Le manuel d’éducation sexuelle sud-coréen met en danger les femmes : nous exigeons son retrait immédiat !

Comme l’a révélé en France Metronews, un nouveau manuel d’éducation sexuelle diffusé en République de Corée (Corée du Sud) est sexiste, bourré d’erreurs et « excuse » le viol dans certaines circonstances. Si face aux protestations d’associations (dont le Centre de soutien aux victimes de violences sexuelles, Korean Sexual Violence Relief Center) le Gouvernement a légèrement amendé le texte, ce manuel reflète le danger que font sciemment courir aux femmes les conservateurs sud-coréens : le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) appelle au retrait immédiat de ce manuel et au plein rétablissement d’un enseignement d’éducation sexuelle conforme aux normes pédagogiques internationales, dont prétend se revendiquer la République de Corée. Alors que va s’ouvrir l’année croisée France-Corée (du Sud), le CILD interpelle à nouveau les autorités françaises, dans l’ensemble des manifestations qui se tiendront en France et en Corée du Sud, pour qu’elles rappellent à leurs interlocuteurs coréens que leur pays ne peut pas s’affranchir des obligations internationales auxquelles il a souscrit, qu’il s’agisse des libertés politiques ou, comme en l’espèce, des droits sociaux. A cette fin, nous allons signaler cet article aux délégations aux droits des femmes de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Au coût d’un demi-million d’euros, c’est un brûlot misogyne et sexiste qui est diffusé auprès de l’ensemble des étudiants sud-coréens du primaire et du secondaire dans le nouveau manuel d’éducation sexuelle du ministère sud-coréen de l’Education nationale. Florilège d’extraits, cités par Metronews :

« Le désir sexuel masculin peut croître rapidement, d’un coup, indépendamment du temps ou de l’endroit« .

« Les hommes ont le contrôle de l’argent alors que les femmes sont désirées pour leur corps dans notre société. Ainsi, les hommes qui dépensent de l’argent dans des rendez-vous avec des femmes attendent d’elles certaines contreparties. Dans de telles conditions, des violences sexuelles peuvent se produire. »

Quand les femmes sont victimes d’attouchements sexuels dans les transports en commun, elles sont invitées à se défendre elles-mêmes… en écrasant le pied de leur agresseur. En d’autres termes, le manuel incite scandaleusement les femmes à ne pas porter plainte, à ne pas solliciter d’aide auprès d’un tiers.

La définition des violences sexuelles est limité aux rapports sexuels forcés afin, selon les associations spécialisées coréennes, de culpabiliser les victimes.

Enfin, « la diversité familiale et les différentes orientations sexuelles sont découragées« , souligne Bang I-seul du Korea sexual violence relief center cité par The Korea Times. Mais faut-il rappeler que le très officiel Institut de la langue coréenne a modifié en 2014 la définition du mot « amour » pour clamer qu’il ne pourrait qu’être hétérosexuel, comme l’avait souligné en 2014 le journaliste du Monde Philippe Mesmer dans son article « Pas gay, l’amour en Corée… » ?

La Corée du Sud de la très conservatrice présidente Park Geun-hye, première femme chef de l’Etat en Corée du Sud élue notamment sur un programme de défense des droits des femmes, a une nouvelle fois trahi ses engagements de campagne.

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