Comment la Corée du Sud viole les droits politiques fondamentaux des étrangers sur son territoire

Il est désormais connu que la République de Corée expulse volontiers (« déporte« , dans son langage juridique) les étrangers qui manifestent contre les autorités, ou prennent simplement des positions publiques non conformes avec la parole gouvernementale. Mais ces décisions s’inscrivent dans un cadre plus large : celui de l’interdiction d’activités politiques pour les étrangers résidant sur son territoire – une mesure jusqu’à présent peu sanctionnée, mais que le pouvoir autoritaire sud-coréen a opportunément rappelée alors que le pays connaît des manifestations de plus en plus importantes pour exiger le départ immédiat du pouvoir de la Présidente Park Geun-hye, suite à l’éclatement du scandale Choi Soon-sil.

Les termes de l’interdiction sont clairs : selon la loi sur le contrôle de l’immigration, « aucun étranger séjournant en République de Corée ne doit s’engager dans une activité politique sauf dans les cas prévus par la présente loi ou d’autres textes« . Les exceptions visent les droits des personnes vivant en Corée (comme les droits des travailleurs étrangers). Les sanctions vont du refus de visa à l’expulsion et à l’interdiction d’entrée sur le territoire sud-coréen.

Concrètement, cela signifie l’interdiction d’avoir une appartenance politique, de participer à des réunions publiques ou de participer à une manifestation, soit des violations flagrantes des engagements internationaux de la République de Corée en matière de droits de l’homme – notamment la liberté d’expression et la liberté de réunion. Il y a aujourd’hui une tolérance lorsqu’un étranger est pris en photo dans une manifestation, mais une prise de parole publique est manifestement considérée comme une violation de la loi susceptible d’être sanctionnée.

Un étranger contrôlé dans une manifestation devra justifier qu’il y était par hasard, contre son gré, et le Korea Times a révélé des cas ubuesques où un étranger devait se justifier d’avoir été, malgré lui, « pris » dans une manifestation !

En ressortant les textes applicables à la veille de la manifestation du 3 décembre 2016 – auquel ont participé un nombre record de Coréens – le pouvoir autoritaire de Séoul n’a fait que retrouver ses vieux réflexes de la dictature militaire, ce qui justifie à lui seul pourquoi un tel régime doit être balayé au plus vite.

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