Rassemblement de la Confédération syndicale de Hong Kong pour exiger la libération de Han Sang-gyun

La condamnation à cinq ans de prison de Han Sang-gyun, dirigeant de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU) depuis décembre 2014, n’en finit pas de soulever une vague internationale de protestations et d’indignations. Les propos du procureur, qui demandait une peine de huit ans, sont éloquents de l’arbitraire judiciaire sud-coréen, qui mêle mise en cause de la libre expression syndicale, procès d’intention et culpabilité par association ; selon le procureur, « non seulement Han Sang-gyun a planifié minutieusement son crime dès qu’il a été élu dirigeant, mais il a aussi agité les travailleurs en abusant de sa position, et il n’a aucun regret« . Car le crime de Han Sang-gyun est en effet insupportable aux yeux du régime autoritaire sud-coréen : avoir osé organiser les plus grandes manifestations qu’ait connues la République de Corée depuis des décennies, notamment le 24 avril 2015 et le 1er mai 2015, pour demander le retrait de la réforme du code du travail.

Dans ce contexte, la solidarité ouvrière se manifeste naturellement : le 4 juillet 2016, la Confédération des syndicats de Hong Kong (Hong Kong Confederation of Trade Unions, HKTCU) a manifesté devant le consulat de Corée du Sud sur les mots d’ordre de « Libérez tous les militants de la KCTU, Hang Sang-gyun, Lee Young-joo » et « Stop à la répression politique !« , les répressions politique et antisyndicale étant étroitement liées dans le régime autoritaire que met en place Mme Park Geun-hye, à l’image d’autres dirigeants autoritaires choyés des Etats-Unis (et de la France), comme le Turc Erdogan.

Le consulat a refusé de recevoir la lettre de la HKTCU qui exigeait la libération de tous les militants syndicaux emprisonnés, qui a été lue par les manifestants. Fidèle à leur tradition de refus du dialogue, les diplomates sud-coréens basés à Hong Kong ont appelé la police pour disperser le rassemblement – l’ambassade de Corée du Sud en France avait de même appelé à l’aide la police française lorsqu’une délégation du Comité internationale pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) avait remis, à Paris, le 14 août 2015, une pétition demandant la libération du militant des droits de l’homme Park Rae-gun. Les forces de police gardant l’ambassade avaient pris notre lettre, auquel l’ambassadeur de la République de Corée en France n’a bien évidemment pas daigné répondre, s’inscrivant dans la tradition des régimes les plus autoritaires effrayés par la perspective même de justifier l’arbitraire de leur propre appareil judiciaire.

Principale source : Maxime Fabre, « Libérez Han Sang-gyun, dirigeant de la KCTU ! », in La Tribune des travailleurs, n° 47, mercredi 13 juillet 2016, p. 5. La Tribune des travailleurs est l’hebdomadaire du Parti ouvrier indépendant démocratique (POID).

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