dans un contexte de graves tensions internationales qui n’ont guère laissé de marges de manœuvre pour les éventuelles réformes touchant à l’armée et aux services de renseignement. Ce que montre toutefois les premiers mois de la présidence Moon Jae-in est que le chef de l’Etat est un homme prudent et pragmatique, qui n’a pas hésité à changer de position sur des questions telles que le déploiement en Corée du Sud du système américain de missiles THAAD. C’est pourquoi seule une mobilisation nationale et internationale permettra de faire évoluer l’administration sud-coréenne pour engager les réformes nécessaires : plus que jamais, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud a besoin de toutes et de tous pour atteindre ses objectifs ambitieux de démocratisation effective au Sud de la péninsule !

Park Noh-soo et Kim Kyu-nam : deux exécutions dans un procès truqué du régime Park Chung-hee ont donné lieu à une indemnisation

Au tournant des années 1960 et 1970, deux personnalités sud-coréennes – le professeur Park Noh-soo et le député Kim Kyu-nam – étaient poursuivies dans l’affaire dite de l’espionnage européen – au profit de la Corée du Nord – dans le cadre de leur séjour en Europe, et devaient finalement être condamnés à mort et exécutés. 45 ans plus tard, les fausses preuves utilisées à charge contre les prévenus ont conduit à des décisions judiciaires ordonnant le versement d’indemnités aux familles des victimes.

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Park Noh-soo siège à l’extrême droite sur cette photo, et Kim Kyu-nam tout de suite sur sa gauche

Né en 1933, Park Noh-soo était parti étudier à l’étranger et était devenu chercheur invité à l’Université de Cambridge. Revenu en République de Corée (Corée du Sud) en février 1969 il était arrêté pour espionnage dès le mois d’avril, avant d’être condamné à mort et exécuté en 1972. De faux aveux d’espionnage au profit de la Corée du Nord lui avaient été extorqués sous la torture, sur la base des séjours qu’il avait faits à Berlin-Est et à Pyongyang quand il étudiait à l’étranger.

La réouverture de son procès en 2015 a conduit à le déclarer non coupable. Sa famille – notamment sa veuve, qui a ensuite émigré au Canada – a engagé un procès en réparation : la justice sud-coréenne vient d’ordonner une indemnisation au titre du préjudice subi à hauteur de 2,09 millions de dollars – en-deçà cependant de la somme demandée par les plaignants (6,24 millions de dollars). Plus tôt cette année, en février, la famille du député Kim Kyu-nam, également condamné à mort dans la même affaire truquée d’espionnage, a obtenu 2,41 millions de dollars.

Tout en saluant ces décisions qui ne répareront jamais entièrement le préjudice et l’opprobre subis par deux hommes et leurs familles, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) plaide pour que les prisonniers politiques actuellement sous les verrous en République de Corée, à l’issue de procès également truqués, soient libérés immédiatement et obtiennent une réparation à la hauteur du préjudice qu’ils ont subis.

Après la condamnation à cinq ans de prison ferme de Lee Jae-yong, l’heure est venue de punir les séides du NIS

Placé en détention depuis le 17 février 2017, dans le cadre de l’affaire Choi Soon-sil, Lee Jae-yong, héritier du groupe Samsung et dirigeant de fait du groupe (qui représente 23 % du PIB sud-coréen) depuis l’hospitalisation de son père en 2014, a été condamné à cinq ans de prison ferme le 25 août 2017. Une décision de justice qui témoigne des liens étroits, faits d’arrangements entre amis, entre la clique conservatrice (au pouvoir à Séoul entre 2008 et 2017) et le grand capital sud-coréen – et qui ne doit pas non plus occulter les violations massives des droits des travailleurs que nous avions dénoncées, aux côtés de Sud-Coréens exploités par le chaebol lors de leur visite en France, aux côtés, notamment, de la CGT-Métallurgie et de l’Association d’amitié franco-coréenne

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Le retentissant scandale du Choigate – du nom de la gourou, Choi Soon-sil, de la présidente Park Geun-hye jusqu’à la destitution de cette dernière – a connu un nouveau rebondissement avec la condamnation à 5 ans de prison ferme de Lee Jae-yong, dirigeant de fait de Samsung : l’enquête a confirmé le versement (ou la promesse de versement) de quelque 32 millions d’euros (et non plus 16 millions d’euros, comme initialement envisagé) à deux fondations dirigées par Choi Soon-sil en contrepartie de pressions publiques en faveur d’une opération capitalistique ayant renforcé la position de Lee Jae-yong à la tête de Samsung.

Lee Jae-yong, qui a suivi une ligne de défense consistant à déclarer qu’il n’aurait pas eu les compétences et les connaissances nécessaires pour prendre les décisions incriminées (ce qui ne l’empêchait pas d’en retirer en revanche les dividendes, puisque le magazine Forbes estime sa fortune à 5,9 milliards d’euros, la troisième plus importante de Corée), a a admis, pendant le procès, un don d’un cheval d’une valeur de 800 000 euros à Chung Yoo-ra, la fille de Choi Soon-sil, qui se préparait à l’épreuve de dressage aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

Les révélations médiatiques lors du procès ont aussi fait apparaître les relations directes entre Lee Jae-yong et les services de renseignement sud-coréens (NIS) pour l’informer en temps réel de l’opération capitalistique citée plus haut. Si Lee Jae-yong et Park Geun-hye sont désormais en prison, et le premier d’ores et déjà condamné, un autre procès reste bien à faire : celui de la mafieuse agence de renseignement sud-coréenne, impliquée dans toutes les atteintes à la démocratie en Corée du Sud. Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud convie l’administration démocrate sud-coréenne à ne pas trembler face aux nécessaires poursuites des agents de renseignement sud-coréens qui, aux différents niveaux qu’ils ont occupés, ont agi en séides d’un régime criminel et corrompu, qu’avait par ailleurs soutenu sans nuances le Président François Hollande. Sans cette épuration de l’agence de renseignement sud-coréenne, la démocratisation de la République de Corée ne pourra être menée à bien.