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Aymeric Monville élu président du CILD

Les membres du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) se sont réunis en assemblée générale à Paris le 17 juillet 2018. Après la disparition de Jean Salem le 14 janvier 2018, auquel le CILD avait rendu hommage le 26 janvier dernier, les membres du Comité ont élu un nouveau président.

A l’unanimité, Aymeric Monville, éditeur, est devenu le nouveau président du CILD. Aymeric Monville a rappelé sa filiation politique et philosophique avec Jean Salem, qui était devenu le premier président du CILD lors de sa fondation en 2015. Aymeric Monville a notamment été parmi ceux qui ont repris l’organisation du séminaire Marxismes au XXIe siècle, qu’avait créé et animé Jean Salem.

Si le départ du pouvoir de la très autoritaire présidente sud-coréenne Park Geun-hye, grâce à une mobilisation internationale à laquelle le CILD a pris toute sa part, a créé de nouvelles conditions d’exercice des libertés politiques et syndicales en Corée du Sud, le combat doit se poursuivre : pour la libération de tous les prisonniers politiques et syndicaux, pour l’abrogation de la loi de sécurité nationale, pour la fin effective de la criminalisation des objecteurs de conscience et des insoumis… A cet égard, Aymeric Monville a été très actif dans la période récente, ayant demandé et obtenu (avec d’autres) la libération de jeunes militantes sud-coréennes arrêtées en marge du sommet à Singapour entre les présidents Donald Trump et Kim Jong-un, le 12 juin 2018.

Le CILD appelle toutes et tous à le rejoindre dans la lutte pour les droits politiques et sociaux en Corée du Sud.

 

Libération des 5 Coréens arrêtés à Singapour : la lutte paie !

Dans notre édition du 12 juin 2018, nous rendions compte de l’arrestation, la veille, de 5 militantes sud-coréennes, membres du Parti démocratique populaire (PDP), par les autorités singapouriennes, en marge du sommet entre les Présidents Donald Trump et Kim Jong-un. Le 13 juin 2018, elles ont été libérées et expulsées vers Séoul. La mobilisation, dans laquelle le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du sud (CILD) a pris toute sa part, a donc payé.

Malgré ces nouvelles tout à fait rassurantes, il reste à déplorer que pendant leur détention, ces jeunes femmes ont été frappées. L’enquête médicale est en cours.

Elles se sont immédiatement mises en grève de la faim pendant les trois jours qu’ont duré leur détention, et sont donc extrêmement fatiguées. Leurs portables ont également été fouillés.

Pour se donner du courage le CILD a appris qu’elles chantaient, autant des chants patriotiques et de lutte coréens que l’Internationale.

Pendant ce sommet, nous avons assisté à une mobilisation internationale de grande envergure au sujet de ces cinq jeunes femmes, et spécifiquement devant les ambassades des Etats-Unis (pour le CILD, Aymeric Monville était notamment à Paris), ou encore devant le siège de l’OTAN à Bruxelles, et donc pas seulement auprès des autorités de Singapour.

Car nous tenons les Etats-Unis pour responsables de cet état de tension en Asie. Nous rappelons, pour mémoire, le palmarès des Etats-Uniens dans la région (et pardon pour le reste du monde dont il ne peut pas être parlé plus avant ici) :

– deux bombes atomiques larguées successivement alors que le Japon était à genoux et n’avait même plus de pétrole ;

– l’effroyable guerre de Corée qui, rapportée à la population, a fait plus de morts que la Seconde guerre mondiale ;

– la guerre du Vietnam et ses trois millions de morts ;

– c’est environ le même chiffre pour les communistes assassinés pendant ce qu’on peut appeler un génocide de classe en Indonésie ;

– les bombardements sur le Cambodge qui en avaient fait le pays le plus bombardé au monde depuis la Seconde guerre mondiale ;

et la liste n’est pas exhaustive.

Il faut donc poser la question aux Etats-Uniens : qu’est-ce que vous foutez en Asie ?

Le sommet de Singapour a été un succès. Il semble, comme il était souligné le 13 juin 2018 lors d’une rencontre à la librairie Tropiques avec M. Patrick Maurus, ancien professeur à langues’O, que la RPDC est désormais sanctuarisée. Les Etats-Unis ont dû reculer. C’est le principal.

Reste encore un long chemin pour que le peuple coréen puisse retrouver son unité. Des propositions en ce sens, par le fédéralisme, par la concertation démocratique, sont avancées par les militants du PDP. Espérons qu’elles aboutiront au plus vite.

A cœur vaillant rien d’impossible. En tout cas, un grand merci à ces jeunes femmes qui se battent pour leur pays et pour la paix, c’est-à-dire pour tous les pays du monde.

Voir la vidéo d’Aymeric Monville à l’adresse suivante :
https://www.youtube.com/watch?v=D_P0rhvqHYA&feature=youtu.be

Retour sur la conférence-débat avec Noh Seung-il à la librairie Tropiques, le 12 mai 2018

Le samedi 12 mai 2018, la librairie Tropiques, dans le quatorzième arrondissement de Paris, qui avait déjà organisé de précédentes rencontres-débats avec des auteurs sur la Corée (le 12 septembre 2017, autour de l’ouvrage de Robert Charvin Comment peut-on être Coréen (du Nord) ?, et le 5 décembre 2017, à l’occasion de la parution, également aux éditions Delga, de La Corée du Nord, cette inconnue de Benoît Quennedey), recevait cette fois un auteur sud-coréen, Noh Seung-il, auteur de La cible sûre (en coréen, pas encore publié en France) et revenait ainsi, dans le cadre de cette conférence soutenue par le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), sur l’un des épisodes du Choigate – du nom de l’affaire Choi Soon-sil qui a entraîné la destitution puis la condamnation de l’ancienne présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye.
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Image de couverture du livre témoignage

L’exercice était inédit à la librairie Tropiques, car autour d’un ouvrage en langue coréenne, mais avait attiré un public nombreux au cours d’un riche débat bilingue, conduit en français et en coréen.

Noh Seung-il était le directeur de la fondation K-Sports, contrôlée de fait par Choi Soon-sil, la « gourou » de la présidente Park Geun-hye, auquel les grandes entreprises coréennes étaient tenues de verser des subventions – moyennant, pour certaines entreprisses comme Samsung, certaines contreparties (comme la possibilité, pour le dirigeant de fait du conglomérat Lee Jae-yong, d’obtenir une fusion entre deux branches de Samsung pour renforcer son emprise sur le groupe).

Noh Seung-il avait conservé des milliers de pages de documents, ayant montré que K-Sports était une coquille vide, dont les financements alimentaient par ailleurs les comptes personnels de Choi Soon-sil et les projets de médaille olympique de sa fille, Chung Yoo-ra. Après la destitution de la présidente Park à l’issue de manifestations ayant réuni des millions de manifestants pendant plusieurs mois, son témoignage devant les juges, à partir de fin décembre 2017, a été déterminant pour mettre à jour le dispositif de corruption, qui a conduit à la condamnation à de lourdes peines de prison (respectivement 20 ans et 24 ans) de Choi Soon-sil puis de Park Geun-hye.

Tout au long de ses explications, Noh Seung-il, recruté pour son profil d’ancien sportif, a expliqué comment, lors des trois périodes pendant lesquelles il avait travaillé avec K-Sports, ses soupçons s’étaient peu à peu affermis, et ses hésitations à saisir le parquet ou l’opposition, tandis que l’affaire devenait publique (en juillet 2016, un article du Hankyoreh faisait état des soupçons de corruption autour des fondations contrôlées par Choi Soon-sil, avant que l’opposition ne se concentre sur ces questions lors des opérations annuelles de contrôle budgétaire). En effet, pour Noh Seung-il, agir c’était attaquer la présidence sud-coréenne, toute puissante, avec des risques réels pour lui – jusqu’à aujourd’hui il a agi seul. Finalement, il se présentera aux convocations des juges, auxquels il fera part de la masse de documents qu’il avait réunis. Ne sachant quelle conduite tenir, il serait finalement convaincu de pouvoir tout dire au premier procureur qui l’a interrogé – en évoquant spontanément des sujets qui allaient bien au-delà de ceux pour lesquels il était entendu initialement comme témoin.

Au fil de son récit, Noh Seung-il donne des noms et explique le mode de fonctionnement de Choi Soon-sil : monter ses collaborateurs les uns contre les autres en disant à untel de se méfier de tel autre ; dissimuler les modes de fonctionnement en créant des sociétés écrans dirigeant de fait les fondations… Les juges devront ensuite, pendant des mois, démêler l’écheveau du fonctionnement occulte des sociétés de Mme Choi.

Interrogé sur sa plus grande fierté dans cette affaire, Noh Seung-il a fait état du jugement de la Cour constitutionnelle le 10 mars 2017 confirmant la destitution de l’ex-présidente Park et qui, dans ses considérants, a repris plusieurs éléments qu’il a permis de mettre à jour.

Mais la remise de peine dont a bénéficié en février 2018 (à la stupeur générale) Lee Jae-yong, héritier du groupe Samsung et l’un des acteurs de l’affaire Choi Soon-sil, condamné quelques mois plus tôt à 5 ans de prison, témoigne que les puissances financières restent intouchables en République de Corée : un constat amer qui témoigne de la nécessité, pour le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud, de poursuivre notre combat pour la démocratie et les libertés, et contre la corruption et la collusion de l’appareil d’Etat avec les conglomérats financiers.

Voir la vidéo de la conférence sur le site de la librairie Tropiques

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Manifestation à Paris pour la paix en Corée

Le 9 octobre 2017, un rassemblement a eu lieu place Saint-Michel, à Paris, à l’appel du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) et du Parti  démocratique populaire (PDP) de la République de Corée, pour dénoncer l’escalade militaire dans la péninsule coréenne et la politique belliciste de l’administration Trump. Outre des représentants du CILD et du PDP, des militants pacifistes français et sud-coréens se sont également exprimés, en témoignant tous de leur refus de la guerre. Nous reproduisons ci-après l’intervention prononcée par Sylvie Zarkan, au nom du CILD.

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Depuis plusieurs mois, le commandant en chef américain Donald Trump a tenu des propos bellicistes enflammés et appelé à la tribune des Nations Unies à détruire entièrement la Corée du Nord : 72 ans après les bombardements américains de Hiroshima et de Nagasaki, les dirigeants américains menacent de déclencher une nouvelle guerre nucléaire qui aurait des conséquences irréversibles pour la planète et causerait des millions de victimes non seulement en Corée du Nord mais dans toute l’Asie du Nord-Est – la catastrophe de Tchernobyl nous rappelant que les radiations nucléaires se jouent des frontières.

La propagande de guerre américaine est à l’œuvre, relayée par les médias dominants : comme hier pour l’Irak, la Libye et la Syrie, il faut vilipender l’adversaire pour qu’il prenne les traits du Mal absolu. Mais ces mêmes médias oublient de nous dire que la péninsule coréenne est le théâtre deux fois par an des plus grandes manœuvres militaires au monde – américano-sud-coréennes – en temps de paix, pour préparer une invasion de la Corée du Nord et un changement de régime – avec le succès que l’on connaît en Irak et où Syrie, où Daech a prospéré sur les décombres des anciens gouvernements. Ces mêmes médias oublient aussi de nous dire :

  • que le budget militaire américain est plus de cent fois celui de la Corée du Nord et que les États-Unis détiennent mille fois plus d’ogives nucléaires que la Corée du Nord,

  • qu’un système de missiles antimissile américain (THAAD) est en cours de déploiement en Corée du Sud,

  • qu’une base navale, pouvant accueillir des armes nucléaires, a été ouverte dans l’île sud-coréenne de Jeju, menaçant irrémédiablement un patrimoine naturel exceptionnel ;

  • que 28 500 soldats américains sont stationnés en permanence en Corée du Sud après que l’armée américaine eut tué des millions de Coréens pendant la guerre de Corée (1950-1953) tout en déversant des tonnes de napalm sur tout le territoire nord-coréen,

  • que les populations nord-coréennes seront les premières (sinon les seules victimes) du régime le plus draconien de sanctions jamais mis en place sous l’égide du Conseil de sécurité des Nations unies : interdiction de 90 % des exportations nord-coréennes, interdiction des investissements nord-coréens à l’étranger, embargo pétrolier qui conduira à un nouveau déboisement massif du pays pour que la population ne meure pas de froid l’hiver – mais ce déboisement aggravera encore l’érosion des sols et la destruction des terres cultivables, condamnant les populations nord-coréennes à une famine pire encore que celle des années 1990 ayant causé des centaines de milliers de morts.

Alors, qui menace qui en Corée ?

Plus que jamais, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud appelle à mettre un terme à l’hystérie guerrière en Corée du Sud et à un retour sans conditions aux négociations dans l’ensemble de la péninsule coréennecomme y appelle la coalition ICAN, Prix Nobel de la Paix 2017 – en vue d’y établir un régime de paix durable et de permettre la dénucléarisation effective de la Corée – de toute la péninsule coréenne.

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Paris : les papillons portent haut l’espoir

Mercredi 28 juin 2017, c’est sur le parvis des Droits de l’Homme et des Libertés que s’est tenu un rassemblement d’étudiantes et étudiants venus du Sud de la Corée, à l’occasion du 7e Voyage en Europe pour la paix.

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A l’appel de l’association Papillon d’espoir pour la résolution de la question de l’esclavage sexuel du militarisme japonais et du Conseil coréen pour les femmes enlevées pour l’esclavage sexuel militaire du Japon (le Conseil coréen), soutenu par le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), plusieurs dizaines de personnes se sont ainsi rassemblées à Paris au Trocadéro.

Entre deux averses et dans la bourrasque, ces jeunes ont ravi les badauds – et même les gardiens de la paix – par leurs mobilisations éclairs (flash mobs) colorées.

Les organisatrices ont d’abord passé la parole à deux militantes japonaises en France pour la paix. Celles-ci nous ont confirmé qu’une partie de l’opinion au Japon s’oppose à l’accord signé entre Abe et Park. Il appartient au peuple japonais de faire abroger cet accord, lui seul étant « la force motrice, le créateur de l’histoire universelle ». Les indemnisations prévues semblent avoir enfin commencé à être versées aux quelques « femmes de réconfort » (ian fu) survivantes. Par contre, les manuels d’histoire utilisés par les élèves japonais continuent de véhiculer une version négationniste des crimes de guerre commis par l’impérialisme japonais.

Un représentant du CILD leur a succédé pour souhaiter la bienvenue aux participants à ce voyage. Il a rappelé que nous avons toujours été aux côtés des Coréens de Paris, qui se sont rassemblés plusieurs fois l’hiver dernier, déjà au Trocadéro, pour chasser Park Geun-hye, jusqu’à atteindre 800 personnes, ce qui a fait de Paris la deuxième capitale en importance pour les manifestations après Séoul. Nous aurons à interpeller le nouveau gouvernement français sur sa position vis-à-vis des femmes coréennes réduites en esclavage sexuel par le militarisme japonais, question délibérément ignorée par le gouvernement précédent aux mains du lobby sud-coréen.

Les demandes des Papillons d’espoir et du Conseil coréen sont les suivantes :

– Que les gouvernements japonais et coréen abrogent immédiatement l’accord du 28 décembre 2015 sur les « femmes de réconfort » signé dans la précipitation et trouvent une solution juste à cette question, prenant pleinement en considération les demandes des survivantes.

– Que le gouvernement japonais accepte les recommandations de la 12ème Conférence de solidarité en Asie, lesquelles incluent les demandes des victimes. En d’autres termes, qu’il reconnaisse les responsabilités juridiques de son pays et prenne les mesures appropriées.

– Que le gouvernement coréen annule cet accord précipité et fasse des efforts pour une solution juste acceptable par les victimes.

– Que les organisations internationales, y compris l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation internationale du travail, reconnaissent la question des « femmes de réconfort » comme un problème de droits humains urgent et non résolu intéressant toute l’humanité, et pressent le Japon de suivre les recommandations des organisations internationales et de résoudre immédiatement cette affaire.

Nos amis coréens nous ont offert un DVD intitulé The butterflies : flying high with hope – 20 years of history and harmonies’ peace. Qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés.

Rassemblement des Coréens de Paris : jusqu’au bout, pour le départ de Park Geun-hye !

Un nouveau rassemblement à Paris pour le départ de la Présidente Park Geun-hye, toujours à l’initiative des Coréens vivant dans la capitale française, a eu lieu le 4 mars 2017 place du Trocadéro – en présence d’à nouveau plus de 100 participants. Cette manifestation faisait écho à celles qui se tiennent de manière ininterrompue en République de Corée depuis quatre mois, alors qu’une décision est attendue prochainement de la Cour constitutionnelle sur la confirmation, ou non, du vote de destitution de la chef de l’Etat par le Parlement le 9 décembre 2016.

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Un parfum de victoire flottait sur la place du Trocadéro, après la troisième manifestation des Coréens de Paris, le 10 décembre 2016 – suite aux précédents rassemblements du 12 et du 26 novembre 2016. Pourtant, alors que les événements se sont accélérés avec les révélations sur la « liste noire », les mises en examens de responsables politiques de l’entourage immédiat de Park Geun-hye ainsi que du numéro 1 de fait de Samsung, également impliqué dans le scandale Choi Soon-sil, les incertitudes demeurent face au refus à présent de Mme Park Geun-hye d’endosser la moindre responsabilité dans le plus grave scandale de corruption au plus sommet de l’État sud-coréen, et au regard des tentatives désespérées du président par intérim Hwang Kyo-ahn de sauver la maison conservatrice.

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Dans ce contexte, au fil des interventions et des interprétations musicales, les participants ont réitéré leur appels pour que Mme Park Geun-hye quitte le pouvoir au plus vite et réponde de ses actes devant la justice – comme tous les acteurs d’un scandale politico-financier sans précédent en Corée, tels que Chung Yoo-ra, la fille de Choi Soon-sil, bénéficiaire des largesses de Samsung à qui le pouvoir a renvoyé l’ascenseur en asseyant le contrôle des dirigeants au sein du groupe par une fusion opportune entre deux branches du conglomérat. Plusieurs témoignages ont exprimé toute la colère des Coréens de France, notamment vis-à-vis de l’ambassadeur coréen en France Mo Chul-min qui, bien que soupçonné d’être impliqué dans l’établissement de la « liste noire » des artistes et autres personnalités mises à l’index (il a été entendu par la justice de son pays et a dû quitter la France pendant plus d’un mois), conserve toujours ses fonctions et se comporte en représentant non de son pays, mais des intérêts des néo-conservateurs.

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Intervenant au nom du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), Olivier Bouchard est intervenu pour saluer les organisateurs coréens du rassemblement. Il a souligné la nécessité de mettre fin aux rapports incestueux qui unissent les conservateurs sud-coréens aux conglomérats, dont ils servent les intérêts étrangers à ceux de la population.

La large banderole déployée par les Coréens de Paris a ainsi traduit l’aspiration de toutes celles et de tous ceux qui étaient présents : « Votre monde est fini. C’est l’heure de construire une nouvelle société. »

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Le Parlement a voté la destitution de Park Geun-hye : ce n’est qu’un début, continuons le combat pour les libertés jusqu’à la victoire !

Le 9 décembre 2016, le Parlement sud-coréen a voté à une très large majorité (234 voix sur 300) la motion de destitution de la chef de l’Etat Mme Park Geun-hye déposée par l’ensemble des partis d’opposition. Désormais, la Cour constitutionnelle doit valider ce vote – mais alors que Mme Park Geun-hye avait tenté, dans les jours précédant le vote, d’empêcher sa destitution en ouvrant la voie à son départ volontaire du pouvoir, il est acquis qu’elle ne terminera plus son mandat, ne disposant d’ores et déjà plus des prérogatives présidentielles – transférées au Premier ministre.

Pour le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), qui a soutenu les manifestations du 12 et du 26 novembre à Paris pour exiger le départ du pouvoir de Mme Park, ce résultat est une vraie joie, que nous avons partagée, toujours place du Trocadéro, avec les Coréens de France, le 10 décembre 2016.

Mais le combat doit se poursuivre jusqu’à l’élimination complète du régime autoritaire de Mme Park Geun-hye, dont les fonctions sont désormais exercées par le Premier ministre qu’elle a nommé, qui est l’un de ses affidés et est à l’origine de la scandaleuse interdiction du Parti progressiste unifié.

Car aujourd’hui rien n’a changé : aucun des militants politiques et syndicaux emprisonnés n’a été libéré – à commencer par le dirigeant syndical Han Sang-gyun, dont la peine a été réduite à trois ans de prison. Mais ce nouveau jugement n’en est pas moins inique, faisant fi de l’exercice des libertés syndicales et d’opinion : Han sang-gyun doit être libéré immédiatement !

L’opinion publique coréenne et internationale attend toujours la vérité sur les naufrages du « Cheonan » et du « Sewol ». Elle attend toujours la fin des intimidations sur les médias, l’abolition de la censure pesant sur les artistes et la libération des objecteurs de conscience emprisonnés, en méconnaissance totale des engagements internationaux de la Corée du Sud.

Les services de renseignement sud-coréens continuent de manipuler l’opinion publique coréenne et internationale, et interviennent toujours à tous les niveaux de la vie politique. Il y a d’ailleurs à craindre que, acculés, ils tentent de nouvelles manoeuvres, y compris en France et dans le monde contre notre organisation.

Les conglomérats continuent de décider de la vie du pays et d’imposer des conditions de travail indécentes, comme le rappelle le courageux combat des travailleurs de Samsung, actuellement en tournée en Europe, toujours avec notre soutien.

C’est pourquoi nous devons poursuivre le combat pour l’instauration d’une véritable démocratie politique et sociale en République de Corée, en appelant chacune et chacun à nous rejoindre pour amplifier le mouvement international de solidarité !