Canons à eau, barrages de bus : ce qui est appelé à changer dans les manifestations en Corée du Sud

La mort du militant paysan Baek Nam-gi à la suite d’un usage disproportionné des canons à eau par les forces de police en République de Corée (Corée du Sud) a généré une prise de conscience au sud de la péninsule – tandis que les autorités sud-coréennes avaient été mises en accusation devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour les atteintes à la liberté de manifestation. Ainsi, le Comité de réforme politique, constitué d’experts nommés à l’initiative du nouveau président démocrate Moon Jae-in, a formulé une série de recommandations qui, si elles sont effectivement mises en oeuvre, devraient renouer avec une pratique de la liberté de manifestation plus conforme aux standards démocratiques.

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Longtemps, les images des manifestations en Corée du Sud ont été associées aux canons à eau et aux barrages de bus érigés par les forces de l’ordre. Elles devraient désormais relever du passé, si les propositions du Comité de réforme politique sont mises en oeuvre conformément aux recommandations de leurs auteurs, formulées le 7 septembre 2017.

L’usage des canons à eau deviendrait ainsi exceptionnel, dans les seules hypothèses où les bâtiments publics seraient menacés et en cas de troubles à l’ordre public – des cas dont l’application, selon le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), devra évidemment être encadrée, pour que l’exception ne devienne pas la règle. Par ailleurs, seul le chef de la police locale pourra décider de leur utilisation (et non plus les chefs de station ni les officiers de police autorisés), et l’eau des canons ne pourra plus être mélangée à des colorants.

Les barrages constitués par les bus de police ne seront plus autorisés qu’en cas de violences excessives ou pour protéger les manifestants. Et dans tous les cas il devra être laissé un passage de 50 mètres.

La collecte de renseignements sera limitée aux cas de violence effective ou imminente, et en cas de possibles enquêtes criminelles (soit un critère qui est cependant, selon nous, excessivement lâche quant à sa possible interprétation). Les forces de police devront par ailleurs porter des vêtements fluorescents aisément reconnaissables, sur lequel figureront le nom des hommes et leur unité.

Les déclarations de manifestation pourront s’effectuer en ligne – ce qui n’est aujourd’hui toujours pas possible en France – et les motifs de refus des manifestations, très fréquents par le passé (comme les atteintes potentielles à la circulation automobile), plus strictement encadrés.

Le CILD se félicite de ces avancées, en espérant qu’elles deviendront pleinement effectives et rappelant par ailleurs que sur certains points la République de Corée est plus libérale que la France : les manifestations individuelles y sont possibles sans autorisation, des manifestations peuvent avoir lieu plus facilement devant les ambassades étrangères et un manifestant ne peut pas être fouillé par une personne du sexe opposé.

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