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Paris : les papillons portent haut l’espoir

Mercredi 28 juin 2017, c’est sur le parvis des Droits de l’Homme et des Libertés que s’est tenu un rassemblement d’étudiantes et étudiants venus du Sud de la Corée, à l’occasion du 7e Voyage en Europe pour la paix.

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A l’appel de l’association Papillon d’espoir pour la résolution de la question de l’esclavage sexuel du militarisme japonais et du Conseil coréen pour les femmes enlevées pour l’esclavage sexuel militaire du Japon (le Conseil coréen), soutenu par le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), plusieurs dizaines de personnes se sont ainsi rassemblées à Paris au Trocadéro.

Entre deux averses et dans la bourrasque, ces jeunes ont ravi les badauds – et même les gardiens de la paix – par leurs mobilisations éclairs (flash mobs) colorées.

Les organisatrices ont d’abord passé la parole à deux militantes japonaises en France pour la paix. Celles-ci nous ont confirmé qu’une partie de l’opinion au Japon s’oppose à l’accord signé entre Abe et Park. Il appartient au peuple japonais de faire abroger cet accord, lui seul étant « la force motrice, le créateur de l’histoire universelle ». Les indemnisations prévues semblent avoir enfin commencé à être versées aux quelques « femmes de réconfort » (ian fu) survivantes. Par contre, les manuels d’histoire utilisés par les élèves japonais continuent de véhiculer une version négationniste des crimes de guerre commis par l’impérialisme japonais.

Un représentant du CILD leur a succédé pour souhaiter la bienvenue aux participants à ce voyage. Il a rappelé que nous avons toujours été aux côtés des Coréens de Paris, qui se sont rassemblés plusieurs fois l’hiver dernier, déjà au Trocadéro, pour chasser Park Geun-hye, jusqu’à atteindre 800 personnes, ce qui a fait de Paris la deuxième capitale en importance pour les manifestations après Séoul. Nous aurons à interpeller le nouveau gouvernement français sur sa position vis-à-vis des femmes coréennes réduites en esclavage sexuel par le militarisme japonais, question délibérément ignorée par le gouvernement précédent aux mains du lobby sud-coréen.

Les demandes des Papillons d’espoir et du Conseil coréen sont les suivantes :

– Que les gouvernements japonais et coréen abrogent immédiatement l’accord du 28 décembre 2015 sur les « femmes de réconfort » signé dans la précipitation et trouvent une solution juste à cette question, prenant pleinement en considération les demandes des survivantes.

– Que le gouvernement japonais accepte les recommandations de la 12ème Conférence de solidarité en Asie, lesquelles incluent les demandes des victimes. En d’autres termes, qu’il reconnaisse les responsabilités juridiques de son pays et prenne les mesures appropriées.

– Que le gouvernement coréen annule cet accord précipité et fasse des efforts pour une solution juste acceptable par les victimes.

– Que les organisations internationales, y compris l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation internationale du travail, reconnaissent la question des « femmes de réconfort » comme un problème de droits humains urgent et non résolu intéressant toute l’humanité, et pressent le Japon de suivre les recommandations des organisations internationales et de résoudre immédiatement cette affaire.

Nos amis coréens nous ont offert un DVD intitulé The butterflies : flying high with hope – 20 years of history and harmonies’ peace. Qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés.

Représentation à Paris de « Jool » par la troupe Donghaenuri : n’oublions pas les femmes de réconfort

Le 5 août 2016, la compagnie de théâtre sud-coréenne Donghaenuri a représenté à Paris, place Edmond Michelet près du centre Beaubourg, la pièce Jool, déjà montrée en France dans le cadre du festival d’Avignon, qui revient sur le drame des « femmes de réconfort ». Cet euphémisme désigne les centaines de milliers de femmes, en grande partie coréennes, qui ont dû se prostituer dans les bordels militaires de l’armée japonaise avant et pendant la Seconde guerre mondiale. Alors qu’un accord conclu le 28 décembre 2015 entre les gouvernements sud-coréen et japonais a prétendu régler « de manière finale et irréversible » la question des femmes de réconfort, les associations de défense des anciennes esclaves sexuelles coréennes protestent contre l’absence de responsabilité légale des autorités japonaises dans ce crime de masse. Au moment où il ne fait pas bon manifester en Corée du Sud son opposition au déshonorant accord du 28 décembre 2015, le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), défenseur d’une liberté d’expression artistique bafouée au Sud de la péninsule, a soutenu la représentation de Jool à Paris, sur laquelle nous revenons ci-après en photos – pour lesquelles nous remercions Dominique De Miscault

La compagnie de théâtre Donghaenuri est un groupe folklorique coréen, créé en 1996 à Ulsan. Il a joué un rôle important dans les échanges culturels entre la Corée et le Japon – en particulier, il a reçu en 2002 le statut d’ambassadeur de la Coupe du monde en Corée et au Japon ; en 2008, il a été invité au concert de l’amitié nippo-coréenne de Kumamoto, qui s’est tenu au Japon; en 2012, il a participé au programme culturel d’échanges de Niigata Matsuri comme représentant de la ville d’Ulsan.

Le spectacle combine chants, danses, musique et théâtre à proprement parler. Une jeune femme en robe traditionnelle, assise, figée dans une position hiératique, symbolise la souffrance muette des anciennes victimes de l’esclave sexuelle – dans une oeuvre puissante qui exprime le désarroi et la souffrance des « femmes de réconfort », aujourd’hui très âgées et marquées à jamais dans leur chair et leur dignité. Symboliquement, dans un geste tendant à l’auto-mutilation, une femme coupe sa natte, utilisée comme pinceau pour s’exprimer sur une toile posée à même le sol, reprenant les procédés à l’encre de Chine de la peinture est-orientale traditionnelle. Les gestes se suffisent eux-mêmes, dans une grâce indicible riche en émotions.

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