Des dizaines de milliers de manifestants à Séoul

Moins d’un mois après une première manifestation qui avait rassemblé quelque 100 000 personnes à Séoul le 14 novembre 2015, 16 000 (selon la police) à 30 000 manifestants (selon les organisateurs) se sont à nouveau réunis dans la capitale sud-coréenne, ce 5 décembre 2015, à l’appel de 120 groupes civiques, y compris la centrale syndicale KCTU, aujourd’hui cible d’une répression féroce par les autorités sud-coréennes.

Seoul 14 nov 2015Déterminées à priver leurs opposants des libertés fondamentales d’expression et de manifestation, les autorités sud-coréennes se sont heurtées à un obstacle judiciaire imprévu, en voyant l’interdiction de manifestation qu’elles avaient édictée pour ce 5 décembre être levée par un tribunal de Séoul.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, les tentatives du pouvoir de provoquer des affrontements (notamment par le déploiement disproportionné de 18.000 policiers anti-émeutes), ne serait-ce que pour justifier l’interdiction initiale de manifester, avaient été déjouées par le comportement pacifiste et responsable des organisateurs. Les participants ont par ailleurs salué le militant paysan Baek Nam-gi, lorsqu’ils sont passés devant l’hôpital où ce dernier est toujours entre la vie et la mort après la répression sauvage de la manifestation du 14 novembre par les autorités sud-coréennes – celles-là même qui s’indignent des soi-disant violences de leurs opposants pour justifier leurs propres atteintes aux libertés démocratiques par les moyens les plus violents.

Mais la réussite de la manifestation, qui a encore davantage réitéré son appel à ce que la Présidente sud-coréenne Mme Paek Geun-hye dégage, ne doit pas occulter ses mots d’ordre : le refus d’une nouvelle régression de la législation sur le travail, l’opposition à une nouvelle libéralisation du commerce extérieur avec la Chine qui menace au premier chef une paysannerie appauvrie et l’annulation d’une réforme scolaire qui vise à l’introduction de manuels d’histoire révisionnistes qui réhabiliteraient la dictature militaire du général Park Chung-hee, père de l’actuel chef de l’Etat.

Pour les libertés et la démocratie en Corée du Sud, la solidarité s’impose plus que jamais avec ceux qui osent dire non à ce que même la presse américaine n’hésite plus à qualifier de fascisation de la Corée du Sud !

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