L’influence de Choi Soon-sil sur Park Geun-hye : un secret longtemps bien gardé qui révèle l’existence d’une loi du silence et d’un règne de la terreur

Alors que le 19 novembre 2016 quelque 1 million de Coréens ont à nouveau manifesté dans tout le pays pour exiger le départ de la Présidente Park Geun-hye, l’influence qu’a exercée pendant des années Mme Choi Soon-sil sur la chef de l’Etat révèle l’existence d’une loi du silence et d’un règne de la terreur contre quiconque avait l’audace de mettre en cause la gourou de la Présidente.

17 décembre 2015 : le journaliste japonais Tatsuya Kato était finalement acquitté, après avoir été condamné en diffamation contre Mme Park Geun-hye pour avoir écrit que, le jour du dramatique naufrage du ferry Sewol ayant causé la mort de 304 personnes (majoritairement des lycéens en voyage scolaire) le 16 avril 2014, la chef de l’Etat se serait trouvée avec Chung Yoon-hoi. Mais pourquoi Mme Park et son entourage avaient-ils fait preuve d’un tel acharnement à l’égard de Tatsuya Kato ? Car il avait eu le malheur de toucher du doigt ce que personne ne devait connaître, à savoir que Mme Park était depuis quatre décennies sous l’influence d’une gourou – en effet, Chung Yoon-hoi était l’ancien mari de Choi Soon-sil et l’ancien collaborateur de Mme Park quand elle était députée – depuis l’entrée en politique de Mme Park là encore encouragée par Choi Soon-sil, l’ascension de sa protégée lui ayant permis de multiplier les affaires juteuses.

A présent que les bouches s’ouvrent, on sait désormais que toutes les décisions sensibles prises par Mme Park Geun-hye, y compris les nominations, étaient soumises à l’imprimatur de sa gourou – qui recevait des piles de dossiers qu’elle traitait dans un petit cercle fermé, avec ses proches. Et si les responsables officiellement en charge des dossiers administratifs à la présidence de la République émettaient des critiques ou seulement des doutes, ils étaient limogés, sur ordre de Choi Soon-sil, qui était la véritable présidente dans l’ombre.

Le règne du silence et de la terreur a été d’une redoutable efficacité : même quand Mme Park Geun-hye avait concouru à la candidature pour les conservateurs à la présidence de la République en 2007 (échouant alors de peu), l’influence de sa gourou était restée largement inconnue du grand public. Lors de la campagne présidentielle de 2012, lorsque les adversaires démocrates de Mme Park faisaient l’objet de campagnes de diffamation orchestrées par les services secrets, la vraie vie de Park Geun-hye restait cachée à l’opinion. Ce que demande le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud, ce n’est pas seulement le départ de Mme Park Geun-hye, mais aussi la fin d’un système de mensonges et de dissimulation orchestré par les services secrets, les partis et les médias conservateurs : tous doivent à présent rendre des comptes au peuple coréen.

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