Philippe Pons (« Le Monde ») décrit le « tournant sécuritaire en Corée du Sud »

Alors que le quotidien sud-coréen d’opposition Hankyoreh a donné la parole à un des membres parisiens de notre Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), qui a souligné les dangers que comporte la nouvelle loi antiterroriste adoptée à Séoul, de plus en plus d’observateurs soulignent la dérive sécuritaire à l’oeuvre au Sud de la péninsule coréenne – comme Philippe Pons, envoyé spécial du quotidien Le Monde pour le Japon et la Corée.

Dans l’actuel bras-de-fer entre les deux Corée, plus que la rhétorique de Pyongyang c’est l’argument sécuritaire qu’il offre au régime sud-coréen de Mme Park Geun-hye (Séoul n’a-t-il pas promis à Pyongyang une « opération de décapitation préventive » ?) qui détonne : selon Philippe Pons, cette dernière cherche à ainsi détourner le mécontentement de l’opinion sur les problèmes de vie quotidienne (pression fiscale, emploi…) pour créer un mouvement d’opinion favorable à l’approche des élections législatives du 13 avril 2016 – notamment auprès des franges les plus âgées de la population, ayant grandi sous la dictature militaire du père de Mme Park et particulièrement réceptives à un discours sécuritaire basé sur la peur du Nord, de la gauche et d’une menace communiste intérieure qui relève du fantasme.

Pour ce faire, des outils juridiques nouveaux sont mis en place : législation antiterroriste, loi sur la diffamation « utilisée désormais pour intimider les opposants » observe Philippe Pons… ce tournant autoritaire est conjugué à une libéralisation de l’économie et à une répression accrue des manifestations.

Enfin, toujours Philippe Pons, « au sein du parti gouvernemental même des critiques modérées ne sont pas tolérées« . Le journaliste en conclut que « la présidente Park Geun-hye est passée d’un conservatisme bon teint à un droitisme dans la veine paternelle » – le CILD rappelant que le général Park Chung-hee a été un dictateur militaire parmi les plus brutaux de l’histoire de l’humanité (dont la fille cherche aujourd’hui à réhabiliter la mémoire en imposant un révisionnisme des manuels scolaires), ayant fait disparaître des milliers d’opposants.

Pour le CILD, s’il faut donner un visage à l’extrême-droite contemporaine en Asie, c’est bien Mme Park Geun-hye qui en offre les traits les plus caractéristiques. Plus que jamais, il importe de soutenir la démocratie et la liberté, en luttant contre le processus de fascisation en cours en Corée du Sud.

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