Quelle démocratie en Corée du Sud ? Rencontre-discussion à Lille le 23 décembre 2017

Le 23 décembre 2017, l’Atelier d’histoire critique organise une discussion publique à la bibliothèque de quartier du Vieux Lille 25/27 place Louise de Bettignies, à partir de 15h, sur le thème « D’hier à aujourd’hui : la Corée du Sud un exemple de démocratie ? ».

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Cette rencontre-débat aura lieu en présence de Lee Yeda, objecteur de conscience, réfugié politique sud-coréen en France, et Park Mirinae, militante féministe, ancienne membre du Parti progressiste unifié, dissous dans des conditions arbitraires.

Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) appelle toutes et tous à participer au débat et à relayer cette information, qui s’inscrit dans nos combats fondamentaux.

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Déclaration de solidarité avec les jeunes militants pacifistes sud-coréens interdits d’entrée aux Etats-Unis

Le 25 octobre 2017 de jeunes pacifistes sud-coréens ont été interdits d’entrée aux Etats-Unis. Ce refus d’entrée a suscité un appel à la solidarité soutenu par 60 organisations de par le monde, dont le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud et, en France, l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC). La déclaration de solidarité a ensuite été envoyée par le Professeur Ramsay Liem, au nom de l’association de Coréens américains Nodutdol, avec la liste de ses signataires, au secrétaire d’État américain Rex Tillerson le 3 novembre 2017 : le courrier d’accompagnement (en anglais) a déploré que « cette action donne une pauvre image de votre administration et suggère de la faiblesse, et non de la force. Nous vous demandons respectueusement une pleine explication de ce refus d’entrée et une annulation immédiate de cette décision« . Nous reproduisons ci-après le texte de cette déclaration, en anglais, en coréen et (traduit par nos soins de l’anglais) en français.

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Le mercredi 25 octobre 2017, 15 jeunes militants sud-coréens ont été interdits d’entrée aux États-Unis. Leur délégation, Agir pour interdire la folie de Trump (en anglais : Ban Trump’s Crazy action, acronyme BTC), venait aux États-Unis pour dénoncer les politiques et déclarations de l’administration Trump envers la Corée du Nord – « le bruit et la fureur« , « détruire totalement la Corée du Nord » – qui aggravent les tensions dans la péninsule coréenne et font courir le risque d’une seconde guerre de Corée.

Mais quand ils sont arrivés à l’aéroport international d’Incheon, des officiels américains ont bloqué leur départ en disant aux jeunes que leur Système Électronique d’Autorisation de Voyage (acronyme anglais : ESTA) n’était pas valide et qu’ils avaient besoin de visas délivrés par l’ambassade américaine. Ils ont ensuite découvert que leurs approbations d’ESTA avaient été annulées plus tôt le matin même. Un des membres du groupe qui était parti plus tôt pour les États-Unis a été arrêté à l’aéroport JFK et placé en détention sans pouvoir utiliser son téléphone, son expulsion étant prévue le lendemain.

Après avoir été empêchée d’entrer aux États-Unis, la délégation a immédiatement engagé une action de protestation à l’aéroport puis s’est rendue à l’ambassade américaine à Séoul pour une conférence de presse. En tant que jeunes aimant la paix, ils ont déclaré être choqués d’avoir été interdits d’entrée aux États-Unis. Leur seul but était de dénoncer l’escalade des tensions en Corée par Trump avec des danses, des chants et des marches et de rencontrer des citoyens américains partageant leur aspiration à la paix. Ils ont déclaré : « Pourquoi nous craignez-vous, Trump ? Nous ne sommes pas des terroristes. Levez l’interdiction d’entrée maintenant ! » BTC continuera de dénoncer leur interdiction d’entrée devant l’ambassade américaine et mènera des veillées pour la paix jusqu’à l’arrivée de Trump à Séoul le 7 novembre.

Soutien à BTC

En tant qu’organisations et individus qui plaidons pour l’ouverture des frontières, la liberté d’expression et une résolution pacifique des conflits internationaux, nous nous opposons énergiquement au refus d’entrée aux États-Unis des membres de BTC et exigeons une explication complète de cette action ainsi qu’une annulation immédiate de cette décision. Nous nous opposons aussi fermement à l’escalade des tensions avec la Corée du Nord menée par l’administration Trump, soutenons pleinement les pacifistes sud-coréens qui se mobilisent pour dénoncer la visite de Trump dans leur pays et se préparent à des manifestations massives le 4 novembre. Nous sommes solidaires de tous ceux – Coréens, citoyens des États-Unis et d’autres pays à travers le monde – qui s’engagent inconditionnellement à empêcher une seconde guerre de Corée.

De la part de personnes qui aux États-Unis défendent la paix et sont contre la guerre dans la péninsule coréenne.

Organisations soutenant la déclaration (par ordre alphabétique)

  1. About Face
  2. Action One Korea, Los Angeles
  3. ANSWER Coalition
  4. Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) France Korea Friendship Association
  5. Baltimore City Green Party
  6. Brooklyn For Peace
  7. Campaign for Nuclear Disarmament in the UK
  8. Campaign for Peace, Disarmament and Common Security
  9. Catholic Workers
  10. Channing and Popai Liem Education Foundation
  11. Citizens Opposing Active Sonar Threats (COAST)
  12. CODEPINK
  13. Dorchester People for Peace
  14. Eclipse Rising
  15. Ecumenical Peace Institute/Clergy and Laity Concerned
  16. Environmentalists Against War
  17. Forum Against Imperialist War and NATO (Spain)
  18. France-Korea Friendship Association (Association d’amitié franco-coréenne, AAFC)
  19. Global Network Against Weapons & Nuclear Power in Space, National
  20. Granny Peace Brigade Philadelphia
  21. Hampton Institute
  22. Individuals for Justice
  23. HOBAK (Hella Organized Bay Area Koreans)
  24. International Action Center, National
  25. International Action Center, New York
  26. International Committee for Democratic Liberties in South Korea,
  27. International Forum on Globalization, San Francisco
  28. Korea Policy Institute
  29. Korean American National Coordinating Council, inc
  30. Korean Peace Alliance, Los Angeles
  31. LEPOCO Peace Center (Lehigh-Pocono Committee of Concern), Bethlehem, PA
  32. Malu ‘Aina Center for Non-violent Education & Action
  33. Nanum Corean Cultural Center, Los Angeles
  34. New York Association for Gender Rights Advocacy (NYAGRA)
  35. Nodutdol for Korean Community Development, New York
  36. Nuclear Age Peace Foundation
  37. Peace Action New York State
  38. Peace Action Montgomery
  39. Peace Action, National
  40. PEACEWORKERS
  41. Popular Resistance
  42. Progressive Asian Network for Action, Los Angeles
  43. Progressive Democrats of America
  44. RootsAction.org
  45. Show Up! America
  46. Support committee for Korean prisoners of conscience in US
  47. Task Force to Stop THAAD in Korea and US militarism in Asia and the Pacific, National
  48. TLtC Justice & Peace Committee
  49. United for Peace and Justice
  50. United National Antiwar Coalition (UNAC), National
  51. US Labor Against the War
  52. US PEACE COUNCIL
  53. Veterans For Peace, Albuquerque Chapter
  54. Veterans For Peace, chapter 27
  55. Veterans For Peace – National
  56. Veterans For Peace – NYC Chapter 034
  57. Western States Legal Foundation
  58. Women Against Military Madness
  59. Women for Genuine Security
  60. World Beyond War

Envoyé à BTC en Corée du Sud et Rex Tillerson, département d’État américain, le 3 novembre 2017

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Solidarity Statement for South Korean Youth Peace Activists Denied Entry into the United States

On Wednesday, October 25, 2017, fifteen South Korean youth activists were denied entry into the United States. Their delegation, Ban Trump’s Crazy action (BTC), was coming to the United States to protest Trump administration policies and proclamations toward North Korea – “fire and fury,” “totally destroy North Korea” – that are escalating tensions on the Korean peninsula and threatening a second Korean War.

But when they arrived at Incheon International airport, U.S. officials blocked their departure telling the youth their ESTA (Electronic System for Travel Authorization) was not valid and that they needed hardcopy visas issued by the U.S. embassy. They later discovered that their ESTA approvals had been canceled earlier that morning. One member of their group who had earlier left for the United States was stopped at JFK airport, held in detention without access to a telephone, and scheduled for deportation the next day.

After being blocked from entering the United States, the delegation immediately held a protest at the airport and then moved to the U.S. Embassy in Seoul for a press conference. As peace-loving youth, they expressed shock at having been banned from entry into the United States. Their intention was only to protest Trump’s escalation of tension in Korea through dance, song, and marching, and to meet U.S. citizens who share their desire for peace. “Why do you fear us, Trump? We are not terrorists. Lift the entry ban now!,” they proclaimed. BTC will continue to protest their ban at the U.S. Embassy and hold peace vigils until Donald Trump’s arrival in Seoul on November 7th.

*Stand with BTC *

As organizations and individuals who advocate open borders, freedom of speech, and peaceful resolution of international conflicts, we strongly protest the U.S. entry ban of the members of BTC and demand a full explanation for this action and immediate reversal of this decision. We also forcefully oppose the Trump administration’s escalation of tension with North Korea, fully support South Korean peacemakers mobilizing to protest Trump’s visit to their country and preparing for mass demonstrations on November 4th, and stand in solidarity with all people – Koreans, citizens of the United States, and others throughout the world – unconditionally committed to preventing a second Korean War.

From people in U.S. standing for peace and no wars in the Korean Peninsula

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한국 청년 평화운동가들의 미국 입국이 금지당하다.

지난 10월 25일(수), 한국 청년 활동가 15명이 미국 입국을 금지당했다. 이들은 ‘방탄청년단’(방미 트럼프 탄핵 청년단)이란 이름으로 미국 주요 도시들을 돌며, 한반도의 긴장을 고조시키고 제 2의 한국전쟁의 가능성을 높이는 트럼프 미 대통령의 정책과 “화염과 분노”, “북한을 완전히 파괴” 같은 발언들을 규탄할 계획이었다.

방탄청년단이 인천공항에서 출국 절차를 밟으려 할 때, 미국 출입국 직원들은 이들의 ESTA(무비자 미국 방문 프로그램) 승인이 취소되었으며 미국에 입국하려면 미 대사관에서 인쇄된 비자를 받아와야 한다고 공지했다. 방탄청년단은 당일 아침에 ESTA 승인이 취소된 것을 그때야 발견했다. 다른 일행들보다 먼저 출발한 한 명은 문제 없이 미국행 비행기에 탑승했었지만, 미국 JFK 공항에 도착해서 입국 거부당하고 억류되었다. 억류된 동안 전화 통화나 접견이 금지되었으며 다음 날 비행기로 추방당했다.

미국 입국 금지 통보를 받은 방탄청년단은 인천공항에서 규탄 행동을 진행했고, 당일 저녁 광화문 미 대사관 앞에서 기자회견을 열었다. 방탄청년단은 “평화를 사랑하는 청년들인 우리가 미국 입국을 금지당했다는 것을 믿기 어려우며, 미국에 방문하면 춤, 노래, 행진 등 평화로운 방법으로 트럼프 정부의 한반도 적대정책을 규탄하고 미국 시민들과 평화에 대한 열망을 나눌 계획이었다 »고 밝혔다. “트럼프는 무엇이 두려우냐! 우리는 테러리스트가 아니다. 입국 금지 조치 철회하라!” 라고 이번 사건을 규탄했다. 방탄청년단은 입국 금지 조치를 규탄하고 평화를 염원하는 농성을 미 대사관 앞에서 트럼프의 11월 7일 방한까지 이어갈 계획이다.

우리는 방탄청년단과 연대한다.

자유로운 국경 이동, 발언의 자유, 국제 분쟁의 평화로운 해결을 지향하는 단체와 개인들인 우리는, 미국 행정부의 방탄청년단 입국 금지 조치를 강력히 규탄한다. 그리고 이 조치에 대한 충분한 설명과 즉각 철회를 요구한다. 또한 우리는 트럼프 행정부의 대북 적대 정책에 반대하며, 11월 4일 트럼프의 이번 아시아 및 한국 방문을 항의하며 대규모의 집회를 벌이는 한국의 평화세력를 온전히 지지하고, 제 2의 한국전쟁에 무조건적으로 반대하는 한국, 미국, 전세계의 시민들과 연대할 것이다.

한반도에서의 전쟁을 반대하고 평화를 염원하는 재미한인들 및 시민들

Droits de l’homme, corruption : après Park Geun-hye, l’étau judiciaire se resserre sur Lee Myung-bak

Si l’ancienne présidente Mme Park Geun-hye (2013-2017) a été destituée puis emprisonnée suite à l’éclatement du scandale Choi Soon-sil, c’est son prédécesseur à la Maison bleue (2008-2013), le Président Lee Myung-bak, également conservateur, qui pourrait bientôt être pris dans la tourmente judiciaire. Comme l’indique le quotidien progressiste Hankyoreh, plusieurs enquêtes de corruption et d’atteintes aux droits de l’homme se rapprochent en effet dangereusement de l’ancien chef d’Etat.


lee-myung-bak_28-septembre-2017

A ce stade, l’implication personnelle du Président Lee Myung-bak reste à établir, alors que plusieurs enquêtes progressent simultanément :

  • était -il personnellement impliqué dans le scandale impliquant des agents des services de renseignement (tenus à un devoir de neutralité politique) pour faire élire la candidate conservatrice Mme Park Geun-hye à l’élection présidentielle de 2012 ? Le cas échéant, ces agissements (ayant déjà conduit à la condamnation d’un ancien chef des services de renseignement, Won Sei-hoon) auraient été anticonstitutionnels, car contraires à l’article 5 de la loi fondamentale de la République de Corée ; mis en examen, l’ancien ministre de la Défense Kim Kwan-jin prétend que le Président Lee Myung-bak était au courant des activités de l’unité cybernétique impliquée ;
  • sous le mandat du Président Lee Myung-bak, les services de renseignement sud-coréens (National Intelligence Service, NIS) ont créé une liste noire de 82 personnalités devant être marginalisées en raison de leur influence artistique et culturelle ; dans quelle mesure Lee Myung-bak a-t-il été impliqué dans l’établissement de cette liste noire ?
  • le nom de l’ancien chef de l’Etat (ou plutôt de son frère, Lee Sang-deuk) est cité dans un scandale de corruption (l’affaire BBK), apparu pendant son mandat présidentiel.

La suite des enquêtes indiqueront si le Président Lee Myung-bak, comme la successeur qu’il a fait élire, Mme Park Geun-hye, a eu des pratiques autoritaires et de corruption pouvant le conduire à la case prison.

 

Liberté de manifestation : des droits propres à la Corée du Sud

Si les atteintes à la liberté de manifestation en République de Corée ont donné lieu à des observations du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le changement de régime après que les manifestations de millions de personnes eurent mis fin au mandat de la Présidente Park Geun-hye s’est traduit par la mise en place d’un Comité de réforme politique et l’adoption de mesures dans le sens d’une plus grande liberté effective pour les manifestants. Toutefois, les conditions de renversement du régime militaire sud-coréen, au tournant des années 1980 et 1990, avaient déjà permis d’octroyer aux manifestants des droits inconnus dans la plupart des démocraties parlementaires.

Ainsi en France, la déclaration préalable en préfecture (et non l’autorisation, régime plus restrictif) des manifestations concerne tout rassemblement, y compris si celui-ci ne réunit qu’une ou quelques personnes. En Corée du Sud, les rassemblements à une personne – très utilisés, car ils permettent d’occuper la voie publique de manière continue, souvent jour et nuit – ne donnent lieu ni à déclaration, ni à autorisation, et sont en principe tolérés dès lors qu’ils ne dépassent pas un effectif de quelques personnes.

En France, les lieux de manifestation, définis préalablement lors de la déclaration en préfecture, excluent de fait un certain nombre d’endroits – comme la proximité immédiate des ambassades. En Corée du Sud, au contraire, où les manifestations visent souvent les ambassades américaine et japonaise, une telle restriction n’existe pas, car elle serait considérée comme une atteinte intolérable à la liberté de manifestation, digne des restrictions que mettaient en place la junte militaire.

Enfin, si les manifestants sont arrêtés et fouillés, il est d’usage en Corée du Sud qu’une manifestante ne soit jamais fouillée par un homme policier, mais seulement par une femme policier.

 

 

Crimes sexuels dans l’armée : le voile pudique des autorités sud-coréennes

L’armée de la République de la Corée apparaît comme une zone de non-droit, où sont commis des actes de torture – comme en a témoigné par exemple, en avril 2014, la mort d’un conscrit victime de sévices. Un autre sujet préoccupant sont les crimes à caractère sexuel contre les femmes, ainsi qu’en fait état un récent rapport parlementaire de l’armée dont l’examen a été confié à un député d’opposition (conservateur), Kim Hack-yong – mais ce dernier, en alignant les généralités et en refusant de détailler les faits qu’il juge inquiétants, témoigne non seulement du refus de transparence des autorités sud-coréennes, mais de leur collusion avec les partisans de l’impunité. Au demeurant, que pouvait-on attendre d’autre de la part d’un député appartenant à un parti (le mal nommé le parti de la Liberté de la Corée) qui assume l’héritage de la junte ayant tué des milliers de Coréens entre 1961 et 1987, et dont certains membres n’hésitent ainsi pas à justifier les atrocités de feue la dictature militaire ?

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Kim Hack-yong

Est-ce de la complaisance ou le signe de son incapacité à exercer son mandat de parlementaire, c’est-à-dire de représentant de la nation disposant de prérogatives spécifiques et habilité non seulement à voter la loi, mais aussi à contrôler l’action du gouvernement et de l’administration ?

Kim Hack-yong déclare que les « mauvais comportements sexuels » sont un « problème persistant » dans les académies militaires – celles-là même où l’on forme l’encadrement des futures recrues, alors que la Corée du Sud maintient le système de conscription.

Le « zéro délit » n’existant dans aucune société, le lecteur pouvait s’attendre à des révélations… que nenni ! On saura seulement que 4 cas ont été référencés de janvier à septembre 2017, contre 5 en 2016 – et que 33 soldats ont été punis en 5 ans (dont 14 expulsés de l’armée). Mais des cas de quoi ? « Harcèlement, prostitution, propos obscènes et viols » selon l’auteur de l’article du Korea Times. Seul exemple cité : une caméra cachée permettant de voir les sous-vêtements d’une femme, et ayant conduit à une expulsion.

Oui, vous avez bien lu : non seulement les viols (qui sont un crime en droit pénal) seraient donc rares dans les académies militaires sud-coréennes (car rarement déclarés ?), mais de surcroît leurs auteurs seraient, au plus, expulsés ?!

Il est grand temps que l’administration démocrate du Président Moon Jae-in, qui a été avocat des droits de l’homme pendant la dictature militaire, cesse de prendre pour argent comptant les rapports de l’armée sud-coréenne qui, encore et toujours, est déjà soucieuse de l’impunité des tortionnaires dans ses rangs – et encore plus de laisser les  parlementaires d’un parti héritier de la dictature militaire traiter ces atteintes aux droits de l’homme.

Quand l’administration Park Geun-hye diffamait « MissyUSA » et imposait une police de la pensée

Le 22 octobre 2017, le quotidien progressiste sud-coréen Hankyoreh a acquis des documents montrant comment la campagne de dénigrement contre la communauté de femmes coréennes américaines « MissyUSA » avait été téléguidée par les conseillers de la Présidente Park Geun-hye (depuis lors destituée et emprisonnée, dans l’attente de son jugement). Il s’agissait de diffamer systématiquement une organisation qui avait commis un crime de lèse-majesté en participant en 2014 à des manifestations à l’encontre de la Présidente Park (pour commémorer le naufrage du Sewol) – et qui devaient conduire un an plus tard, à l’issue d’un procès, à la levée toutes les accusations à l’encontre de MissyUSA.

missyusa_diffamation_park-geun-hye_manifestationManifestation anti-Park Geun-hye à Atlanta, le 11 mai 2014

Prétendre que les Coréens des Etats-Unis sont manipulés par la Corée du Nord est à peu près aussi risible que croire que le communisme était la force d’opposition majeure aux Etats-Unis pendant la guerre froide : c’est pourtant ce mensonge énorme qu’a tenté d’accréditer la présidence Park Geun-hye à l’encontre de MissyUSA, en mobilisant tous les moyens dont peut disposer un Etat pour imposer une pensée juste, à défaut de pouvoir appliquer à l’étranger l’arsenal juridique répressif – basé notamment sur la loi de sécurité nationale – de l’Etat sud-coréen.

Premièrement, ainsi que l’a ordonné Kim Ki-choon, qui dirigeait l’administration présidentielle, diffuser une fausse information, en prétendant qu’un agent nord-coréen était présent à la manifestation anti-Park.

Deuxièmement, toujours selon les instructions données par Kim Ki-choon, accréditer la thèse que MissyUSA est manipulé par des éléments pro-Corée du Nord et que cette « vérité » doit être le plus largement diffusée. Obéissant aux ordres présidentiels, le Chosun Ilbo (journal le plus lu de Corée du Sud et habituel porte-voix des services de renseignement du pays) a publié sur son site Internet, le 17 octobre 2017, l’interview d’un défecteur nord-coréen, Lee Ae-ran, prétendant que des agents nord-coréens étaient derrière MissyUSA. Il est classique que les défecteurs nord-coréens servent de masse de manoeuvre aux opérations de désinformation du gouvernement sud-coréen.

Troisièmement, que le parti au pouvoir (Saenuri) et d’autres organisations liées à la nébuleuse conservatrice (la Fédération coréenne pour la liberté et l’Association des vétérans coréens) multiplient les déclarations, le cas échéant en achetant des pages de publicité, pour dénigrer MissyUSA.

Maintenant que les preuves sont connues de l’entreprise massive de manipulation des opinions publiques conduites à l’instigation du régime Park Geun-hye, il importe que ses séides répondent de leurs actes devant la justice, en République de Corée, aux Etats-Unis et partout dans le monde : le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud appelle à ce que les bouches s’ouvrent, pour que ces violations massives des libertés publiques soient enfin connues et permettent l’inventaire des atteintes massives et systématiques aux droits de l’homme perpétrées par le régime Park Geun-hye.

Le placement en détention de Park Geun-hye prolongé de 6 mois

Le 13 octobre 2017, la Cour centrale du district de Séoul a décidé de prolonger de 6 mois maximum le placement en détention (qui arrivait à expiration le 16 octobre 2017) de l’ancienne Présidente Park Geun-hye, destituée puis interrogée dans le cadre de l’affaire Choi Soon-sil – qui a conduit par ailleurs à la condamnation à 5 ans de prison, le 25 août 2017, de l’héritier et du dirigeant de fait du groupe Samsung, Lee Jae-yong. 

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La demande de la prolongation du placement en détention avait été demandée par les procureurs fin septembre, afin de pouvoir continuer de mener à bien une enquête aux implications nombreuses et complexes : début octobre, seules 76 personnes avaient pu être interrogées, alors que des centaines d’auditions sont prévues.

Si l’ancienne chef de l’Etat est apparue affaiblie et amaigrie, menottes aux poignets, ses conditions de détention sont plus clémentes que pour le vulgum pecus des prisonniers coréens.