15 ans de prison pour l’ancien président Lee Myung-bak

Si l’élection du conservateur Lee Myung-bak à la présidence de la République en République de Corée (2008-2013) s’est traduite par une dérive autoritaire des institutions accentuée par sa successeur, Mme Park Geun-hye, c’est plus classiquement une affaire de corruption qui a conduit la condamnation de l’ancien chef de l’Etat à une peine de 15 ans de prison ferme, assortie d’une amende de 13 milliards de won (soit 10 millions d’euros), le 5 octobre 2018. Mis en examen pour pas moins de 16 chefs d’accusation, Lee Myung-bak devient ainsi le quatrième président sud-coréen condamné par la justice – tous les quatre de sensibilité conservatrice.

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Lee Myung-bak arrivant à l’audience, le 6 septembre 2018

C’est devant une chaise vide que le jugement a été rendu par la Cour centrale du district de Séoul, l’ancien Président de la République ayant refusé d’assister à l’audience pour protester contre la retransmission du procès en direct autorisée par le tribunal. Les opposants que Lee Myung-bak avait jetés en prison avaient, eux, le courage de faire face à ce qui n’était pourtant qu’une parodie de justice.

La peine a été prononcée dans le cadre de la mise à jour d’un montage juridique et financier, ainsi présenté par l’agence sud-coréenne Yonhap :

La cour a conclu que Lee, âgé de 76 ans, est le patron de facto de DAS, entreprise de pièces détachées automobiles appartenant à son frère aîné sur le papier, au centre du scandale. Le tribunal a déclaré que Lee a demandé à des responsables de DAS de constituer des fonds secrets et commis d’autres irrégularités.

Le sujet concernant la propriété de DAS avait été l’un des principaux points litigieux dans ce procès car le scandale évoluait en grande partie autour de cette société dont Lee était soupçonné depuis longtemps d’être le vrai propriétaire.

Une fois au pouvoir, Lee Myung-bak avait utilisé ses prérogatives présidentielles pour des accorder des avantages à la société DAS, à sa famille et à lui-même.

Un autre chef d’accusation a porté sur le versement indû de frais de justice, pour un montant de plus de 4 millions d’euros, par Samsung Electronics au profit de DAS. le conglomérat sud-coréen, notoirement lié aux conservateurs et de sinistre réputation pour ses pratiques antisyndicales et antisociales, est le plus puissant du pays ; la justice a soupçonné que la contrepartie à la prise en charge de ces frais était la recherche d’une mesure de grâce présidentielle dans le cadre d’un procès pour évasion fiscale de Lee Kun-hee, actuel président de Samsung. Lee Kun-hee a effectivement bénéficié d’une grâce présidentielle.

Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud appelle à un jugement complet de l’ancien président Lee Myung-bak  pour l’ensemble des chefs d’accusation à son encontre.

 

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