Archives de Tag: répression

Un soldat sud-coréen condamné à la prison ferme pour une relation homosexuelle

Alors que le Centre pour les droits de l’homme à l’armée a révélé que l’armée sud-coréenne avait engagé une chasse aux homosexuels, une première condamnation a été rendue publique : Lee, un capitaine de 28 ans, a été condamné à la prison ferme pour relation homosexuelle avec un autre soldat. La cour n’a pas retenu les arguments selon lesquels la relation était consentie et qu’elle a eu lieu dans un cadre privé.

L’emprisonnement se fonde sur l’article 92-6 du code pénal militaire, une disposition critiquée comme « archaïque » et « discriminatoire » par Roseann Rife, directeur de recherches d’Amnesty International pour l’Asie de l’Est, qui a également dénoncé une « condamnation injuste« . Une initiative au Parlement a été prise par Kim Jong-dae (Parti de la justice, social-démocrate) tendant à l’abolition de l’article 92-6, mais les chances de succès sont faibles compte tenu de la très forte homophobie de la société sud-coréenne où les puissants lobbies conservateurs mènent une campagne très active contre l’homosexualité (ils ont ainsi obtenu en 2014 une révision de la définition du mot « amour » par l’Institut de la langue coréenne comme ne pouvant désigner qu’une relation entre deux personnes de sexes différents).

Alors que le prévenu a dû être hospitalisé après son inculpation, la colère grandit et des manifestations ont éclaté en Corée, durant lesquelles des personnes homosexuelles ont demandé à être arrêtées elles aussi (cf. photo ci-dessous).

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Cette condamnation n’est que la première sans doute d’une longue série, alors que plusieurs dizaines de soldats sud-coréens seraient en attente de jugement pour relations homosexuelles. En outre, les sévices contre les homosexuels à l’armée sud-coréenne, entraînant des suicides et des incapacités physiques permanentes, restent un sujet tabou.

 

Arrestation de la ministre de la Culture Cho Yoon-sun

La maison Park Geun-hye n’en finit pas de s’effondrer après que le Parlement eut voté la destitution de la chef de l’État. Ses proches qui se partageaient hier honneurs et prébendes doivent désormais répondre de leurs actions devant la justice de leur pays. Dernier épisode en date de la série judiciaire : l’arrestation de la ministre de la Culture, du Sport et du Tourisme Cho Yoon-sun, le 21 janvier 2017, pour son implication dans l’établissement de la liste noire de personnalités du monde culturel que l’administration Park Geun-hye voulait coûte que coûte éliminer du devant de la scène en leur retirant toute subvention publique – et dont l’élaboration avait déjà conduit la justice à interroger Mo Chul-min, ambassadeur coréen en France.

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Cho Yoon-sun n’a pas été seulement interrogée, mais bel et bien arrêtée – de même que Kim Ki-choon, ancien chef du cabinet présidentiel. Après que l’une et l’autre eurent été interrogés pendant respectivement 21 heures et 15 heures sur leur implication dans l’établissement de la liste noire où seraient inscrits les noms de 10 000 personnalités du monde culturel, des faits criminels seraient avérés, selon l’agence de presse officielle sud-coréenne Yonhap.

Cho Yoon-sun a remis sa démission de membre du gouvernement au président par intérim, le Premier ministre Hwang Kyo-ahn.

Pour Cho Yoon-sun, c’est probablement la fin d’une carrière météoritique pour cette très proche de Mme Park Geun-hye : secrétaire générale du cabinet présidentiel en 2013, elle était devenue secrétaire présidentielle aux affaires politiques dès 2014 et ministre de la Culture l’année suivante, en 2015.

Alors que la liste noire révèle de graves atteintes à la liberté d’opinion et d’expression, la justice cherche à présent à établir le rôle qu’aurait pu jouer Mme Park Geun-hye dans la création de cet outil de répression.

Derrière le naufrage solitaire d’une Présidente autoritaire

Plus la crise politique suscitée par les révélations de l’affaire Choi Soon-sil s’approfondit, plus le monde entier découvre, ébahi, la dérive solitaire d’une Présidente autoritaire : alors que Mme Choi, une chamane mystique et corrompue qui a été la Raspoutine de Mme Park Geun-hye pendant quarante ans, doit répondre de ses actes devant la justice après avoir tenté de s’échapper en Allemagne, la Présidente sud-coréenne multiplie les manoeuvres pour échapper à une démission qu’exige un nombre toujours croissant de Sud-Coréens en colère.

choi-soon-sil-et-park-geun-hyeCelle qui avait refusé d’accepter sa défaite aux législatives du 13 avril 2016 nommerait soudain un Premier ministre, Kim Byong-joon, issu de l’opposition, et s’apprêterait à lui laisser la conduite des affaires intérieures, elle-même se réservant la diplomatie et la défense ? La ficelle est énorme : non seulement l’opposition n’a en aucun cas été associée au choix du Premier ministre putatif (qui ne sera donc pas investi), mais le très opportuniste Kim Byong-joon sera l’obligé de Mme Park, qui pourra continuer de gouverner à sa guise – tout en conservant l’essentiel de ses attributions régaliennes.

La manoeuvre présente les apparences de la cohabitation à la française, mais les apparences seulement : un monarque ne cohabite pas avec les laquais qu’il nomme et répudie à sa guise.

Pur produit de la dictature sud-coréenne de son père, Mme Park Geun-hye en a hérité les méthodes et les principes. Sauf que ses déclarations récentes formulées dans l’espoir de se faire réélire indéfiniment (à l’instar de son dictateur de père), en tenant d’abroger la règle constitutionnelle de non-réélection immédiate du chef de l’Etat sortant, ont fait long feu, quand a éclaté la bombe du scandale Choi Soon-sil : les décisions du gouvernement et de l’administration disparaissaient derrière les visions d’un gourou qui, pour reprendre les termes d’un télégramme diplomatique américain révélé par WikiLeaks, contrôlait le corps et l’esprit de Mme Park Geun-hye. Et cette dernière prétendrait être apte à diriger les affaires étrangères et la défense de la douzième économie mondiale ?

Mme Park Geun-hye et sa clique ont interdit d’expression et emprisonné les opposants politiques et syndicaux dans le cadre de procès truqués, bâillonné les médias indépendants, censuré la création artistique : il est temps que la marionnette cesse ses pantomimes, maintenant que la marionnettiste a été mise hors d’état de nuire.

Baek Nam-gi est mort

Le militant paysan Baek Nam-gi, qui était dans le coma depuis qu’il avait été grièvement blessé par les forces de l’ordre lors de la manifestation du 14 novembre 2015, est décédé le samedi 24 septembre 2016 à deux heures de l’après-midi à l’hôpital national universitaire de Séoul. Agé de 69 ans, il n’avait pas repris connaissance depuis son hospitalisation. Son sort était devenu un symbole de la  violence de la répression policière et des manifestations de soutien avaient été organisées en Corée et en Europe, y compris à Paris. Dès l’annonce de sa disparition, des centaines de personnes se sont réunies devant l’hôpital national universitaire de Séoul, avec un déploiement encore plus important de forces de l’ordre – des milliers de policiers ayant été dépêchés par un gouvernement aux abois, craignant une nouvelle vague de protestations. L’usage disproportionné du canon à eau par les forces de l’ordre, à l’origine de la mort de Baek Nam-gi, avait été mis en cause par Maina Kiai, rapporteur spécial de l’ONU pour les libertés d’association et de réunion, et par la fille du militant disparu, Baek Minjuhwa, qui avait témoigné devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies.

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Officiellement, Baek Nam-gi est mort d’une insuffisance rénale. Une hémorragie sous-durale, généralement associée à un traumatisme crânien, avait été diagnostiquée. Lors d’une conférence de presse dimanche, l’Association des physiciens humanistes a déclaré que la mort de Baek Nam-gi pouvait être directement attribuée à son hémorragie cérébrale et à sa fracture crânienne. Un comité d’urgence de groupes civiques soutenant le militant paysan a déclaré qu’il s’opposerait à toute autopsie vue comme une possible tentative pour les autorités sud-coréennes de tenter de se décharger de leurs responsabilités. Cette exigence a ainsi constitué le mot d’ordre des manifestants qui se sont réunis devant l’hôpital national universitaire de Séoul après l’annonce de la disparition de Baek Nam-gi.

Poursuivi pénalement par les groupes civiques défendant Baek, avec six autres responsables policiers, l’ancien chef de la police Kang Sin-myeong avait refusé de présenter des excuses à l’ancien militant paysan lors d’une audition parlementaire le 12 septembre 2016, en prétendant qu’il fallait d’abord identifier clairement les causes de l’état de Baek Nam-gi. Aucun responsable gouvernemental sud-coréen n’a a fortiori jugé nécessaire de s’excuser.

Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) salue la mémoire et les combats de Baek Nam-gi, qui témoignent du rôle d’avant-garde joué par le mouvement étudiant pour lutter contre la dictature militaire. Né en 1947 à Boseong, il avait été expulsé de l’Université Chung-Ang de Séoul en 1971, dans un contexte où le Général Président Park Chung-hee (père de l’actuelle Présidente Park Geun-hye) avait envoyé la police dans les campus universitaires pour disperser les manifestations de protestation qui avaient grandi après sa réélection contestée. Autorisé à se réinscrire à l’université, Baek Nam-gi avait ensuite été à la tête des manifestations étudiantes contre l’instauration de la dictature Yusin par le Général Park Chung-hee en 1972, et avait dû se cacher – notamment dans la cathédrale de Séoul, où il s’était converti au catholicisme. A nouveau expulsé de l’université en 1975, il avait pu la réintégrer après l’assassinat de Park Chung-hee en 1979. Après l’instauration de la loi martiale dans tout le pays en 1980 par Chun Doo-hwan, Baek Nam-gi a fait partie des étudiants arrêtés dans les dortoirs, une troisième fois interdit d’entrée à l’université et condamné à deux ans de prison, avant d’être libéré en 1981. L’ancien leader étudiant s’était ensuite attaché à défendre les droits des paysans pauvres.

Sources : The New York Times, The Korea Herald.

Signez la pétition pour libérer Han Sang-gyun !

Le dirigeant de la Confédération coréenne des syndicats (acronyme anglais : KCTU) Han Sang-gyun est emprisonné par les autorités sud-coréennes, dans une nouvelle démarche du régime autoritaire de Mme Park Geun-hye pour réprimer toute opposition politique et syndicale. Après avoir manifesté à Paris pour exiger – notamment – la libération  de Han Sang-gyun et l’arrêt de la répression antisyndicale, le Comité international pour les libertés démocratiques (CILD) appelle à signer et faire signer la pétition – que nous reproduisons ci-après en français, en anglais, en allemand et en coréen – initiée par le Réseau européen pour une Corée progressiste (basé en Allemagne) adressée au juge Shim Dam en vue de la libération de Han Sang-gyun et du respect des droits des travailleurs sud-coréens tels qu’ils sont garantis par la Constitution.

HAN SANG GYUN, DIRIGEANT de la KCTU EST INNOCENT.

La Justice de la Corée du Sud doit respecter la Constitution qui garantit le droit syndical. Le 13 juin 2016, le procureur LEE Seong Sik requiert 8 ans de prison contre HAN Sang Gyun, dirigeant de la Confédération syndicale KCTU qui a organisé en novembre 2015 un rassemblement contre la « réforme » du droit du Travail.

HAN Sang Gyun a été élu dirigeant de la KCTU en décembre 2014, en avril et en juillet 2015, la KCTU a organisé des grèves pour résister à un projet de grave atteinte au droit du travail. Et le 14 novembre 2015, après que la KCTU a organisé un grand rassemblement de 130 000 personnes, ce rassemblement était absolument nécessaire pour protéger le droit de 20millions de travailleurs contre le projet de la loi travail du gouvernement. HAN Sang Gyun a dû se réfugier au temple bouddhiste Jogyesa au centre de Séoul. La police a assiégé le temple pendant trois semaines. Pour éviter l’assaut prévu, HAN Sang Gyun s’est livré volontairement à la police le 10 decembre 2015.

Six mois plus tard, le procureur requiert contre HAN une peine de 8 ans de prison, disant que « non seulement HAN Sang Gyun a planifié minutieusement son crime dès qu’il a été élu dirigeant, mais qu’il a aussi agité les autres travailleurs en abusant de sa position, et il n’a aucun regret ».

Pourtant, c’est la police qui n’a pas respecté la loi. Lors de la manifestation, la police a poussé les manifestants dans une nasse faite de murs de bus de police. Ensuite elle a lancé des gaz lacrymogènes et usé du canon à eau chargée de produits chimiques. Le canon a atteint de plein fouet un agriculteur, BAEK Nam Ki, il est dans le coma depuis ce jour. Le procureur n’a procédé à aucune enquête sur ces exactions policières ni sur les atteintes aux droits et à la légalité. Au lieu de cela, la police a arrêté 527 adhérents de la KCTU, en a retenu 20, et à ce jour 6 mois après, 10 sont encore en prison, dont HAN Sang Gyun.

Le parti au pouvoir et le gouvernement préparent une destruction du droit du travail :1) Faciliter les licenciements en rendant légaux les licenciements abusifs. 2) Généralisation de l’emploi précaire. 3) Par la liberté donnée aux employeurs de rémunérations arbitraires, imposer des salaires encore plus bas et mettre les travailleurs dans la concurrence extrême.4) Neutraliser les syndicats en contournant les conventions collectives.

En somme, la « réforme » vise à créer des conditions de travail inhumaines, uniquement pour ouvrir une voie royale au maximum de profit au seul bénéfice des grandes entreprises. Comme tous les pays démocratiques, la Corée du Sud, à l’article 33 de la Constitution, garantit le droit syndical, le droit à la négociation collective et à l’action collective pour améliorer les conditions de travail. Protester contre une menace sur les conditions de travail est donc un droit pour les syndicats. Qu’un procureur demande une peine de prison pour un travailleur syndicaliste, au mépris de la Constitution, cela signifie qu’il est au service d’un pouvoir qui ne vise qu’à écraser les travailleurs, et non pas au service de la justice et de la démocratie. Le jugement aura lieu le 4 juillet.

HAN Sang Gyun est innocent. Si un dirigeant syndical doit aller en prison après que son syndicat a organisé un rassemblement pour défendre les droits des travailleurs, cela veut dire que ce pays n’est plus un pays démocratique.

La Justice de Corée du Sud doit respecter les droits des travailleurs énoncés dans la Constitution et le juge SHIM Dam doit libérer HAN Sang Gyun et tous les syndicalistes emprisonnés.

Le Parlement, s’il est réellement une émanation démocratique des citoyens, doit rejeter le projet actuel de destruction du Droit du travail, qui met la vie des travailleurs en grave danger.

Les députés doivent au contraire élaborer et adopter une véritable réforme de la loi, qui améliore les conditions de travail.

European Network for Progressive Korea (Solidarité en Europe pour la Corée progressiste)

*Our other significant petition: Minister of Justice: Hyundai Motors & Yoosung Enterprise: Stop Labour Repression now! https://goo.gl/aCZsme

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To South Korean Judge, SHIM Dam: Respect the workers’ constitutional rights! Immediately release HAN Sang Gyun, President of KCTU!

On June 13, 2016, Korean prosecutor Lee Sung Sik demanded that Han Sang Gyun, the president of KCTU (Korean Confederation of Trade Unions), be sentenced to eight years behind bars for organizing a protest last November against the Korean government’s proposed package of labor law revisions.

Mr. Han was elected as the leader of KCTU in December of 2014 and successfully organized nationwide protests both in April and July of 2015. Then, after an arrest warrant was issued for him for having co-organized a mass rally on Nov, 14 with a number of NGOs present and reportedly 130,000 other participating citizens, he had to find a temporary asylum at the Buddhist Chogye temple in Seoul for twenty-five days. Upon hearing the police’s attempt to enter the temple, he turned himself in on December 10th, 2015.

The prosecution stated on June 13th that « We request a sentence of eight years considering that he had been conspiring to [to commit crimes] since his election, incited the crime using his position of power, and does not show any sign of remorse. »

On the contrary, though, in reality it was the police who committed the crime on November 14th. The police isolated the participating citizens by ushering them away by a bus barricade, and tear gas. BAEK Nam Gi, a farmer, has been in coma since then, which was caused by a water cannon attack. Yet, prosecutors didn’t bother to investigate the case. Instead, twenty workers, including Mr. HAN, were arrested from the rally and ten of them are still in prison.

The Korean government and the ruling party are pushing the enactment of a new labor law.  Their main objectives are: 1. Easy dismissal of employment without need of proper procedure 2. Increase of precarious jobs (low-wage short-term jobs) 3. Introduction of a wage system that will lower the income of workers and stimulate the extreme competition among them. 4. Disablement of the basic functions of labor unions. In short, it will worsen the preexisting and inhumane working conditions and will maximize the interests of the big corporations.

The people’s mass rally on November 14th was a necessary struggle designed to protect every right of the twenty million working men and women in Korea.

Korean constitution article 33.1 clearly states that workers have a right to independent association, and collective bargaining and action to improve working conditions. Obviously, workers and their trade unions have a right to resist against any laws that could seriously undermine their survival & interests and it is guaranteed by the constitution.

The prosecution’s request, ignoring the constitution, simply admits the fact that they serve the powerful as they trample on the basic human rights of these workers, rather than executing their lawful duties. The sentence is expected to be announced on July 4th by judge SHIM Dam. HAN Sang Gyun is innocent.

Judge SHIM Dam should release HAN Sang Gyun and all of the imprisoned KCTU workers if he still believes that the Republic of Korea is a true democracy. We demand the Korean parliament to abolish the new labor law, extend the rights of workers, and reform the labor law to guarantee pleasant working conditions for our workers.

European Network for Progressive Korea

*Our other significant petition: Minister of Justice: Hyundai Motors & Yoosung Enterprise: Stop Labour Repression now! https://goo.gl/aCZsme

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An Richter SHIM Dam, Südkorea:

Respektieren Sie die verfassungsmäßigen Rechte der Arbeitnehmer!

Entlassen Sie HAN Sang Gyun, Präsident von KCTU, umgehend aus der Haft!

Am 13. Juni 2016 forderte die koreanische Staatsanwaltschaft (LEE Sungsik, zuständiger Staatsanwalt) 8 Jahre Haft für HAN Sang Gyun, den Präsidenten der KCTU (Korean Confederation of Trade Unions: Koreanischer Gewerkschaftsbund), weil dieser im November eine Demonstration gegen den von der koreanischen Regierung vorgeschlagenen Gesetzesentwurf zur Reform des Arbeitsrechts organisiert hatte.

Herr HAN wurde im Dezember 2014 zum Vorsitzenden der KCTU gewählt und organisierte erfolgreich landesweite Streiks und Kundgebungen im April und Juli 2015. Nachdem er am 14. November eine Massenkundgebung organisiert hatte, an welcher Berichten zufolge 130.000 Bürger teilnahmen, musste er sich 25 Tage lang in den Chogye Tempel zurückziehen, um seiner Verhaftung zu entgehen. Bevor die Polizei in den Tempel vorrückte, stellte er sich am 10. Dezember 2015 freiwillig.

Die Staatsanwaltschaft erklärte am 13. Juni: « Wir fordern eine achtjährige Haftstrafe in Anbetracht der Tatsache, dass er das Verbrechen nach seiner Wahl von langer Hand geplant hatte, seine Position nutzte, um zu dem Verbrechen aufzuhetzen, und kein Zeichen von Reue zeigt. »

Tatsächlich war es aber die Polizei, die am 14. November ein Verbrechen beging. Die Teilnehmer der Demonstration wurden durch eine Polizeibus-Barrikade isoliert, die Polizei setzte Tränengas gegen sie ein.Der Landwirt BAEK Namgi erlitt dabei schwere Verletzungen durch einen Wasserwerfer und liegt seitdem im Koma, doch die Staatsanwaltschaft unternimmt keine Anstalten, den Fall zu untersuchen. Stattdessen wurden 20 Arbeiter, darunter auch Herr HAN, während der Kundgebung festgenommen, von denen sich 10 noch immer in Haft befinden.

Die Koreanische Regierung und die Regierungspartei drängen auf eine Reform des Arbeitsrechts, deren Hauptziele sind: 1. Vereinfachung der Entlassung von Arbeitnehmern ohne ordnungsgemäßes Verfahren 2.Förderung unsicherer Arbeitsverhältnisse (Niedriglohnsektor, Kurzarbeit) 3. Einführung eines Lohnsystems, das das Einkommen der Arbeitnehmer senken und den Konkurrenzdruck unter ihnen erhöhen wird. Kurz gesagt wird es die bestehenden menschenunwürdigen Arbeitsbedingungen weiterhin verschlechtern und die Gewinne der Großunternehmen maximieren. Die Massenkundgebung am 14. November stellte eineNotwendigkeit im Arbeitskampf zum Schutz der Rechte der arbeitenden Männer und Frauen in Korea dar.

Artikel 33.1 der Koreanischen Verfassung besagt, dass Arbeitnehmer ein Recht auf Kollektivverhandlungen und Maßnahmen zur Verbesserung der Arbeitsbedingungen haben.Arbeitnehmer und ihre Gewerkschaften haben ganz klar das Recht, Widerstand gegen Gesetze zu formieren, die ihr Überleben und ihre Interessen gefährden könnten, und dies wird ihnen durch die Verfassung garantiert. Der verfassungswidrige Antrag der Staatsanwaltschaft zeigt deutlich, dass sie eher den Machthabern dienen, die die grundlegenden Menschenrechte der Arbeitnehmer mit Füßen treten, als ihrer Pflicht nachzukommen, im Rahmen der geltenden Gesetzgebung zu ermitteln. Das Urteil wird am 4. Juli durch den Richter, SHIM Dam, erwartet.

HAN Sang Gyun ist unschuldig. Richter SHIM Dam sollte HAN Sang Gyun und alle inhaftierten KCTU Arbeiter freisprechen, wenn er noch an die Demokratie in Korea glaubt.

Wir fordern das koreanische Parlament auf, das neue Arbeitsgesetz abzulehnen, die Rechte der Arbeitnehmer zu verbessern und die Reform des Arbeitsrechts zu nutzen, um bessere Arbeitsbedingungen für die Arbeitnehmer zu schaffen.

European Network for Progressive Korea

*Our other significant petition: Minister of Justice: Hyundai Motors & Yoosung Enterprise: Stop Labour Repression now! https://goo.gl/aCZsme

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민주노총 위원장 한상균은 무죄다

대한민국 사법부는 헌법이 규정하는 노동자의 권리를 보장하라

2016년 6월 13일, 대한민국 검찰(주임검사: 이성식)은 지난해 11월 정부의 노동법개악에 저항하는 집회를 주도한 혐의로 구속된 민주노총 한상균 위원장에게 징역 8년을 구형했다.

2014년 12월 민주노총 위원장으로 선출된 한상균은 노동법개악에 저항하는 총파업 투쟁을 2015년 4월과 7월 이끌어 냈다. 그리고 11월 14일, 13만명이 참여한 민중총궐기 집회를 여러 단체들과 함께 주최한 뒤, 조계사에서로 25일간 은신했다. 경찰이 그를 체포하기 위해 조계사에 공권력을 투입하려 하자 그는 2015년 12월 10일 경찰에 자진 출석했다.

6개월이 지난 뒤인 6월 13일 검찰은 징역 8년을 구형하면서 « 위원장으로 당선된 당시부터 치밀하게 범행을 계획했고 직책을 이용해 범행을 선동했으며 반성하지 않는 점 등을 고려해 이같이 구형 한다 »고 밝혔다.

그러나 이날 불법을 저지른 것은 오히려 경찰이었다. 경찰은 집회에 참여한 시민들을 경찰차로 고립시키고 최루액을 난사하였으며, 사람을 향해 직접 물대포를 쏘아서 백남기 농민은 지금까지 혼수상태에 빠져있으나, 검찰은 조사조차 하지 않았다. 대신 11월 집회에 참여한 노동자 중 한상균 위원장을 비롯한 20명의 노동자를 구속했으며, 그 중 10명이 현재까지 감옥에 있다.

집권당 여당과 정부는 1) 징계절차를 필요로 하지 않는 쉬운 해고, 2) 비정규직 고용 확대, 3)차별임금체계를 도입하여 임금을 더 낮추고, 노동자간 경쟁을 부추기며, 4) 노조의 기능 자체를 무력화 시키는 것을 골자로 하는 노동개악을 추진 중이다. 한마디로 현재보다 훨씬 더 열악한 비인간적 노동환경을 만들고 기업의 이익을 극대화하려는 것이 법안의 주된 내용이다. 지난 11월 14일 민중총궐기는 이러한 노동법 개악으로부터 2천만 전체 노동자들의 권리를 지키기 위해 반드시 필요한 것이었다.

대한민국 헌법 33조 1항은 노동자가 근로조건의 향상을 위하여 자주적인 단결권·단체교섭권 및 단체행동권을 가진다고 명시하고 있다. 노조연합이 노동자의 생존을 위협하는 노동악법에 저항하는 것은 헌법이 규정한 권리임에도 불구하고, 검찰이 이러한 구형을 내린다는 것은 그들이 더 이상 법의 집행인이 아니라, 노동자를 짓밟는 권력의 하수인임을 자임하는 것이다. 재판부(부장판사: 심담)는 7월 4일 1심 판결을 앞두고 있다.

한상균은 무죄다. 대한민국이 여전히 민주공화국임을 자임한다면, 대한민국 사법부는 한상균과 구속된 민주노총 노동자들 모두 석방하라. 대한민국 국회는 노동법 개악안을 폐기하고, 노동자의 권리를 확대하고, 노동자들이 행복한 조건에서 일할 수 있도록 노동법을 개혁하라.

<진보한국을 위한 유럽연대>

*참고: « 유성기업과 현대자동차는 노동탄압을 즉각 중단하라! » 청원은 여기에서 하세요-> https://goo.gl/aCZsme

Répression des manifestations : la Corée du Sud mise en accusation devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies

L’instruction par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies des atteintes aux libertés publiques commises par les autorités de la République de Corée (Corée du Sud) se poursuit : lors de la dernière session du Conseil à Genève, Baek Minjuhwa a témoigné des violences subies par son père, Baek Nam-gi, toujours dans le coma après la répression par les forces de l’ordre de la manifestation du 14 novembre 2015 (ci-dessous, photo de la session du Conseil à Genève le 17 juin 2016).

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L’usage que font les autorités sud-coréennes des canons à eau lors des manifestations n’est pas acceptable : c’est à cause de cet usage disproportionné de la force que, depuis le 14 novembre 2015, le manifestant paysan Baek Nam-gi est toujours dans le coma, comme l’a rappelé sa fille Baek Minjuhwa, qui a témoigné devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies – après avoir elle-même déjà visité l’Europe, tandis qu’une manifestation de soutien était organisée à Paris. Baek Minjuhwa a fait le lien avec la répression globale contre les opposants par les autorités sud-coréennes, en soulignant que l’eau des canons à eau est mélangée à des substances nocives :

Le gouvernement a demandé que le président de la Confédération coréenne des syndicats Han Sang-gyun soit condamné à huit ans de prison pour avoir organisé une manifestation. Il a arrêté ou envoyé des assignations à l’encontre de plus de 500 manifestants. La police a déployé des centaines de bus et des milliers d’officiers pour bloquer les principales routes avant même le début du rassemblement, et ils ont tiré sur les manifestants avec des canons dont l’eau était mélangée avec de la capsaïcine et d’autres substances nocives.

Baek Minjuhwa a déploré les lenteurs de l’enquête sud-coréenne concernant les causes du coma où est plongé son père, soulevant ainsi implicitement la question de l’indépendance de la justice sud-coréenne :

Le gouvernement sud-coréen prétend qu’une enquête approfondie est en cours. Mais depuis sept mois la seule personne qu’ils ont appelée pour l’interroger est ma soeur aînée, alors que c’est moi qui ai porté plainte.

Le témoignage de Baek Minjuhwa rejoint les conclusions de Maina Kiai, rapporteur spécial des Nations Unies pour les libertés d’association et de réunion pacifique qui a visité la Corée du Sud pendant neuf jours en janvier 2016, et a dressé un constat sans appel sur les atteintes à la liberté de manifestation et à la liberté de réunion lors de la même session du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève.

S’agissant de l’usage des canons à eau, M. Kiai a observé que :

Le gouvernement sud-coréen fait un usage sans distinction des canons à eau, et vise parfois des individus spécifiques, ce qu’il aurait du mal à justifier (…) Les canons à eau augmentent le risque que les manifestants soient grièvement blessés.

Il a dénoncé l’usage des barrages de véhicules comme d’un moyen pour entraver la liberté de manifester :

Les barrages de véhicules sont utilisés non pas tant pour gérer les actions des manifestants que pour les empêcher préventivement d’exercer pacifiquement leur liberté de réunion.

Citant explicitement le dirigeant syndical Han Sang-gyun et le défenseur des droits de l’homme Park Rae-gun (dont la pétition du CILD pour obtenir la libération n’a pas même pas donné lieu à un accusé de réception de la part du Président François Hollande…), M. Kiai a mis en cause l’utilisation des procédures judiciaires pour entraver les libertés de réunion et de manifestation, et les amalgames sans fondement juridique entre les organisateurs des rassemblements et les actions de certains individus lors des manifestations :

Il est excessif et déraisonnable de tenir les organisateurs d’un rassemblement pour responsables des dommages causés par les activités illégales de certains individus. Des manifestants ne doivent pas faire l’objet de poursuites ou d’enquêtes dans le cadre de procédures civiles ou criminelles du seul fait de leur participation à une manifestation.

Enfin, M. Kiai a appelé à réviser la loi sud-coréenne sur les manifestations dans un sens conforme à la liberté de réunion :

Il ne doit pas être donné d’interdictions globales de manifester dans certains lieux et places où se tiennent des manifestations publiques. Le gouvernement sud-coréen doit réviser la loi sur les rassemblements et réunions, et améliorer son application.

Libérez Kim Hye-young! Appel à la solidarité pour la libération immédiate de la prisonnière de conscience, malade du cancer, Kim Hye-young, en grève de la faim illimitée au risque de sa vie.

Kim Hye-young, prisonnière politique de conscience en Corée du Sud, a commencé une grève de la faim illimitée le 26 mai 2016. Elle a subi une ablation totale de la thyroïde à deux reprises en 2006 et souffre maintenant de troubles d’anxiété, effet des interrogatoires épuisants menés par les forces de police. Elle est dans un grand état de faiblesse, lequel ne pourrait être pire. Une grève de la faim illimitée en prison est l’ultime moyen de lutte qu’elle a choisi au risque de sa vie.

Elle poursuit ses activités en faveur des droits humains, de la démocratie et de la réunification pacifique de la Corée depuis ses premières années d’université. En raison de ses activités, elle a été arrêtée par la police le 26 juillet 2015. Elle a subi un interrogatoire poussé par la branche d’Okin-dong de la police. Elle a résisté avec obstination en faisant une grève de la faim pendant 10 jours, tout en refusant de répondre aux questions, une situation difficile même pour des personnes en bonne santé. Malgré les effets secondaires à redouter pendant une grève de la faim, elle a choisi de prendre des médicaments à base d’hormones et anti-douleur afin de supporter l’enquête qu’elle doit endurer. En conséquence, est survenu un effet secondaire, une crise d’anxiété fatale, pendant son emprisonnement.

Son auxiliaire médical a déjà signalé son état psychiatrique nécessitant un traitement et demandé aux autorités de lui permettre de recevoir en urgence des soins, à savoir une consultation dans un hôpital extérieur à l’établissement pénitentiaire, où elle bénéficiera d’un traitement dans les services d’endocrinologie et de neuropsychiatrie. Pendant son emprisonnement, jour après jour, sa santé s’est dégradée, au point de perdre plus de 10 kilos. De plus, elle n’a pas reçu de traitement approprié et souffre maintenant de troubles d’anxiété intolérables. Les organisations de la société civile appellent sans relâche à sa libération immédiate et à lui prodiguer les soins médicaux réguliers que nécessite son état de santé inquiétant. Même si elle a reçu l’avis officiel d’un médecin, le gouvernement Park Geun-hye et le centre de détention de Séoul continuent d’ignorer leur demande. Les organisations de défense des droits de l’homme soutiennent cette demande raisonnable. Amnesty International a commencé à mener une campagne d’action urgente pour que la Corée du Sud libère Kim Hye-young et lui accorde un traitement médical (2/16 UA). Le site Internet est : www.amnestyusa.org/get-involved/take-action-now/south-korea-release-kim-hye-young-and-grant-her-medical-treatment-ua-216

Malgré son grave état de santé, le 26 mai 2016, la Haute Cour de Séoul a rejeté son appel et l’a condamnée à deux ans de prison fermes, confirmant le premier jugement contre toute attente. Personne ne peut nier qu’il s’agit d’un jugement allant contre l’humanité, ignorant jusqu’au traitement humanitaire le plus élémentaire auquel a droit un malade atteint de cancer et de troubles d’anxiété fatals. Elle a exprimé sa ferme décision de faire appel à la Cour suprême pour le principe et de plaider non coupable.

Quand l’ancienne vice-présidente de la compagnie Korean Air, Cho Hyun-ah, célèbre pour sa “colère des noix”, a été emprisonnée au centre de détention de Nambu à Séoul, elle a fait état de sa mélancolie et a été autorisée à recevoir des soins réguliers par deux fois dans un grand hôpital. L’an dernier, le 22 décembre, la cour d’appel l’a condamnée à une peine avec sursis, au motif que la situation de Cho devait être prise en considération. Voila résumée la réalité de la Corée du Sud où une prisonnière politique de conscience souffrant d’un vrai cancer subit un procès politique tandis qu’une capitaliste à la tête d’un Chaebol est au-dessus des lois en toutes circonstances.

Les autorités gouvernementales doivent libérer Kim Hye-young immédiatement d’un simple point de vue humanitaire.

Apportez votre signature à l’appel à la libération immédiate de Kim Hye-young qui a choisi la grève de la faim au risque de sa vie, en vous rendant à cette adresse.

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