Le gouvernement sud-coréen s’attaque à la presse sur Internet

Le ministère sud-coréen de la Culture, des Sports et du Tourisme a annoncé une prochaine révision de la loi sur la presse, afin de renforcer les exigences attendues des journaux en ligne (notamment, les effectifs employés de façon permanente) pour continuer à bénéficier de la qualité d’organe de presse – et des avantages qui y sont associés (comme l’accès aux aides à la presse de la Fondation de la presse coréenne ou aux conférences de presse). Les consultations doivent commencer le 1er octobre, en vue d’une adoption des nouvelles dispositions législatives d’ici la fin de l’année 2015.

Alors que les médias traditionnels sud-coréens sur support papier sont dominés par les conservateurs, la presse en ligne est plus progressiste et permet un rééquilibrage du panorama de l’information. Si les autorités conservatrices sud-coréennes prétendent ainsi réguler le secteur de la presse en ligne pour éviter la désinformation, les actions en cours ne concernent jamais que les atteintes supposées à la déontologie journalistique commises par les médias d’opposition.

La nouvelle offensive contre la liberté de la presse lancée par la droite sud-coréenne a soulevé une levée de boucliers des ONG, comme la Coalition des citoyens pour des médias démocratiques. Comme l’a observé le quotidien sud-coréen progressiste Hankyoreh, un média alternatif sur Internet tel que Arise, qui défend les minorités sexuelles, serait incapable de satisfaire les nouvelles exigences requises, n’employant que trois personnes à temps plein quand la future loi demanderait un effectif minimum de 5 emplois équivalent temps plein travaillés. En perdant ainsi leur qualité d’organes de presse, la plupart des journaux sur Internet seraient pénalisés financièrement et dans leur accès à l’information, réduisant encore un peu plus le champ de la liberté d’expression en République de Corée.

Le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) exige ainsi le retrait du projet de loi, que la Corée du Sud se conforme à ses obligations internationales en matière de liberté d’expression et que les journalistes français, dans le cadre notamment de l’année croisée France-Corée qui vient de s’ouvrir à Paris, exigent de leurs homologues sud-coréens qu’ils s’engagent pour garantir pleinement la liberté de la presse en étant solidaires des campagnes menées en Corée du Sud pour le retrait du projet de loi.

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