Visite de Park Geun-hye en France : manifestation à Paris pour les droits de l’homme et la démocratie en Corée du Sud

A l’appel du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), Coréens en Français ont manifesté place Saint-Michel, à Paris, le 3 juin 2016, alors que Mme Park Geun-hye effectuait une visite d’Etat en France et était reçue par le Président François Hollande à l’Elysée. Ils ont réitéré l’exigence que la France, fidèle à sa tradition de défense des droits de l’homme, cesse de se taire sur les atteintes grandissantes aux libertés publiques en Corée du Sud – alors que l’histoire sud-coréenne a montré que les pressions internationales pouvaient avoir raison de l’entêtement des conservateurs sud-coréens : Lionel Jospin et François Mitterrand n’avaient-ils pas plaidé, en leur temps, au sein du Parti socialiste, pour obtenir la libération de l’opposant sud-coréen Kim Dae-jung (qui devait devenir, plus tard, Président de la République en Corée du Sud et obtenir le prix Nobel de la paix) ? Face à la France qui collabore avec les autorités sud-coréennes, en étant complice d’une répression qu’elle refuse de dénoncer (voire qu’elle justifie en arguant des relations Nord-Sud), il y a une France qui résiste en se plaçant ouvertement du côté des défenseurs des droits de l’homme, de la démocratie et tous les militants politiques et syndicaux qui croupissent dans les geôles sud-coréennes.

Lors des débats animés par Olivier Bouchard, membre du CILD, Yang go-eun, co-présidente de l’Alliance coréenne, a rappelé que 12 militants de l’Alliance coréenne étaient actuellement en prison en Corée du Sud, portant le nombre de prisonniers politiques à 60 dans le Sud de la péninsule coréenne : à l’occasion d’un témoignage devant le CILD, le 21 mai 2016, elle avait fait état que neuf membres de son organisation étaient derrière les verrous, elle-même étant gravement menacée par la répression politique et antisyndicale à l’oeuvre à Séoul. Mais depuis cette date, trois de leurs camarades les ont rejoints dans les prisons politiques de Mme Park Geun-hye :  parmi eux, Kim Hye-young, dont les camarades ont réalisé une BD racontant l’histoire de l’engagement politique, a commencé une grève de la faim car elle ne reçoit plus en prison de traitement contre le cancer de la thyroïde dont elle est atteinte. Elle est maintenant en danger de mort. Brandissant des portraits de Kim Hye-young, les manifestants ont exigé sa libération immédiate.

Manifestation_Park-Geun-Hye_Paris_3-juin-2016.JPG

Un autre Coréen a témoigné : Lim Jung-myung, au nom de l’organisation « Jeunes de gauche », qui arborait une pancarte de son organisation politique elle aussi fortement engagée dans le combat pour les libertés politiques en Corée du Sud et, à ce titre, frappée par la répression. Lim Jung-myung a tout particulièrement souligné que la politique d’amendes des autorités sud-coréennes visait à briser financièrement les capacités de résistance.

Benoît Quennedey, membre du CILD et par ailleurs vice-président de l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC), a resitué le combat pour la démocratie et les droits de l’homme en Corée du Sud dans une perspective historique, en montrant comment Mme Park Geun-hye inscrivait ses pas dans ceux de son père, le général Park Chung-hee, à l’origine du régime le plus autoritaire qu’ait jamais connue la Corée du Sud, ayant causé la mort de milliers d’opposants de toutes sensibilités, y compris de la droite libérale. Avant son élection à la présidence de la République en Corée du Sud en décembre 2012, Mme Park Geun-hye avait déjà officié comme « première dame »du général Park, et elle a repris parmi ses conseillers les plus proches d’anciens collaborateurs de son dictateur de père.

Dans tous les domaines, une chape de plomb s’est abattue sur la Corée du Sud : un député d’opposition, Lee Seok-ki, a été déchu de son mandat et condamné à une lourde peine de prison à l’issue d’un procès truqué, fomenté par les services de renseignement sud-coréens ; cette condamnation inique a servi de prétexte à l’interdiction de la principale formation de gauche en Corée du Sud, le Parti progressiste unifié, de surcroît représenté au Parlement après avoir recueilli 10 % des suffrages, un pas que même les dictateurs militaires sud-coréens osaient à peine franchir. Le dirigeant de la principale centrale syndicale sud-coréenne, la KCTU, croupit dans les geôles sud-coréennes. La Corée du Sud détient le record mondial du nombre d’objecteurs de conscience emprisonnés, comme l’a condamné Amnesty International dans un rapport de 2015 – et plusieurs d’entre eux ont déjà obtenu l’asile politique dans le monde, le premier d’entre eux ayant été Lee Yeda en France. Les familles des victimes du naufrage du ferry « Sewol », ont où péri 304 personnes dans des conditions atroces, demandent toujours que toute la lumière soit faite sur cette tragédie qui implique un homme, Yoo Byung-eun, connu pour ses accointances avec le Parti Saenuri au pouvoir à Séoul : les familles d’adolescents morts dans la catastrophe ont témoigné récemment à Paris, à la Sorbonne, grâce au professeur Jean Salem, par ailleurs président du CILD. Enfin, les atteintes à la liberté d’expression ont gagné le domaine culturel – et toutes les formes d’expression culturelle.

Par ailleurs, la situation d’anciennes employées d’un restaurant nord-coréen qui se trouvent aujourd’hui au Sud a soulevé des interrogations parmi les participants à la manifestation : pourquoi leur refuser tout contact avec leurs familles restées au Nord, qui n’hésitent pas à parler d’enlèvements par les autorités sud-coréennes ? Dans cette sombre histoire la main des services de renseignement sud-coréens montre que ces derniers sont, une fois encore, à la manoeuvre, pour faire souffler le « vent du Nord » et justifier toutes les atteintes aux libertés publiques… à la veille d’élections législatives, le 13 avril 2016, remportées par l’opposition libérale. Mais cette défaite électorale n’a conduit la Présidente Park Geun-hye à ne changer ni de gouvernement, ni de ligne politique. A Séoul, le retour vers les années de plomb de la dictature militaire est désormais bien en marche. Il appartient à nous tous, en France et dans le monde, à empêcher que l’irréversible ne se produise, en rejoignant le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud, en écrivant à solidaritefrancecoree@yahoo.fr (adresse mél du CILD) et en signant la pétition contre l’interdiction du PPU !

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Compte rendu de la manifestation publié le 5 juin 2016 sur le site saramilbo.com :

파리에 울려퍼진 ‘김혜영 양심수 석방’

남코리아의민주주의적권리를위한국제위원회(CILD) 집회

‘김혜영양심수석방·박근혜정부퇴진’을 촉구하는 집회가 박근혜 대통령의 파리 방문에 때를 맞춰 3일(현지시간) 오후 7시 프랑스 파리 생미쉘광장에서 열렸다.

남코리아의민주주의적권리를위한국제위원회(CILD)의 주최로 열린 집회에는 자주통일민주주의코리아연대(코리아연대) 양고은 공동대표, 프랑스코리아친선협회(AAFC) 파트릭 퀜즈망 대표·부노아 켄느데 부대표, 아시아의자유와민주주의를위한연대(Solida) 올리비에 부샤흐 회원 등이 참석했다.

양고은 코리아연대 공동대표는 « 두번의 갑상선암수술을 하고 현재는 공황장애까지 앓고 있는 김혜영 양심수가 26일 무기한 옥중단식에 들어갔다 »며 « 건강상태가 심각함에도 2년실형이 확정된 것은 최소한의 인도주의적 조치조차 무시한 반인권적 판결 »이라고 규탄했다.

켄느데 AAFC 부대표는 « 김혜영 양심수가 목숨을 건 단식을 진행하는 가운데 박근혜 대통령이 프랑스를 방문해 올렁드 대통령과 정상회담을 갖고 파리6대학에서 이학박사학위를 받았다 »며 « 프랑스의 학문과 외교의 권위가 실추됐다 »고 비판했다.

그는 또 « 2014년 12월 통합진보당 강제해산이후 공안탄압에 반대해 설립된 CILD는 남코리아의 부당한 현실을 국제사회에 알리는 데 끝까지 함께하겠다 »고 밝혔다.

<박창덕 기자>

source : saramilbo.com/sub_read.html?uid=17366&section=sc7&section2=

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Une réponse à “Visite de Park Geun-hye en France : manifestation à Paris pour les droits de l’homme et la démocratie en Corée du Sud

  1. Je te remercie pour la rectification du lapsus. Quant à l’iconographie, c’est, comment dire… bedonnant.

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