Archives de Catégorie: Appel

Corée du Sud : appel interreligieux pour l’abolition de la peine de mort

Le 29 décembre 2017, les dirigeants de sept des principaux groupes religieux de la République de Corée (Corée du Sud) – bouddhistes, protestants, catholiques… – ont appelé à l’abolition de la peine de mort, en soulignant qu’elle ne dissuadait pas les auteurs de crimes, ni n’apportait en pratique d’aide aux victimes (photo ci-dessous). Cet appel, conjugué à celui lancé aux députés pour adopter une loi sur l’abolition de la peine capitale, n’est pas le premier : si la République de Corée est abolitionniste de fait depuis février 1998, le récent message des autorités religieuses prend sa pleine portée  vingt ans après les 23 dernières exécutions survenues dans le pays, le 30 décembre 1997. En effet, la République de Corée n’a toujours pas aboli la peine de mort en droit, malgré l’engagement en ce sens, pendant sa campagne électorale, du Président Moon Jae-in, élu le 9 mai 2017. Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) appelle le Président Moon Jae-in, ancien avocat spécialisé dans la défense des droits de l’homme, à honorer sa promesse de campagne.

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30 décembre 1997. Ils sont 23 à être exécutés en République de Corée, ce qui – au regard de la population de la Corée du Sud – en fait alors l’un des pays au monde à toujours appliquer le plus largement la peine capitale, cinq ans après l’élection d’un civil à la présidence de la République et la fin de facto du régime militaire. Mais onze jours plus tôt, l’élection à la présidence de la République de l’opposant (démocrate) Kim Dae-Jung, que la junte militaire au pouvoir à Séoul avait condamné à mort en 1980, allait changer la donne : dès son investiture en février 1998, il décidait l’application d’un moratoire sur les exécutions, sans toutefois abroger la peine de mort. Le moratoire est resté en application depuis cette date.

L’histoire de la peine de mort en Corée est en effet étroitement liée à celle de la répression politique. Alors que la monarchie coréenne l’avait largement pratiquée, c’est la domination japonaise sur la Corée qui conduit à l’application dans la péninsule de la première loi punissant de mort certains actes jugés criminels : quatre jours après l’adoption de la loi du 25 mars 1895, Jeon Bong-jun était condamné à mort, et exécuté dès le lendemain, le 30 mars 1895. Jeon Bong-jun avait dirigé la révolution paysanne Tonghak, et est aujourd’hui considéré comme un héros national dans l’ensemble de la Corée.

De 1948 à 1997, 902 personnes ont été condamnées à mort et exécutées en Corée du Sud, dont l’opposant de gauche au régime autoritaire de Syngman Rhee, Cho Bong-am, mis à mort en 1959, à l’issue d’un procès truqué (ce n’est qu’en janvier 2011 qu’il a été acquitté et réhabilité à titre posthume par la Cour suprême, laquelle a qualifié son exécution de « meurtre judiciaire« ).

Le Code pénal sud-coréen prévoit l’application de la peine de mort dans seize cas, dont ceux de « rébellion« , « conspiration avec une puissance étrangère« , « homicide« , « vol et homicide« . La peine capitale est explicitement exclue pour les mineurs âgés de moins de 18 ans.

Aujourd’hui, 61 prisonniers sud-coréens ont été condamnés à mort, ce nombre étant stable depuis 2013. Les dirigeants religieux qui se sont adressés au Président Moon Jae-in pour qu’il honore sa promesse de campagne d’abroger la peine de mort lui ont aussi demandé de commuer les condamnations à mort en peines de prison à vie.

Les condamnés à mort sud-coréens sont à présent des criminels de droit commun, les prisonniers politiques condamnés dans la période récente l’ayant été à des peines de prison ferme – comme l’ancien député Lee Seok-ki, mis en prison à l’issue d’un procès fabriqué par les services de renseignement, ou le dirigeant national de l’une des deux grandes centrales syndicales (la Confédération coréenne des syndicats), Han Sang-gyun.

L’abolition en droit de la peine de mort n’est pas seulement un débat théorique en Corée du Sud. Comme dans d’autres pays d’Asie de l’Est, de larges courants de l’opinion sont favorables à la peine capitale, notamment en cas de meurtres violents ou de viols de mineurs. En mars 2010, le ministre de la Justice Lee Kwi-nam avait annoncé la reprise des exécutions, suite à l’émotion créée après la condamnation à mort pour viol et pour meurtre d’une fillette de 15 ans de Kim Kil-tae (dont la peine avait ensuite été commuée en emprisonnement à vie en décembre 2010). Mais le gouvernement avait finalement renoncé à mettre fin au moratoire sur l’exécution des condamnés à mort.

En février 2010, la Cour constitutionnelle sud-coréenne – dont les décisions, du fait du mode de nomination de ses membres, sont souvent très politiques et controversées (par exemple, pour la dissolution du Parti progressiste unifié en décembre 2014, ou concernant les discriminations contre les homosexuels) – avait jugé que la peine de mort n’était pas contraire à la Constitution, notamment les principes de  valeur et de dignité de la personne humaine. Cette décision, rendue opportunément quelques semaines avant l’annonce du ministre de la Justice qu’il reprendrait l’exécution des condamnés à mort, avait été critiquée par Amnesty International.

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Déclaration de solidarité avec les jeunes militants pacifistes sud-coréens interdits d’entrée aux Etats-Unis

Le 25 octobre 2017 de jeunes pacifistes sud-coréens ont été interdits d’entrée aux Etats-Unis. Ce refus d’entrée a suscité un appel à la solidarité soutenu par 60 organisations de par le monde, dont le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud et, en France, l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC). La déclaration de solidarité a ensuite été envoyée par le Professeur Ramsay Liem, au nom de l’association de Coréens américains Nodutdol, avec la liste de ses signataires, au secrétaire d’État américain Rex Tillerson le 3 novembre 2017 : le courrier d’accompagnement (en anglais) a déploré que « cette action donne une pauvre image de votre administration et suggère de la faiblesse, et non de la force. Nous vous demandons respectueusement une pleine explication de ce refus d’entrée et une annulation immédiate de cette décision« . Nous reproduisons ci-après le texte de cette déclaration, en anglais, en coréen et (traduit par nos soins de l’anglais) en français.

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Le mercredi 25 octobre 2017, 15 jeunes militants sud-coréens ont été interdits d’entrée aux États-Unis. Leur délégation, Agir pour interdire la folie de Trump (en anglais : Ban Trump’s Crazy action, acronyme BTC), venait aux États-Unis pour dénoncer les politiques et déclarations de l’administration Trump envers la Corée du Nord – « le bruit et la fureur« , « détruire totalement la Corée du Nord » – qui aggravent les tensions dans la péninsule coréenne et font courir le risque d’une seconde guerre de Corée.

Mais quand ils sont arrivés à l’aéroport international d’Incheon, des officiels américains ont bloqué leur départ en disant aux jeunes que leur Système Électronique d’Autorisation de Voyage (acronyme anglais : ESTA) n’était pas valide et qu’ils avaient besoin de visas délivrés par l’ambassade américaine. Ils ont ensuite découvert que leurs approbations d’ESTA avaient été annulées plus tôt le matin même. Un des membres du groupe qui était parti plus tôt pour les États-Unis a été arrêté à l’aéroport JFK et placé en détention sans pouvoir utiliser son téléphone, son expulsion étant prévue le lendemain.

Après avoir été empêchée d’entrer aux États-Unis, la délégation a immédiatement engagé une action de protestation à l’aéroport puis s’est rendue à l’ambassade américaine à Séoul pour une conférence de presse. En tant que jeunes aimant la paix, ils ont déclaré être choqués d’avoir été interdits d’entrée aux États-Unis. Leur seul but était de dénoncer l’escalade des tensions en Corée par Trump avec des danses, des chants et des marches et de rencontrer des citoyens américains partageant leur aspiration à la paix. Ils ont déclaré : « Pourquoi nous craignez-vous, Trump ? Nous ne sommes pas des terroristes. Levez l’interdiction d’entrée maintenant ! » BTC continuera de dénoncer leur interdiction d’entrée devant l’ambassade américaine et mènera des veillées pour la paix jusqu’à l’arrivée de Trump à Séoul le 7 novembre.

Soutien à BTC

En tant qu’organisations et individus qui plaidons pour l’ouverture des frontières, la liberté d’expression et une résolution pacifique des conflits internationaux, nous nous opposons énergiquement au refus d’entrée aux États-Unis des membres de BTC et exigeons une explication complète de cette action ainsi qu’une annulation immédiate de cette décision. Nous nous opposons aussi fermement à l’escalade des tensions avec la Corée du Nord menée par l’administration Trump, soutenons pleinement les pacifistes sud-coréens qui se mobilisent pour dénoncer la visite de Trump dans leur pays et se préparent à des manifestations massives le 4 novembre. Nous sommes solidaires de tous ceux – Coréens, citoyens des États-Unis et d’autres pays à travers le monde – qui s’engagent inconditionnellement à empêcher une seconde guerre de Corée.

De la part de personnes qui aux États-Unis défendent la paix et sont contre la guerre dans la péninsule coréenne.

Organisations soutenant la déclaration (par ordre alphabétique)

  1. About Face
  2. Action One Korea, Los Angeles
  3. ANSWER Coalition
  4. Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) France Korea Friendship Association
  5. Baltimore City Green Party
  6. Brooklyn For Peace
  7. Campaign for Nuclear Disarmament in the UK
  8. Campaign for Peace, Disarmament and Common Security
  9. Catholic Workers
  10. Channing and Popai Liem Education Foundation
  11. Citizens Opposing Active Sonar Threats (COAST)
  12. CODEPINK
  13. Dorchester People for Peace
  14. Eclipse Rising
  15. Ecumenical Peace Institute/Clergy and Laity Concerned
  16. Environmentalists Against War
  17. Forum Against Imperialist War and NATO (Spain)
  18. France-Korea Friendship Association (Association d’amitié franco-coréenne, AAFC)
  19. Global Network Against Weapons & Nuclear Power in Space, National
  20. Granny Peace Brigade Philadelphia
  21. Hampton Institute
  22. Individuals for Justice
  23. HOBAK (Hella Organized Bay Area Koreans)
  24. International Action Center, National
  25. International Action Center, New York
  26. International Committee for Democratic Liberties in South Korea,
  27. International Forum on Globalization, San Francisco
  28. Korea Policy Institute
  29. Korean American National Coordinating Council, inc
  30. Korean Peace Alliance, Los Angeles
  31. LEPOCO Peace Center (Lehigh-Pocono Committee of Concern), Bethlehem, PA
  32. Malu ‘Aina Center for Non-violent Education & Action
  33. Nanum Corean Cultural Center, Los Angeles
  34. New York Association for Gender Rights Advocacy (NYAGRA)
  35. Nodutdol for Korean Community Development, New York
  36. Nuclear Age Peace Foundation
  37. Peace Action New York State
  38. Peace Action Montgomery
  39. Peace Action, National
  40. PEACEWORKERS
  41. Popular Resistance
  42. Progressive Asian Network for Action, Los Angeles
  43. Progressive Democrats of America
  44. RootsAction.org
  45. Show Up! America
  46. Support committee for Korean prisoners of conscience in US
  47. Task Force to Stop THAAD in Korea and US militarism in Asia and the Pacific, National
  48. TLtC Justice & Peace Committee
  49. United for Peace and Justice
  50. United National Antiwar Coalition (UNAC), National
  51. US Labor Against the War
  52. US PEACE COUNCIL
  53. Veterans For Peace, Albuquerque Chapter
  54. Veterans For Peace, chapter 27
  55. Veterans For Peace – National
  56. Veterans For Peace – NYC Chapter 034
  57. Western States Legal Foundation
  58. Women Against Military Madness
  59. Women for Genuine Security
  60. World Beyond War

Envoyé à BTC en Corée du Sud et Rex Tillerson, département d’État américain, le 3 novembre 2017

*

Solidarity Statement for South Korean Youth Peace Activists Denied Entry into the United States

On Wednesday, October 25, 2017, fifteen South Korean youth activists were denied entry into the United States. Their delegation, Ban Trump’s Crazy action (BTC), was coming to the United States to protest Trump administration policies and proclamations toward North Korea – “fire and fury,” “totally destroy North Korea” – that are escalating tensions on the Korean peninsula and threatening a second Korean War.

But when they arrived at Incheon International airport, U.S. officials blocked their departure telling the youth their ESTA (Electronic System for Travel Authorization) was not valid and that they needed hardcopy visas issued by the U.S. embassy. They later discovered that their ESTA approvals had been canceled earlier that morning. One member of their group who had earlier left for the United States was stopped at JFK airport, held in detention without access to a telephone, and scheduled for deportation the next day.

After being blocked from entering the United States, the delegation immediately held a protest at the airport and then moved to the U.S. Embassy in Seoul for a press conference. As peace-loving youth, they expressed shock at having been banned from entry into the United States. Their intention was only to protest Trump’s escalation of tension in Korea through dance, song, and marching, and to meet U.S. citizens who share their desire for peace. “Why do you fear us, Trump? We are not terrorists. Lift the entry ban now!,” they proclaimed. BTC will continue to protest their ban at the U.S. Embassy and hold peace vigils until Donald Trump’s arrival in Seoul on November 7th.

*Stand with BTC *

As organizations and individuals who advocate open borders, freedom of speech, and peaceful resolution of international conflicts, we strongly protest the U.S. entry ban of the members of BTC and demand a full explanation for this action and immediate reversal of this decision. We also forcefully oppose the Trump administration’s escalation of tension with North Korea, fully support South Korean peacemakers mobilizing to protest Trump’s visit to their country and preparing for mass demonstrations on November 4th, and stand in solidarity with all people – Koreans, citizens of the United States, and others throughout the world – unconditionally committed to preventing a second Korean War.

From people in U.S. standing for peace and no wars in the Korean Peninsula

*

한국 청년 평화운동가들의 미국 입국이 금지당하다.

지난 10월 25일(수), 한국 청년 활동가 15명이 미국 입국을 금지당했다. 이들은 ‘방탄청년단’(방미 트럼프 탄핵 청년단)이란 이름으로 미국 주요 도시들을 돌며, 한반도의 긴장을 고조시키고 제 2의 한국전쟁의 가능성을 높이는 트럼프 미 대통령의 정책과 “화염과 분노”, “북한을 완전히 파괴” 같은 발언들을 규탄할 계획이었다.

방탄청년단이 인천공항에서 출국 절차를 밟으려 할 때, 미국 출입국 직원들은 이들의 ESTA(무비자 미국 방문 프로그램) 승인이 취소되었으며 미국에 입국하려면 미 대사관에서 인쇄된 비자를 받아와야 한다고 공지했다. 방탄청년단은 당일 아침에 ESTA 승인이 취소된 것을 그때야 발견했다. 다른 일행들보다 먼저 출발한 한 명은 문제 없이 미국행 비행기에 탑승했었지만, 미국 JFK 공항에 도착해서 입국 거부당하고 억류되었다. 억류된 동안 전화 통화나 접견이 금지되었으며 다음 날 비행기로 추방당했다.

미국 입국 금지 통보를 받은 방탄청년단은 인천공항에서 규탄 행동을 진행했고, 당일 저녁 광화문 미 대사관 앞에서 기자회견을 열었다. 방탄청년단은 “평화를 사랑하는 청년들인 우리가 미국 입국을 금지당했다는 것을 믿기 어려우며, 미국에 방문하면 춤, 노래, 행진 등 평화로운 방법으로 트럼프 정부의 한반도 적대정책을 규탄하고 미국 시민들과 평화에 대한 열망을 나눌 계획이었다 »고 밝혔다. “트럼프는 무엇이 두려우냐! 우리는 테러리스트가 아니다. 입국 금지 조치 철회하라!” 라고 이번 사건을 규탄했다. 방탄청년단은 입국 금지 조치를 규탄하고 평화를 염원하는 농성을 미 대사관 앞에서 트럼프의 11월 7일 방한까지 이어갈 계획이다.

우리는 방탄청년단과 연대한다.

자유로운 국경 이동, 발언의 자유, 국제 분쟁의 평화로운 해결을 지향하는 단체와 개인들인 우리는, 미국 행정부의 방탄청년단 입국 금지 조치를 강력히 규탄한다. 그리고 이 조치에 대한 충분한 설명과 즉각 철회를 요구한다. 또한 우리는 트럼프 행정부의 대북 적대 정책에 반대하며, 11월 4일 트럼프의 이번 아시아 및 한국 방문을 항의하며 대규모의 집회를 벌이는 한국의 평화세력를 온전히 지지하고, 제 2의 한국전쟁에 무조건적으로 반대하는 한국, 미국, 전세계의 시민들과 연대할 것이다.

한반도에서의 전쟁을 반대하고 평화를 염원하는 재미한인들 및 시민들

Agissons immédiatement. Le CILD interpelle le Président Moon Jae-in : la militante pacifiste Juyeon Rhee doit être autorisée à entrer en Corée du Sud !

La militante pacifiste américaine coréenne Juyeon Rhee vient d’être interdite d’entrée de séjour en République de Corée (Corée du Sud), alors qu’elle coordonne la visite d’une délégation de la coalition  Stop THAAD in Korea (STIK) – qui s’oppose au déploiement en Corée du Sud du système américain de missiles antimissile THAAD. Répondant à l’appel de STIK, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) a écrit au Président Moon Jae-in. Nous invitons chacune et chacun d’entre vous à écrire également et sans délais à la présidence sud-coréenne, pour permettre à Juyeon Rhee d’entrer en République de Corée. 

Signez la pétition contre la répression des soldats gays en Corée du Sud

Dans nos éditions du 26 avril 2017 et du 25 mai 2017, nous rendions compte de la répression accrue, orchestrée par le commandement militaire, des soldats homosexuels dans l’armée sud-coréenne, dans un contexte général d’homophobie latente au Sud de la péninsule. Ces atteintes inacceptables à la dignité humaine ont suscité plusieurs pétitions : nous invitons à signer et faire signer (ici) l’appel ci-après, traduit de l’anglais, du Réseau pour rendre compte des discriminations et des atteintes aux droits de l’homme contre les personnes LGBTI en relation avec l’armée et du Centre coréen pour les droits de l’homme à l’armée. Cet appel avait déjà réuni près de 40 000 signatures fin juin 2017.

Chers amis,

Etre gay n’est pas un crime en Corée du Sud – tant que vous n’êtes pas à l’armée.
Plus tôt cette année, des enquêteurs ont dit au Capitaine Ji Sung* qu’ils savaient qu’il était gay. Ils l’ont intimidé et menacé de le dénoncer s’il ne coopérait pas. Quelques semaines plus tard, il était condamné à six mois de prison.
Le cas de Ji Sung n’est pas isolé. Ces dernières semaines, au moins 32 soldats ont été traqués par l’armée sud-coréenne sur des applications de rencontre gays et interrogés. Ils doivent être jugés prochainement.
Heureusement, l’histoire de Ji Sung a fait les titres de la presse internationale. La répression secrète contre les personnes gays en Corée du Sud n’est plus ignorée.
Les autorités pourraient arrêter leurs mesures de chasse aux personnes gays qui se base sur le Code militaire sud-coréen. Mais elles ne le feront pas à moins d’une protestation globale massive.
Signez pour nous aider à arrêter la chasse aux personnes gays en Corée du Sud.

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Cette question concerne tous les hommes gays du pays : la Corée du Sud exige de tous ses citoyens hommes de servir dans l’armée pendant deux ans. Et selon le code militaire pénal sud-coréen, le sexe entre les hommes est un « crime » passible d’une peine maximale de deux ans de prison.
Cette répression récente a commencé après qu’une vidéo privée de deux soldats a été publiée sur les réseaux sociaux. Les autorités militaires disent à présent que la répression est nécessaire « pour que la communauté militaire reste saine« .
Mon organisation travaille pour soutenir les soldats persécutés et supprimer les mesures anti-gays une fois pour toutes. Mais nous ne pouvons pas y arriver sans votre aide.
Nous savons que des milliers de voix de par le monde nous aideront à faire agir les autorités sud-coréennes.
Pouvez-vous signer pour demander aux autorités qu’elles cessent la répression, abandonnent les poursuites contre les soldats gay et suppriment les mesures de « chasse aux personnes gay » ?
Merci à tous pour votre action.
Minhee Ryu
Réseau pour rendre compte des discriminations et des atteintes aux droits de l’homme contre les personnes LGBTI en relation avec l’armée et du Centre coréen pour les droits de l’homme à l’armée

(*) le nom a été changé

 

 

Le Parlement a voté la destitution de Park Geun-hye : ce n’est qu’un début, continuons le combat pour les libertés jusqu’à la victoire !

Le 9 décembre 2016, le Parlement sud-coréen a voté à une très large majorité (234 voix sur 300) la motion de destitution de la chef de l’Etat Mme Park Geun-hye déposée par l’ensemble des partis d’opposition. Désormais, la Cour constitutionnelle doit valider ce vote – mais alors que Mme Park Geun-hye avait tenté, dans les jours précédant le vote, d’empêcher sa destitution en ouvrant la voie à son départ volontaire du pouvoir, il est acquis qu’elle ne terminera plus son mandat, ne disposant d’ores et déjà plus des prérogatives présidentielles – transférées au Premier ministre.

Pour le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), qui a soutenu les manifestations du 12 et du 26 novembre à Paris pour exiger le départ du pouvoir de Mme Park, ce résultat est une vraie joie, que nous avons partagée, toujours place du Trocadéro, avec les Coréens de France, le 10 décembre 2016.

Mais le combat doit se poursuivre jusqu’à l’élimination complète du régime autoritaire de Mme Park Geun-hye, dont les fonctions sont désormais exercées par le Premier ministre qu’elle a nommé, qui est l’un de ses affidés et est à l’origine de la scandaleuse interdiction du Parti progressiste unifié.

Car aujourd’hui rien n’a changé : aucun des militants politiques et syndicaux emprisonnés n’a été libéré – à commencer par le dirigeant syndical Han Sang-gyun, dont la peine a été réduite à trois ans de prison. Mais ce nouveau jugement n’en est pas moins inique, faisant fi de l’exercice des libertés syndicales et d’opinion : Han sang-gyun doit être libéré immédiatement !

L’opinion publique coréenne et internationale attend toujours la vérité sur les naufrages du « Cheonan » et du « Sewol ». Elle attend toujours la fin des intimidations sur les médias, l’abolition de la censure pesant sur les artistes et la libération des objecteurs de conscience emprisonnés, en méconnaissance totale des engagements internationaux de la Corée du Sud.

Les services de renseignement sud-coréens continuent de manipuler l’opinion publique coréenne et internationale, et interviennent toujours à tous les niveaux de la vie politique. Il y a d’ailleurs à craindre que, acculés, ils tentent de nouvelles manoeuvres, y compris en France et dans le monde contre notre organisation.

Les conglomérats continuent de décider de la vie du pays et d’imposer des conditions de travail indécentes, comme le rappelle le courageux combat des travailleurs de Samsung, actuellement en tournée en Europe, toujours avec notre soutien.

C’est pourquoi nous devons poursuivre le combat pour l’instauration d’une véritable démocratie politique et sociale en République de Corée, en appelant chacune et chacun à nous rejoindre pour amplifier le mouvement international de solidarité !

Signez la pétition pour libérer Han Sang-gyun !

Le dirigeant de la Confédération coréenne des syndicats (acronyme anglais : KCTU) Han Sang-gyun est emprisonné par les autorités sud-coréennes, dans une nouvelle démarche du régime autoritaire de Mme Park Geun-hye pour réprimer toute opposition politique et syndicale. Après avoir manifesté à Paris pour exiger – notamment – la libération  de Han Sang-gyun et l’arrêt de la répression antisyndicale, le Comité international pour les libertés démocratiques (CILD) appelle à signer et faire signer la pétition – que nous reproduisons ci-après en français, en anglais, en allemand et en coréen – initiée par le Réseau européen pour une Corée progressiste (basé en Allemagne) adressée au juge Shim Dam en vue de la libération de Han Sang-gyun et du respect des droits des travailleurs sud-coréens tels qu’ils sont garantis par la Constitution.

HAN SANG GYUN, DIRIGEANT de la KCTU EST INNOCENT.

La Justice de la Corée du Sud doit respecter la Constitution qui garantit le droit syndical. Le 13 juin 2016, le procureur LEE Seong Sik requiert 8 ans de prison contre HAN Sang Gyun, dirigeant de la Confédération syndicale KCTU qui a organisé en novembre 2015 un rassemblement contre la « réforme » du droit du Travail.

HAN Sang Gyun a été élu dirigeant de la KCTU en décembre 2014, en avril et en juillet 2015, la KCTU a organisé des grèves pour résister à un projet de grave atteinte au droit du travail. Et le 14 novembre 2015, après que la KCTU a organisé un grand rassemblement de 130 000 personnes, ce rassemblement était absolument nécessaire pour protéger le droit de 20millions de travailleurs contre le projet de la loi travail du gouvernement. HAN Sang Gyun a dû se réfugier au temple bouddhiste Jogyesa au centre de Séoul. La police a assiégé le temple pendant trois semaines. Pour éviter l’assaut prévu, HAN Sang Gyun s’est livré volontairement à la police le 10 decembre 2015.

Six mois plus tard, le procureur requiert contre HAN une peine de 8 ans de prison, disant que « non seulement HAN Sang Gyun a planifié minutieusement son crime dès qu’il a été élu dirigeant, mais qu’il a aussi agité les autres travailleurs en abusant de sa position, et il n’a aucun regret ».

Pourtant, c’est la police qui n’a pas respecté la loi. Lors de la manifestation, la police a poussé les manifestants dans une nasse faite de murs de bus de police. Ensuite elle a lancé des gaz lacrymogènes et usé du canon à eau chargée de produits chimiques. Le canon a atteint de plein fouet un agriculteur, BAEK Nam Ki, il est dans le coma depuis ce jour. Le procureur n’a procédé à aucune enquête sur ces exactions policières ni sur les atteintes aux droits et à la légalité. Au lieu de cela, la police a arrêté 527 adhérents de la KCTU, en a retenu 20, et à ce jour 6 mois après, 10 sont encore en prison, dont HAN Sang Gyun.

Le parti au pouvoir et le gouvernement préparent une destruction du droit du travail :1) Faciliter les licenciements en rendant légaux les licenciements abusifs. 2) Généralisation de l’emploi précaire. 3) Par la liberté donnée aux employeurs de rémunérations arbitraires, imposer des salaires encore plus bas et mettre les travailleurs dans la concurrence extrême.4) Neutraliser les syndicats en contournant les conventions collectives.

En somme, la « réforme » vise à créer des conditions de travail inhumaines, uniquement pour ouvrir une voie royale au maximum de profit au seul bénéfice des grandes entreprises. Comme tous les pays démocratiques, la Corée du Sud, à l’article 33 de la Constitution, garantit le droit syndical, le droit à la négociation collective et à l’action collective pour améliorer les conditions de travail. Protester contre une menace sur les conditions de travail est donc un droit pour les syndicats. Qu’un procureur demande une peine de prison pour un travailleur syndicaliste, au mépris de la Constitution, cela signifie qu’il est au service d’un pouvoir qui ne vise qu’à écraser les travailleurs, et non pas au service de la justice et de la démocratie. Le jugement aura lieu le 4 juillet.

HAN Sang Gyun est innocent. Si un dirigeant syndical doit aller en prison après que son syndicat a organisé un rassemblement pour défendre les droits des travailleurs, cela veut dire que ce pays n’est plus un pays démocratique.

La Justice de Corée du Sud doit respecter les droits des travailleurs énoncés dans la Constitution et le juge SHIM Dam doit libérer HAN Sang Gyun et tous les syndicalistes emprisonnés.

Le Parlement, s’il est réellement une émanation démocratique des citoyens, doit rejeter le projet actuel de destruction du Droit du travail, qui met la vie des travailleurs en grave danger.

Les députés doivent au contraire élaborer et adopter une véritable réforme de la loi, qui améliore les conditions de travail.

European Network for Progressive Korea (Solidarité en Europe pour la Corée progressiste)

*Our other significant petition: Minister of Justice: Hyundai Motors & Yoosung Enterprise: Stop Labour Repression now! https://goo.gl/aCZsme

*

To South Korean Judge, SHIM Dam: Respect the workers’ constitutional rights! Immediately release HAN Sang Gyun, President of KCTU!

On June 13, 2016, Korean prosecutor Lee Sung Sik demanded that Han Sang Gyun, the president of KCTU (Korean Confederation of Trade Unions), be sentenced to eight years behind bars for organizing a protest last November against the Korean government’s proposed package of labor law revisions.

Mr. Han was elected as the leader of KCTU in December of 2014 and successfully organized nationwide protests both in April and July of 2015. Then, after an arrest warrant was issued for him for having co-organized a mass rally on Nov, 14 with a number of NGOs present and reportedly 130,000 other participating citizens, he had to find a temporary asylum at the Buddhist Chogye temple in Seoul for twenty-five days. Upon hearing the police’s attempt to enter the temple, he turned himself in on December 10th, 2015.

The prosecution stated on June 13th that « We request a sentence of eight years considering that he had been conspiring to [to commit crimes] since his election, incited the crime using his position of power, and does not show any sign of remorse. »

On the contrary, though, in reality it was the police who committed the crime on November 14th. The police isolated the participating citizens by ushering them away by a bus barricade, and tear gas. BAEK Nam Gi, a farmer, has been in coma since then, which was caused by a water cannon attack. Yet, prosecutors didn’t bother to investigate the case. Instead, twenty workers, including Mr. HAN, were arrested from the rally and ten of them are still in prison.

The Korean government and the ruling party are pushing the enactment of a new labor law.  Their main objectives are: 1. Easy dismissal of employment without need of proper procedure 2. Increase of precarious jobs (low-wage short-term jobs) 3. Introduction of a wage system that will lower the income of workers and stimulate the extreme competition among them. 4. Disablement of the basic functions of labor unions. In short, it will worsen the preexisting and inhumane working conditions and will maximize the interests of the big corporations.

The people’s mass rally on November 14th was a necessary struggle designed to protect every right of the twenty million working men and women in Korea.

Korean constitution article 33.1 clearly states that workers have a right to independent association, and collective bargaining and action to improve working conditions. Obviously, workers and their trade unions have a right to resist against any laws that could seriously undermine their survival & interests and it is guaranteed by the constitution.

The prosecution’s request, ignoring the constitution, simply admits the fact that they serve the powerful as they trample on the basic human rights of these workers, rather than executing their lawful duties. The sentence is expected to be announced on July 4th by judge SHIM Dam. HAN Sang Gyun is innocent.

Judge SHIM Dam should release HAN Sang Gyun and all of the imprisoned KCTU workers if he still believes that the Republic of Korea is a true democracy. We demand the Korean parliament to abolish the new labor law, extend the rights of workers, and reform the labor law to guarantee pleasant working conditions for our workers.

European Network for Progressive Korea

*Our other significant petition: Minister of Justice: Hyundai Motors & Yoosung Enterprise: Stop Labour Repression now! https://goo.gl/aCZsme

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An Richter SHIM Dam, Südkorea:

Respektieren Sie die verfassungsmäßigen Rechte der Arbeitnehmer!

Entlassen Sie HAN Sang Gyun, Präsident von KCTU, umgehend aus der Haft!

Am 13. Juni 2016 forderte die koreanische Staatsanwaltschaft (LEE Sungsik, zuständiger Staatsanwalt) 8 Jahre Haft für HAN Sang Gyun, den Präsidenten der KCTU (Korean Confederation of Trade Unions: Koreanischer Gewerkschaftsbund), weil dieser im November eine Demonstration gegen den von der koreanischen Regierung vorgeschlagenen Gesetzesentwurf zur Reform des Arbeitsrechts organisiert hatte.

Herr HAN wurde im Dezember 2014 zum Vorsitzenden der KCTU gewählt und organisierte erfolgreich landesweite Streiks und Kundgebungen im April und Juli 2015. Nachdem er am 14. November eine Massenkundgebung organisiert hatte, an welcher Berichten zufolge 130.000 Bürger teilnahmen, musste er sich 25 Tage lang in den Chogye Tempel zurückziehen, um seiner Verhaftung zu entgehen. Bevor die Polizei in den Tempel vorrückte, stellte er sich am 10. Dezember 2015 freiwillig.

Die Staatsanwaltschaft erklärte am 13. Juni: « Wir fordern eine achtjährige Haftstrafe in Anbetracht der Tatsache, dass er das Verbrechen nach seiner Wahl von langer Hand geplant hatte, seine Position nutzte, um zu dem Verbrechen aufzuhetzen, und kein Zeichen von Reue zeigt. »

Tatsächlich war es aber die Polizei, die am 14. November ein Verbrechen beging. Die Teilnehmer der Demonstration wurden durch eine Polizeibus-Barrikade isoliert, die Polizei setzte Tränengas gegen sie ein.Der Landwirt BAEK Namgi erlitt dabei schwere Verletzungen durch einen Wasserwerfer und liegt seitdem im Koma, doch die Staatsanwaltschaft unternimmt keine Anstalten, den Fall zu untersuchen. Stattdessen wurden 20 Arbeiter, darunter auch Herr HAN, während der Kundgebung festgenommen, von denen sich 10 noch immer in Haft befinden.

Die Koreanische Regierung und die Regierungspartei drängen auf eine Reform des Arbeitsrechts, deren Hauptziele sind: 1. Vereinfachung der Entlassung von Arbeitnehmern ohne ordnungsgemäßes Verfahren 2.Förderung unsicherer Arbeitsverhältnisse (Niedriglohnsektor, Kurzarbeit) 3. Einführung eines Lohnsystems, das das Einkommen der Arbeitnehmer senken und den Konkurrenzdruck unter ihnen erhöhen wird. Kurz gesagt wird es die bestehenden menschenunwürdigen Arbeitsbedingungen weiterhin verschlechtern und die Gewinne der Großunternehmen maximieren. Die Massenkundgebung am 14. November stellte eineNotwendigkeit im Arbeitskampf zum Schutz der Rechte der arbeitenden Männer und Frauen in Korea dar.

Artikel 33.1 der Koreanischen Verfassung besagt, dass Arbeitnehmer ein Recht auf Kollektivverhandlungen und Maßnahmen zur Verbesserung der Arbeitsbedingungen haben.Arbeitnehmer und ihre Gewerkschaften haben ganz klar das Recht, Widerstand gegen Gesetze zu formieren, die ihr Überleben und ihre Interessen gefährden könnten, und dies wird ihnen durch die Verfassung garantiert. Der verfassungswidrige Antrag der Staatsanwaltschaft zeigt deutlich, dass sie eher den Machthabern dienen, die die grundlegenden Menschenrechte der Arbeitnehmer mit Füßen treten, als ihrer Pflicht nachzukommen, im Rahmen der geltenden Gesetzgebung zu ermitteln. Das Urteil wird am 4. Juli durch den Richter, SHIM Dam, erwartet.

HAN Sang Gyun ist unschuldig. Richter SHIM Dam sollte HAN Sang Gyun und alle inhaftierten KCTU Arbeiter freisprechen, wenn er noch an die Demokratie in Korea glaubt.

Wir fordern das koreanische Parlament auf, das neue Arbeitsgesetz abzulehnen, die Rechte der Arbeitnehmer zu verbessern und die Reform des Arbeitsrechts zu nutzen, um bessere Arbeitsbedingungen für die Arbeitnehmer zu schaffen.

European Network for Progressive Korea

*Our other significant petition: Minister of Justice: Hyundai Motors & Yoosung Enterprise: Stop Labour Repression now! https://goo.gl/aCZsme

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민주노총 위원장 한상균은 무죄다

대한민국 사법부는 헌법이 규정하는 노동자의 권리를 보장하라

2016년 6월 13일, 대한민국 검찰(주임검사: 이성식)은 지난해 11월 정부의 노동법개악에 저항하는 집회를 주도한 혐의로 구속된 민주노총 한상균 위원장에게 징역 8년을 구형했다.

2014년 12월 민주노총 위원장으로 선출된 한상균은 노동법개악에 저항하는 총파업 투쟁을 2015년 4월과 7월 이끌어 냈다. 그리고 11월 14일, 13만명이 참여한 민중총궐기 집회를 여러 단체들과 함께 주최한 뒤, 조계사에서로 25일간 은신했다. 경찰이 그를 체포하기 위해 조계사에 공권력을 투입하려 하자 그는 2015년 12월 10일 경찰에 자진 출석했다.

6개월이 지난 뒤인 6월 13일 검찰은 징역 8년을 구형하면서 « 위원장으로 당선된 당시부터 치밀하게 범행을 계획했고 직책을 이용해 범행을 선동했으며 반성하지 않는 점 등을 고려해 이같이 구형 한다 »고 밝혔다.

그러나 이날 불법을 저지른 것은 오히려 경찰이었다. 경찰은 집회에 참여한 시민들을 경찰차로 고립시키고 최루액을 난사하였으며, 사람을 향해 직접 물대포를 쏘아서 백남기 농민은 지금까지 혼수상태에 빠져있으나, 검찰은 조사조차 하지 않았다. 대신 11월 집회에 참여한 노동자 중 한상균 위원장을 비롯한 20명의 노동자를 구속했으며, 그 중 10명이 현재까지 감옥에 있다.

집권당 여당과 정부는 1) 징계절차를 필요로 하지 않는 쉬운 해고, 2) 비정규직 고용 확대, 3)차별임금체계를 도입하여 임금을 더 낮추고, 노동자간 경쟁을 부추기며, 4) 노조의 기능 자체를 무력화 시키는 것을 골자로 하는 노동개악을 추진 중이다. 한마디로 현재보다 훨씬 더 열악한 비인간적 노동환경을 만들고 기업의 이익을 극대화하려는 것이 법안의 주된 내용이다. 지난 11월 14일 민중총궐기는 이러한 노동법 개악으로부터 2천만 전체 노동자들의 권리를 지키기 위해 반드시 필요한 것이었다.

대한민국 헌법 33조 1항은 노동자가 근로조건의 향상을 위하여 자주적인 단결권·단체교섭권 및 단체행동권을 가진다고 명시하고 있다. 노조연합이 노동자의 생존을 위협하는 노동악법에 저항하는 것은 헌법이 규정한 권리임에도 불구하고, 검찰이 이러한 구형을 내린다는 것은 그들이 더 이상 법의 집행인이 아니라, 노동자를 짓밟는 권력의 하수인임을 자임하는 것이다. 재판부(부장판사: 심담)는 7월 4일 1심 판결을 앞두고 있다.

한상균은 무죄다. 대한민국이 여전히 민주공화국임을 자임한다면, 대한민국 사법부는 한상균과 구속된 민주노총 노동자들 모두 석방하라. 대한민국 국회는 노동법 개악안을 폐기하고, 노동자의 권리를 확대하고, 노동자들이 행복한 조건에서 일할 수 있도록 노동법을 개혁하라.

<진보한국을 위한 유럽연대>

*참고: « 유성기업과 현대자동차는 노동탄압을 즉각 중단하라! » 청원은 여기에서 하세요-> https://goo.gl/aCZsme

Le comité syndical consultatif auprès de l’OCDE dénonce les atteintes aux droits des travailleurs et à la liberté de réunion en Corée du Sud

Il y a 20 ans, en 1996, la République de Corée (Corée du Sud) rejoignait l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Dans ce contexte, le Comité syndical consultatif auprès de l’OCDE (Trade Union Advisory Committee to the OCDE, TUAC) a publié à Paris, le 7 juin 2016, un communiqué de presse dénonçant les atteintes aux libertés des travailleurs, que le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) a traduit ci-après de l’anglais. Alors que l’OCDE a son siège à Paris, le CILD relève, une fois de plus, que les autorités publiques françaises – non contentes d’avoir accueilli en grande pompe à Paris la Présidente sud-coréenne Park Geun-hye – sont une fois de plus complices des violations de plus en plus massives des libertés publiques et syndicales commises par le régime autoritaire sud-coréen en participant aux cérémonies commémoratives tout en gardant un silence coupable. Au sein de l’OCDE, la Corée du Sud est un des Etats présentant le pire bilan en matière de droits des travailleurs, de libertés syndicales et de libertés publiques.

Nous reproduisons ci-après le communiqué du TUAC, intitulé « Le 20e anniversaire de l’adhésion de la Corée à l’OCDE éclipsé par les atteintes aux droits des travailleurs et à la liberté de réunion » et sous-titré « Le TUAC appelle à arrêter les poursuites contre les syndicalistes emprisonnés ». Alors qu’il a été le premier en France à souligner que le procès de Han Sang-gyun, dirigeant de la Confédération coréenne des syndicats (acronyme anglais KCTU), ouvrait la voie à une possible interdiction du syndicat KCTU, le CILD rejoint l’appel du TUAC en vue, notamment, de libérer les 74 syndicalistes emprisonnés en Corée du Sud et de lever les poursuites contre 504 autres syndicalistes de la KCTU poursuivis pour « obstruction à la circulation automobile« .

 

Une série d’événements se tiendront à l’OCDE cette semaine pour marquer le 20e anniversaire de l’adhésion de la République de Corée. En mars 2016, 74 syndicalistes, dont le Président de la Korean Confederation of Trade Unions (KCTU), sont emprisonnés. 504 autres membres de la KCTU sont poursuivis pour « obstruction à la circulation automobile » suite à une manifestation qui s’est tenue l’an passé.

La Corée a rejoint l’OCDE en 1996 avec l’engagement de réformer son droit du travail pour qu’il corresponde aux normes de l’Organisation internationale du travail (OIT). Pourtant, des droits du travail fondamentaux, comme le droit de s’organiser et de négocier collectivement, ne sont pas observés en Corée aujourd’hui. En réalité, la Corée présente le plus ancien cas (depuis 1995) de violation des droits des travailleurs soumis à l’OIT.

« Malheureusement, 20 ans après être devenue membre [de l’OCDE], la Corée est encore loin d’avoir mis en place un système de relations sociales dans l’industrie conforme aux normes de l’OIT, qui assure la gestion des conflits, réduise les inégalités et garantisse le progrès social. Au cours des trois dernières années, la répression contre les syndicats et la criminalisation de leurs activités est réapparue« , a déclaré John Evans, secrétaire général du TUAC.

Lors de sa 136e réunion plénière le 30 mai 2016, le TUAC a adopté une résolution appelant le gouvernement coréen à respecter les droits syndicaux et l’OCDE à développer une « feuille de route », en liaison avec l’OIT, pour s’assurer du respect par la Corée de ses engagements sur les droits des travailleurs.

« Une « Corée du Sud globale » reste une aspiration. L’OCDE a la responsabilité d’accompagner la Corée sur le chemin d’une croissance soutenable et globale de même que le TUAC a la responsabilité d’accompagner le mouvement syndical coréen. Le 20e anniversaire arrive au bon moment pour mettre au point une feuille de route pour une Corée connaissant un développement soutenable et global« , a déclaré Evans.

La résolution du TUAC appelle ainsi :

La République de Corée à :

  • libérer et lever toutes les poursuites contre Han Sang-gyun, Président de la KCTU, et tous les autres dirigeants de la KCTU mis en cause dans l’accomplissement de leurs obligations syndicales ;
  • s’engager dans un processus transparent et démocratique de dialogue avec toutes les composantes de la société civile coréenne, y compris les syndicats ;
  • garantir les droits des travailleurs et la liberté de réunion, et initier un processus de réforme pour aligner effectivement le droit du travail avec les normes internationales reconnues, y compris la ratification des conventions 87 et 98 de l’OIT et la levée des réserves à l’article 22 de la Convention internationale sur les droits civils et politiques ;

L’OCDE à :

  • définir une feuille de route pour le développement durable et global de la Corée dans le contexte du 20e anniversaire de son adhésion à l’OCDE, y compris le respect effectif des droits du travail et des droits de l’homme, et à cette fin, travailler en étroite coopération avec les autres organisations internationales, dont l’OIT ;
  • s’assurer que tous les pays membres de l’OCDE ou candidats à l’entrée dans l’OCDE adhèrent aux valeurs fondamentales de l’Organisation et les respectent, dont le principe d’une démocratie pluraliste et le respect des droits de l’homme.

La résolution du TUAC sur les droits syndicaux en République de Corée est disponible dans le bandeau de droite.

Le rapport de contexte du TUAC sur « la garantie des droits syndicaux en Corée dans le cadre de l’OCDE », établi suite à une mission à Séoul en avril [2016], est accessible en ligne ici.

Source : site du TUAC.