Contre la loi antiterroriste, pour la libération des prisonniers politiques en Corée du Sud : le CILD a manifesté à Paris

Le 2 avril 2016, à l’appel du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) une manifestation a été organisée place du Châtelet, à Paris, pour exiger le retrait de la loi antiterroriste en République de Corée (Corée du Sud) et la libération de tous les prisonniers politiques détenus dans le Sud de la péninsule.

Il y a un mois, dans la nuit du 2 au 3 mars 2016, la loi antiterroriste était adoptée en Corée du Sud : alors que la menace terroriste est inexistante en Corée, les attentats du 13 novembre 2015 à Paris ont servi de prétexte à l’adoption d’un nouveau texte qui vise, une fois encore, à renforcer les pouvoirs de la sinistre Agence nationale de renseignement (acronyme anglais, NIS), héritière directe de services de renseignement parmi les plus brutaux au monde qui ont tué des milliers d’opposants. Comme l’a souligné le professeur Jean Salem, président du CILD, le NIS est le bras armé des conservateurs pour restreindre les libertés publiques en ciblant l’ensemble des opposants, politiques comme syndicaux. C’est le NIS au pouvoir qui est intervenu massivement en faveur des conservateurs au pouvoir pour favoriser l’élection de la Présidente Park Geun-hye. C’est encore le NIS qui a fabriqué le procès truqué ayant conduit à l’emprisonnement du député Lee Seok-ki puis à l’interdiction du Parti progressiste unifié, principal parti de gauche, en décembre 2014. C’est encore et toujours le NIS qui est à la manoeuvre dans les poursuites contre le dirigeant de la KCTU, sur fond de dérive sécuritaire et austéritaire : il ne fait pas bon, en Corée du Sud, critiquer les réformes visant à déréglementer le marché du travail, ou tendant encore à instaurer un révisionnisme historique afin de présenter sous un jour favorable dans les manuels scolaires la dictature militaire de Park Chung-hee, père de l’actuelle présidente Mme Park Geun-hye. Et c’est bien le NIS, dont les mains sont tachées de sang, auquel la loi antiterroriste donne des pouvoirs exorbitants aux règles de base d’une démocratie, sur la base d’une définition de ce qu’est le terrorisme particulièrement floue et imprécise, pour s’adapter aux besoins répressifs d’un pouvoir autoritaire.

Après le professeur Jean Salem, Olivier Bouchard est intervenu au nom du collectif SOLIDA (Solidarité pour la Liberté et la Démocratie en Asie), à l’origine des manifestations en France contre la révision de l’article 9 de la Constitution japonaise qui autorise, pour la première fois depuis 1945, le déploiement de troupes japonaises dans des combats en dehors de l’archipel. Les conditions dans lesquelles ce texte a été adopté, à rebours de la volonté pacifiste d’une majorité de Japonais, témoigne de la convergence des luttes pour la paix et la démocratie en Corée du Sud et au Japon.

Lee Jihye, militante de l’Alliance coréenne, a ensuite témoigné de la répression féroce qui s’est abattue contre son organisation, que le CILD a soutenue dès le début dans son combat pour la liberté d’expression, la démocratie et les droits de l’homme : huit militants de l’Alliance coréenne sont toujours en prison, quand d’autres doivent se cacher. Des portraits géants des militants de l’Alliance coréenne derrière les barreaux étaient d’ailleurs brandis, pour exiger la libération de tous les prisonniers politiques en Corée du Sud qui détient le triste record des peines d’emprisonnement parmi les plus longues au monde : à Séoul en avril-mai 2015, Jean Salem avait rencontré des prisonniers politiques qui ont été torturés et ont croupi dans les geôles de Séoul pendant parfois plus de quarante ans.

Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l’Association d’amitié franco-coréenne, a ensuite témoigné comment la vindicte des autorités sud-coréennes s’abat également sur les citoyens d’autres pays qui s’obstinent à ne penser droit, lui-même ayant été expulsé et interdit de séjour en Corée du Sud au motif que ses activités, pourtant conduites dans un cadre entièrement pacifique et légal, constitueraient une menace pour la sécurité de l’Etat sud-coréen.

Opportunisme par rapport aux victimes d’attentats terroristes bien réels pour réprimer toute opposition au nom d’une menace terroriste qui n’existe pas dans leur pays, multiplication des emprisonnements d’opposants, les autorités sud-coréennes dévoilent leur vrai visage : celui d’un régime autoritaire que continuent pourtant de courtiser des dirigeants occidentaux dont le silence face aux atteintes aux droits de l’homme en Corée du Sud est synonyme de complicité. Pour ces gouvernements, les contrats avec les firmes sud-coréennes et les profits semblent bien valoir davantage que la vie et la liberté des opposants sud-coréens.

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