Archives mensuelles : avril 2015

Les travailleurs coréens en grève pour défendre le droit du travail

KCTULe 24 avril 2015, la Confédération coréenne des syndicats (Korean Confederation of Trade Unions, KCTU) a appelé à la grève pendant 24 heures pour dénoncer les projets de réforme du droit du travail, visant à favoriser les licenciements et à accroître les emplois précaires en contrat à durée déterminée (CDD).

Selon la KCTU, ce sont plus de 260 000 travailleurs qui ont répondu à son appel, notamment dans l’enseignement, la santé et l’industrie automobile (Kia Motors).

La KCTU appelle également à l’augmentation du salaire minimum et au retrait du projet gouvernemental de baisse des pensions de retraite des fonctionnaires.

Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud soutient pleinement les revendication des travailleurs coréens, la flexibilité toujours accrue du marché du travail créant une pression continue à la baisse pour diminuer les salaires et dégrader les conditions de travail. La casse des autorités sud-coréennes contre le droit du travail inscrit la répression accrue contre les militants politiques et syndicaux sud-coréens dans une logique viscéralement antisociale.

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La répression contre les manifestants commémorant l’accident du ferry « Sewol » est une insulte aux victimes

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Le recours injustifié à la force par la police sud-coréenne contre les familles des victimes de la tragédie du ferry Sewol est une insulte aux victimes et une violation des droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, a déclaré Amnesty International vendredi 17 avril 2015.

Selon les médias locaux, la police a utilisé des aérosols de gaz poivre contre les participants à une manifestation silencieuse organisée en hommage aux victimes, près du quartier de Gwanghwamun, dans le centre de Séoul, jeudi 16 avril dans la soirée.

Selon certaines informations, la mère d’un adolescent mort dans l’accident a eu des côtes fracturées lorsqu’un policier a utilisé son bouclier pour repousser la foule.

« La répression contre une manifestation majoritairement pacifique est totalement injustifiée et inutile. C’est une insulte aux victimes de la tragédie du ferry Sewol et à leurs familles », a déclaré Arnold Fang, chercheur sur l’Asie de l’Est à Amnesty International.

Les manifestations ont débuté jeudi, des dizaines de milliers de personnes s’étant rassemblées pour prendre part à la marche silencieuse marquant le premier anniversaire de cet accident dans lequel 304 personnes, pour la plupart des lycéens, ont trouvé la mort.

Elles dénoncent le manque d’indépendance de l’enquête menée par le gouvernement sur l’accident du ferry.

Dix personnes ont été arrêtées lors des affrontements avec la police à Séoul, lors de la marche jeudi soir, et au moins 400 policiers ont encerclé environ 70 personnes vendredi matin à l’aube.

« Un an après l’accident, les autorités ont montré leur vrai visage et leur mépris pour les droits des familles et pour les partisans de la liberté d’expression et de réunion pacifique. Les familles des victimes doivent être libres d’exprimer sans violence leurs opinions, sans craindre d’être arrêtées ni intimidées », a déclaré Arnold Fang.

Amnesty International a également vu certains policiers qui ne portaient pas de numéro d’identification visible, ce qui facilite le fait de se soustraire à l’obligation de rendre des comptes. La police a également empêché d’autres membres des familles de se joindre à la marche et tenté d’empêcher des gens d’apporter de la nourriture aux manifestants.

Utiliser des produits chimiques irritants, non pas pour apporter une réponse ciblée à des actes de violence, mais pour disperser des manifestants pacifiques est illégal au regard des normes juridiques internationales.

Source : Amnesty International (photo : Minzok Ilbo)

Reportage sur la manifestation du 16 avril 2015 à Séoul (en anglais)

Reportage sur la manifestation du 18 avril 2015 à Séoul (en anglais)

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La liste de Sung Wan-jong éclabousse le Parti Saenuri

9 avril 2015, 15h30 : la police découvre le corps sans vie de Sung Wan-jong. Le PDG de l’entreprise de construction Keangnam, qui faisait l’objet d’une enquête pour corruption et pour fraude s’intéressant aux subventions reçues par son entreprise, a laissé derrière lui une note dans laquelle il a expliqué son suicide et donné une liste de personnalités du parti Saenuri (conservateur, au pouvoir) auxquelles il aurait versé d’importantes sommes d’argent.

Depuis l’époque de la junte militaire, longtemps dirigée par le général Park Chung-hee, père de l’actuelle présidente sud-coréenne, les conservateurs sud-coréens ont largement soutenu le développement de groupes économiques confiées à des personnalités proches d’eux. En contrepartie, ces mêmes groupes ont été des bailleurs de fonds des généraux sud-coréens et de leurs partisans.

Peu avant sa mort, Sung Wan-jong avait déjà déclaré avoir versé des pots-de-vin, en utilisant pour ses révélations le quotidien d’opposition (centre-gauche) Kyunghyang Shinmun. S’étant décrit comme proche de la Présidente Park Geun-hye, Sung Wan-jong avait été meurtri d’être associé aux scandales de corruption du prédécesseur de Mme Park, M. Lee Myung-bak, également de sensibilité conservatrice.

Dans la liste des personnalités qu’aurait corrompues Sung Wan-jong apparaît le nom de l’actuel Premier ministre, Lee Wan-koo, en poste seulement depuis février 2015, ainsi que du directeur de cabinet de la Présidente Park Geun-hye. Malgré les démentis des personnalités mises en cause, Moon Jae-in, qui dirige l’opposition parlementaire, a exigé des explications de l’administration Park, demandé le départ du Premier ministre et condamné la Présidente Park pour avoir maintenu son déplacement en Amérique latine, alors que le Premier ministre, appelé à la remplacer en son absence, est sous le coup d’une inculpation.

Ce déplacement à l’étranger intervient par ailleurs au moment du premier anniversaire du dramatique naufrage du ferry Sewol, qui a fait 304 morts le 16 avril 2014. Yoo Byung-eun, dont la famille détenait l’entreprise maritime Chonghaejin propriétaire du Sewol, se serait suicidé après qu’un corps sans vie, initialement considéré comme celui d’un SDF, a été présenté comme celui de l’homme alors le plus recherché de Corée du Sud.  Yoo Byung-eun était aussi notablement proche des milieux conservateurs, et les familles des victimes du Sewol accusent aujourd’hui le pouvoir de multiplier les obstacles à la conduite d’une enquête indépendante, alors qu’apparaissent des scandales de corruption entre Chonghaejin et les autorités sud-coréennes.

Entre la liste de Sung Wan-jong et l’affaire du Sewol, deux scandales atteignent directement la Présidente Park Geun-hye. Mais la corruption n’est-elle pas le corollaire naturel des régimes autoritaires ? Le besoin de vérité et de transparence exige que les gouvernements occidentaux cessent leur soutien complaisant au pouvoir conservateur sud-coréen, en faisant pression sur les autorités de Séoul pour qu’elles cessent la répression contre les opposants,  libèrent l’ensemble des prisonniers politiques et rétablissent dans ses droits le Parti progressiste unifié, interdit à l’issue d’une farce juridique. Les membres du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud continueront d’agir en ce sens et à sensibiliser les opinions publiques, étant solidaires du combat courageux mené par les hommes et les femmes qui luttent pour la liberté et la justice en Corée du Sud.

Mise à jour 20 avril 2015 : le Premier ministre Lee Wan-koo, qui était entré en fonctions le 17 février 2015, a démissionné.

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Ce que révèle le naufrage du « Sewol » du système politique sud-coréen

Le samedi 18 avril 2015 place du Trocadéro à Paris, aura lieu, à partir de 18h,  une manifestation organisée par les Coréens de France pour exiger la vérité un an après le naufrage du ferry Sewol qui a causé, le 16 avril 2014, la mort de 304 personnes, majoritairement des lycéens en voyage scolaire. Des rassemblements analogues auront lieu le même jour dans 18 villes du monde. Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud appelle à participer et faire participer à la manifestation qui se tiendra à Paris, pleinement convaincu que la mobilisation internationale est un facteur décisif pour que les autorités sud-coréennes cessent de nier leurs responsabilités et prennent les mesures nécessaires pour que de telles catastrophes ne se reproduisent plus.

Sewol Manif Seoul

Il y a plusieurs niveaux de lecture du naufrage du ferry Sewol : la sinistre réalité d’un navire qui ne répondait plus aux normes de sécurité, conséquence désastreuse d’une déréglementation libérale ; le bilan piteux d’opérations de secours conduites dans des conditions inacceptables, notamment lorsque l’on sait que les moyens de secours de la marine militaire n’ont pas été engagés et que neuf corps n’ont toujours pas été récupérés ; les tentatives éhontées des autorités sud-coréennes de faire porter le chapeau exclusivement au propriétaire et à l’équipage du ferry, qui appartenait à une entreprise familiale dont le patriarche a été retrouvé mort après des semaines de chasse à l’homme… Ce dernier, plus connu en France sous son nom d’artiste Ahae, était un photographe qui ne serait pas apparu sur le devant de la scène parisienne de la photographie s’il n’avait largement subventionné les fleurons de l’art français, le Musée du Louvre et le château de Versailles, et bénéficié de protections au plus haut niveau – à commencer par l’ambassade de la République de Corée en France. Mais Yoo Byung-eun, alias Ahae, était aussi à la tête d’une église prospère et nourrissait des relations haut placées avec l’establishment conservateur au pouvoir à Séoul. Il avait déjà géré une compagnie de ferrys, sur le fleuve Han à Séoul, qui avait fait faillite, et son nom avait été cité dans le suicide collectif de membres de son église.

Mais le plus affligeant est la réaction du Gouvernement sud-coréen, refusant d’accéder aux demandes des familles des victimes et les accusant d’être manipulées par l’opposition. Si un comité d’enquête a bien été créé, il n’est doté ni des compétences, ni des moyens financiers nécessaires au bon exercice de ses missions. Si les membres d’équipage, qui ont fui, ont été condamnés à de lourdes peines, celles-ci n’ont été prononcées qu’à l’issue de procédures lentes et peu convaincantes, qui ont surtout évacué la question du manque d’efficacité de la chaîne de secours et du rôle que devraient jouer le Gouvernement et ses représentants en pareilles circonstances. Quand un Etat manque à protéger ses concitoyens, il faillit dans l’exercice de ses missions fondamentales. Une telle situation est encore moins acceptable dans un pays industrialisé membre de l’OCDE, qui dispose des ressources et des compétences nécessaires. La vache sacrée du libéralisme à outrance serait-elle à ce point intouchable ? La subordination des autorités sud-coréennes au capital financier les aveuglerait-elle au point d’en oublier le sens commun de leurs devoirs et responsabilités ?

Par solidarité tant avec les victimes qu’avec les Coréens qui luttent pour la démocratie politique et la justice sociale, nous appelons toutes et tous à faire du rassemblement au Trocadéro, à Paris, le 18 avril 2015, où alterneront extraits musicaux et discours, un événement fondateur pour l’avènement d’une nouvelle Corée du Sud, délivrée des chaînes de l’autoritarisme.

Manif Sewol Paris 18 avril 2015

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Suite à sa réunion du 1er avril 2015, le Comité d’initiative contre la répression politique en Corée du Sud est devenu le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud

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